Pierre-Joseph Redouté

Saint-Hubert 10/05/1759, Paris 19/06/1840

C’est son père, Charles-Joseph, qui donne le goût de la peinture à Pierre-Joseph. Peintre et décorateur de l’abbaye de Saint-Hubert, le père Redouté envoie son fils à Paris pour se former et y développer le talent naturel qu’il a décelé. C’est à Paris qu’il perfectionne la technique de l’aquarelle et la conduit à l’excellence dans la reproduction des fleurs en général, des roses en particulier. Raffiné, délicat et merveilleux, son art séduit jusqu’à l’empereur, puisque Redouté se trouve en France lorsque cet État quitte la royauté pour la république puis l’empire. Dans les milieux parisiens, nombreux, mais surtout, nombreuses sont ceux et celles qui veulent bénéficier des leçons d’art et de dessins que prodigue le fils prodige de l’Ardenne wallonne. S’appuyant sur un nouveau procédé de gravures en couleurs qu’il a mis au point dès 1796, « le Raphaël des fleurs » édite des milliers de planches, estampes, gravures, lithographies, etc. Recueil d’une grande perfection technique publié en trois volumes de 1817 à 1824, Les Roses témoigne de la perfection atteinte par Redouté, qui rend aussi un hommage posthume à l’impératrice Joséphine de Beauharnais, devenue sa protectrice en 1798.
En 1784, sa rencontre avec Charles-Louis L’Héritier de Brutelle (1746-1800), botaniste fortuné, est une première étape décisive. Le jeune Redouté reçoit mission de réaliser plusieurs planches des Stirpes novae (« Nouvelles plantes »). Ravi des réalisations du jeune homme, le botaniste s’attache à le former à sa science afin que l’artiste rende la nature avec la plus grande exactitude possible. L’Héritier « lui apprend à disséquer les plantes, à les dessiner, à en présenter les principales caractéristiques ». Ses roses témoignent de la précision de Redouté, mais son œuvre constitue un bouquet composé de variétés de fleurs beaucoup plus nombreuses. La seconde rencontre décisive est celle de Gérard Van Spaëndonck (1746-1822), professeur de peinture de fleurs au Jardin du Roi et directeur de la Collection des Vélins. C’est lui qui enseigne les raffinements de l’aquarelle et une nouvelle technique de gravure, l’eau-forte au pointillé, que Redouté amène à un très haut niveau de perfection. Introduit à Versailles par L’Héritier, Redouté sera nommé « Dessinateur et Peintre du Cabinet de la Reine », et dessinateur de l’Académie des Sciences. Parmi les illustrations de livres, on peut retenir La Botanique de Jean-Jacques Rousseau.

Marylène LAFFINEUR-CREPIN, « Le Raphaël des fleurs : Pierre-Joseph Redouté », dans Jacques STIENNON, Jean-Patrick DUCHESNE, Yves RANDAXHE (dir.), De Roger de le Pasture à Paul Delvaux. Cinq siècles de peinture en Wallonie, Éditions Lefebvre & Gillet, Les Éditeurs d’Art Associés, Art & Fact, 1988, p. 144
La Wallonie. Le Pays et les Hommes. Lettres - arts - culture, t. II, p. 296-297
Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 2005

Marie Dewez - Paul Delforge, septembre 2012