Monument Charles de GAULLE
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Monument à la mémoire de Charles de Gaulle, réalisé par les architectes Charles Vivroux et Jean Burguet, 21 juin 1980.
Au lendemain du décès de Charles de Gaulle, le 10 novembre 1970, la section de Verviers de Wallonie libre prend la décision de rendre hommage à l’Homme de l’Appel du 18 juin,
Le Comité provisoire qui est mis en place à l’entame des années 1970 éclate cependant en raison des différends qui opposent les associations patriotiques. Prenant seul en mains les opérations (1979), Jules Nissenne choisit un emplacement à quelques dizaines de mètres de son domicile et du Grand hôpital de Verviers, au parc de la Tourelle, mais se heurte cette fois à la ville de Verviers qui refuse d’autoriser l’érection d’un monument et, de facto, son patronage à l’initiative.

Alors que le Comité du Souvenir Charles de Gaulle - Verviers qui s’est constitué autour de J. Nissenne se tourne vers d’autres communes de l’arrondissement, on assiste à un revirement du côté du Conseil communal de la Cité lainière. Ayant inscrit la proposition à un ordre du jour du Conseil, un membre de l’opposition veut « tester » la solidité de la coalition en place ; finalement, le projet reçoit l’aval communal, mais sans soutien financier. C’est une souscription publique qui permet sa réalisation par les architectes Charles Vivroux (1890-1985) et Jean Burguet, tous deux expérimentés, actifs au XXe siècle, et appartenant à des familles d’architectes/sculpteurs bien connus dans l’est de la Wallonie.
Le 21 juin 1980, le monument est officiellement inauguré : il s’agit d’une stèle en granit de 3,3 mètres de haut ; sur la face principale, sous une Croix de Lorraine gravée, se trouvent un médaillon en bronze de 40 cm de diamètre à l’effigie de Charles de Gaulle et l’inscription :
« Charles de Gaulle
Appel du 18 juin 1940 »
Sur les faces latérales, on peut lire :
« Honneur et Patrie » et
« Hommage à la Résistance »
Sur la face arrière est inséré le fac-similé de l’Appel du 18 juin. Le médaillon a été réalisé d’après un dessin du peintre verviétois Albert Dummers.
En juin 1982, l’îlot est officiellement dénommé square Charles de Gaulle et l’Union française de Verviers prend l’initiative de l’hommage entre 1982 et 1987. À partir de 1988, le Comité du Souvenir Charles de Gaulle prend le relais, par fidélité envers la Résistance, par reconnaissance envers le chef de la France libre, et par engagement wallon. Depuis 2008, la ville de Verviers prend le relais des militants wallons, suite au décès de Joseph Gélis (2007), le dernier du trio des principaux protagonistes de ce mémorial, depuis la disparition de Jules Nissenne (1907-1991) et Robert Moson (1925-1995). Leurs noms sont gravés au pied du monument.
Paul DELFORGE, Essai d’inventaire des lieux de mémoire liés au Mouvement wallon (1940-1997), dans Entre toponymie et utopie. Les lieux de la mémoire wallonne, (actes du colloque), sous la direction de Luc COURTOIS et Jean PIROTTE, Louvain-la-Neuve, 1999, p. 285-300
Paul DELFORGE, dans Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2001, t. II, p. 1116
Adresse
Square de Gaulle
4800 Verviers
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Paul DelforgeBuste d'Eugène-François de Dorlodot
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Buste à la mémoire d’Eugène-François de Dorlodot, réalisé à l’initiative des autorités communales, 1872.
Dans la petite commune d’Acoz, fusionnée depuis 1976 pour former le grand Gerpinnes, un buste avait été érigé, en 1872, à côté de l’église, en l’honneur d’une personnalité marquante de l’entité : Eugène-François de Dorlodot (1783-1869).
Descendant de maîtres-verriers implantés à Charleroi depuis le XVIIe siècle, Eugène de Dorlodot s’oriente vers une activité sidérurgique après son mariage, en 1819, avec la fille d’un important maître de forges d’Acoz. Engagé dans cet autre métier du feu où les progrès techniques sont considérables, Eugène de Dorlodot fait venir un technicien d’Angleterre,
C’est à leur premier maire que les habitants d’Acoz, soutenus par les autorités communales, rendent hommage en lui élevant un buste. Sur le socle, leurs motivations transparaissent à travers l’inscription qui dévoile le statut de celui qu’ils veulent honorer, à savoir le politique d’abord, l’industriel ensuite :
« premier bourgmestre d'Acoz
nommé par le gouvernement provisoire en 1830
industriel »
Sources
Jean-Louis DELAET, dans Ginette KURGAN, Serge JAUMAIN, Valérie MONTENS, Dictionnaire des patrons en Belgique, Bruxelles, 1996, p. 163-164
Revue du Conseil économique wallon, n°40, septembre 1959, p. 68-69
Histoire du Sénat de Belgique de 1831 à 1995, Bruxelles, Racine, 1999

Adresse
Place communale
6280 Acoz
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Paul DelforgeStatue Albert de CUYCK
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Statue d’Albert de Cuyck, réalisée par Alphonse de Tombay, entre 1881 et 1884.
Au milieu du XIXe siècle, afin de doter l’institution provinciale de Liège de bâtiments dignes de ce niveau de pouvoir, d’importants travaux sont entrepris autour de l’
Parmi les personnalités retenues figure en très bonne place le prince-évêque Albert de Cuyck. Sa statue est située en plein centre du péristyle, témoignant de l’importance du personnage dans la manière de retracer l’histoire liégeoise au milieu du XIXe siècle. Il est entouré par Henri de Dinant et Erard de la Marck. Dans des habits évoquant le statut de prince-évêque, il tient ostensiblement en mains un document qui symbolise la charte dite « Charte de Cuyck ». Pourtant, dans le tome 4 de la Biographie nationale paru en 1873, seulement treize lignes d’une étroite colonne sont consacrées à ce personnage illustre ! Il est alors considéré comme l’évêque de Liège (1194-1200) qui a accordé aux Liégeois leurs libertés et privilèges, mais déjà un doute est émis : « il est plus que probable qu’il confirma, à prix d’argent, les franchises que [les Liégeois] possédaient déjà ».
