Django Reinhardt

Liberchies 23/01/1910, Samois-sur-Seine 16/05/1953

De parents manouches, originaires d’Alsace, Jean Reinhardt naît dans la roulotte familiale en janvier 1910, lors d’une halte à Liberchies. Ainsi est-il inscrit à l’État-civil du village qui fait actuellement partie de l’entité de Pont-à-Celles, mais sa jeunesse, il la passe à voyager à travers la France, l’Italie et l’Algérie pour éviter les combats de la Grande Guerre. Dès l’Armistice, les Reinhardt s’installent aux portes de Paris. Fasciné par le banjo de son oncle, il s’adonne entièrement à la musique et sa réputation de musicien doué le précède dans le tout Paris. Il enregistre son premier disque en 1928 mais, de l’incendie de sa roulotte, il ressort grièvement blessé, ayant notamment perdu l’usage de deux doigts. Développant une technique toute particulière, il reprend la musique au moment où le jazz débarque des Amériques. Avec Stéphane Grapelli, sa carrière démarre vraiment et le succès ne se démentira plus. Django impose un style de jeu et de composition très particulier qui va inspirer de nombreux artistes et que l’on identifie désormais comme étant un jazz manouche.
Depuis son décès, en 1953, dans la localité française de Samois où il avait acheté une maison en 1951, la mémoire du grand Django est l’objet de multiples intérêts : une place, une rue, un centre culturel, une statue, notamment, évoquent le nom de l’artiste aux quatre coins du monde ; ce n’est pas sans étonnement pour la famille des voyageurs que sont les tziganes pour lesquels le nom de Django Reinhardt reste celui d’un ambassadeur. Nombre de festivals se revendiquent aussi de Django. À l’entame des années 1960, la commune de Liberchies a multiplié les démarches pour faire reconnaître Liberchies comme le lieu essentiel dans la vie du musicien. Un « remember Django » fut d’ailleurs régulièrement organisé, avant qu’en 2002, ne soit créé un festival annuel de jazz en plein air, le DjangoLiberchies Festival. Le critère reste ténu pour le considérer comme Wallon.

BALLEN Noël, Django Reinhardt, Monaco, éd. du Rocher, 2003.

Paul Delforge, septembre 2012