Patrimoine mémoriel ou funéraire

Cimetière des Fusillés à Andenne

Quai des Fusillés, 5300 Andenne, Belgique

Classement comme site le 29 septembre 1993

Le 19 août 1914, l’armée belge fait sauter le pont qui traversait la Meuse à Andenne pour freiner l’avancée des troupes allemandes. Furieuses, celles-ci construisent un pont provisoire et traversent le fleuve le 20 août. S’ensuit le pillage des maisons de la ville. Le lendemain, à 4h du matin, les habitants sont chassés de chez eux et rassemblés sur la place des Tilleuls où les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Trois sont fusillés sur place et 214 autres emmenés le long de la Meuse pour y subir le même sort. Les survivants sont chargés d’enterrer les victimes et les femmes de faire disparaître les taches de sang qui jonchaient les rues. Andenne connaît ce jour-là un des pires massacres de civils par l’armée allemande au cours de la Première Guerre mondiale. En mémoire des disparus, le mur contre lequel ils ont été exécutés a été conservé ; il est précédé de parterres de fleurs entourés de pierres portant les noms et âges des victimes. Au centre du mur, une pierre commémorative rappelle le drame et un monument est inauguré le 21 août 1920.

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Ancien fort de la Chartreuse et monument aux morts de Grivegnée

Thier de la Chartreuse, 4030 Liège (Belgique)

Parties du fort classées comme monument et site le 13 janvier 1989, extension de classement comme site le 31 octobre 1991, monument aux morts du 1er Régiment de Ligne classé comme monument le 29 août 1988

L’ancien fort de la Chartreuse, du nom du couvent dont il occupe l’emplacement, domine le quartier d'Amercoeur. Construit de 1818 à 1823 d'après les plans du major H. Camerlingh, le fort a été utilisé jusqu'en 1981, date de sa désaffectation par l'armée.

Cette construction en étoile comprenait cinq bastions et cinq demi-lunes, dont subsistent aujourd'hui le 5e bastion appelé « réduit » ainsi que des vestiges des ouvrages extérieurs. L’accès primitif au « réduit » s’opérait par un portail en calcaire de style néoclassique daté de 1818 et aménagé dans un encadrement rectangulaire limité par des pilastres toscans.

La cour est fermée par trois ailes de style classique. Une intéressante poudrière est conservée à l’ouest. Elle comprend notamment une salle centrale dont les poutres reposent sur des corbeaux de calcaire. Le bastion n° 1, appelé aussi bastion des Fusillés, a été aménagé un lieu de souvenir à la mémoire des fusillés de la Première Guerre mondiale, parmi lesquels quarante-huit résistants liégeois. Il comprend un monument aux morts, un autel et des croix commémoratives. À l'extérieur du fort se trouve une série de monuments à la mémoire des morts de différentes unités casernées à la Chartreuse, dont le célèbre monument aux morts du 1er Régiment de Ligne.

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Cimetière de Robertmont à Bressoux

Rue de Herve 46, 4020 Liège (Belgique)

Classé comme site le 24 septembre 2002

Le cimetière de Robermont est situé à l’emplacement d’une importante abbaye cistercienne établie sur les hauteurs de Liège à la fin du XIe siècle ou au tout début du XIIe siècle. Suite à la dissolution de la communauté en 1792, l’abbaye est pillée et vendue. Le jardin sera alors affecté à l’inhumation pour devenir le seul cimetière de la ville au XIXe siècle.

Un porche monumental couvert, limité par deux pavillons construits en 1839-1840 mais disparus depuis donne accès à l’aire funéraire. Celle-ci s’articule en une série d’allées principales qui convergent vers l’ancienne morgue construite en 1824 et réaffectée en chapelle puis en entrepôt. De ce bâtiment partent à l’origine une série d’arcs de cercle le long desquels sont disposés les premiers monuments funéraires. De nombreux agrandissements aux XIXe et XXe siècles mèneront à une modification des aménagements pour privilégier une disposition en parcelles rectangulaires. Robermont a accueilli entre autres les sépultures des donateurs et bienfaiteurs des hospices de Liège, celles des soldats de diverses nationalités morts lors des conflits de la fin du XIXe siècle et du XXe siècles ou de nombreuses personnalités politiques, artistiques et scientifiques liégeoises. L’ensemble témoigne d’une conception esthétique indéniable, offre un grand intérêt architectural au travers de monuments de styles divers (néogothique, néoclassique, éclectique, Art nouveau ou Art déco) ou paysager au travers des nombreux spécimens d’arbres remarquables présents sur le site.

