Joseph Tirou

Jumet 5/04/1876, Charleroi 17/06/1952

Dans la famille Tirou, l’industrie et le commerce constituent une tradition familiale. Installé à Charleroi, le grand-père, Joseph (1815-1882) est maître-verrier ; le père, Lambert (1853-1898) est à la tête d’une manufacture de tabacs et de cigares. A 22 ans, Joseph Tirou reprend la manufacture qui emploie 250 personnes à la veille de la Première Guerre mondiale. Durant l’occupation allemande, il se mettra au service de la Garde civique et, directeur des magasins communaux, pourvoiront au ravitaillement de ses contemporains, portant également assistance aux sans emplois et aux réfugiés français.

Le succès du jeune entrepreneur n’a pas échappé aux libéraux carolorégiens. Émile Devreux comme Émile Buisset parviennent à convaincre Tirou de rejoindre leurs rangs. À partir de janvier 1912, il siège sur les bancs du Conseil communal de Charleroi. Après la Grande Guerre, il devient échevin des Finances (1921-1925) et, en 1925, il remplace Émile Buisset comme bourgmestre de Charleroi. Son mandat va durer jusqu’en 1952, interrompu par l’expérience du Grand Charleroi rexiste. Sa magistrature est marquée par de grands travaux (hôtel de ville, remblaiement de la Sambre, percement du boulevard qui porte son nom, Conservatoire de musique, Palais des Expositions, Palais des Beaux-Arts, etc.). Désigné comme sénateur provincial du Hainaut en 1939, il ne siègera guère, abandonnant ce mandat en 1946.

Avec Émile Buisset notamment, il partage aussi des idées wallonnes. Membre du comité de patronage de la Ligue wallonne de l’Arrondissement de Charleroi (1912), Tirou est l’un des délégués de Charleroi à l’Assemblée wallonne de 1927 à 1940. En décembre 1933, il accueille officiellement à l’Hôtel de ville de Charleroi les congressistes qui participent aux quatrièmes assises de la Concentration wallonne. En 1938, il est membre du comité de patronage du premier Congrès culturel wallon qui se tient dans sa ville. Après la Libération, il soutiendra encore le Congrès national wallon.
Ayant conservé ses activités industrielles, Joseph Tirou reste à la tête de la Manufacture générale de Tabacs Tirou-Diricq, et préside plusieurs conseils d’administration (banque, brasserie et aéronautique).

Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2001, t. III, p. 1534

Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 584-585

Paul Delforge, décembre 2013