Patrimoine mémoriel ou funéraire

Mégalithe "la Zeupire"

Rue de Beaumont, 6534 Gozée, Belgique

Classement comme monument le 23 mars 1994

Le village de Gozée est peuplé par l’homme depuis la Préhistoire comme l’attestent des preuves d’occupation du site au Néolithique (à partir de 5000 avant Jésus-Christ). En témoigne ce mégalithe (grande pierre) situé à l’extrémité du village. De forme trapézoïdale, cette pierre est en grès de la région et peut être considérée comme un menhir qui faisait probablement autrefois partie d’un dolmen. Dans sa disposition actuelle, sa hauteur hors sol atteint les 3 m à l’ouest et un peu moins de 2,5 m à l’est pour une largeur d’un peu plus de 2 m et une épaisseur de 65 à 85 cm. Son poids est estimé à près de 25 tonnes ! Deux autres pierres de même composition se trouvaient encore à côté de ce mégalithe au début du 19e siècle avant d’être débitées vers 1840 afin d’en faire des pavés. La pierre restante a été dégagée en 1887 afin de procéder à une fouille archéologique qui n’a toutefois donné aucun résultat. De récentes hypothèses tendent à dire que ce menhir a peut-être été érigé au 3e millénaire avant notre ère. L’étymologie du mot reste mystérieuse. Si certains ont voulu y voir une origine grecque, la « pierre de Zeus », affirmant que les druides connaissaient le panthéon grec, d’autres ont plutôt cherché dans le patois local. Zeupire serait dzeu-pire, c'est-à-dire la « pierre-dessus » (au-dessus du sol).

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Statue de la reine Louise-Marie

Rue de Namur, 5600 Philippeville, Belgique

Classement comme monument le 26 mai 1988

Louise-Marie d’Orléans est née en 1812 à Palerme, lieu d’exil de sa famille pendant le régime napoléonien. Elle est la fille du duc d’Orléans Louis-Philippe et de la princesse Marie-Amélie des Deux-Siciles. Retournée en France après la Restauration, elle voit son père devenir roi des Français après la Révolution de 1830. Elle est choisie par Léopold Ier pour devenir son épouse ; ils se marient le 9 août 1832 au château de Compiègne. Après avoir perdu un enfant en bas âge en 1834, elle donne naissance au futur Léopold II, en 1835, au prince Philippe, père du toi Albert, en 1837 et à la princesse Charlotte en 1840. L’entente entre les époux est bonne mais la reine, d’une nature psychologique fragile, résiste mal aux malheurs de la vie : perte de son premier enfant, perte de sa sœur à l’âge de 26 ans en 1839 et de son frère trois ans plus tard et révolution à Paris en 1848 qui voit son père déchu de son trône, exilé en Angleterre avant son décès le 26 août 1850. Effondrée et de santé précaire, la reine s’éteint à Ostende le 11 octobre de la même année, à l’âge de 38 ans. Philippeville est la seule ville de Wallonie à lui rendre hommage en érigeant un monument : une statue réalisée par Joseph Jacquet fut installée sur la place d’Armes en 1878 et déplacée à cet endroit en l’an 2000.