 

Cimetière de Robertmont à Bressoux - G. Focant © SPW

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Cimetière de Robertmont à Bressoux - G. Focant © SPW

Tombe du docteur Jean-Pierre Paul Bovy au cimetière de la Diguette

Rue Devant l'Aîte, 4031 Liège (Belgique)

Classée comme monument le 28 janvier 1981

Créé sur un terrain cédé par la famille Nagelmackers en 1864, le cimetière de la Diguette remplace l'ancien cimetière d’Angleur, situé à l'emplacement de la place Andréa Jadoulle, non loin de l'église primitive démolie au XIXe siècle. Le cimetière de la Diguette conserve un ensemble exceptionnel de sépultures aux typologies variées. Au nombre de celles-ci figurent le monument funéraire de la famille Nagelmackers, de style néoclassique ou la chapelle funéraire de la famille de Serdobine, de style néo-roman, élevée en 1881 d'après les plans de Charles Soubre.

Une de ces tombes perpétue le souvenir du docteur Jean-Pierre Paul Bovy (1779-1841), connu pour ses Promenades historiques dans le Pays de Liège. La stèle, couronnée d'un chapiteau et d'une croix, porte l’inscription « Jean Pierre Paul / BOVY / Docteur en chirurgie etc. / Auteur / des promenades historiques / dans le pays de Liège etc. / né à la Citadelle de Liège / le 20 octobre 1779 / mort à Liège / le 26 août 1841 / R.I.P. ».

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Monument Grétry

Place de l’Opéra, 4000 Liège (Belgique)

Classé, de même que le Théâtre royal, comme monument (avec zone de protection) le 18 mars 1999

Réalisée en 1842, la statue en bronze qui se dresse sur le parvis du Théâtre royal est l’œuvre du sculpteur Guillaume Geefs. Elle représente André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813), célèbre compositeur d’opéras et d’opéras-comiques liégeois, reconnu comme le maître du genre en France durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le cœur du compositeur a été placé dans une urne visible dans le socle de calcaire qui supporte sa statue.

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Ancien cimetière de Spa

Avenue des Platanes
4900 Spa

Classé comme site le 3 mai 2004

Le cimetière primitif de la cité thermale se trouvait, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, en plein centre-ville, aux abords de l’église Notre-Dame et Saint-Remacle. Désaffecté en 1784 sur ordre de l’empereur Joseph II qui interdit dorénavant l’inhumation dans les églises et les villes, le cimetière migre place des Écoles et se développe selon une forme tripartite, offrant un espace réservé aux confessions catholique et protestante, reflet du cosmopolitisme de la ville, ainsi qu’à titre privé, à la famille Cockerill. Des problèmes de surpopulation et de salubrité justifient en 1841 un nouveau transfert du cimetière avenue des Platanes, respectant en cela les nouvelles préoccupations hygiénistes. Témoins non seulement du passé prestigieux de Spa, de ses grandes familles, d’artistes et de curistes, certains monuments funéraires montrent également des qualités artistiques qui s’ajoutent à l’organisation spatiale particulière de la nécropole. Une allée conduit, dans la partie basse, à un monument néogothique autour duquel les tombes se développent en fer à cheval. La déclivité du terrain de la partie haute a déterminé l’aménagement des sépultures de cette partie du cimetière en terrasses. Les caveaux situés hors-sol simulent dès lors des ruelles qui donnent au cimetière son allure unique.

 

Ancien cimetière de Spa © IPW

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Ancien cimetière de Spa © IPW

Monument commémoratif du roi Albert

Rue Roi Chevalier, 5024 Marche-les-Dames (Namur) Belgique

Classé comme monument le 1er février 1937 (murs d'enceinte, autel, croix et plaque se trouvant dans le site des rochers de Marche-les-Dames)
Rochers classés comme site le 30 décembre 1933 et inscrits sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie

Les rochers de Marche-les-Dames sont truffés de grottes et d’abris ayant livré du matériel préhistorique remontant au Paléolithique supérieur (vers 30.000 ans avant notre ère pour ces vestiges) et au Néolithique (IVe millénaire av. J.-C. dans ce cas) mais sont également surplombés par un plateau utilisé comme refuge à l’époque protohistorique (Ier millénaire av. J.-C.). Ils font en outre partie d’un site naturel grandiose, remarquable par sa flore. Mais au-delà de sa beauté, ce paysage fut également le témoin d’un épisode plus tragique.