Cinquante ans plus tard, Félix Magnette, notamment, précisera, à la suite de Godefroid Kurth, que la charte de Brusthem de 1175 préludait certainement « l’admirable charte d’Albert de Cuyck », texte clair et précis des libertés civiles du peuple liégeois. Élu en 1194 dans des circonstances particulièrement tendues, Albert de Cuyck avait dû se rendre à Rome pour faire annuler l’élection de son concurrent (Simon de Limbourg). Le décès de ce dernier (1195) favorisa le dessein d’Albert de Cuyck qui, malgré la « bénédiction papale », semble avoir dû accepter de fortes concessions pour se rallier les bourgeois de Liège. Habileté diplomatique ou rapport de force, toujours est-il que, entre 1196 et 1198, une charte est rédigée qui devient la première véritable constitution de la cité. Surnommée la « Charte d’Albert de Cuyck », elle ne va jamais cesser d’être citée en exemple et en référence, et d’être confirmée par les souverains successifs. Décédé en 1200, le prince-évêque n’aura guère l’occasion de constater toutes les conséquences d’une signature qui, à elle seule, lui vaut d’entrer dans l’histoire. On accorde moins de prix à son autorisation d’élargir l’enceinte fortifiée de la cité de Liège ou au fait que c’est sous son court règne que la houille fut découverte.
Pour figer dans la pierre ce célèbre prince-évêque, il a été fait appel à Alphonse de Tombay (1843-1918), fils et petit-fils de sculpteurs liégeois. En plus de son apprentissage dans l’atelier paternel, de Tombay fréquente l’Académie de Liège où il bénéficie notamment des conseils de Prosper Drion. Ami de Léon Mignon, il a bénéficié comme lui d’une bourse de la Fondation Darchis et a séjourné plusieurs mois à Rome (1874-1878) quand il revient à Liège, au moment où s’ouvre le chantier de décoration du Palais provincial. Répondant à plusieurs commandes officielles dont un buste de Charles Rogier (1880) à Bruxelles qui aura beaucoup de succès, de Tombay signe à Liège six statues et trois bas-reliefs évoquant des scènes historiques (L'exécution de Guillaume de la Marck, La mort de Louis de Bourbon, L'octroi de la Paix de Fexhe). Exposant ses propres œuvres tout en répondant à de nombreuses commandes officielles à Bruxelles (Jardin botanique, Parc du Cinquantenaire) comme à Paris (Arc de Triomphe), il devient professeur à l’Académie de Saint-Gilles, avant d’en assurer la direction (1902).
Sources
Hugo LETTENS, dans Jacques VAN LENNEP (dir.), La sculpture belge au 19e siècle, catalogue, t. 2, Artistes et Œuvres, Bruxelles, CGER, 1990, p. 350-351
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 457-458
Félix MAGNETTE, Précis d’histoire liégeoise à l’usage de l’enseignement moyen, Liège, 1929, 3e éd., p. 67, 80-88 et ssv.
Émile VARENBERGH, dans Biographie nationale, t. 4, col. 597
BECDELIÈVRE, dans Biographie liégeoise, t. 1, p. 81
Julie GODINAS, Le palais de Liège, Namur, Institut du Patrimoine wallon, 2008, p. 81-82
Serge ALEXANDRE, Musée en plein air du Sart Tilman, Art&Fact asbl, Parcours d’art public. Ville de Liège, Liège, échevinat de l’Environnement et Musée en plein air du Sart Tilman, 1996

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Adresse
Façade du Palais provincial, face à la place Notger
4000 Liège
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Paul DelforgeMonument Pierre de CRAWHEZ
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Monument à la mémoire de Pierre de Crawhez, réalisé par inconnu (1927) et aménagé avec Olivier Godart (2006), 1927 et 21 mai 2006.
Quand l’automobile n’en est encore qu’à ses balbutiements, l’idée d’organiser des compétitions titille les plus passionnés et, faut-il le préciser ?, les plus fortunés. À défaut de circuits et d’infrastructures permanents, le tracé de ces courses parcourt les chaussées publiques.
Vainqueur de la toute première épreuve Bruxelles-Spa, disputée en deux étapes, en 1898, à la vitesse de 26 km/h, Pierre de Crawhez est un pilote acharné. En 1900, il organise Spa-Bastogne-Spa, avant de lancer en 1902, le 1er Circuit des Ardennes qui relie Bastogne, Martelange, Habay-la-Neuve, Longlier et Bastogne, en une boucle (d’environ 85 km) sans passage à niveau à parcourir à six reprises, ce qui permet aux spectateurs de voir les autos plusieurs fois. Ce concept est en fait celui de la première course sur circuit au monde (31 juillet 1902). Ayant pris le départ en première position, de Crawhez devra abandonner cette première édition suite à un accident au 3e tour. Sur une Panhard-Levassor, il remportera la deuxième édition, en 1903. Il y aura 6 éditions, l’épreuve s’arrêtant (provisoirement) en 1907.
