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1380

Monument aux Prussiens de Plancenoit

Chemin de Camuselle, 1380 Plancenoit, Belgique

Classement comme monument et comme site le 12 octobre 1981

Composé d’une flèche de fer peint sur un soubassement de pierre bleue, ce monument néogothique rend hommage aux soldats prussiens tués au cours de la bataille de Waterloo. Érigé en 1818 pour célébrer les performances des troupes de Blücher, il est situé à un endroit où une batterie française aurait fait subir de lourdes pertes aux Prussiens. L’ensemble est sommé d’une croix représentant la décoration de la Croix de Fer, créée en 1813 par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III. La base de la flèche est décorée de quatre gâbles et de pinacles surmontés de fleurons dorés et porte une inscription en allemand sur la face sud dont voici la traduction « Aux héros tombés, le roi et la patrie reconnaissants. Ils reposent en paix. Belle-Alliance. 18 juin 1815 ». L’utilisation du terme « Belle-Alliance » est toute caractéristique : c’est en effet sous cette dénomination que les Prussiens et les Anglais connaissent alors la bataille de Waterloo. La croix fut abattue par des soldats français venus prêter main forte à l’armée belge lors du siège d’Anvers en 1832. Le maréchal Gérard, qui avait combattu avec les Prussiens à Wavre, fit cesser ce vandalisme et rétablir la croix au sommet du monument. Celui-ci a ensuite été restauré à plusieurs reprises, dont une dernière fois en 1997.

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Ferme de la Haie Sainte

Chaussée de Charleroi, 1380 Plancenoit, Belgique

Classement comme monument le 15 décembre 1970

Vaste ensemble autrefois en quadrilatère, la ferme de la Haie Sainte a été érigée aux 17e et 18e siècles et restaurée au siècle suivant. Les bâtiments en pierre blanche, pierre bleue et briques chaulées s’articulent autour d’une cour rectangulaire. Au bord de la route se trouve un porche-colombier. La ferme, assez épargnée lors des combats de 1815, se présente aujourd’hui dans un aspect relativement conforme à celui de l’époque. L’endroit constitue un poste-clé dans le schéma défensif du duc de Wellington au cours de la bataille de Waterloo. Conserver cette position devait permettre de fermer la route de Bruxelles à l’armée française. Le combat qui y est mené est sanglant : sur les mille hommes de la légion allemande, seuls 42 survivent à cet assaut. Du côté de l’Empire, l’armée française perd environ deux mille hommes. Deux plaques commémoratives ont été installées sur les façades pour rappeler l’action des officiers et soldats du 2e bataillon de la légion allemande et les figures du major britannique Baring et du colonel allemand Von Ompteda. Une troisième plaque a été placée près du porche en 1965 en hommage aux combattants français à l’occasion du 150e anniversaire de la bataille. Enfin, une quatrième plaque commémore la prise de la ferme par le maréchal Ney.

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MASCART Louis, Julien et Antoine

Médaillons Mascart sur la fontaine, réalisés à l’initiative de l’Association libérale de Wavre, 11 mai 1890.

Située sur la place communale d’Ohain, espace arboré à deux pas des services administratifs locaux, la fontaine Mascart présente la particularité d’honorer trois personnalités, à savoir les frères Julien (1804-1861), Antoine (1806-1887) et Louis (1811-1888) Mascart. Chacun, à son échelle, a contribué au développement des idées politiques libérales du niveau communal au niveau national, en passant par la province. Inaugurée en 1890, surmontée d’une vasque et accueillant à ses pieds quatre grands bassins, la fontaine en pierre offre les quatre larges faces de sa colonne principale pour honorer chacun des trois frères, même si Louis Mascart occupe une place privilégiée. Trois faces sont similaires : un large médaillon rond, en bronze, représente leur visage ; le buste est débordant par rapport au bord du médaillon où sont gravés le nom et le statut du jubilaire. Ainsi peut-on lire :

JULIEN MASCART    AVOCAT    1804-1861

ANTOINE MASCART    BOURGMESTRE D’OHAIN    1807-1887

LOUIS MASCART    DOCTEUR EN MEDECINE    1811-1888

Quant à la quatrième face, elle est exclusivement dédiée à Louis Mascart :

A
LOUIS MASCART
BOURGMESTRE
DE CETTE COMMUNE
ANCIEN CONSEILLER PROVL
ET
REPRÉSENTANT.

