Jean-Pierre Perdieu

Mouscron 31/12/1944

Député wallon : 1980-1981 ; 1981-1985 ; 1985-1987 ; 1988-1991 ; 1992-1995 ; 1995-1999 ; 1999-2004

À peine sorti de l’Athénée de Mouscron, Jean-Pierre Perdieu est engagé comme rédacteur à la RTT – ancêtre de Belgacom – et il y fait carrière avant de se lancer en politique. Alors que l’on vient de procéder à la fusion des communes, il est élu conseiller communal de Mouscron en octobre 1976. Quelques mois plus tard, il est désigné comme échevin et chargé de l’Instruction publique (1978-1982). Sa carrière politique s’accélère. En avril 1977, il est choisi par les électeurs de l’arrondissement de Tournai-Ath-Mouscron pour les représenter à la Chambre des représentants. C’est le commencement d’un long parcours parlementaire au cours duquel il contribue à la transformation des institutions belges et à l’accroissement de l’autonomie de la Wallonie. Ayant voté les lois d’août 1980 mettant en application l’article 107 quater de la Constitution, il siège, dès le 15 octobre 1980, au Conseil régional wallon. Jusqu’en 1995, il est membre de l’assemblée wallonne, ainsi que de la Chambre des représentants et du Conseil de la Communauté française. En mai 1988, il est l’un des rares députés socialistes à ne pas accorder sa confiance au gouvernement Martens VIII, afin de manifester son mécontentement contre la manière dont la question fouronnaise est traitée. Néanmoins, il joint sa voix à la majorité des familles chrétiennes, socialistes et de la VU lorsqu’il s’agit d’adopter, durant l’été 1988 et en janvier 1989, la communautarisation de l’Enseignement, la régionalisation de nouvelles compétences et la reconnaissance de la Région de Bruxelles-Capitale. Concernant la loi spéciale du 9 août sur les communes à statut linguistique spécial, J-P. Perdieu considère que cette disposition touche injustement Comines-Warneton. En 1992-1993, il soutient toutes les dispositions émanant des accords de la Saint-Michel et de la Saint-Quentin.
Lors des scrutins de mai 1995, Jean-Pierre Perdieu opte pour « Namur ». Choisi par les électeurs de l’arrondissement de Tournai-Ath-Mouscron, il figure parmi les 75 premiers députés élus directement au Parlement wallon, où il siège jusqu’en 2004, ainsi qu’au Conseil de la Communauté française. Questeur à la Chambre (1992-1995), président de l’Intercommunale d’Étude et de Gestion (IEG) depuis 1995, il parvient, avec Jean-Pierre Detremmerie, à faire atterrir dans la zone Mouscron-Comines-Estaimpuis une partie fort importante des moyens financiers relevant du premier programme Objectif 1. Vice-président du Bureau du Conseil de la Communauté française (1995-1999), J-P. Perdieu ne se présente plus au scrutin régional de 2004 afin de se consacrer davantage à la ville de Mouscron. Il met ainsi un terme à 26 ans d’activités parlementaires principalement wallonnes.
Conseiller communal et chef de file de l’opposition à Mouscron de 1983 à 1994, il contribue à une alliance entre le PS et le PSC de J-P. Detremmerie à partir de janvier 1995. Restant chef du groupe socialiste, J-P. Perdieu ne fait pas partie du Collège, préférant conserver une fonction beaucoup plus stratégique et importante à la présidence de l’Intercommunale d’Étude et de Gestion. En octobre 2006, J-P. Perdieu est battu par sa colistière Annick Saudoyer et surtout par Norbert Gadenne aux voix de préférence, et doit alors renoncer à ses espoirs de devenir le bourgmestre de Mouscron. Il abandonne néanmoins la présidence de l’Intercommunale IEG, ainsi que la présidence de l’USC, pour exercer le mandat de Premier échevin de la ville de Mouscron, en charge de l’Enseignement et de l’Agence locale pour l’Emploi. Interpellé par l’opposition libérale au printemps 2010 concernant des irrégularités dans le calcul du capital-période à l’Institut communal d’enseignement technique, l’échevin Perdieu est suspendu de ses fonctions en mai à la demande du PS et finalement forcé à la démission début juillet 2010. Il reste conseiller communal jusqu’en 2012 et n’est pas candidat au scrutin d’octobre.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 482-483

conseiller communal de Mouscron (1977-2012)
échevin (1978-1982)
député (1977-1995)
membre du Conseil régional wallon (1980-1995)
député wallon (1995-2004)
échevin (2006-2010)

Paul Delforge, décembre 2014