S’il continue d’entretenir sa passion pour la vitesse (il semble avoir participé à une expédition en Afrique durant l’été 1909), parallèlement, il porte le projet de construire un circuit permanent sur une distance plus courte. Peu avant la Grande Guerre,
Pour honorer son souvenir, ses amis décident d’ériger un monument. Il trouve place, en 1927, à l’endroit même où avait été donné le départ du tout premier circuit des Ardennes, à l’entrée de Bastogne. Bien plus tard, ce monument est déplacé par les autorités locales qui l’installent à côté du parking Merceny, en raison de l’élargissement du carrefour des routes d’Arlon et de Wiltz. En 2006, le monument effectue son dernier transfert. Un rond-point ayant été construit au milieu dudit carrefour, le monument reprend presque sa place originelle. Au centre du rond-point, est installée une œuvre d’art dédiée au Circuit des Ardennes, créée en métal par Olivier Godart, et représentant la silhouette de l’œuvre comprend la silhouette d’une voiture de course du début du XXe siècle. Quant au monument de Crawhez, il prend place dans le prolongement de la rue Joseph Renquin, tandis que la silhouette d’une moto est placée à l’arrière. L’inauguration a eu lieu le 21 mai 2006 en présence des autorités locales qui ont soutenu l’initiative de l’Association de commémoration du Circuit des Ardennes et de la section historique du Royal Automobile Club de Belgique.
Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Théo MATHY, Dictionnaire des sports et des sportifs belges, Bruxelles, 1982, p. 65
Adresse
Au rond-point « Circuit des Ardennes »
6600 Bastogne
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Paul DelforgeStatue Vincent de BUEREN
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Statue de Vincent de Bueren, réalisée par Mathieu de Tombay, c. 15 octobre 1880.
Au milieu du XIXe siècle, afin de doter l’institution provinciale de Liège de bâtiments dignes de ce niveau de pouvoir, d’importants travaux sont entrepris autour de l’
Face à la place Notger, Delsaux achève l’essentiel du chantier en 1853, mais des raisons financières l’empêchent de réaliser la décoration historiée qu’il a prévue pour la façade du nouveau palais provincial. Vingt-cinq ans plus tard, le gouverneur Jean-Charles de Luesemans prend l’avis d’une commission pour déterminer les sujets et les personnes les plus dignes d’illustrer le passé de « la Nation liégeoise ». Placés sous la responsabilité de l’architecte Lambert Noppius (1827-1889), une douzaine de sculpteurs vont travailler d’arrache-pied, de 1877 à 1884, pour réaliser 42 statues et 79 bas-reliefs. Dès la mi-octobre 1880, 27 des 42 statues sont achevées, validées par la Commission et mises à leur emplacement respectif. La statue de Vincent de Bueren est parmi celles-ci.
Le nom de Vincent de Bueren (c. 1440-1468 ou 1505) est généralement associé à la fameuse volée d’escalier dont les 373 (ou 374) marches permettent de gravir la « Montagne de Bueren ». En fait, il est surtout considéré comme l’un des principaux meneurs – avec Gosuin de Streel – dans la tentative de capture du duc de Bourgogne lors du
Originaire de la Gueldre, appartenant à la noblesse, Vincent de Bueren se retrouve avec Jean de Hornes et Gosuin de Streel à la tête de la cité de Liège (septembre) et de tous ceux qui refusent que la principauté devienne un état vassal de la Bourgogne. Ayant profité de l’éloignement continu de l’évêque, Louis de Bourbon, et de l’absence momentanée de son intendant, d’Humbercourt, les « patriotes » liégeois n’ont pas hésité à s’emparer du pouvoir, provoquant la colère du duc de Bourgogne qui met ses armes en route. Au prix d’un coup de main hardi, Bueren et Streel parviennent à faire prisonniers l’évêque et son intendant lors d’une rencontre à Tongres (9 octobre). Trop confiant en leur prince-évêque, les Liégeois le laissèrent partir négocier à Péronne. Mal leur en pris. Le 27 octobre, les armées bourguignonnes étaient aux portes de la ville. Le dernier coup de force de Bueren échoue. Charles le Téméraire n’est pas capturé et les « Franchimontois » sont mis en déroute. Bueren serait parvenu à éviter les épées des soldats bourguignons et à s'échapper. Quelques jours plus tard, cependant, alors que la cité de Liège est mise à sac, il serait tombé dans une embuscade. Selon certaines sources, il aurait été tué sur le champ, d’autres affirment qu’il a été fait prisonnier par Louis de la Marck.
Les informations iconographiques sur Bueren sont aussi peu nombreuses que les renseignements biographiques. Par conséquent, on conçoit bien le problème qui se pose au sculpteur qui est appelé à représenter le personnage. En général, les statues de la place de Liège sont sérieuses, réalisées avec un souci d'art et de différenciation. Supérieures à celles du Petit-Sablon, à Bruxelles, elles apportent une grande preuve de l'excellence de l'école liégeoise. Ici cependant, Mathieu de Tombay a dû faire preuve d’imagination pour rendre hommage à son sujet. D’ailleurs, son positionnement sur la façade témoigne de la difficulté de l’exercice. Certes, Vincent de Bueren est placé juste à côté de l’évêque Lambert, mais si ce dernier est en pleine façade, le chef des Franchimontois est quant à lui situé en retrait, principalement visible de profil si l’on conserve le même axe de vision que celui d’évêque Lambert. Si l’on contourne le péristyle, on aperçoit surtout un homme en arme, tenant de ses deux mains une haute lance. L’armure et surtout le casque qu’il porte sur la tête témoignent de la manière avec laquelle le sculpteur a cherché à contourner le problème de la vraisemblance dans la représentation du personnage.
Mathieu de Tombay est le frère d’Alphonse qui est le plus connu de cette famille liégeoise de sculpteurs, et qui travaille aussi sur le chantier du palais provincial. Sur les 121 sculptures du palais liégeois, Mathieu de Tombay en signe cinq à titre personnel. Ce Mathieu de Tombay est souvent confondu avec son grand-père, son parfait homonyme.
Sources
Julie GODINAS, Le palais de Liège, Namur, Institut du Patrimoine wallon, 2008, p. 100
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t.