SES PARENTS, AMIS
ADMINISTRES ET LIBERAUX
RECONNAISSANTS

La présence d’un serpent – symbolisant la médecine – enroulé autour de la vasque placée au sommet de la colonne est un signe supplémentaire que le monument est principalement dédié au médecin Louis Mascart.
L’idée d’un hommage à Louis fut lancée peu de temps après la disparition du cadet des Mascart, par les libéraux du canton de Wavre. À l’initiative d’une Commission spéciale créée au sein de l’Association libérale cantonale de Wavre, une souscription lancée dans l’arrondissement de Nivelles permet de concrétiser le projet au-delà des espérances. Plutôt qu’un seul médaillon pour Louis, les libéraux décident de perpétuer le souvenir des trois frères et d’ériger un monument : sur la place d’Ohain, les trois médaillons sont inaugurés de manière très spectaculaire, en même temps que la fontaine publique qui sera raccordée à un réseau de distribution d’eau en 1906, symbole absolu de progrès social à cette époque. Après plusieurs années de précieux services, la fontaine tombe en désuétude ; restaurée et réhabilitée au début des années 1990, elle connaît une nouvelle inauguration le 4 septembre 1993, comme en témoigne une plaque commémorative en pierre placée au sol, devant le monument.
À travers les trois frères Mascart, c’est toute une dynastie qui se trouve honorée. En effet, durant la période française, entre 1796 et 1815 et même jusqu’en 1818, l’oncle des trois frères exerça les fonctions de maire d’Ohain. Par la suite, son frère, Antoine, le père des trois frères, lui succède de 1819 à 1840 et est, par conséquent, le premier bourgmestre de la localité devenue belge. Diplômé en Droit de l’Université de Louvain, avocat au Barreau de Bruxelles, Julien Mascart n’aura aucun rôle au niveau communal ; il apporte cependant sa contribution aux événements de 1830. Avant les événements, il est l’un des rédacteurs du Courrier des Pays-Bas et, après ceux-ci, il devient l’un des conseillers de Léopold Ier. Initié des Amis Philanthropes, il siège au conseil provincial du Brabant de 1843 à 1861, et préside cette assemblée entre 1848 et 1860. Ayant choisi de diriger l’exploitation agricole familiale après des études à l’Université de Louvain, son frère Antoine (né le 29 décembre 1806) succède à son père à la tête de la commune. Il s’acquitte de cette fonction de 1840 à son décès en 1887, en la modernisant. Dans le même temps, ce membre du parti libéral pousse la porte de la Chambre des représentants, en étant élu député de l’arrondissement de Nivelles entre 1848 et 1859, puis de 1863 à 1872. Dans les pas de ses deux frères, Louis Mascart s’en est distingué en optant pour la médecine. Diplômé de l’Université de Louvain (1832), étudiant à Paris, membre de l’Académie de médecine de Belgique (élu en 1848), il défend lui aussi les idées libérales quand il est élu au conseil provincial du Brabant (1861-1876), succédant à Julien. Président de l’Association libérale de l’arrondissement de Nivelles (1874), il entre à son tour à la Chambre en 1876, en tant que représentant de l’arrondissement de Nivelles, et y siège jusqu’au catastrophique scrutin de 1884. Enfin, ce n’est que très brièvement qu’il succède à Antoine à la tête de la commune d’Ohain (1887-1888).

Joseph TORDOIR, Des libéraux de pierre et de bronze. 60 monuments érigés à Bruxelles et en Wallonie, Bruxelles, Centre Jean Gol, 2014, p. 145-149
Jean-Luc DE PAEPE, Christiane RAINDORF-GÉRARD (dir.), Le Parlement belge 1831-1894. Données biographiques, Bruxelles, 1996, p. 416 et 417
Informations communiquées par les services administratifs d’Ohain, dont le fascicule Balade à la découverte du Patrimoine d’Ohain, s.d.

