Sigefroid

Lieu et date de naissance inconnus (peut-être vers 922), lieu de décès inconnu 28/10/998

Les origines et les ascendances de Sigefroid restent mystérieuses et controversées. Des divergences profondes dans la tradition politique et l’héritage matériel de Sigefroid par rapport à sa famille pourraient expliquer l’effacement des renseignements relatifs à ses origines. Bénéficiant de la confiance de l’empereur auquel il est tout dévoué (à la différence de ses parents, tournés vers le roi de Francie occidentale), Sigefroid est un des pions de la politique de l’Église impériale développée sous Otton Ier, notamment par Brunon en Lotharingie. Issu du clan « d’Ardenne », Sigefroid se voit confier des charges comtales (près de Thionville et de Bitburg) et d’avoué sur les deux grandes abbayes d’Echternach (circa 949) et de Trèves (Saint-Maximin, circa 953). À Echternach, en 973, il fait imposer la rénovation de l'abbaye dont les chanoines récalcitrants sont chassés et remplacés par des moines réguliers de Saint-Maximin : cette réforme eut pour conséquence un essor prodigieux de l'activité intellectuelle, en relation étroite avec Gerbert et l'école cathédrale de Reims.

Étendant son pouvoir entre Meuse et Moselle, il fait construire un château privé à Saarbourg et surtout un autre sur le plateau de l’Alzette, le château de Luxembourg. Là, il ajoute une Église (Saint-Sauveur) dotée de reliques, ainsi qu’un marché. Il délimite ainsi pour l’avenir un espace protégé où peut se développer une vie religieuse, économique et administrative. Il inaugure un lignage qui va faire souche, avec la bénédiction de l’empereur germanique, la maison de Luxembourg.

Histoire de la Wallonie (L. GENICOT dir.), Toulouse, 1973, p. 129

J. VANNÉRUS, dans Biographie nationale, t. XXII, col. 394-435

Michel MARGUE, dans Nouvelle Biographie nationale, t. 3, p. 295-300

Paul Delforge, décembre 2013