Félix MAGNETTE, Précis d’histoire liégeoise à l’usage de l’enseignement moyen, Liège, 1929, 3e éd., p. 162 et 165
La Meuse, 2 octobre 1880

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Adresse
Façade du Palais provincial, face à la place Notger
4000 Liège
Mémorial Frédéric-Guillaume DE BRUNSWICK-WOLFENBÜTTEL
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Mémorial Brunswick (aussi appelé monument des Quatre-Bras), réalisé par une société allemande de Basse-Saxe, 16 juin 1890.
Autour du site de
Le monument est constitué d'un socle à degrés et d'un piédestal en pierre bleue portant la statue d'un lion regardant en direction de la France, la patte posée sur un bouclier. Le piédestal est orné d'un médaillon en bronze, entouré de feuilles de laurier. Au centre apparaît le portrait du duc de Brunswick vu selon son profil droit. On trouve aussi un écusson aux armes de Brunswick. La base du piédestal porte l’inscription suivante :
« Friedrich Wilhelm
Herzog Zum Braunschweig Und Luneburg
Kämpfte Und Fiel Unweit Dieser Stätte
An Der Spitze Seiner Truppen
Am XVI Juni MDCCCXV »
Originaire de Brunswick où il est né en 1771, le quatrième fils du duc Charles-Ferdinand s’est engagé très tôt dans l’armée prussienne. Jeune capitaine (1789), il prend part aux différents combats menés contre la France républicaine. Ayant déjà hérité du duché de Brunswick-Oels au décès de l’un de ses oncles (1805), il aurait dû recevoir la direction du duché de Brunswick-Lunebourg, partie de Wolfenbüttel quand son père (déjà vaincu à Valmy) décède des suites d’une blessure reçue lors de la bataille d’Iéna (1806). Mais la victoire de Napoléon transforme le Wolfenbüttel en simple département du royaume de Westphalie (traité de Tilsit). Contraint à l’exil, le jeune Frédéric-Guillaume redouble d’ardeur dans son hostilité aux Français. Il se constitue une armée privée. Ses hommes armés sont totalement revêtus de noir.
Quand l’Autriche affronte les troupes napoléoniennes (1809), le duc déchu se présente à la tête de la Schwarze Schar. Il parvient à reprendre temporairement la ville de Brunswick (août 1809), mais la défaite de Wagram scelle le sort de l’Autriche. D’autres actions d’éclat renforcent la notoriété de Frédéric-Guillaume et contribuent à l’intégration de son « régiment » au sein de l’armée britannique. Après avoir combattu en Espagne aux côtés de Wellington, le « Duc noir » s’apprête à livrer une nouvelle bataille dans le pays wallon en juin 1815. Il est cependant tué à la tête de ses troupes lors de la bataille des Quatre-Bras, le 16 juin. Son corps est transféré et inhumé dans son État de Brunswick, où le duc est considéré comme un véritable héros.
Plusieurs monuments seront élevés à sa mémoire dans plusieurs villes de Basse-Saxe, à ou proches de Brunswick. C’est d’ailleurs l’État de Braunschweig qui a décidé de commémorer le 75e anniversaire de la disparition de Frédéric-Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel et obtenu l’autorisation de construire un mémorial Brunswick non loin des Quatre-Bras. Une souscription publique a recueilli les fonds en Basse-Saxe, le bronze a été coulé dans les fonderies de la société allemande Wilhelm à Bornum dans l’Ambergau près de Bockenem et le monument a été inauguré le 16 juin 1890, en présence des autorités communales de Genappe et de Baisy-Thy.
En 2012-2013, un groupe de reconstitution historique, la Braunschweig Gelernte Jäger Kompanie-Belgium, s’est constitué pour assurer la restauration et la préservation du monument dans le cadre d’un projet Genappe-2015.
Sources
Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Louis NAVEZ, La campagne de 1815 : Les Quatre-Bras, Ligny, Waterloo et Wavre, Bruxelles, 1910, t. II, p. 56

Adresse
Chaussée de Namur
Genappe 1470
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Paul DelforgeMonument Arnoul de BRIEY
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Monument Arnoul de Briey, réalisé par Alfred Leroy, 1978.
L’endroit est champêtre. Depuis quelques dizaines de mètres, la route nationale reliant Virton à Arlon s’est éloignée et l’on emprunte la rue Bakèse qui conduit à Bleid. À peine entré dans le bois de Bakèse, apparaissent de part et d’autre de la chaussée deux monuments. Celui de droite est dédié à Adrien de Prémorel (1889-1968) ; celui de gauche à Arnoul de Briey (1925-1975). Bâti en arc de cercle, en grès de Buzenol et pierres de Grandcourt, le monument est implanté dans un décor correspondant parfaitement à l’état d’esprit du personnage représenté dans un médaillon de bronze réalisé par Alfred Leroy. L’inscription gravée sur une plaque de bronze rappelle qui était Arnoul de Briey :
PRÉSIDENT FONDATEUR
DU GROUPEMENT DES
LUXEMBOURGEOIS DE BRUXELLES
GRAND MAITRE
DE LA CONFRERIE ST ARNOULD (sic)
DU COMTÉ DE CHINY
Au-delà des fonctions affichées sur le monument, Arnoul de Briey était d’abord un militaire. Marié à la fille de Paul Van Zeeland (1947), il est le 6e enfant d’Anne d’Ursel et de Renaud de Briey (1880-1960) ancien fonctionnaire au Congo belge, administrateur de la liste civile du roi et catholique doctrinaire fondateur d’un Parti de la Renaissance nationale.
