
Guy Focant (SPW)
Château médiéval de Sombreffe
Sombreffe est un exemple intéressant d’un château médiéval de plaine. Il se divise en deux parties : une haute-cour, avec une tour-porche et un donjon, et une basse-cour, protégée par une enceinte polygonale ponctuée de tours circulaires et, à l’origine, par des douves. Le donjon (XVe siècle) possède un bel étage, avec une voûte sur croisée d’ogives, une cheminée, des fenêtres à banquettes, des latrines. La basse-cour était accessible par le châtelet d’entrée, percé, comme les autres tours, de meurtrières et de canonnières.
Rue du Château 1
5140 Sombreffe

Classé comme monument le 25 novembre 1971
Patrimoine exceptionnel de Wallonie
Institut du Patrimoine wallon

IPW
Château d'Ordange
Le château d’Ordange à Seraing, mentionné dès le XVe siècle, dépend de la cour allodiale de Liège. Meurtri par les troupes de Charles de Téméraire en 1468 et détruit par les de la Marck lors de leur lutte contre l’évêque Jean de Horn en 1490, le château est reconstruit et connaît diverses occupations durant le XVIe siècle.
Le château a conservé le caractère fermé et les douves de son passé de forteresse médiévale. Deux tours circulaires du XVe ou XVIe siècle encadrent le porche d’entrée dans lequel se trouve une pierre au blason du prince-évêque Gérard de Groesbeeck (1564-1580), accompagnées d’armoiries illisibles. Originaire du comté de Looz, possession liégeoise, le prélat cumula ses fonctions liégeoises avec celles de prince-abbé de Stavelot-Malmedy à partir de 1576. Il fut nommé cardinal en 1578 pour récompenser sa lutte contre l’hérésie et introduisit les Jésuites à Liège.
Les tours sont éclairées de baies à croisées et étaient à l’origine précédées d’un pont-levis aujourd’hui remplacé par un pont de pierre. Les deux tours sont reliées par un passage ouvert surmonté d’une baie à linteau. On peut encore apercevoir dans le portail les vestiges des ouvertures utilisées pour manœuvrer les chaines du pont-levis, l’étage comporte quant à lui, des arquebusières.
Le château comporte d’anciennes écuries et une chapelle castrale caractérisée par un plafond à voussettes et par la présence de peintures murales remarquables dans la sacristie. Le logis, de six travées, s’élève sur deux niveaux. Sa façade, millésimée 1643, est composée de briques et calcaire en partie cachés par le lierre. Le mobilier du corps de logis est exceptionnel, citons les cheminées gothiques, renaissance et classiques.
Rue d'Ordange 8
4100 Seraing

Classé comme monument et site le 22 janvier 1979
Patrimoine exceptionnel de Wallonie (décor mural de la chapelle, meubles immobilisés)
Institut du Patrimoine wallon

Guy Focant (SPW)
Château de Seneffe
Œuvre du plus célèbre architecte des Pays-Bas autrichiens, Laurent-Benoît Dewez, le château de Seneffe, construit entre 1763 et 1769 en style néoclassique, se compose d’un corps de logis surmonté d’une balustrade et d’un fronton armorié, auquel sont adjointes deux galeries à colonnades se terminant par deux pavillons à dôme.
Vers 1780, le parc est agrémenté d’un aménagement paysager à la mode anglaise, et l’orangerie et le théâtre sont érigés. Après une restauration du parc et du château, la Communauté française de Belgique, propriétaire du site, y a installé le musée de l’Argenterie.
Rue Lucien Plasman 7-9
7180 Seneffe

Classé comme monument et site le 24 décembre 1958
Patrimoine exceptionnel de Wallonie
Institut du Patrimoine wallon

Guy Focant (SPW)
Château de Warfusée
La seigneurie liégeoise de Warfusée fut le berceau de grands lignages hesbignons depuis le XIIe siècle. Érigée en comté en 1609, elle passa entre les mains des comtes d’Oultremont en 1707. C’est dans cette bâtisse que naquit le 26 juin 1716 le prince-évêque Charles-Nicolas d’Oultremont. Nommé chanoine de la cathédrale de Liège à l’âge de 17 ans, il devint prince-évêque à la mort de Jean-Théodore de Bavière en janvier 1763 et entra en fonctions le 8 avril 1764. Son règne fut essentiellement marqué par des actions d’ordre religieux : lutte contre le jansénisme et fondation de plusieurs institutions de charité publique. C’est également au château de Warfusée qu’il rendit son dernier souffle le 22 octobre 1771.
Le château de Warfusée est en brique enduite et en pierre calcaire ; il est constitué d’un imposant pavillon à deux ailes cantonnées de deux annexes en retour d’équerre. Ses décors intérieurs sont remarquables, comme le vestibule avec son monumental escalier en chêne à deux volées ou la salle à manger qui reçut au XIXe siècle de nombreuses gravures aquarellées représentant les loges de Raphaël au Vatican. Le petit et le grand salons possèdent, quant à eux, de précieuses tapisseries d’Audenarde du XVIIIe siècle.
Aujourd’hui, le château est composé de vastes bâtiments disposés en quadrilatère et qui sont le résultat de trois phases de construction successives. L’aile d’entrée, construite par l’architecte Renesse à partir de 1622 et restaurée en 1720, se développe autour d’une tour-porche et de deux pavillons mansardés. En toile de fond se dresse le château en lui-même, élevé en 1754-1755 par le comte Florent d’Oultremont, frère aîné du prince-évêque. La bâtisse, comptant parmi les plus belles réalisations classiques de Wallonie, est l’œuvre de l’architecte Jean-Gilles Jacob, originaire de la région. L’intérieur, richement décoré par de grands ornemanistes de l’époque, garde encore un souvenir marquant de la vie du prince dans la demeure. L’important mobilier évoque son souvenir : y sont conservés son berceau, sa chambre à coucher et, dans le grand hall d’entrée, son portrait surmonté de ses armoiries exécuté par Louis-Joseph Rhénastienne en 1765.
Rue de Warfusée 113
4470 Saint-Georges-sur-Meuse

