no picture

Terwagne Freddy

Militantisme wallon, Politique

Amay 26/03/1925, Liège 15/02/1971


Le nom de Freddy Terwagne est étroitement lié à la loi du 15 juillet 1970 portant organisation de la planification et de la décentralisation économique (Conseils économiques régionaux de Droit public, Sociétés de Développement régional, Bureau du Plan et Office de Promotion industrielle). Ministre des Relations communautaires dans le gouvernement Eyskens (1968-1971), il est surtout celui qui parvient à faire inscrire la Wallonie dans la Constitution.
Comme nombre de jeunes Wallons de sa génération, Freddy Terwagne voit ses études perturbées par l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Quand il achève sa rhétorique à l’Athénée de Huy (1943), il parvient à échapper au Service du Travail obligatoire et poursuit ses activités dans l’Armée secrète entamées en septembre 1942. Officier de l’AS, il recevra la Croix de guerre ainsi que la médaille de la Résistance.
Inscrit à l’Université de Liège à la rentrée académique 1944, Freddy Terwagne y poursuit des études de Droit, tout en étant actif dans les milieux des jeunes socialistes. Collaborateur des pages politiques du journal La Wallonie (1948-1949), il écrit aussi dans le journal estudiantin La Penne qui publie régulièrement des prises de position wallonne. Docteur en Droit (1949), le jeune avocat accomplit son stage au Cabinet de Me Georges Housiaux, par ailleurs député socialiste de Huy-Waremme, avant d’installer son bureau d’avocat à Amay.
Membre du Comité permanent du Congrès national wallon (1955-1971), conseiller communal d’Amay (1952-1971), député suppléant (1954-1958), il décroche un mandat de député au scrutin de 1958 : cette année-là, le PSB décroche trois des quatre mandats de l’arrondissement de Huy-Waremme et le jeune Terwagne rejoint ainsi Edmond Leburton et Georges Housiaux. Membre actif de diverses commissions, il dépose un ambitieux projet de loi sur la protection de la jeunesse (1960) qui inspirera le texte définitif de la loi du 8 avril 1965.
Préoccupé par les questions économiques et sociales, député d’un parti alors dans l’opposition, Freddy Terwagne prend une part active dans la Grande Grève wallonne de l’hiver ’60-’61 contre la Loi unique, et maintient son soutien à André Renard au lendemain des événements. Membre fondateur du Mouvement populaire wallon, Terwagne fréquente Renard depuis plusieurs années, notamment via le journal La Wallonie mais aussi au sein du journal La Gauche. En dépit de divergences de vues sur les moyens d’action, Freddy Terwagne demeurera toujours fidèle au programme du Mouvement populaire wallon, s’occupera de l’organisation du Congrès d’Action wallonne (Namur, 21 mars 1963), et sera membre du Collège exécutif de Wallonie (1963-1964) qui parvient notamment à recueillir 645.499 signatures en faveur du referendum lors du fameux pétitionnement de l’automne 1963. Contrairement à d’autres mandataires socialistes, Freddy Terwagne ne démissionne pas du Collège exécutif de Wallonie. Au contraire, il tente de défendre le résultat du pétitionnement de 1963 dans l’hémicycle parlementaire. Il est d’ailleurs déjà intervenu, souvent en contradiction avec la ligne officielle de son parti, dans d’autres dossiers qui concernent directement la Wallonie et la démocratie (Fourons, maintien de l’ordre, etc.). Sanctionné par la direction du Parti socialiste belge pour avoir rompu la discipline de vote, Freddy Terwagne est suspendu pendant deux mois du groupe parlementaire socialiste, comme ses collègues André Cools, Ernest Glinne, Léon Hurez et Fernand Massart qui reçoivent le surnom de rebelles. En décembre 1964, quand il est sommé de choisir entre le Mouvement populaire wallon et le parti, il choisit de rester au sein du PSB afin d’y faire évoluer et – finalement – prévaloir l’idée fédéraliste, concrètement la création d’un Parlement wallon et celle d’un Conseil économique et social.
Son rôle est important dans les travaux des Congrès des socialistes wallons. Pour appliquer la réforme qu’il a contribué à définir, Freddy Terwagne est invité à faire partie du gouvernement Eyskens-Merlot (1968-1969) et se voit confier le portefeuille des Relations communautaires, comme son homologue flamand, Léo Tindemans, lui aussi ministre pour la première fois. C’est aussi la toute première fois qu’un ministre est chargé spécifiquement des Relations communautaires. Après le décès accidentel de J-J. Merlot, Terwagne poursuivra la tâche de celui-ci dans l’équipe Eyskens-Cools (1969-1971). Le projet 125 adopté durant l’été 1970 portera définitivement le nom de Loi Terwagne.
En plus de ses lourdes tâches ministérielles, Freddy Terwagne brigue le maïorat à Amay, en octobre 1970. Il remporte les élections. Celui qui était échevin de l’Instruction publique depuis 1960 devient le bourgmestre d’Amay. Il venait de prendre la charge de sa nouvelle fonction lorsque des problèmes de santé l’emportent. Au terme de longues et fatigantes négociations, il était néanmoins parvenu à faire inscrire le nom de la Région wallonne dans la Constitution.




Paul DELFORGE, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, 2001, t. III, p. 1520-1522
Claude REMY, (préface de Robert COLLIGNON), Freddy Terwagne. Inscrire la Wallonie dans la Constitution, Charleroi, Institut Jules-Destrée, 1991, coll. Écrits politiques wallons, n°5.Wallonie. Atouts et références d’une région, Namur, 2005
Paul DELFORGE, Cent Wallons du Siècle, Liège, 1995
La Wallonie. Le Pays et les hommes (Histoire, Economie, Société), Bruxelles, t. II, p. 436



Conseiller communal d’Amay (1952-1971)
Député (1958-1971)
Échevin (1960-1970)
Ministre (1968-1971)
Bourgmestre (1971)