Léon Scieur

Florennes 19/03/1888, Florennes 7/10/1969

Simple ouvrier verrier à Morialmé, village dont sont aussi originaires Émile Masson et Firmin Lambot, Léon Scieur est un passionné de vélo, mais n’a pas l’argent nécessaire pour s’offrir une bicyclette avant ses 22 ans ; affecté dans un nouveau boulot à Châtelet, il fait le chemin Florennes-Châtelet sur son « deux roues » et est repéré par le constructeur de cycles Vincart qui l’intègre de son équipe (1910). Avant-guerre, le jeune Scieur qui continue à travailler notamment comme ouvrier agricole, ne récolte que quelques accessits dans des courses d’un jour et prend part à deux reprises au Tour de France, dont celui de 1914 qu’il finit 14e. Peu de temps après la dernière étape, les coups de canon retentissent. Les compétitions cyclistes sont suspendues et Léon Scieur trouve du travail dans un garage durant les années de guerre.

Après l’Armistice, il reprend la compétition, presque toujours dans des équipes professionnelles françaises, et se place dans le sillage de Firmin Lambot, comme lui originaire de Florennes. Coureur professionnel, Léon Scieur remporte sa toute première grande course d’un jour en battant Lucien Buysse, au sprint, au terme de la 10e édition de Liège-Bastogne-Liège. Ce sera son seul bouquet professionnel en dehors de 4 étapes du Tour de France et d’un maillot jaune au classement final de l’édition de 1921.

Déjà 4e du Tour de France remporté par Lambot en 1919, encore 4e en 1920, Léon Scieur parvient à gagner deux étapes et à s’imposer au classement final de l’édition de 1921, disposant de près de 20 minutes d’avance sur le deuxième, le carolo Hector Heusghem. Après Lambot, il est ainsi le deuxième coureur wallon à remporter le Tour de France. Le second plus précisément, car seul Lambot parviendra à accrocher un autre bouquet final sur la Grande Boucle, en 1922. À l’instar de son ami, Léon Scieur devra se résoudre à abandonner lors des éditions 1923 et 1924, mettant un terme à sa carrière de coureur cycliste en 1925, avec un palmarès intéressant et un surnom qui en dit long sur sa manière de rouler : « La Locomotive ». Par la suite, Léon Scieur exercera différents métiers, garagiste, marchand de charbon, livreur de bonbonnes de gaz, chauffeur d'autocar, tout en vivant dans la nostalgie des années où il faisait figure de pionnier du cyclisme professionnel.

Pierre CHANY, La fabuleuse histoire du Tour de France : livre officiel du centenaire, Genève, Minerva, 2004, p. 176-178

Dries VANYSACKER, Le cyclisme en Wallonie jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, dans La préhistoire latine du mot Wallonie, dans Luc COURTOIS, Jean-Pierre DELVILLE, Françoise ROSART & Guy ZÉLIS (dir.), Images et paysages mentaux des XIXe siècle et XXe siècle siècles de la Wallonie à l'Outre-Mer, Hommage au professeur Jean Pirotte à l'occasion de son éméritat, Louvain-la-Neuve, Academia Bruylant, Presses Universitaires de l'UCL, 2007, p. 35-48, 147-172

Théo MATHY, dans Freddy JORIS, Natalie ARCHAMBEAU (dir.), Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 1995

Paul Delforge, décembre 2013