Léonie De Waha

Officier
(
Historique
)
TILFF 31.03.1836 – LIÈGE 08.07.1926

Issue de deux grandes familles aristocratiques libérales, étroitement liées à l’Histoire de Liège, Léonie de Chestret de Haneffe s’affirme très jeune d’opinion libérale, démocrate, tolérante et croyante. En 1863, elle épouse un jeune docteur en droit impliqué dans les bibliothèques populaires, le baron Victor de Waha de Baillonville, qui décède quatre ans plus tard.

Jeune veuve, sans enfant, elle décide de se consacrer à la collectivité et s’investit dans l’éducation des jeunes filles, alors inexistante hors des institutions catholiques. C’est ainsi qu’en plus de patronner de très nombreuses œuvres caritatives, elle crée, en 1868, l’Institut supérieur de Demoiselles, où l’enseignement se veut : « pratique, national et franchement conforme à nos idées constitutionnelles ». Chaque culte y a sa place, avec la faculté d’en être dispensé sur demande des parents, ce qui entraîne la farouche opposition de l’évêque de Liège qui excommunie ceux qui fréquentent l’Institut. La polémique s’éteindra avec le temps et la ville de Liège reprendra l’institution sous son aile en 1878.

Se penchant sur le programme d’Histoire, Léonie de Waha souhaite que ce dernier porte davantage sur l’Histoire locale. C’est donc naturellement que cette Liégeoise s’investit dans le Mouvement wallon du début du XXe siècle et correspond, notamment, avec Julien Delaite et Jules Destrée. Elle plaide alors pour une régionalisation fondée sur l’autonomie linguistique des Wallons, des Flamands et des Bruxellois dans le cadre d’un même Etat.

Encourageant les Djônes Auteûrs Walons, elle fonde, le 28 octobre 1912, l’Union des Femmes de Wallonie. Dans le prolongement du congrès wallon (juillet), de La Lettre au roi de Jules Destrée (15 août) et de l’Assemblée wallonne (20 octobre), cette organisation ambitionne de stimuler une conscience politique wallonne chez les femmes de Wallonie.

A ce titre, elle propose à l’Assemblée wallonne de 1913 de choisir le perron aux couleurs liégeoises comme emblème de la Wallonie. Si le coq est finalement préféré au perron, ce sont bien les couleurs liégeoises qui figurent aujourd’hui encore sur le drapeau wallon. Toujours dans un registre symbolique, elle fait adopter la « gaillarde », grande marguerite au cœur rouge, comme fleur nationale de Wallonie par l’Assemblée wallonne du 17 février 1914.

Après 1918, à plus de soixante-dix ans, elle continue de présider l’Union des Femmes de Wallonie et d’écrire dans des revues wallonnes comme La Barricade et La Femme wallonne. Elle laissera longtemps le souvenir d’une personnalité à la fois érudite et frondeuse, typiquement wallonne, qui se définissait elle-même comme : une vieille Liégeoise qui, depuis 1848, rêve de l’autonomie de sa Patrie wallonne.

Léonie de Waha fut faite officier du Mérite wallon, à titre posthume, en 2012.

Orientation bibliographique :

Paul DELFORGE, DE WAHA DE CHESTRET Léonie, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, notice 1974.
René VAN SANTBERGEN, WAHA Léonie de, dans Biographie nationale, t. 39, col. 825-836.

Septembre 2012