Pierre Rion

Charleroi 7/05/1959

Ingénieur civil électricien (Électronique-Informatique) diplômé de l’Université de Liège en 1982, Pierre Rion lance la société Dedrion durant son service militaire à la Gendarmerie, avant d’être engagé au sein de la société Prodata. Dix ans plus tard, il prend en main la destinée d’Iris, sorte de spin-off de l’Université catholique de Louvain qui a mis au point, en 1987, un processus révolutionnaire de reconnaissance optique de caractères et un autre de reconnaissance intelligente de documents (IDR), tout aussi novateur. Pierre Rion n’a pas participé à l’invention de cette innovation, couronnée par le Prix de l’Innovation 1989 de la Région wallonne. Il en a cependant perçu le potentiel et, au moment où les premiers investisseurs se montrent impatients et retirent leurs billes, il s’associe à Pierre de Muelenaere, l’un des fondateurs d’Iris (anagramme de Image Recognition Integrated Systems), pour s’en faire les acquéreurs au terme d'une procédure de Management Buy Out (MBO), avec l’aide de la SRIW. Avec un catalogue de quelque 200 références, dont le Datapen et l’Irispen comme produits-phares, Rion et de Muelenaere prennent le pari d’imposer leur norme au-delà du territoire belge.
En quatre ans, les deux investisseurs ont remboursé leur emprunt. En 1996, Iris ouvre des filiales en France et aux États-Unis et développe Iris Clinical, spécialisée dans la lecture de formulaires d'analyses pharmacologiques. Les potentialités de l’OCR d’Iris s’étendent aux scanners et s’imposent comme un standard international. En 1999, la société Iris est introduite à la Bourse de Bruxelles, témoignant de la réussite d’une entreprise wallonne créée à partir d’une excellente idée et managée par des investisseurs locaux intrépides. De cette réussite, Pierre Rion tire des enseignements et la conviction de la nécessité de faire naître en Wallonie un système drainant efficacement des capitaux privés, à risques, vers des projets prometteurs, voire un service d’accompagnement au développement d’entreprises.
Pour celui qui a planté ses propres vignes sous le soleil wallon, en 1991, l’investissement, le savoir-faire et la patience sont des vertus cardinales pour que la cuvée soit appréciable. Les premières vendanges de la ferme de Mellemont, près de Thorembais-les-Béguines remontent à 1997 et sont prometteuses. Cet ancrage dans la région, dans des produits de qualité, le patron d’Iris l’étend dans le secteur des entreprises en investissant activement dans les projets ambitieux que sont le Parc Paradisio, XDC Cinema, Belrobotics, le fond E-Capital et une dizaine d’autres PME wallonnes. Avec Laurent Minguet et Eric Mestdagh, Pierre Rion s’impose à la tête d’un groupe baptisé « les chevaliers blancs wallons », qui joue le rôle de facilitateurs de projets par l’apport de capitaux à risques. En 2008, le consortium des 3C avait remis une proposition ferme à Belgacom pour le rachat du Win wallon.
Producteur du chanteur Jean Vallée en 2002, Pierre Rion a pris la présidence du Cercle de Wallonie à l’entame de 2011.

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse

Paul Delforge, septembre 2012