Particulièrement investi dans le parti favorable au retour de Léopold III au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Arnoul de Briey s’inscrit dans la même mouvance politique que son père, tout en faisant carrière au sein de l’administration. Il était haut fonctionnaire au département de la Coopération au développement (AGCD) quand il décède en 1975. Après une série d’initiatives ponctuelles à la fin des années 1950, c’est en novembre 1959 que de Briey prend l’initiative de constituer le « groupement des Luxembourgeois de Bruxelles », en fédérant les efforts respectifs de l’Amicale Saint-Hubertoise, du Cercle Gaumais et de l’Amicale des Anciens Chasseurs Ardennais. L’un des objectifs de ce groupement est de faire pression sur le monde politique afin que la « belle province » soit davantage représentée tant au gouvernement que parmi les chefs de Cabinet. Par ailleurs, c’est en 1967, qu’il contribue à l’émergence d’une 4e confrérie luxembourgeoise, celle de Saint Arnoul du comté de Chiny (décembre 1967). Par ailleurs ce proche de Jean Militis voit son nom étroitement associé à un groupe de personnalités (Militis, Desmarets, Vivario, Beaurir, Vanden Boeynants, etc.) soupçonnées d’avoir fomenté un coup d’état en Belgique, durant l’été 1973, visant à déstabiliser l’État ; selon le journaliste Hugo Gijsels, il était le personnage-clef du groupe francophone impliqué dans ce complot, sans que l’on en sache davantage (GIJSELS, p. 197), si ce n’est que, dans les années 1920, déjà, Renaud de Briey avait publié un ouvrage (L’épreuve du feu) où il prônait l’instauration d’une monarchie autoritaire et corporative.

© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée
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Sur le médaillon du monument de Bleid, c’est le profil gauche d’Arnoul de Briey qui est représenté par Alfred Leroy. Originaire de Chiny, le futur sculpteur n’a que 12 ans quand éclate la Seconde Guerre mondiale et il en ressort profondément marqué. Au début des années cinquante, il entre à l’École royale militaire et fait une carrière militaire. Parallèlement, il est attiré par l’expression artistique et suit une formation en céramique et en sculpture à l’Académie de Cologne au milieu des années 1950. Touche à tout, il s’essaye à différents styles esthétiques et pratique autant la sculpture, la peinture, la gravure que la céramique. Fondateur et président de la confrérie des « Amis du pays de Chiny », il préside aussi pendant plusieurs années l’École des Beaux-Arts de Chiny. Le colonel qui s’est installé à Bruxelles est aussi le président du groupement des Luxembourgeois de Bruxelles, fonction où il a succédé à Arnoul de Briey. Artiste signant ses œuvres « Fred Leroy » ou « Alleroy », Alfred Leroy est aussi écrivain, poète et historien, se consacrant à des sujets relatifs au passé et aux traditions du pays de Chiny. Auteur de plusieurs guides touristiques sur la région du Chiers et de la Semois, il avait déjà signé le bronze d’Adrien de Prémorel dix ans avant celui de Briey, inauguré en 1978.
La Vie wallonne, II, 1949, n°246, p. 118
La Vie wallonne, IV, 1962, n°300, p. 305-306
La Vie wallonne, IV, 1982, n°380, p. 273
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 68
Hugo GIJSELS, De Bende & Co, 1990, traduit en français sous le titre L’Enquête : 20 années de déstabilisation en Belgique, Paris, Bruxelles, la longue vue, 1990, p. 197
Geneviève DUCHENNE, Esquisses d’une Europe nouvelle. L’européisme dans la Belgique de l’Entre-deux-Guerres (1919-1939), Bruxelles, Peter Lang, 2008, p. 138
Adresse
À gauche de la rue de Bakèse en se dirigeant vers Bleid
6760 Virton (Bleid)
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Paul DelforgePlaque Ferdinand DAVAUX
© Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam
Plaque commémorative sur la maison natale de Ferdinand Davaux, réalisé par Robert Davaux, 29 septembre 1957.
Dans le cœur de la ville de Charleroi, au milieu des importantes transformations immobilières, la rue du Collège semble éviter d’être emportée dans le tourbillon des démolitions. Du moins retrouve-t-on encore au début de la rue, au n°5, une plaque rappelant que la maison est celle où était né, en 1878, Ferdinand Davaux (Charleroi 1878 – Marcinelle 1918), particulièrement apprécié au pays de Charleroi comme chansonnier wallon.
Artiste, chansonnier, cabaretier, Davaux avait été l’un des premiers collaborateurs du Tonia (1895-1906), écrivant de nombreuses chansons, ainsi que des poésies où la mort précoce est un thème qui revient régulièrement. Se montrant discret pendant quelques années, il retrouve l’inspiration et compose des chansons qui rencontrent un réel succès au moment de l’Exposition internationale de 1911. Cette fois, de sa fréquentation avec le journaliste Gustave Hourdez, avec l’avocat, dialectologue et militant wallon Arille Carlier, avec le conservateur du Musée archéologique Léon Foulon, voire avec Muldermans et Robert Davaux son cousin, Ferdinand Davaux retire un substrat qui enracine ses compositions dans le terreau carolorégien, en leur donnant un ton tantôt sentimental, railleur ou bachique.
Il écrit paroles et musique et publie deux recueils en 1913. La finesse de son style et de son écriture est unanimement reconnue et appréciée. Quelques-unes de ses compositions entreront dans le répertoire traditionnel des chansons en wallon de Charleroi. Mais l’artiste n’échappe pas à la mobilisation de l’Armée belge en 1914. Ayant réussi à traverser la Grande Guerre, il n’est pas épargné par la grippe espagnole qui l’emporte en décembre 1918.