Fontaine Mascart du côté du médaillon Louis Mascart

Fontaine Mascart du côté du médaillon Louis Mascart

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place communale – 1380 Ohain
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MASCART Louis, Julien et Antoine
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Fontaine Mascart du côté du médaillon Louis Mascart
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HUGO Victor

Colonne Victor Hugo, réalisée par les architectes Manuel Ley puis par Jean Verhoeven, avec le concours du sculpteur Demanet pour le profil de Victor Hugo, première pierre le 22 septembre 1912, inauguration le 24 juin 1956.

Entamée en juin 1911 au moment où l’on célèbre le 50e anniversaire du séjour de l’écrivain à Waterloo, la construction de la colonne dite Victor Hugo a failli être inaugurée pour le… centième anniversaire de cet événement. L’homme de lettres Hector Fleichmann (1883-1914), le peintre Maurice Dubois (Bordeaux 1869 – Preignac 1944) et le poète Iwan Wilkin se sont lancés dans un projet ambitieux, rendre hommage par un monument à Victor Hugo qui écrivit à Waterloo les pages des Misérables, ainsi qu’aux artistes qui chantèrent Waterloo. En juin 1912 on devait fêter le 50e anniversaire de la publication des Misérables (la première partie, Fantine, avait été mise en vente à Bruxelles, le 30 mars 1862). Finalement, la première pierre est posée le 22 septembre 1912 en présence des initiateurs bien sûr, ainsi que, notamment, de Simon Sasserath au nom de la Ligue nationale pour la Défense de la Langue française. Sous la direction des architectes Manuel Ley et Jean Verhoeven, la colonne de granit s’élance rapidement dans le ciel.
Au sommet aurait dû figurer un coq chantant, en bronze, et, sur les côtés, un médaillon de l’écrivain, ainsi que des plaques avec inscriptions :

A Victor Hugo/Aux poètes et artistes français/qui chantèrent/Waterloo/cette pierre/a été élevée/en juin MCMXII/Souscription publique/ Les Misérables

Waterloo, Waterloo, Waterloo, morne plaine

Le coq quant à lui n’était pas un coq wallon (le choix de cet emblème ne sera réalisé par l’Assemblée wallonne qu’au printemps 1913), mais devait être le coq chantant d’Auguste Cain. Il fut réalisé et resta dans une fonderie bruxelloise jusqu’en 1918, moment où l’emblème fut envoyé à la refonte. La Grande Guerre avait mis un terme au chantier, sans que l’occupation n’endommage les lieux. Les comités belge et français sont dispersés, d’autant que le décès inopiné d’Hector Fleichmann (victime d’une méningite en février 1914) avait déjà porté un coup dur au projet. Dès 1914, l’ensemble est impressionnant : avec ses 18 mètres de haut, il est destiné à dominer la plaine du champ de bataille de Waterloo, sans toutefois parvenir à faire de l’ombre à la célèbre butte, distante de 1500 mètres. La colonne aurait été conçue selon les proportions du nombre d’or (d’après les recherches récentes de Claude Van Hoorebeeck), en raison de l’appartenance de Fleichmann à la franc-maçonnerie (il était secrétaire général pour la France du Comité Victor Hugo et surtout initié à la loge « Victor Hugo » du Grand Orient de France). Le monument comprend deux parties : le fût dont la circonférence se réduit avec la hauteur comporte 61 anneaux de pierres taillées, de sa base jusqu’à la couronne ; viennent ensuite deux anneaux puis le chapiteau final.
Dans l’Entre-deux-Guerres, aucun progrès n’est enregistré. Il faut attendre les années 1950 pour que les travaux reprennent à l’initiative d’un Comité Victor Hugo, présidé par Serge Baguette, un éditeur bruxellois (1953). Avec un Comité d’honneur et un Conseil d'administration, l’asbl obtient le haut patronage de l’Ambassadeur de France et de ministres belges et français. Avec l’aide de l’architecte Verhoeven, le monument est achevé. Le 24 juin 1956, l’inauguration peut avoir lieu : les personnalités sont nombreuses parmi lesquelles on reconnaît Léo Collard, P-H. Spaak et des hauts responsables français. La colonne Victor Hugo est le seul monument civil implanté sur le site protégé du champ de bataille.
Plutôt que d’achèvement des travaux, il faudrait parler de transformation du monument initial. De coq, il n’y eut jamais au sommet. Un coq gaulois, en pierre, apparaît seulement dans un écusson à mi-hauteur de colonne, du côté de la route, avec l’année de l’inauguration, 1956. Toujours côté rue, le piédestal a été précédé par un escalier en pierre d’une dizaine de marches ; il a la forme d’un gros cube, renforcé aux angles et constitué en pierres bleues. Au-dessus de l’escalier, une importante plaque de bronze présente le profil gauche de Victor Hugo avec les inscriptions suivantes :