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Colonne Victor Hugo

Chaussée de Charleroi, 1380 Plancenoit, Belgique

Classement comme monument le 27 novembre 1979

En 1911, à l’occasion du 50e anniversaire du séjour de Victor Hugo à Mont-Saint-Jean, une initiative est prise afin d’ériger un monument commémoratif. Connu pour ses célèbres vers « Waterloo, morne plaine », écrits en 1825, Victor Hugo attendit 1860 avant de venir visiter les lieux de la bataille. Il séjourna deux mois à l’hôtel des colonnes, où il acheva la rédaction des « Misérables ». Des souscriptions levées en France et en Belgique permettent de confier la tâche aux architectes Manuel Ley et Jean Verhoeven. La première pierre est posée le 22 septembre 1912 mais la Première Guerre mondiale vient interrompre le chantier et il faut attendre 1954 pour voir se terminer les travaux ! Inaugurée le 24 juin 1956, la colonne repose sur un piédestal et mesure 18 m de hauteur. La face ouest est ornée d’un médaillon représentant l’écrivain et réalisé par le sculpteur Victor Demanet. Sur la face sud se trouve une plaque portant l’inscription « Un jour viendra où il n’y aura plus de champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées », extraite d’un discours tenu par Hugo au congrès de la paix à Paris en 1849. Sur la colonne est apposé un blason portant la date de 1956 et figurant un coq. Fortement dégradé depuis son inauguration, le monument a été restauré en 2012-2013.

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Monument à l'Aigle blessé

Chaussée de Charleroi, 1380 Plancenoit, Belgique

Classement comme monument le 11 septembre 1978

Réalisé par le sculpteur Jean-Léon Gérôme et érigé à l’initiative de trois particuliers le 28 juin 1904 à un endroit qui selon la légende aurait été la portion de terrain occupée par le dernier carré de la Garde impériale et où le général Cambronne aurait prononcé son mot célèbre – « merde ! » –, l’Aigle blessé commémore les soldats français morts au champ d’honneur et donc pas la défaite de Waterloo. L’oiseau de proie, dans un triste état, déploie ses ailes percées de balles et est perché sur un rocher qui évoque celui de Sainte-Hélène où fut exilé Napoléon. Il retient pourtant le drapeau qui tombe là où on peut lire le nom de grandes victoires napoléoniennes, au contraire de la déroute de Waterloo ; sur son socle, la dédicace « Aux derniers combattants de la Grande Armée » est inscrite comme un dernier témoignage de souvenir. Au pied du monument, une stèle en hommage aux soldats polonais a été inaugurée le 18 juin 1990 par l’association pour la conservation des monuments napoléoniens, en collaboration avec l’armée polonaise. Elle rappelle le sacrifice de l’escadron des chevau-légers polonais à Waterloo. La stèle est décorée d’un aigle, coulé en Pologne, et d’une inscription commémorative.

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Monument aux Hanovriens de Plancenoit

Chaussée de Charleroi, 1380 Plancenoit, Belgique

Classement comme monument le 19 octobre 1984

Juste en face du monument Gordon se trouve ce monument érigé en 1818, dédié aux soldats hanovriens ayant perdu la vie au cours de la bataille de Waterloo. Il prend la forme d’une pyramide tronquée portant des inscriptions sur plusieurs de ses faces. Cette haute stèle commémorative mesure près de 5 m de hauteur et rend hommage à une légion de l’armée britannique, la King’s German Legion, constituée de bataillons de soldats hanovriens qui, après l’invasion du Hanovre par l’armée française, avaient émigré au Royaume-Uni. Le Hanovre, le Grande-Bretagne et l’Irlande avaient en effet le même souverain depuis que l’électeur de Hanovre Georg-Ludwig était devenu roi d’Angleterre sous le nom de Georges Ier en 1714. Sur la face ouest se trouve une inscription en allemand dont voici la traduction : « En souvenir de vos compagnons d’armes, lesquels dans la bataille à jamais mémorable du 18 juin 1815, moururent ici en héros ». À l’est, une inscription en anglais : « En mémoire des compagnons d’armes qui sont glorieusement tombés en ce mémorable 18e jour de juin 1815. Ce monument est érigé par les officiers d’infanterie de la King German Legion ». Sur les faces nord et sud sont énumérés les noms d’officiers de plusieurs régiments ayant perdu la vie à cet endroit.