Classé comme monument et site le 22 janvier 1973
Patrimoine exceptionnel de Wallonie
Institut du Patrimoine wallon

Guy Focant (SPW)
Château de Lavaux
Érigé au XVe siècle sur un marécage, le château, ceint de douves, possède encore ses quatre tours circulaires d’angle, dont la plus importante constituait le donjon. Celui-ci, avec un aménagement intérieur sobre, est surmonté d’un dernier niveau, en encorbellement, à vocation défensive : quatre fentes de tir pour petits canons et de quatre niches basses qui alimentaient en projectiles divers les mâchicoulis.
Au début du XVIIe siècle furent aménagées les ailes d’habitation, qui remplacent les courtines, et les puissantes colonnes annelées du passage d’entrée.
Depuis 1958, le château, entièrement rénové au XXe siècle, abrite le musée de la Chasse. En 2004, le château est à nouveau rénové, tout comme l’espace d’accueil et le parking. Aujourd’hui, il compte trois musées entièrement repensés pour rendre la visite attrayante. Ces musées sont respectivement consacrés à la vie des seigneurs aux XVIIe et XVIIIe siècles, la vie rurale en Famenne et XIXe siècle et la chasse et la nature en Famenne.
Le programme de requalification du site a été conduit par l’asbl Les Amis du Château de Lavaux-Ste-Anne dans le cadre de l’action menée par les Fonds européens Feder, Objectif II rural.
Rue du Château 8
5580 Rochefort (Lavaux-Sainte-Anne)

Classé comme monument le 1er février 1937
Patrimoine exceptionnel de Wallonie
Institut du Patrimoine wallon

Guy Focant (SPW)
Château des princes de Mérode
Héritier d’une forteresse du XIIIe siècle, le château de Rixensart en a conservé le plan en quadrilatère et la présence d’une chapelle castrale, actuellement paroissiale. Construites entre 1631 et 1662, les quatre ailes du quadrilatère sont ponctuées de tourelles octogonales et d’une tour-porche.
Mais l’élément le plus remarquable est certainement la galerie en colonnade qui est constituée d’arcades surbaissées posées sur des colonnes toscanes en pierre blanche. Propriété de la famille de Mérode depuis 1715, inscrit sur la liste de l’Institut du Patrimoine wallon, le château a bénéficié en 2010 de travaux de réparations de toitures subsidiés.
Rue de l'Eglise 40
1330 Rixensart

Classé comme monument le 15 mai 1964
Patrimoine exceptionnel de Wallonie
Institut du Patrimoine wallon

Guy Focant (SPW)
Château-ferme de Baya à Goesnes
Le château-ferme de Baya est une exploitation dont on retrouve mention dès le début du XVIIe siècle. L’ensemble en calcaire, grès et brique à l’aspect classique, a un plan en U s’ouvrant vers le sud. Le corps de logis date du milieu du XVIIIe siècle et se présente comme une demeure de plaisance. Son horizontalité est accentuée par un bandeau saillant marquant le niveau des étages. Composé de neuf travées, dont cinq en saillie au centre, le logis est caractérisé par une symétrie verticale. Il s’élève sur un niveau cavé, un bel-étage accessible depuis un perron en pierre à double volée bordé par un garde-corps régence en fer forgé, un second étage et les combles. Le logis est surmonté d’une toiture à la mansarde en ardoises, percé de lucarnes au XIXe siècle.
Les ailes perpendiculaires sont partiellement antérieures au corps de logis. L’aile Ouest est ouverte d’un porche d’entrée percé de portails surbaissés et surmonté d’une toiture à la mansarde. L’aile opposée comporte les mêmes portails. Elle a été rehaussée et couverte d’une toiture en bâtière à croupette. La partie occidentale a été aménagée en habitation au XVIIIe siècle et la partie orientale transformée durant les XIXe et XXe siècles. L’intérieur du château-ferme est exceptionnel par les stucs ornant le vestibule et le grand salon, les peintures de trois plafonds, la cage d’escalier ainsi que les chambres à coucher.