La plaque d’hommage a été apposée le 29 septembre 1957 dans le cadre des Fêtes de Wallonie :
FERDINAND DAVAUX
CHANSONNIER WALLON
NAQUIT DANS CETTE
MAISON
LE 18 MARS 1878
La plaque est due à Robert Jean Davaux (Seneffe 1887-Charleroi c. 1965). Tout à la fois peintre, aquarelliste, dessinateur, sculpteur et graveur, Robert Davaux figurait parmi les candidats malheureux aux Prix de Rome de peinture en 1913 et de gravure et de sculpture en 1920 ; cela ne l’a pas empêché de poursuivre une carrière artistique dans les trois disciplines. Installé à Bruxelles où il a établi son atelier et où il travaille avec sa sœur Alphonsine, il est l’auteur de plusieurs centaines de toiles (beaucoup de paysages et de portraits), de dessins à l’encre de chine et de gravures ; il s’est distingué par une production abondante de lustre en fer forgé et de vitraux. Cousin de Ferdinand Davaux, il avait déjà « silhouetté » le chansonnier sur la couverture de certains recueils de musique ; en 1957, il grave une plaque commémorative en l’honneur de Ferdinand, l’année même où un Géant est créé en mémoire du chansonnier wallon de Charleroi. Les deux premiers géants de Charleroi (D’jean et D’jène) étaient nés lors des Fêtes de Wallonie 1934. Deux autres les avaient rejoints en 1956 (El Champête et El Facteur), avant que quatre autres n’apparaissent en 1957 : outre Davau, il y avait Lahousee, Maka et El Mayeur.
Sources
Émile LEMPEREUR, Charleroi, ce désert culturel ?, Charleroi, Centre culturel, 2000, p. 39, 80, 83, 133
Émile LEMPEREUR, dans WANGERMÉE (dir.), Dictionnaire de la chanson en Wallonie et à Bruxelles, Liège, Mardaga, 1995, p. 119-120
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 292

Adresse
Rue du Collège 5
6000 Charleroi
Auteur de la fiche
Paul DelforgeD'autres traces liées au roman païs du duché de Brabant
De nombreux autres bâtiments et monuments sont liés de près ou de loin à leur passé brabançon parmi lesquels ceux cités ci-après.
1. Aiseau-Presles/Aiseau, vestiges de l’ancien château réédifié en 1721 sur les bases d’un édifice médiéval par le marquis d’Aiseau et détruit par les Français en 1794. Dalle calcaire de 1722 aux armes des princes de Gavre.
2. Braine-l’Alleud, église Saint-Étienne, tombe de Philippe de Witthem, seigneur de Beersel et Braine-l’Alleud.
3. Braine-l’Alleud/Lillois-Witterzée, ferme del tour, siège d’un plein-fief relevant du duché de Brabant sous le nom de « court de Witterzée ». L’édifice abrite au Moyen Âge un lignage chevaleresque attesté à Witterzée depuis 1202 environ.
4. Braives/Fallais, église Notre-Dame. Dalle d’Albert Pynssen-Vanderaa, bailli et châtelain de Fallais.
5. Braives/Fallais, moulin banal. Élevé sur un noyau du XVIIe siècle et remanié par la suite.
6. Chastre/Blanmont, château de Blanmont, fief de Grand-Leez et arrière-fief de Perwez compris dans la mairie de Mont-Saint-Guibert. Construit vers 1640 et modifié au siècle suivant, le château devient le siège d’une baronnie en 1751.
7. Chastre/Cortil-Noirmont, tour des Sarrasins, vestige du château détruit en 1625 et témoin de la seigneurie de Noirmont, issue de l’héritage des Walhain.
8. Chastre/Gentinnes, château de Gentinnes, domaine brabançon cité depuis le XIe siècle, érigé en baronnie en 1716 et reconstruit à cette époque.
9. Chaumont-Gistoux/Bonlez, château de Bonlez, ancienne propriété des Walhain construit pour la première fois vers 1230 comme château fort, remanié plusieurs fois puis élevé en baronnie en 1634 avant d’être annexé au comté de Laurensart (duché de Brabant, mairie de Grez).
10. Chaumont-Gistoux/Corroy-le-Grand, ferme du château, ancienne ferme-château fortifiée du sire de Vieusart (mairie Mont-Saint-Guibert). Vestiges d’une enceinte fortifiée et bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles disposés autour d’une vaste cour carrée.
11. Chaumont-Gistoux/Dion-le-Val, château de Quirini, domaine d’origine médiévale (mairie de Mont-Saint-Guibert).
12. Court-Saint-Étienne, chapelle Notre-Dame (hameau de Sart-Messire-Guillaume), chapelle d’origine castrale, en ruines.
13. Gembloux/Corroy-le-Château, château de Corroy-le-Château, forteresse de plaine du duché de Brabant construite dans la première moitié du XIIIe siècle par la famille des Brabant-Perwez passée en diverses mains. Ensemble imposant, reconstruit et remanié à plusieurs reprises au fil des siècles.
14. Gembloux, maison du bailli. Contre une tour du rempart, peut-être dépendance de l’abbaye et résidence du maïeur ou bailli de Gembloux au XVIIIe siècle, nommé par l’abbé. Parties anciennes du XVIe siècle dont une tour millésimée de 1589 aux armes de Guillaume de Salmier.
15. Genappe/Baisy-Thy, château de Baisy-Thy (XVIIe-XVIIIe siècles), héritier d’une très ancienne seigneurie dont le fief relevait des seigneurs d’Héverlée (duché de Brabant, pays d’Héverlée).
16. Genappe/Bousval, château de la Motte, seigneurie médiévale relevant de Rumst (duché de Brabant, margraviat d’Anvers, pays de Rumst), reconstruit en 1760. Possession successive de Paul de Rameau, résident du prince de Liège à la cour de Bruxelles et de ses successeurs, titulaires de charges au duché de Brabant. Porche, pierre tombale de Paul le Rousseau, seigneur de la Motte décédé en 1664.
17. Genappe/Houtain-le-Val, château, anciennement appartenant à la famille de Houtain, racheté comme fief du duché de Brabant ; nombreux remaniements depuis.
