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Gillon Robert

Socio-économique, Syndicat, Militantisme wallon

Liège 5/10/1927, Herstal 24/11/1993

Permanent syndical, Robert Gillon a succédé à André Renard et Robert Lambion à la tête des Métallurgistes liégeois, à la fin des années 1970 et dans les années 1980. Si les deux premiers n’avaient cessé de prôner des mesures pour éviter le déclin économique wallon, le troisième va être confronté aux dures réalités annoncées, dont la crise de la sidérurgie wallonne n’est que la face la plus visible.

Résistant puis volontaire de guerre de la Brigade Piron, Robert Gillon était entré comme ouvrier à l’usine Saroléa puis à la Fabrique nationale d’Armes de guerre, juste après la Libération, en même temps qu’il achevait ses études professionnelles. Affilié à la FGTB dès 1945, il fait rapidement son chemin au sein de l’organisation syndicale : délégué et responsable de la section Jeunes à la Fabrique nationale (1950-1960), il est notamment le représentant de la Fédération des Métallurgistes de Liège au comité national des Jeunes Métallurgistes (1952-1962) ; secrétaire-propagandiste de la régionale de Liège (1960), secrétaire professionnel de la fédération liégeoise des Métallurgistes de la FGTB (1965), il devient ensuite directeur de la régionale de Liège de la FGTB. Secrétaire général adjoint (1971), il accède à la présidence de la fédération liégeoise des Métallurgistes en octobre 1976 et restera à cette fonction jusqu’en 1988. Par la même occasion, il devient directeur général de La Wallonie (1977-1988), président de la Fondation André Renard et éditeur responsable de Combat.

Défenseur du fédéralisme et des réformes de structure, Robert Gillon est un membre actif du Mouvement populaire wallon dès sa création en 1961. Membre du comité liégeois d’Action wallonne (1962-1964), il contribue à la réussite du pétitionnement de l’automne 1963 où 645.499 signatures sont rassemblées en faveur de l’introduction du referendum dans la Constitution et contre l’adaptation des sièges parlementaires sans révision constitutionnelle simultanée. Quittant le Parti socialiste belge dont il était membre depuis 1945 suite à la motion d’incompatibilité entre l’appartenance au parti et la fonction de dirigeant du Mouvement populaire wallon (décembre 1964), Robert Gillon représente ce mouvement au sein de la Délégation permanente des quatre Mouvements wallons (1965). Il contribue aussi au rapprochement des régionales wallonnes de la FGTB et à la création de l’Interrégionale wallonne du syndicat socialiste. Partisan du retour à Liège des communes fouronnaises, il crée avec José Happart, alors président de l’Action fouronnaise, l’Association Wallonie-Fourons, au printemps 1980. Tout en réclamant un statut spécifique pour Fourons, il passera les années 1970 à réclamer la mise en place de l’article 107 quater et  la reconnaissance du fait régional.

Confronté au grand bouleversement de l’industrie lourde et à l’affaiblissement progressif de l’influence syndicale sous le double effet de la crise et de la politique néo-libérale, il s’était lancé dans des batailles parfois désespérées pour sauver Cockerill, Cuivre et Zinc, Unisis et bien d’autres sociétés sans savoir – disait-il – « s’il devait avoir confiance dans le patriotisme des uns (Jean Gol) ou plutôt suivre les conseils de prudence des autres (Guy Spitaels) ». Souvent présenté comme un bouillant syndicaliste têtu, Robert Gillon fut à la base de nombreuses études et réflexions pour la défense de l’économie wallonne.

Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2001, t. II, p. 722-723