Pierre Wintgens

Limbourg 9/04/1931

Député wallon : *1985 ; 1985-1987 ; 1988-1991 ; 1992-1995 ; 1995-1999

Licencié en Sciences commerciales et financières de l’Université catholique de Louvain (1953), détenteur d’un certificat de l’Institut d’Études politiques de l’Université de Paris (1954) et licencié en Sciences commerciales et consulaires (1956), Pierre Wintgens est associé à la gestion de la filature familiale, la SPRL Filature Wintgens fondée en 1897. Il entre dans la société en 1955 et, vingt ans plus tard, se retrouve, avec son frère, à la tête d’une entreprise d’une cinquantaine de personnes qui apparaît comme la rescapée d’une époque où des dizaines d’entreprises familiales et autonomes de fils de tissage et de bonneterie faisaient la prospérité et la fierté de Verviers, capitale mondiale de la laine.
Les multiples activités de P. Wintgens dans les associations paroissiales et culturelles le désignent comme tête de liste PSC aux élections communales d’octobre 1964. Élu conseiller communal de Limbourg, puis de Baelen en octobre 1970, il devient le bourgmestre de cette localité en 1974 et le demeure après la fusion de Baelen et de Membach. Pendant vingt-cinq ans, il sera le premier citoyen de cette localité du bord de Vesdre, sa liste, Union, y détenant une majorité absolue sans cesse renforcée.
Sénateur suppléant depuis 1977, Pierre Wintgens succède à Georges Gramme, décédé subitement en février 1985 : il devient sénateur, membre du Conseil de la Communauté française et du Conseil régional wallon pendant quelques semaines (5 mars 1985-13 octobre 1985). Élu directement en octobre 1985, il va siéger à la Haute Assemblée jusqu’en 1995, comme représentant PSC de l’arrondissement de Verviers. Laissant les rênes de sa société commerciale à son frère, tout en conservant la responsabilité de la gestion financière et administrative, P. Wintgens se consacre de plus en plus à la chose publique, devient membre de l’Assemblée du Conseil de l’Europe de 1992 à 1995 et siège de facto au Conseil régional wallon et au Conseil de la Communauté française (1985-1995). De 1985 à 1987, il est le président de la Commission de l’Environnement et de l’Agriculture du Conseil régional wallon. Président de l’Office régional d’informatique, président du Comité économique de la région de Verviers, P. Wintgens est un défenseur affirmé de la tenderie et soutient les membres de la Fédération ornithologique wallonne.
Du 3 février 1988 au 16 mars 1989, P. Wintgens est chef de groupe du PSC au Parlement wallon et quand Raymond Langendries devient ministre de la Fonction publique, il lui succède comme chef de groupe au Sénat (1989-1995). À ce titre, il devient vice-président du parti présidé par Gérard Deprez. Au Sénat, lui échoit le délicat dossier de la dépénalisation partielle de l’avortement. D’autre part, au-delà de la proximité de sa commune avec celles des Fourons, c’est par choix personnel que Pierre Wintgens représente régulièrement son parti lors de la fête annuelle du Peuple fouronnais. En 1988 et 1989, il fait partie des parlementaires qui adoptent la communautarisation de l’Enseignement, la régionalisation de plusieurs compétences, ainsi que la reconnaissance de Bruxelles comme Région-Capitale. Favorable à une réforme du Sénat, il n’hésite pas à s’interroger publiquement sur l’opportunité de maintenir certaines structures – qu’il juge obsolètes – comme les provinces ou les arrondissements administratifs. Fort des travaux d’une commission institutionnelle interne au PSC (début 1992), il se montre plutôt favorable au renforcement des régions et au transfert vers elles de compétences qui pèsent sur les finances de la Communauté française. Au sein de son parti, il est parmi les premiers à clairement tourner le dos à l’idée de la « fusion » et à privilégier un fédéralisme fondé sur les Régions (1992). Étant l’un des négociateurs officiels du PSC lors du « dialogue de communauté à communauté », il contribue activement à l’accord de la Saint-Michel (29 septembre) puis à l’importante révision institutionnelle qui fait de la Belgique un État fédéral (1993).
Quittant le Sénat, il se présente au scrutin régional du 21 mai 1995 dans l’arrondissement de Verviers et il figure parmi les 75 premiers députés élus directement au Parlement wallon. Jusqu’en 1999, il siège aussi au Conseil de la Communauté française. Chef de groupe PSC au Parlement wallon et au Conseil de la Communauté française du 20 juin 1995 au 15 octobre 1996, il lance un appel à un grand projet mobilisateur pour toute la Wallonie, afin d’éviter le sous-régionalisme et pour tourner la Région vers les défis du futur (juillet 1996). L’appel sera entendu, tant au sein du PSC dorénavant présidé par Ch-F. Nothomb, que par le gouvernement wallon.
Nommé vice-président du bureau du Parlement wallon le 16 octobre 1996, P. Wintgens échange la présidence du groupe PSC avec Albert Liénard. Avec Willy Burgeon, Gustave Hofman, Léon Walry et Ghislain Hiance, il dépose notamment une proposition de décret devant le Parlement wallon, début juillet 1997, visant à doter la Wallonie d’un hymne officiel. Après plusieurs réunions de travail au sein d’une Commission spéciale appelée à définir les « modes d’expression de l’identité wallonne » dont il est membre (1998), Le Chant des Wallons est retenu et fait l’objet d’un décret adopté le 15 juillet 1998 par le Parlement wallon. Il achève la législature et sa carrière parlementaire le 21 mai 1999. Il ne se représente plus en juin. À la mi-février 2000, à la veille de ses 70 ans, Pierre Wintgens passe aussi le relais au niveau communal.

Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 573-574

conseiller communal de Limbourg, puis de Baelen (1965-2000)
bourgmestre (1974-2000)
sénateur (1985-1995)
membre du Conseil régional wallon (1985-1995)
député wallon (1995-1999)
chef de groupe au PW (1995-1996)

Paul Delforge, décembre 2014