Rue de Baya 18
5353 Ohey (Goesnes)

Classé comme monument le 25 juin 1984
Patrimoine exceptionnel de Wallonie (stucs du vestibule et du grand salon et trois plafonds peints)
Institut du Patrimoine wallon

Château d'Hodoumont
Situé au Sud du village, le château d’Hodoumont est une ancienne dépendance de la seigneurie de Goesnes. Le château est composé d’un logis seigneurial et d’une ferme fortifiée. Il se trouve aujourd’hui dans un grand parc exceptionnel agrémenté de bassins reliés par un canal orné de deux pyramidions, d’une charmille, d’allées de tilleuls et de hêtres. Originellement défendu de douves, le château s’est développé au début du XVIIe siècle à partir d’un donjon médiéval. Il sera ensuite réaménagé en résidence de plaisance dès la fin du XVIIIe siècle.
Le donjon est une haute et puissante tour rectangulaire s’élevant sur quatre niveaux. On peut encore apercevoir les voûtes en berceau de la cave et de rez-de-chaussée ainsi que sur la face Sud, une bretèche. Les percements datent principalement du XVIIIe siècle. La toiture, reconstruite au XIXe siècle, est supportée par une corniche sur corbeaux en quart de rond du XVIIe siècle.
Le château comporte trois tours d’angle circulaires surmontées de flèches octogonales à petit bulbe (tours NO) ou d’une toiture polygonale à coyau couronnée d’une tourette de vigie (tour SE). La façade principale, composée d’un double corps, s’élève sur deux niveaux de cinq travées. Elle est ouverte de baies à petits bois et linteau droit. La toiture en bâtière d’ardoises est percée de lucarnes à croupe.
Rue d'Hodoumont
5350 Ohey

Classé comme monument et site le 31 mars 1983
Patrimoine exceptionnel de Wallonie
Institut du Patrimoine wallon

G. Focant - SPW
Théâtre royal de Namur
Établi à cet endroit depuis 1825 et détruit trois fois par les flammes, l’actuel théâtre royal de Namur est inauguré le 27 septembre 1868. Conçu par Thierry Fumière, architecte de la Ville de Namur, et par l’ingénieur-architecte Julien-Étienne Rémont, il s’impose à la vue par son élégant avant-corps d’entrée néoclassique et son éblouissante salle de spectacle.
La façade, faite d’un calcaire jaune, comprend deux niveaux, sous un attique, de sept travées avec portique ; deux niches abritent les statues de la Comédie et de la Musique. Théâtre « à l’italienne », il intègre les modifications françaises du XVIIIe siècle, comme le décalage des balcons ou l’installation d’une coupole cintrée avec lustre et ornée d’une toile peinte représentant un ciel nuageux où se côtoient putti musiciens, amours, femmes musiciennes, guirlandes...
Entre 1994 et 1998, le théâtre de Namur a été restauré complètement par les architectes Thierry Lanotte et Pierre Lamby afin d’intégrer les trois grandes fonctions d’un théâtre : le lyrique, le dramatique et le symphonique.
Place du Théâtre 2
5000 Namur

Classé comme monument le 22 janvier 1993
Institut du Patrimoine wallon

SPW - G. Focant
Citadelle de Namur
Situé sur un éperon rocheux au confluent de la Meuse et de la Sambre, le site de la citadelle se développe au Xe siècle avec le comté de Namur. Mais l’organisation de la résidence comtale, dont le donjon, n’est pas clairement établie, sauf pour les deux tours semi-circulaires toujours visibles actuellement. Position stratégique entre la France et les Pays-Bas bourguignons, puis espagnols, la citadelle est agrandie à plusieurs reprises – notamment lors de la construction, en 1690, du fort d’Orange, du nom de Guillaume III d’Orange, qui, allié aux Espagnols, le fit ériger – et elle subit différents sièges, dont celui de Louis XIV en 1692. Démantelée par Joseph II, la citadelle est relevée par les Hollandais. Poste de commandement de la position fortifiée de Namur en 1914 et 1940, elle est totalement démilitarisée en 1975.
Outre le fort d’Orange, fortification enterrée dessinant un pentagone reconstruit durant la période hollandaise, les vestiges spécifiquement préservés englobent également un des accès à la place forte. Ainsi, la porte de Bordial, identifiable à son portail baroque et remontant au XVIIe siècle, clôturait, côté Sambre, les fortifications de Terra Nova, la dernière enceinte bastionnée construite sur un site devenu, dès le XIXe siècle, un haut lieu naturel, culturel et touristique.
Les murailles bénéficient actuellement d’une campagne de restauration.

Citadelle de Namur
5000 Namur

Site classé le 19 février 1991
Parties classées comme monuments les 16 octobre 1975, 7 avril 1977, 6 octobre 1978 et 2 mai 1996
Repris sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie
Institut du Patrimoine wallon