Rudy Demotte

Renaix 3/06/1963

Député wallon : 1999* ; 2004* ; 2009* ; 2014*
12e Ministre-Président wallon : *2007-2009 ; 2009-2014

Licencié en Sciences politiques et en Relations internationales de l’Université libre de Bruxelles (1986), militant socialiste, Rudy Demotte est choisi comme secrétaire « national » des Jeunesses Socialistes en 1985, puis élu président l’année suivante (1986-1992). À Lessines, où il s’est établi, il est secrétaire du CPAS. Installé ensuite à Flobecq, il est élu conseiller communal en octobre 1994. Après un premier mandat dans l’opposition, il renverse la majorité en 2000 et devient le bourgmestre de Flobecq (2001-2006), fonction dans laquelle il est confirmé en octobre 2006 quand il remporte la majorité absolue. En raison de ses fonctions ministérielles, il est cependant bourgmestre empêché. En 2010, il choisit de quitter Flobecq pour Tournai où il se présente avec succès aux communales d’octobre 2012. En raison de ses autres fonctions, Rudy Demotte se dira bourgmestre empêché une fois le pacte de majorité signé avec le MR de Marie-Christine Marghem. À côté de son intérêt pour le terrain municipal, Rudy Demotte a en effet déployé une activité politique qui dépasse la Wallonie picarde.
Collaborateur au Cabinet de Philippe Busquin, alors ministre « national » des Affaires sociales dans le gouvernement Martens VIII (entre 1988 et 1990), signataire-fondateur du manifeste Socialismes-Libertés, membre du mouvement des Socialistes progressistes belges, président de la Fédération du Hainaut occidental du Parti socialiste (1993), Rudy Demotte est élu pour la première fois dans l’arrondissement de Tournai-Ath-Mouscron à la Chambre fédérale en mai 1995. Lors des scrutins de juin 1999, il opte pour le Parlement wallon où il est élu. Régulièrement reconduit dans son mandat wallon, il n’aura guère l’occasion de siéger dans l’assemblée namuroise en tant que député, car il est désigné comme ministre à plusieurs reprises.
Ministre fédéral en charge de l’Économie et de la Recherche scientifique dans le gouvernement arc-en-ciel de Guy Verhofstadt I (1999), Rudy Demotte quitte le « fédéral » pour monter dans le gouvernement de la Communauté française présidé par Hervé Hasquin, en avril 2000, quand Elio Di Rupo quitte le gouvernement wallon pour se consacrer exclusivement à la présidence du PS. Rudy Demotte devient ministre du Budget, de la Culture et des Sports et aussi le chef de file du PS au sein de ce gouvernement communautaire à majorité arc-en-ciel (2000-2003). En 2001, son portefeuille ministériel s’accroît de la Fonction publique et de la Jeunesse. Dès cette époque, il plaide pour l’approfondissement des synergies entre Région et Communauté, et en faveur « des doubles casquettes ministérielles ».
Lors du scrutin fédéral de 2003, Rudy Demotte est élu député, mais ne va pas siéger à la Chambre car il reste ministre, retrouvant le niveau fédéral, en charge de la Santé publique et des Affaires sociales (2003-2007). Confirmant son leadership dans la circonscription de Tournai-Ath-Mouscron lors des élections régionales de 2004 et 2009, le président de l’Ideta (1999-2006) a lancé des états-généraux (en 2000 et 2001) afin de repenser le fonctionnement des intercommunales hennuyères – Ideta, IEG, Ipalle – (2003) et de réfléchir à un projet d’avenir commun pour la Wallonie picarde (2004). Progressivement, il impose ce concept de Wallonie picarde à l’ensemble des acteurs de terrain.
Au soir du scrutin fédéral de juin 2007, Elio Di Rupo choisit son successeur à l’Élysette. Rudy Demotte quitte le fédéral pour la présidence du gouvernement wallon (19 juillet 2007) et reçoit la mission de développer le Plan Marshall lancé en mars 2005. Depuis Alfred Califice, il est le douzième ministre à présider un exécutif wallon. Quand, le 20 mars 2008, Rudy Demotte remplace Marie Arena à la présidence de la Communauté française, il devient le premier ministre à exercer conjointement les deux présidences. Cette situation nouvelle est explicitée dès le 16 avril 2008 quand Rudy Demotte et Charles Picqué lancent ensemble un Appel Pour une fédération Wallonie-Bruxelles, plaidoyer birégional, où les deux ministres-présidents optent clairement en faveur de l’affirmation de deux régions solidaires, égales en statut.
Au lendemain des élections régionales de juin 2009, Rudy Demotte est conforté dans ses deux fonctions ministérielles, à la tête du gouvernement wallon et du gouvernement de la Communauté française où la coalition PS-cdH s’est ouverte à Écolo. À Namur, R. Demotte a dans ses attributions la coordination du Plan Marshall 2.vert, les Fonds structurels, la Simplification administrative et les Relations extérieures.
