Grands Feux
À la fin de l’hiver, de grands feux sont allumés un peu partout en Wallonie, généralement sur un point culminant, pour symboliser le passage des ténèbres de l’hiver à la lumière de la belle saison. Également rite de purification, il est destiné à éloigner le mal du village pendant l’année à venir et se clôture souvent par l’immolation d’un mannequin, supposé incarner le mal ; mannequin devenu, en certains endroits, le Bonhomme Hiver.
La fête du Grand Feu a lieu, sauf exception, le dimanche de la Quadragésime, le premier dimanche du Carême ou sixième dimanche avant Pâques. Cette tradition se retrouve sous des formes différentes que l’on se trouve dans l’aire linguistique du wallon proprement dit (provinces de Liège et de Namur, Ardenne et Famenne, Brabant wallon et Est de la Province de Hainaut – le Grand Feu ou Feûreû), du picard (Région de Ath, de Mons, du Borinage et du Tournaisis - l’écouvillage ou adrèche puns), du lorrain (Pays gaumais – bûle) ou du champenois (Sugny, Bagimont, Pussemange et Hameaux de Bohan, en province de Luxembourg – boûre).
Le Grand Feu de Bouge (Namur) et celui de Barbençon (Hainaut) sont parmi les plus célèbres, perpétuant des rituels ruraux ancestraux.
Le Grand Feu de Bouge

Toujours dressé sur la même colline, le Grand Feu de Bouge est préparé par la Confrérie du Grand Feu dès le mois d’octobre. Le dimanche soir, la cérémonie d’allumage débute par le cortège des personnalités, des confréries et des sociétés folkloriques de la région.
Les six feux périphériques sont ensuite allumés avant que ce ne soit le tour du bûcher central, de plus de 15 mètres de haut. Selon les croyances populaires, celui qui arrive à voir les sept feux en même temps est protégé des sorcières durant l’année. Un mannequin personnifiant le Bonhomme Hiver coiffe la perche du Grand Feu, autour duquel on danse des rondes.
Le Grand Feu de Barbençon
Reconnu comme chef-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2018, le Grand Feu de Barbençon débute par un petit déjeuner puis les habitants du village entament le tour de ramassage de la paille et des fagots de bois pour achever la construction du bûcher.
Un cortège, constitué d'un char en bois sur lequel se dresse un bonhomme hiver, est tiré par les jeunes du village appelés les saqueux (ceux qui tirent en wallon), suivi par la fanfare de carnaval.

Pendant le trajet, les astoqueux, hommes mariés du village, mettent des astoques (des cales en bois) pour empêcher la progression du char, tandis que les destoqueux, de jeunes célibataires, les enlèvent au moyen de perches en bois.
Ce cortège emprunte toujours le même itinéraire pour se rendre au lac. Le bonhomme hiver est alors hissé au sommet du bucher qui est allumé à 20h par le dernier couple marié du village. Autour du grand feu, la danse des sept sauts est exécutée sur des airs de musique populaire.