Marcel Plasman

Braine L’Alleud 23/12/1924

Ministre wallon : 1977

Ayant commencé à travailler à quatorze ans, tout en suivant des cours du soir en comptabilité à l’École des Métiers de sa ville natale, Marcel Plasman multiplie les petits boulots durant l’Occupation allemande. Ajusteur-tourneur, il s’investit par ailleurs dans les activités de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) : entre 1941 et 1948, il y exerce diverses fonctions dirigeantes locales. Engagé dans la Résistance, il est arrêté à deux reprises et connaît l’inhumanité des camps de concentration où il est déporté pendant près de douze mois. Privé d’une formation complète par les circonstances du temps, Plasman s’inscrira dans les années soixante dans un graduat en Sciences du travail organisé par l’Institut supérieur de Culture ouvrière (ISCO) et décrochera son diplôme en 1969. En 1971, il réussira également la première licence en Sciences politiques et sociales à l’Université catholique de Louvain, mais sans avoir le temps d’achever le cursus complet.
Engagé comme employé par la fédération des mutuelles chrétiennes du Brabant (1945), permanent de la Confédération des Syndicats chrétiens avant de revenir à la mutuelle Caritas, M. Plasman devient un expert des questions médico-sociales. Président de la Fédération nationale des associations médico-sociales (1972-1973, 1985-1987), président de l’Association chrétienne des Invalides et Handicapés (1975-1985), président de la Confédération des institutions hospitalières (1974-1976, 1984-1986), administrateur de la clinique universitaire de Mont-Godinne, membre du Comité national de l’Alliance nationale des Mutualités chrétiennes (1979-1990), il est désigné sur avis ministériel comme membre du Conseil national des établissements hospitaliers (1989-1995).
Président fédéral des Équipes populaires (1958-1959, 1963-1964), M. Plasman fait son entrée au Conseil communal de Nivelles en janvier 1965. En novembre 1971, il décroche un mandat de député dans l’arrondissement de Nivelles et va siéger à la Chambre jusqu’en juin 1979, moment où il se désiste en faveur de son jeune suppléant Raymond Langendries. Avec le PSC, M. Plasman est associé à l’ensemble des majorités qui se succèdent alors. Il vote la régionalisation provisoire (loi ordinaire du 1er août 1974) qui définit notamment les limites de la Wallonie, la dote d’un budget, de compétences, d’un Conseil régional et d’un Comité ministériel. En mars 1977, quand les ministres Rassemblement wallon sont jetés hors du gouvernement par le Premier ministre, Marcel Plasman hérite du portefeuille de Robert Moreau. Ministre des Pensions et des Affaires sociales wallonnes (6 mars), il devient membre du 4e Comité ministériel des Affaires wallonnes présidé par Alfred Califice. Dès le 9 mars, cependant, les chambres sont dissoutes et les électeurs convoqués aux urnes pour le 17 avril. Dans l’attente de la formation du nouveau gouvernement, M. Plasman reste ministre une centaine de jours.
Membre du Conseil culturel de la Communauté culturelle française de Belgique (décembre 1971-juin 1979), où il préside la Commission de la Culture (1974-1976), il est membre de la Commission Sports et est secrétaire du bureau de l’assemblée de 1976 à 1978. Représentant de la démocratie chrétienne au sein du PSC, le député revendique la scission de la province de Brabant  et l’émergence d’une nouvelle province, celle du Brabant wallon.
Au lendemain de la fusion des communes, libéraux et catholiques ont repoussé le PS dans l’opposition, Marcel Plasman devenant le premier bourgmestre du « grand Nivelles ». Rejeté dans l’opposition en 1982, il se retire totalement de la vie politique pendant pratiquement toute la législature, avant de se laisser convaincre de se porter candidat en octobre 1988, sur une liste Nivelles Nouvelle sans étiquette. Entre un cartel comptant des PSC et le PS, la « petite » liste de M. Plasman est en position de jouer les arbitres ; formant coalition avec le PS, Marcel Plasman retrouve la fonction de bourgmestre pour six ans (1989-1994). En mars 1996, il met définitivement un terme à son activité politique, en démissionnant du Conseil communal.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 490-492

conseiller communal de Nivelles (1965-1996)
député (1971-1979)
bourgmestre (1977-1982)
membre du Comité ministériel des Affaires wallonnes (1977)
bourgmestre (1989-1994)

Paul Delforge, décembre 2014