Henri Mouton

Naninne 16/08/1933

Député wallon : 1981-1985 ; 1995-1998*

Diplômé en Éducation physique de l’Institut provincial de Liège (1956), professeur d’éducation physique à l’Athénée de Hannut (1958-1981), avant de devenir le directeur du Lycée de Hannut (1981), Henri Mouton a été marqué tant par l’engagement socialiste de son grand-père que par les grandes grèves wallonnes de l’hiver ’60-’61. Conseiller communal de Ville-en-Hesbaye élu en octobre 1964, il en devient le dernier bourgmestre (1971-1976), après y avoir renversé la majorité libérale. Avec la fusion des communes au sein de l’entité de Braives, les élections d’octobre 1976 sont annulées et recommencées en mai 1977 : Henri Mouton perd alors la majorité au profit du Dr Guillaume (IC) et se retrouve durant six ans dans l’opposition (1977-1982), avant de profiter de la dispersion de ses adversaires politiques et de ceindre à nouveau l’écharpe maïorale en janvier 1983. En 1988 et en 1994, il est reconduit dans ses fonctions.
Attaché ministériel à diverses reprises dans les années ’70, conseiller provincial de Liège (1977-1981), Henri Mouton est élu sénateur socialiste de l’arrondissement de Huy-Waremme en novembre 1981. Il siège alors au Conseil régional wallon et au Conseil de la Communauté française jusqu’en octobre 1985. Tant en 1985 qu’en 1987 et en 1991, il ne parvient pas à être reconduit directement au Sénat, mais est chaque fois repêché comme sénateur provincial. De 1992 à 1995, il est d’ailleurs Premier vice-Président du Sénat. Tant en 1988-1989 qu’en 1992-1993, il vote les réformes institutionnelles qui transforment la Belgique en un État fédéral et accroissent l’autonomie de la Wallonie.
Profitant de la popularité de Robert Collignon dans l’arrondissement de Huy-Waremme, lors des toutes premières élections régionales du 21 mai 1995, Henri Mouton fait partie des 75 premiers députés wallons élus directement à Namur. Lorsqu’il est choisi par le PS, en juin 1995, pour être l’un des dix sénateurs de communauté francophones, autre innovation issue de la réforme de l’État de 1993, Henri Mouton retrouve de surcroît le Sénat, mais, comme l’y contraint la loi, il doit renoncer, bien à regret, à son mandat de bourgmestre de Braives, où il avait été reconduit en octobre 1994.
Membre puis président de la Commission des poursuites du Parlement wallon, il est amené à diriger les débats relatifs à la levée des immunités parlementaires de Guy Mathot, de Jean-Pierre Grafé, puis de Guy Spitaels (1996-1998). Chargé aussi de la présidence de la Commission des poursuites au Conseil de la Communauté française (fin 1997) suite à la démission de deux mandataires PSC, Henri Mouton est au centre d’une attention médiatique, politique et judiciaire soutenue durant de nombreuses semaines : il doit traiter un dossier contenant des milliers de pages, entendre Guy Spitaels et Éliane Liekendael, veiller au respect des procédures juridiques et déjouer les chausse-trapes politiques que renferme aussi ce dossier lié aux affaires Dassault et Agusta. Henri Mouton met un point d’honneur à mener diligemment cette affaire à son terme, mais annonce qu’il démissionne de ses mandats parlementaires à la fin des travaux de la Commission des poursuites, pour se consacrer exclusivement à sa commune, où il récupère la fonction de bourgmestre (30 mars 1998). Briguant un nouveau mandat de bourgmestre en octobre 2000, Henri Mouton voit la liste PS rejetée dans l’opposition par l’alliance Entente communale-Écolo. Dans ces circonstances, il préfère démissionner de tous ses mandats et achève ainsi sa carrière politique.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 455-456

conseiller communal de Ville-en-Hesbaye (1965-1976)
bourgmestre (1971-1976)
conseiller communal de Braives (1977-1995)
conseiller provincial de Liège (1977-1981)
sénateur (1981-1985)
membre du Conseil régional wallon (1981-1985)
bourgmestre (1983-1995)
sénateur provincial (1987-1995)
député wallon (1995-1998)
sénateur de communauté francophone (1995-1998)
bourgmestre (1998-2000)
conseiller communal de Braives (1998-2001)

Paul Delforge, décembre 2014