VICTOR HUGO
1802-1885

À l’opposé, soit à l’arrière du monument par rapport à la route, une autre plaque en bronze contient un texte plus long :

UN JOUR VIENDRA OÙ IL N'Y AURA PLUS
D'AUTRES CHAMPS DE BATAILLE QUE
LES MARCHÉS S'OUVRANT AU COMMERCE
ET LES ESPRITS S'OUVRANT AUX IDÉES

PARIS 22 AOÛT 1849
DISCOURS AU CONGRÈS DE LA PAIX

Quant au panneau aux lettres gravées dans la pierre qui se trouve sur la face du côté droit, il précise que :

CE MONUMENT PARACHEVÉ PAR LE
COMITÉ VICTOR HUGO
ASBL BRUXELLES
A ÉTÉ INAUGURÉ LE 24 JUIN 1956
et il rappelle en plus petits caractères que le premier promoteur en a été Hector Fleichman (décédé en 1914) que Manuel Ley (décédé en 1940) et Jean Verhoeven en ont été les architectes.

Enfin, du côté gauche, sur une plaque de bronze, on ne pouvait que retrouver cette formule restée fameuse :

WATERLOO WATERLOO WATERLOO MORNE PLAINE!
COMME UNE ONDE QUI BOUT DANS UNE URNE TROP PLEINE
DANS TON CIRQUE DE BOIS, DE COTEAUX, DE VALLONS
LA PÂLE MORT MÊLAIT LES SOMBRES BATAILLONS.

JERSEY 25 - 30 NOVEMBRE 1852
LES CHÂTIMENTS

Ces vers du poème Expiations datent de la période où l’écrivain séjourne à Jersey. À ce moment, il ne s’est toujours pas rendu sur le champ de bataille de Waterloo. Il n’arrivera au Mont-Saint-Jean que le 7 mai 1860 ; il restera deux mois à l’hôtel des Colonnes et y finira l’écriture des Misérables. Pour Claude Van Hoorebeeck, le monument perd ainsi une partie de son âme. « L’esprit des initiateurs du projet n’a pas été respecté. (…) le monument est devenu principalement hugolien » alors qu’il aurait dû s’ouvrir à tous les artistes français, de la plume et du pinceau. De surcroît, le message de paix et européen n’était pas non plus de mise en 1911.
Classé en 1979, le monument va se détériorer grandement à la fin du XXe siècle et devenir un danger en cas d’écoulement sur la chaussée nationale voisine. Il appartient à l’absl Comité Victor Hugo qui n’accepte pas les diverses propositions formulées par les bourgmestres de Plancenoit de racheter la colonne, du moins jusqu’à sa dissolution en 2005. En décembre 2010, le site devient propriété de la province du Brabant wallon, pour un euro symbolique. La nouvelle province prendra en charge les travaux de consolidation et de prévention. Des arceaux métalliques enserrent la colonne et son piédestal, tandis que des barrières empêchent l’accès immédiat du site. Bien qu’indispensables, les mesures de sécurité portent évidemment atteinte à l’esthétique du monument et de ses composantes. C’est notamment le cas du médaillon réalisé par Victor Demanet.
Né à Givet de parents namurois, Victor Demanet (1895-1964) a grandi au confluent de la Sambre et de la Meuse, ses parents tenant un commerce d’antiquités au cœur de la ville wallonne. Appelé à leur succéder, Demanet fréquente l’Académie des Beaux-Arts (1916-1919) où il est l’élève de Désiré Hubin, mais la révélation lui vient des œuvres de Constantin Meunier et surtout de la thématique sociale et ouvrière développée par le peintre/sculpteur bruxellois. Lors d’un séjour à Paris, les œuvres de Rude, Carpeaux et Rodin finissent par convaincre Demanet que sa voie est dans la sculpture. Remarqué au Salon des Artistes français de Paris, en 1923, pour son buste de Bonaparte à Arcole, Victor Demanet s’impose rapidement comme un portraitiste de talent auquel sont confiées de nombreuses commandes publiques. Comme d’autres artistes de son temps, il réalise plusieurs monuments aux victimes des deux guerres. Tout en poursuivant une œuvre plus personnelle à l’inspiration comparable à celle de Constantin Meunier, avec de nombreux représentants du monde du travail, Victor Demanet est aussi l’auteur de plusieurs dizaines de médailles : le médaillon qui lui est commandé pour honorer Victor Hugo correspond pleinement au savoir-faire de Demanet qui signe, à Plancenoit, une œuvre de belle facture.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse (Le Soir principalement)
Claude VAN HOOREBEECK, La colonne Victor Hugo, son histoire et son secret, Les éditions namuroises, 2011
Société belge d’études napoléoniennes, Bulletin, 1956, p. 22-24 consultable sur  http://www.sben.be/pdf/N20_septembre_1956_Inauguration_Mt_Victor_Hugo_p_22_24.pdf (s.v. mai 2014)
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 397
Jacques TOUSSAINT, Victor Demanet dans Arts plastiques dans la province de Namur 1800-1945, Bruxelles, Crédit communal, 1993, p. 147