Au terme d’une législature particulièrement stable sur le plan gouvernemental (seul Benoît Lutgen a été remplacé par Carlo di Antonio en 2011), le bilan de l’exécutif wallon présidé par Rudy Demotte est riche de multiples réalisations, dont la plus manifeste est le Plan Marshall 2.vert qui, selon le ministre-président lui-même, a créé plus 50.000 emplois. Sans omettre de contribuer à assurer sereinement la continuité de l’État durant la longue crise fédérale pour former un nouveau gouvernement belge (juin 2010-décembre 2011), les autorités wallonnes ont mis en œuvre des dynamiques nouvelles dans des domaines variés, tout en se lançant dans l’accueil des nouvelles compétences transférées vers les entités fédérées par la 6e Réforme de l’État (2013-2014). Une réflexion sur le devenir de la Wallonie a permis de dresser, en concertation, un projet co-construit de Plan Marshall à l’horizon 2022.
Parmi les mesures phares, le gouvernement wallon a mis en place un 6e Pôle de compétitivité et consentit un investissement de 2,75 milliards d’€ dans le redéploiement économique de la Wallonie. Les fonds structurels européens ont permis de soutenir 450 projets en Wallonie. En matière d’Aménagement du territoire, le Cwatupe a été révisé et un nouveau Code du Développement territorial (CoDT) a vu le jour. De nouvelles dynamiques sont lancées avec Creative Wallonia, le Master Plan TIC Wallonie, terre d’excellence numérique, les projets NEXT-économie circulaire et Smart Park-économie d’énergie. Des mesures de bonne gouvernance ont rythmé la législature dès l’adoption, en 2010, du décret décumul wallon. Modernisation et réforme des Provinces étaient aussi à l’ordre du jour, comme la création d’une Agence wallonne de la Sécurité routière, la réforme du tarif de l’électricité, le remplacement de Solwatt par Qualiwatt, la création de 5 nouveaux indicateurs complémentaires au PIB, la mise en place de la 1ère stratégie wallonne de développement durable, le plan global Égalité des chances, ou le premier Code wallon de l’agriculture, voire le Plan Routes.
En application de la Déclaration de politique régionale et dans le cadre du Plan Marshall 2.vert, le ministre-président prend aussi l’initiative de rationaliser et d’améliorer la visibilité de la Région en imposant le terme Wallonie en lieu et place de l’expression Région wallonne, en confirmant Namur comme capitale politique, et en réaffirmant la primauté du coq de Paulus comme emblème wallon (avril 2011). En septembre 2011, en application du décret du 31 mars de la même année, le chef du gouvernement wallon remet pour la première fois la distinction du Mérite wallon à une vingtaine de personnalités « dont le talent ou le mérite a fait ou fait honneur à la Wallonie dans une mesure exceptionnelle et contribue ainsi d’une façon significative à son rayonnement ».
Réélu au Parlement wallon le 25 mai 2014 dans la circonscription de Tournai-Ath-Mouscron, Rudy Demotte ne préside plus le gouvernement wallon lorsque PS et cdH forment la nouvelle majorité au début de l’été 2014 ; mais il conserve la tête de l’exécutif communautaire avec comme feuille de route des mesures d’économies budgétaires drastiques. En exerçant la présidence du gouvernement wallon pendant sept années, Rudy Demotte est le responsable politique qui a exercé cette fonction pendant la plus longue période, et de façon ininterrompue.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse 2009-2014
Cfr Encyclopédie du Mouvement wallon, Parlementaires et ministres de la Wallonie (1974-2009), t. IV, Namur, Institut Destrée, 2010, p. 179-181
L’Almanach 2013-2014 : 5 ans d’Olivier,  cfr http://gouvernement. wallonie.be/sites/default/files/ nodes/story/6275-webplaquette201314def148-5x210mmcmjn.pdf

conseiller communal de Flobecq (1995-2010)
député fédéral (1995-1999, 2003, 2007, 2010)
député wallon (1999, 2004, 2009)
ministre fédéral (1999-2000, 2003-2007)
ministre communautaire (2000-2003)
bourgmestre en titre (2001-2010)
ministre-Président du gouvernement wallon (2007-2010)
ministre-Président de la Communauté française Wallonie-Bruxelles (2008-2011)
ministre-Président du gouvernement de la Wallonie (2010-2014)
ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles (2011-2014, 2014-)
bourgmestre en titre de Tournai (2012-)

Paul Delforge, décembre 2014