Anne Thily

Hannut 13/10/1937

Après avoir nommé à Liège, en 1979, le plus jeune procureur général du pays en la personne de Léon Giet, le ministre de la Justice nommait, le 30 mai 1996, pour le remplacer, la première femme procureur général en la personne d’Anne Thily.
Diplômée de l’Athénée de Hannut, elle s’intéresse d’abord aux Mathématiques, avant de s’orienter vers le Droit. Licenciée en Droit de l’Université de Liège (1962), assistante en Droit et Gestion des Affaires, elle prête d’abord serment comme avocate, devient juge suppléant au Tribunal de Commerce de Liège (1968), avant de se mettre ensuite totalement au service du ministère public. Épouse de l’avocat Max Hoge, elle fait toute sa carrière à Liège. En 1970, elle est nommée substitut du procureur du roi, ensuite premier substitut (1980), substitut auprès du procureur général près de la Cour d’Appel de Liège (1982) et « avocat général » en 1984. En mai 1996, elle succède à Léon Giet et se voit chargée au plus haut niveau de la politique criminelle liée à la moitié de la Wallonie (les provinces de Liège, Luxembourg et Namur sont de son ressort qui s’étend le long de quatre frontières) ; sous ses ordres se trouvent 9 arrondissements, 9 parquets, 9 procureurs du roi. Elle exerce cette fonction jusqu’au 31 octobre 2004.
D’emblée, elle affiche sa détermination à liquider les arriérés judiciaires et à remettre de l’ordre dans l’ancien bâtiment des princes-évêques. L’inculpation et la condamnation de l’avocat général Franz-Joseph Schmitz (escroquerie et corruption) puis de l’avocat général Marc de la Brassinne (faux et usage de faux) en témoignent. Mais le dossier le plus médiatique dont elle doit d’emblée s’occuper est celui de l’Affaire Dutroux.
À la différence de son prédécesseur qui était devenu une personnalité régulièrement exposée dans les médias, la nouvelle « procureur générale près de la Cour d’Appel de Liège » rétablit une distance certaine entre la sphère publique et la sphère judiciaire. Dès son entrée en fonction (1996) et plus tard encore, notamment en décembre 1998, devant la Commission parlementaire chargée de déterminer les dysfonctionnements du système judiciaire, elle dit sa volonté de boucler les enquêtes dont elle la charge promptement et de permettre à un jury d’assises de rendre justice. Le procès des instigateurs du meurtre d’André Cools a lieu à la Cour d’Assises de Liège (automne 2003) ; quant au procès Dutroux, il a lieu à Arlon au printemps 2004.
Anne Thily héritera encore de l’Affaire Fourniret avant de mettre un terme à sa carrière le 1er novembre 2004. Suite aux réformes de la Justice, c’est le Conseil supérieur de la Justice qui désigne son successeur, Cédric Visart de Bocarmé, pour un mandat limité à 7 années.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse, en particulier Le Soir et la Nouvelle Gazette du 26/10/2004

Paul Delforge, décembre 2014