C’est en effet en ce lieu que, le 17 février 1934, le roi Albert Ier, connu pour son action lors de la Grande Guerre mais également féru d’escalade, trouva la mort. Un monument aménagé en 1937 commémore le souvenir de l’événement sous la forme d’un A taillé dans les buis à flanc de talus, pointant en direction d’une simple croix qui signale l’endroit où fut retrouvé le corps du roi. Un enclos en pierre délimite le mémorial et en garde l’entrée, monumentalisée par deux hampes.

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Église Saint-Martin de Dave et son cimetière

Rue de la Vieille Église, 5100 Dave (Namur) Belgique

Classée comme monument le 21 avril 1941

L’église Saint-Martin, romane à l’origine, a été en grande partie reconstruite au cours des siècles suivants. Du XIe siècle ne subsistent en effet que l’amorce de la nef centrale et le gros œuvre de la tour de plan carré. Celle-ci est surmontée d’un étage octogonal, faisant corps avec une haute flèche bâtie au plus tard au XVIe siècle. Le portail à linteau métallique du XIXe siècle donne sur une nef principale de la première moitié du XVIIe siècle, voutée en berceau sous une bâtière unique. Un chœur à trois pans s’appuyant sur d’autres vestiges romans lui a été greffé au début du  XVIIIe siècle.

Les murs des nefs latérales ont eux aussi été remaniés, si bien que plus aucun percement n’est d’origine. Le bas-côté nord, accessible également de l’extérieur, a été reconstruit vers 1200 et adossé en partie à la tour. Son extrémité a sans doute été rebâtie lorsque l’ensemble du bas-côté a été rehaussé en brique. Le bas-côté sud, qui abrite des gisants en pierre bleue des XVe, XVIe et XVIIe siècles, est gothique et remonte à la première moitié du XVIe siècle. L’absidiole qui lui fait suite, également à trois pans, a sans doute été rebâtie dans la première moitié du XVIIe siècle. Le plafond masque une belle charpente lambrissée, décorée de peintures et jadis datée de 1608.

Le mobilier se compose entre autres d’un maître-autel Louis XV en bois, d’un autel baroque ou de diverses dalles funéraires.

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Stèle commémorative "Le Coq" à Jemappes

Place du Coq ou Butte du Campiau, 7012 Jemappes
Belgique

Classée comme monument le 4 novembre 1976

Depuis 1890, l’idée de réaliser une commémoration de la bataille de Jemappes était dans l’air. Cette bataille, remportée par la jeune République française le 6 novembre 1792 sur les armées autrichiennes, avait permis la victoire de la République et, à terme, le rattachement de nos régions à la France. Un comité, dans lequel se trouvait Jules Destrée, fut constitué en mai 1909 et sélectionna le sculpteur arlonnais Jean-Marie Gaspar, le plus grand spécialiste de la sculpture animalière à l’époque. Le monument consiste en un obélisque de granit de 16 m de hauteur. À son sommet un coq en cuivre qui symbolise la puissance de la France révolutionnaire, tourné vers l’est, immense et aux lignes élégantes, se dresse vers le ciel, les ergots en bataille et le cou gonflé par le cri qu’il pousse. Il fut inauguré avec faste en 1911 en présence de quelque cent mille personnes. La sculpture fut détruite par les Allemands dès le 24 août 1914, et un nouveau coq réalisé par le sculpteur Charles Samuël fut installé sur l’obélisque en 1922. Épargné par la seconde occupation, il trône toujours en haut du monument, aujourd’hui au cœur d’une cité sociale.

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Cimetière communal de Mons

Chemin de la Procession 397, 7000 Mons Belgique

Monuments funéraires caractéristiques classés comme monument et partie ancienne du cimetière créée en 1784 comme site le 8 avril 1993

Le cimetière de Mons, ouvert dès sa création à toutes les confessions, est implanté en 1784 sur le versant méridional du mont Saint-Lazare. Il remplace dès lors les cimetières entourant les différentes églises paroissiales. Conçu comme un parc qui abrite d’ailleurs de nombreux arbres remarquables, il s’ouvre sur un portail néoclassique érigé en 1837. Celui-ci n’est autre que la copie conforme du portail du cimetière du Père Lachaise à Paris, dont il reprend la symbolique. Ce cimetière reflète, au travers de la hiérarchisation des parcelles le long de ses allées sinueuses, la société montoise de l’époque ainsi que son évolution. Les monuments proposent un large éventail typologique, de la simple croix aux chapelles funéraires, sans oublier quelques exemples aux formes particulières, érigés la plupart du temps en pierre ou parfois en fonte, dans les styles classique, néoclassique, néogothique ou encore Art déco.

 

Cimetière communal de Mons © IPW

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Cimetière communal de Mons © IPW

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