Colonne Victor Hugo

Colonne Victor Hugo

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chaussée de Charleroi – 1380 Plancenoit
Titre alternatif : 
HUGO Victor
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Colonne Victor Hugo
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Le monument à l'Aigle blessé

Réalisé par le sculpteur Jean-Léon Gérôme et érigé à l’initiative de trois particuliers le 28 juin 1904 sur un terrain au croisement du chemin de Plancenoit, endroit qui selon la légende aurait été la portion de terrain occupée par le « dernier carré » de la Garde impériale et où le général Cambronne aurait prononcé ses mots célèbres, l’Aigle blessé commémore les soldats français morts au champ d’honneur et donc pas la défaite de Waterloo. L’oiseau de proie, dans un triste état, déploie ses ailes percées de balles et est perché sur un rocher qui évoque celui de Sainte-Hélène. Il retient pourtant le drapeau qui tombe là où l’on peut lire le nom de grandes victoire napoléoniennes, au contraire de la déroute de Waterloo ; sur son socle, la dédicace « Aux derniers combattants de la Grande Armée » est inscrite comme un dernier témoignage de souvenir sur ce monument symbolisant pourtant la chute de l’Empire.

Lo Manifestation à l'Aigle blessé, probablement peu après le second conflit mondial © Institut Emile Vandervelde

C’est au cours de l’assemblée générale de l’Avant-Garde wallonne du 13 mai 1928 que l’idée d’un pèlerinage à Waterloo est lancée. Les premières fleurs sont déposées au pied de l’Aigle blessé par une poignée de militants wallons le 16 juin suivant. Le pèlerinage, dès lors organisé tous les ans, rassemble une foule grandissante d’année en année ; les plus grands moments auront lieu dans les années 1930 lorsque le nombre de participants atteint quinze à vingt mille personnes. Des discours enflammés y sont prononcés chaque année par des militants wallons de grande importance : Jules Destrée, Georges Truffaut ou encore l’abbé Mahieu. Waterloo devient un lieu de première importance pour le militantisme en Wallonie quand y naît le Front démocratique wallon en 1936 et le mouvement Wallonie libre le 18 juin 1940.

Carte postale ancienne de l'inauguration du monument © collection privée

L’assistance se réduit dans l’immédiat après-guerre pour se restreindre fortement dans les années 1950. La manifestation reste maintenue, mais elle devient pratiquement anecdotique dans les années 1970. Interrompue entre 1983 et 1986, elle reprend ensuite grâce au Comité du Souvenir français sous forme d’un « hommage aux Wallons » sans redevenir une manifestation de masse. Le monument à l’Aigle blessé, riche de symboles, reste toutefois un lieu de mémoire privilégié pour l’histoire du Mouvement wallon.

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Adresse : 
7860 Lasne
Titre alternatif : 
Monument à l'Aigle blessé
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