18. Genappe/Vieux-Genappe, église Saint-Géry. Dalle funéraire du seigneur Jean Charles Godefroid, bailli et mayeur de Promelles, 1745.
19. Grez-Doiceau/Archennes, ruines et vestiges du château de la Motte, fief brabançon (fouilles réalisées par le Service public de Wallonie, vestiges au musée de Grez-Doiceau).
20. Grez-Doiceau/Archennes, château d’Archennes (XVIIIe siècle), successeur d’une seigneurie vassale du duché de Brabant érigée en domaine indépendant au XVe siècle.
21. Grez-Doiceau/Bossut-Gottechain, ferme du seigneur (Brabant, mairie de Grez). Ancien manoir de la famille Amezaga, seigneurs de Bossut, construit du XVIe au XVIIIe siècle.
22. Grez-Doiceau, château de Piétrebais, vestiges médiévaux dans le donjon, siège d’un fief inféodé au Brabant et dont les parties les plus anciennes ont été érigées au XIIIe siècle par les comtes de Grez, appartenant à la familia du duc de Brabant.
23. Grez-Doiceau/Gastuche, château de Laurensart, seigneurie médiévale de Sart (comté ou mairie de Grez) élevé au rang de comté de Laurensart par Charles II d’Espagne en 1674. Château fort entouré de douves souvent remanié au fil des siècles.
24. Hannut/Grand-Hallet, église Saint-Blaise. Dalle de Jean de Paheau, « capitaine et chef d’infanteries wallonnes pour le service de sa majesté » (1670).
25. Hannut/Lens-Saint-Rémy, église Saint-Rémy. Dalle de la famille de Chentinne (1700). Albert de Chentinne fut secrétaire de la surintendance du roi à Bruxelles et agent des États du haut quartier de Gueldre.
26. Hannut/Trognée, église Saint-Trudon. Dalle de Jean et Philippe de Grimont, seigneurs de Trognée (Jean : colonel et brigadier des armées des États généraux des Provinces-Unies / Philippe : colonel au service de sa majesté impériale).
27. Hélécine/Linsmeau, château féodal des comtes de Linsmeau, manoir d’un fief brabançon plusieurs fois remanié mais conservant des parties du XIVe et du XVIe siècle.
28. Hélécine/Neerheylissem, château héritier d’un alleu des XIIe-XIIIe siècles qui fut inféodé au Brabant (noyau du XVIIe siècle, remanié par la suite).
29. Incourt/Opprebais, ferme du château, vestiges du château médiéval mentionné en 1440, pion défensif du duché de Brabant aux mains du lignage chevaleresque du lieu.
30. Incourt/Opprebais, église Saint-Aubin, dalle de Fontigny-Dommartin, mayeur de Geest-Gérompont.
31. Ittre, ancienne brasserie banale. Pierre de fondation aux armes du seigneur d’Ittre Guillaume de Rifflart.
32. Jodoigne, chapelle Notre-Dame du Marché, tombe de Winant de Glymes, seigneur de Jodoigne.
33. Jodoigne, vestiges du château de la Comté (donjon du XIIIe siècle) présents au sein de la bâtisse construite à partir de 1729.
34. Jodoigne, château de la Vicomté, ancien fief du Brabant cité depuis 1412 et demeure entre 1643 et 1720 des vicomtes de Jodoigne, titre créé par l’empereur du Saint-Empire Ferdinand III.
35. Jodoigne, ferme de la Comté ou de la Franche Comté, dépendance du château de la Vicomté.
36. Jodoigne/Mélin, grande cense du seigneur ou ferme de Rebais, siège de la seigneurie de Mélin, créée en 1284 par le duc Jean Ier de Brabant (nombreux remaniements).
37. Jodoigne/Saint-Rémy-Geest, église Saint-Rémy, dalle funéraire de Raes de Fontenoy, mayeur de Geest-Gérompont.
38. Lasne/Ohain, château remanié du XVIIe au XIXe siècle mais ancien siège d’une seigneurie brabançonne engagée pour la première fois en 1299-1300 par le duc Jean II. Propriété au XVe siècle de Jean Hinckaert, bâtard de Brabant et de ses successeurs jusqu’au siècle suivant. Bâtiments aujourd’hui datés des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.
39. Les Bons Villers/Mellet, donjon de Mellet. Ancien donjon médiéval sans doute de la fin du XIIIe siècle et accolé à un château de plaisance au XVIe siècle. Siège d’un fief brabançon, le château fut occupé au Moyen Âge par les seigneurs de Mellet, qui possédaient également le fief voisin de Biemellet, enclave namuroise.
40. Lincent/Racour, avouerie de Racour. La seigneurie appartenait au duché de Brabant. En 1229, le duc Jean Ier accorda une rente annuelle, créant une avouerie qui se maintint jusqu’à la Révolution. Bâtie dans la seconde moitié du XVIe siècle par le vicomte de Montenaken, avoué de Racour et alors appelée « de recht bank » (le ban de justice). Construction remaniée en 1811.
41. Mont-Saint-Guibert/Corbais, tour de Griffon du Bois ou tour des Sarrasins, du nom du vassal des Walhain (mairie Mont-Saint-Guibert). Donjon roman de la première moitié du XIIIe siècle.
42. Mont-Saint-Guibert/Hévillers, château de Bierbais, ancien château du lignage noble de Bierbais-Bierbeek, inféodé au duché de Brabant au XIIIe siècle Entièrement reconstruit à la fin du XVIIIe siècle, il en subsiste un vieux donjon d’habitation des XIIe-XIIIe siècles ; chapelle castrale Sainte-Croix, éléments d’origines de la même époque.
43. Nivelles/Bornival, ferme du seigneur ou « cinse du Castia », siège d’une seigneurie vassale du duché de Brabant (baillage de Nivelles) mentionnée au XIIIe siècle et possédé jusqu’au XVe siècle par la famille de Bornival qui s’était mise au service du duc de Brabant.
