Maurice Des Ombiaux

Beauraing 16/03/1868, Paris 21/09/1943

Très tôt attiré par le renouveau littéraire des années 1880, Maurice des Ombiaux quitte La Jeune Belgique pour Le Coq rouge, mouvement qui se veut le défenseur de la liberté en art (1895). Pourfendeur d’Edmond Picard, champion de l’âme belge, il opte pour la prose ainsi que pour une veine réaliste et populaire qui correspond mieux à sa nature. S’inspirant des vieilles légendes locales qui lui ont été racontées dans sa prime jeunesse, il atteint aux sommets du roman naturaliste : Mihien d’Avène et surtout Le Maugré sont considérés par Lemonnier et Maeterlinck comme des chefs-d’œuvre. Auteur très fécond, critique d’art, il s’intéresse aux artistes wallons, signe un Essai sur l’Art wallon et, avec Jules Destrée, crée une association visant à mettre en lumière les productions artistiques du pays wallon. Associé à l’organisation du premier grand salon d’Art wallon, lors de l’exposition de Charleroi en 1911, il ne cessera de montrer que la Wallonie, trop souvent négligée au profit de la Flandre, est en réalité un des berceaux de l’art en Occident.
Installé à Paris après la Grande Guerre, connaisseur du bien boire et du bien manger, épicurien raffiné, chroniqueur gastronomique, des Ombiaux s’oriente vers un tout autre genre quand il rédige un code de la table et acquiert en France une importante célébrité. Ses confrères lui décernent le titre de « Cardinal du Bien manger ». Connaissant les honneurs tant dans son pays natal qu’à l’étranger, des Ombiaux ne retrouve cependant plus la maîtrise de son art et la valeur littéraire de ses nombreux manuscrits d’alors subit le contrecoup de la nécessité.

Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, 2000, t. I
Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 2005
DELFORGE Paul, Cent Wallons du Siècle, Liège, 1995
HOREMANS Jean-Marie, Biographie nationale, 1973-1974, t. 38, col. 640-651
La Wallonie. Le Pays et les hommes (Histoire, Economie, Société), Bruxelles, t. II, p. 202
La Wallonie. Le Pays et les hommes (Arts, Lettres, Cultures), Bruxelles, t. III, p. 381-382

Paul Delforge, octobre 2011