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Monument aux Prussiens de Plancenoit

Chemin de Camuselle, 1380 Plancenoit, Belgique

Classement comme monument et comme site le 12 octobre 1981

Composé d’une flèche de fer peint sur un soubassement de pierre bleue, ce monument néogothique rend hommage aux soldats prussiens tués au cours de la bataille de Waterloo. Érigé en 1818 pour célébrer les performances des troupes de Blücher, il est situé à un endroit où une batterie française aurait fait subir de lourdes pertes aux Prussiens. L’ensemble est sommé d’une croix représentant la décoration de la Croix de Fer, créée en 1813 par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III. La base de la flèche est décorée de quatre gâbles et de pinacles surmontés de fleurons dorés et porte une inscription en allemand sur la face sud dont voici la traduction « Aux héros tombés, le roi et la patrie reconnaissants. Ils reposent en paix. Belle-Alliance. 18 juin 1815 ». L’utilisation du terme « Belle-Alliance » est toute caractéristique : c’est en effet sous cette dénomination que les Prussiens et les Anglais connaissent alors la bataille de Waterloo. La croix fut abattue par des soldats français venus prêter main forte à l’armée belge lors du siège d’Anvers en 1832. Le maréchal Gérard, qui avait combattu avec les Prussiens à Wavre, fit cesser ce vandalisme et rétablir la croix au sommet du monument. Celui-ci a ensuite été restauré à plusieurs reprises, dont une dernière fois en 1997.

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Monument aux Belges de Baisy-Thy

Route de Houtain, 1470 Baisy-Thy, Belgiqu

Classement comme monument le 19 juillet 1984

Non loin du carrefour des Quatre-Bras se trouve un monument en hommage aux Belges ayant pris part à la bataille des Quatre-Bras du 16 juin 1815, prélude à la célèbre bataille de Waterloo. Il s’agit de commémorer les soldats « belges » ayant rejoint les troupes alliées au début de l’année ; certains servaient autrefois dans l’armée française et se retrouvent dès lors face à d’anciens camarades sur les champs de bataille. Inauguré en 1826, le monument en forme de stèle comporte, sur la frise, la date « 1815 – 16 juin » et en dessous, l’inscription « À la mémoire des Belges tués à la bataille des Quatre-Bras pour la défense du drapeau et l’honneur des armes ». Sur les deux côtés se trouvent des inscriptions en néerlandais.
Le 16 juin 1815, au moment où une partie de l’armée française se bat à Ligny, le carrefour des Quatre-Bras à Baisy-Thy est le théâtre de combats violents opposant les troupes alliées du prince d’Orange et du duc de Wellington à celles du maréchal Ney. Le but des Français est alors de marcher sur Bruxelles. Ici, l’issue des combats peut être considérée comme un « match nul », les deux camps s’étant neutralisés sans pour autant parvenir à prendre l’avantage. Le lendemain, toutefois, Wellington entame un retrait stratégique vers le nord où se déroulera l’ultime bataille du 18 juin 1815. La bataille des Quatre-Bras est extrêmement meurtrière ; chacun des adversaires perd environ 5 000 hommes, morts ou blessés.

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Monument Gordon

Chaussée de Charleroi, 1420 Braine-l’Alleud, Belgique

Classement comme monument le 16 août 1978

Ce monument composé d’une colonne brisée cannelée sommée d’une couronne de lauriers rend hommage au lieutenant-colonel écossais Alexander Gordon. Âgé de 29 ans en 1815, il fait partie du 3e régiment des Footguards et occupe la position prestigieuse d’aide de camp du duc de Wellington. Gravement blessé à la jambe pendant la bataille de Waterloo, il est emporté au quartier-général de Wellington où il doit être amputé. Il ne survit toutefois pas à l’opération. Sa famille lui fait élever ce monument dès 1817 ; il comporte une longue inscription commémorative en anglais sur le flanc nord dont une traduction française se trouve sur le flanc sud. Le monument, de style néoclassique, est imposant. Le colonne brisée, symbolisant la courte carrière du défunt, mesure 5 m de hauteur. Le monument est également riche quant à son iconographie. Sur la face est du piédestal se trouve un bas-relief représentant des armes surmontées de l’insigne du régiment des Scot Guards (chardon et devise écossaise). La face ouest est décorée du blason de Lord Aberdeen, père du défunt (couronne, feuilles de chêne, deux bras bandant et la devise Fortuna sequatur). Enfin, sur le socle, se trouvent des inscriptions partiellement illisibles évoquant les restaurations du monument en 1870 et 1886. Comme celle de nombreux autres officiers, la dépouille d’Alexander Gordon a été transférée dans le mémorial des Britanniques morts à Waterloo au cimetière d’Evere en 1890. Ce monument n’est donc pas une sépulture.

