Louis Smal

Herstal 18/05/1939

Député wallon : 2004-2009

Influencé par l’activité de son père armurier, Louis Smal se tourne naturellement vers l’apprentissage du métier du fer et de la mécanique à l’École technique de Herstal. Ayant perdu son père à l’âge de 9 ans, il est encadré par la Jeunesse ouvrière chrétienne qui lui permet de sortir avec son diplôme de l’École Technique-Mécanique de Herstal à 18 ans. Il entre à la Fabrique nationale d’Armes de guerre mais, dernier entré, il est le premier licencié en 1958. Il rejoint la société Duranite, fabricant de machines pour le textile, avant de revenir à la FN au lendemain des grèves de soixante. Louis Smal s’est rapidement distingué par son activité syndicale. Délégué CSC (1964), délégué adjoint puis délégué principal du secteur aviation de la FN en 1970, il est nommé, en 1971, secrétaire permanent régional de la Fédération des Métallurgistes CSC de Liège. Il entame alors une formation complémentaire à l’ISCO (Institut supérieur de Culture ouvrière) et est gradué en Sciences économiques et sociales. Sur le terrain, la fermeture de la Capsulerie de Chaudfontaine et le conflit des Fonderies Mangé (1977) le motivent à davantage d’implication syndicale dans le secteur économique.
En 1981, Louis Smal est élu secrétaire principal de la Centrale des Métallos de Liège. En juin 1993, il exerce de surcroît la présidence de la Fédération CSC de Liège élargie à Huy-Waremme, où il remplace Eugène Galère. Reconduit jusqu’en 2003, il mène ainsi une carrière syndicale marquée, notamment, par les problèmes de la sidérurgie liégeoise, de Cockerill(-Sambre) en particulier, de CMI, de Balteau, de Tubes Meuse et New Tubemeuse, de la FN et de la FNNH dont le siège sera maintenu à Liège, ainsi que par les lourds conflits à Cuivre et Zinc, et des sociétés Kone, Alstom ou Continental. Souvent revendicatif à l’égard de la Société Générale à qui il reproche de ne pas investir en Wallonie, L. Smal tente d’inventer un syndicalisme de propositions et de dialogue qui contraste avec les méthodes plus abruptes de la FGTB de Robert Gillon. Ce fut particulièrement vrai lorsque Louis Smal soutint Jean Gandois dans l’orientation « plat-carbone » de Cockerill, alors que Robert Gillon se mobilisait contre l’administrateur de Suez.
Au début des années nonante, le syndicaliste CSC fait partie du groupe Liège 2000, créé pour débattre des grands dossiers prioritaires de la région de Liège à l’horizon de l’an 2000. En février 1992, au nom de son syndicat, il invite à la réalisation d’une étude portant sur la création d’activités nouvelles en métallurgie, par le rapprochement des forces vives, sur le modèle du programme mobilisateur multi-matériaux que vient de lancer le ministre wallon Albert Liénard. Nouveau président de la CSC (1993), L. Smal définit un programme d’union pour le redéploiement économique liégeois autour de l’Université, de Meusinvest (dont il est administrateur), de Liège 2000 et du gouverneur de la province, Paul Bolland. Développée à l’échelle de la Wallonie par le ministre Liénard, cette idée deviendra le projet « Vulcain 2000 » qui vise à relancer les fabrications métalliques en Wallonie, en ciblant des priorités porteuses d’innovations dans chacun des grands bassins wallons, en favorisant des sous-traitances de pointe au service des sociétés existantes (1994).
Préoccupé par les questions d’emploi et de pauvreté, sensible à la dimension wallonne, Louis Smal se lance dans le bain politique lors des élections communales d’octobre 2000 à Fléron. Conseiller du CPAS, le patron des métallos CSC liégeois prend goût à la politique et précipite la passation de relais à la tête du syndicat (octobre 2002). Candidat au scrutin fédéral de mai 2003 sur la liste du cdH, il ne rate pas son entrée à la Chambre fédérale. En juin 2004, il est également élu au Parlement wallon et c’est dans cette assemblée qu’il décide alors de siéger.  Président de la Commission de Contrôle des licences d’exportation d’armes (2004-2005), il met un terme à son bref passage en politique en juin 2009.
Membre du Conseil d’administration du Standard de Liège, il a été chargé en 2000 de reprendre en main l’ensemble des clubs de supporters et, jusqu’en juillet 2013, est à la tête de « la Famille des Rouches » dont les principes sont le respect de l’adversaire, la lutte contre toute forme de racisme et l’exclusion des hooligans des stades.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 518-519

député fédéral (2003-2004)
député wallon (2004-2009)

Paul Delforge, décembre 2014