Religieux et Philosophique
Justice et Société
29 mai 2018
Triple homicide, à Liège, revendiqué par l'État islamique

Depuis les attentats de Paris (2015), de Bruxelles (2016) et de Nice (2016), l’Europe n’est pas épargnée par des actes terroristes multiples, ainsi qu’en témoignent les mesures de sécurité imposées dans les aéroports ou le niveau d’état d’alerte maintenu par les autorités nationales. L’attaque au camion-bélier à Berlin, en pleine tradition du marché de Noël, en montre la nécessité (12 morts, 19 décembre). Jusqu’au 1er octobre 2017 et deux femmes égorgées à la gare de Saint-Charles à Marseille, une vingtaine d’attentats provoquent en cette année 2017 la mort de 72 personnes à travers l’Europe, de Stockholm à Barcelone, en passant par Manchester. Qu’il s’agisse d’attaque à la voiture-bélier, au couteau ou à l’explosif, personne n’est épargné, citoyens ou représentants de l’autorité, hommes ou femmes. C’est en Afrique que 2017 se termine de la façon la plus meurtrière : le 14 octobre un camion piégé provoque la mort d’au moins 358 personnes à Mogadiscio, et le 25 novembre, une trentaine d’assaillants s’attaquent à une mosquée de Bir al-Abed, en Egypte, faisant 305 morts. Le danger reste omniprésent quand commence 2018, avec cinq femmes tuées par balle en Russie, à la sortie d’une église orthodoxe à Kizliar (18 février) ; on enregistre encore la mort de quatre personnes, dans un supermarché en France (23 mars), voire 57 morts dans une attaque à la bombe à Kaboul (22 avril) et elles sont 43 à être massacrées au Mali (27 avril). Alors que Paris connaît une attaque à l’arme blanche (12 mai), la ville de Liège n’est pas épargnée.

Le 29 mai, en pleine journée, sur le boulevard d’Avroy, un homme, Benjamin Herman, attaque au couteau deux policières qu’il tue de sang-froid, avant de s’emparer de leurs armes de service. Il abat ensuite un jeune homme au volant de sa voiture. Il prend enfin en otage une employée de l’Athénée Léonie de Waha, avant de la relâcher. Quelques minutes plus tard, il fait feu sur les policiers venus l’arrêter ; quatre sont blessés. Il est abattu par les hommes du Peloton anti-banditisme. Ici aussi, l’attaque est revendiquée par l’État islamique ; l’auteur de la tuerie est présenté comme un détenu radicalisé de la prison de Marche-en-Famenne alors en libération conditionnelle. Le dimanche 3 juin, une marche blanche organisée en l’honneur des trois victimes (Lucile Garcia, Soraya Belkacemi et Cyril Vangriecken) réunit 3.000 personnes dans les rues de Liège.

L’attaque perpétrée à Liège est la dernière en Europe occidentale pendant plusieurs mois. Le 11 décembre, pourtant, un assaillant sème le désordre à proximité du marché de Noël de Strasbourg : il parvient à tuer cinq personnes avant d’être lui-même abattu par les forces de police, deux jours plus tard.