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Panorama de la bataille de Waterloo

Route du Lion 315, 1420 Braine-l’Alleud, Belgique

Classement comme monument le 24 février 1998

Au pied de la butte du lion se trouve une rotonde édifiée en 1912 sur les plans de l’architecte Frantz van Ophem. L’édifice a été érigé grâce à un appel de fonds lancé en février 1911 avec l’appui du consul de France. Parmi les investisseurs, on retrouve bon nombre de descendants d’officiers belges et hollandais ayant participé à la bataille. Cette rotonde abrite le « panorama de la bataille de Waterloo », vaste toile circulaire de 12 m de hauteur sur 110 m de long, représentant les principaux faits de la bataille. Elle a été réalisée par le peintre belge Louis Dumoulin, assisté par des artistes ayant chacun leur spécialité : les Français Raymond Desvarreux, Pierre-Victor Robiquet (peintres animalier), Louis-Ferdinand Malespina et Meir (portraitistes) et du Belge Vinck (avant-plan). Le concept du panorama date du 19e siècle et présente généralement des paysages ou des scènes religieuses. Ici, l’œuvre détaille un moment-clé de la bataille : on y retrouve les lanciers polonais, la charge du maréchal Ney, Napoléon et son état-major, et la résistance anglaise autour de Wellington. Le bâtiment et la peinture ont été reconnus patrimoine exceptionnel de Wallonie en raison de leur caractère unique ; il s’agit en effet d’un des rares exemplaires du genre conservés en Europe possédant encore les trois éléments caractéristiques des panoramas du 19e siècle : la toile, le bâtiment et les faux-plans.

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Butte du Lion

Route du Lion, 1420 Braine-l’Alleud, Belgique

Classement comme monument le 29 septembre 1978

La butte du lion est certainement le monument commémoratif de la bataille de Waterloo le plus connu et le plus visité. Ce que les touristes ignorent la plupart du temps, c’est que le monument n’a pas été construit pour commémorer l’action des Français ou de Napoléon. La butte et son lion ont été érigés par les Hollandais entre 1824 et 1826, au départ pour rappeler la blessure reçue à cet endroit par le prince d’Orange. Le caractère imposant de l’ensemble tend à souligner l’importance du combat mené le 18 juin 1815. Le gouvernement hollandais dote également le lieu d’une symbolique politique : le lion, menaçant, regarde vers la France ! L’animal, haut de 4,45 m et large de 4,50 m, pèse 28 t. Il symbolise l’Angleterre et les Pays-Bas et pose une de ses pattes avant sur un globe. Réalisé en fer et en fonte dans les ateliers Cockerill à Seraing, il est l’œuvre du sculpteur malinois Jean-Louis Van Geel. Il est posé sur un socle de pierre bleue, lui-même posé sur trois degrés. Le monument est supporté par une colonne de briques qui descend jusqu’en dessous de la base de la butte. Celle-ci forme un cône de 40,5 m de hauteur et de 520 m de circonférence. 300.000 m³ de terre du champ de bataille on dû être enlevés pour former cette éminence visible de loin. Il faut gravir 226 marches pour parvenir au sommet. L’ensemble a été conçu par l’architecte des palais royaux, Charles Van der Straeten.

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