Jeanne Vercheval-Vervoort

Charleroi 16/03/1939

Épouse de Georges Vercheval (1958), Jeanne Vervoort s’est impliquée, dès 1961, dans les mouvements sociaux liés à la condition ouvrière ainsi que dans le mouvement pour la paix. À partir de 1969, à la suite d’une rencontre avec Chantal De Smet, elle s’engage résolument dans le mouvement féministe en créant les Marie Mineur, féministes en milieu ouvrier sur le modèle des Dolle Mina hollandaises. Actif pour revendiquer la dépénalisation de l’avortement et pour l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes, ce groupe sera présent lors de plusieurs conflits sociaux, principalement dans la région du Centre, à Charleroi et à Liège. En 1972, elle collabore au Petit livre rouge des femmes et à l’organisation du premier « 11 novembre - Journée des Femmes », auquel participe aussi Simone de Beauvoir. Cofondatrice, avec Suzanne Van Rokeghem, Marie Denis et Jacqueline Aubenas, du magazine Voyelles (1979-1982), Jeanne Vercheval-Vervoort participe de 1973 à 1983 au conseil des Cahiers du Grif (Groupe de Réflexion et d’Information féministe dirigé par Françoise Collin).
À partir de 1984, Jeanne Vercheval-Vervoort développe un autre volet de ses activités quand elle constitue les Archives de Wallonie. Dans ce cadre, et tout en assurant la cogestion du Musée de la Photographie à Charleroi jusqu’en 2000, elle publie une douzaine d’ouvrages illustrant par la photographie l’histoire sociale et économique de la Wallonie. Auteur, avec Jacqueline Aubenas et Suzanne Van Rokeghem, de l’ouvrage Des Femmes dans l’Histoire, en Belgique depuis 1830, elle est choisie comme lauréate du prix de la Wallonne de l’année 2006.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Fonds Fondation Bologne-Lemaire
COLLIN Françoise et DE GRAEF Véronique, Néo-féminisme, dans Femmes des années 80..., p. 203-204
La Wallonie à l’aube du XXIe siècle, Namur, Institut Destrée, Institut pour un développement durable, 2005
DELFORGE Paul (dir.), Wallons d’ici et d’ailleurs, Charleroi, 1994

Paul Delforge, octobre 2011