44. Orp-Jauche/Jauche, château de Jauche, héritier d’une riche seigneurie féodale passée entre diverses mains et citée depuis 1100 au moins. Le complexe fut reconstruit au XVIIe siècle et fortement réaménagé après 1715.
45. Orp-Jauche/Noduwez, tour Gollard, vestige médiéval d’un château disparu, siège d’une seigneurie de la famille chevaleresque du même nom relevant du duc de Brabant. Le premier seigneur mentionné en 1264 est vassal des sires de Jauche.
46. Ottignies-Louvain-la-Neuve/Céroux-Mousty, donjon et ferme de Moriensart, seigneurie incluse dans le duché de Brabant (mairie de Genappe), érigée en baronnie en 1657 pour la famille espagnole des Coloma.
47. Ottignies-Louvain-la-Neuve/Ottignies, château d’Ottignies, domaine ducal du Brabant donné en fief depuis le XIIe siècle à une famille d’Ottignies et passé entre diverses mains depuis.
48. Perwez/Malèves-Sainte-Marie-Wastinnes, église Saint-Ulric-et-Sainte-Cornélie, tombe de Louis de Stradiot, bailli de Nivelles et du Brabant, homme d’armes de Charles Quint.
49. Ramillies/Huppaye, ferme du Grand Château, fief cité au XIIe siècle.
50. Rixensart, château de Rixensart, siège d’une seigneurie mentionnée depuis 1217 et reconstruit au XVIIe siècle par le comte de Bruay après avoir été notamment possession des Croÿ et des Grave.
51. Rixensart/Rosières, ferme de Woo ou de Rosierbois, siège d’une petite seigneurie tenue en fief du duché de Brabant.
52. Sombreffe, château de Sombreffe, ancien fief de la famille des Sombreffe, vassaux du duc de Brabant et relevant de la Cour féodale d’Aarschot. Vaste propriété fortifiée autour d’un donjon-porche ; éléments d’époques diverses.
53. Tubize/Clabecq, château « des Italiens », à l’origine fief de Gaasbeek (Brabant, mairie de Gaasbeek).
54. Villers-la-Ville/Marbais, château fort du Châtelet, ancienne forteresse de la famille noble puis chevaleresque des Marbais.
55. Walhain/Nil-Saint-Vincent, tour de Vaux ou tour d’Alvaux, ruines de la résidence seigneuriale de Vaux bâtie peu après 1199 et dont la seigneurie relevait du duc de Brabant. À côté, moulin des XVIIIe et XIXe siècles, cité depuis 1536 et unique vestige des dépendances de l’exploitation domaniale.
56. Walhain/Walhain-Saint-Paul, ruines de l’ancien château de Walhain, seigneurie au service du duc de Brabant.
57. Waterloo, chapelle royale vouée à saint Joseph et sainte Anne, en faveur de la descendance du roi d’Espagne.
58. Wavre/Limal, grande maison du bailli, ancienne résidence des baillis de la baronnie locale.
59. Wavre, ferme de l’Hosté, auparavant ferme de la seigneurie de Wavre, cartouche de 1767 aux armes de Looz-Corswarem.
Auteur de la fiche
Frédéric MARCHESANI, 2013D'autres traces liées au marquisat de Franchimont
Plusieurs autres bâtiments et monuments sont liés de près ou de loin au passé franchimontois, parmi lesquels ceux cités ci-après.
1. Pepinster (Harras), borne seigneuriale de 1660 marquant la limite avec Ensival, témoin des querelles de partages des bois communaux entre Theux et Ensival pour marquer l’appartenance de Pepinster au territoire de Theux sous l’Ancien Régime. Monument en forme de pyramide tronquée et sculptée dans du calcaire, ornée d’un petit carré creusé et sculpté de la lettre E.
2. Pepinster (Mousset), ancien moulin banal de la seigneurie de Grand-Rechain, jadis dans une enclave principautaire en terres limbourgeoises. Alimenté par un cours d’eau dont l’octroi accordé par la chambre des comptes du prince-évêque remonte à 1525. Propriété depuis le XVIIe siècle du duc de Limbourg qui payait redevance à l’évêque.
3. Theux/La Reid (Hautregard), château de Hautregard, siège d’une seigneurie résultant d’un octroi d’Érard de la Marck en faveur de la famille de Presseux détentrice de la charge de bailli de Franchimont.
4. Theux, place du Marché, chapelle Saint-Nicolas, sanctuaire de la fin du XIIIe siècle érigé à l’emplacement de l’assassinat en 1285 du prince-évêque Henri de Gueldre. L’église fait office de chapelle castrale du château de Franchimont jusqu’à la fin du XVIe siècle. Reconstruite en style classique en 1739.
5. Theux, maison du bailli (ou maison Wolff) construite au XVIe siècle par Englebert de Presseux, bailli de Franchimont de 1505 à 1516.
6. Theux, hôtel de ville, siège de la Cour de justice à partir de 1719. Reconstruit en 1770 par Barthélemy Digneffe en lieu et place de l’ancienne halle.
7. Theux, moulin banal, cité depuis le IXe siècle et propriété du prince-évêque.
8. Verviers, monument commémoratif du pont aux lions d’Érard de la Marck (lions d’origine conservés au musée communal).
9. Verviers, hôtel de ville, construit avec l’accord de François-Charles de Velbrück et siège de la Cour de justice (déjà dans l’ancienne halle de 1527). Bâtiment de style classique construit de 1775 à 1780 sur les plans de Jacques-Barthélemy Renoz. Fronton autrefois aux armes princières, martelées à la Révolution et remplacées par le blason moderne de la ville et la devise « Publicité, sauvegarde du peuple ».