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Plaque Édouard THIRIONET

Plaque commémorative sur la maison natale d’Édouard Thirionet, réalisée à l’initiative des Rèlîs namurwès et de l’Association des écrivains wallons anciens combattants, 26 octobre 1930.

En février 1930, quand décède Édouard Thirionet (1891-1930), c’est l’un des piliers de l’association des Rèlîs namurwès qui disparaît. S’il n’était pas parmi les quatre fondateurs en 1909, il est le premier membre extérieur recruté dès 1910 par cette association fondée pour l’étude et l’encouragement de la littérature wallonne, en particulier du wallon namurois. Il en sera aussi le quatrième président, de 1924 à 1930. Afin de préserver le souvenir de cette personnalité jamboise particulièrement impliquée dans la vie culturelle locale et dans la valorisation de la langue wallonne, ses amis des Rèlîs et de l’Association des écrivains wallons anciens combattants s’empressent d’apposer une plaque commémorative sur la façade de la maison natale de Thirionet, en associant à la fois les autorités politiques locales, la Fédération des Invalides, le Comité de Wallonie, la Fédération wallonne, les Pierrots philanthropes, la société Moncrabeau, l’Association des écrivains wallons anciens combattants et le Club La Perle, autant de cercles dans lesquels Thirionet était fort actif.
Contrôleur des contributions à Auvelais, cet ancien étudiant de l’Athénée de Namur avait contribué grandement aux expériences éditoriales des Rèlîs namurwès, que ce soit dans Lî Ban Cloke (1909-1911), ainsi que pendant la Grande Guerre, voire aussi au Guetteur wallon. Usant des pseudonymes de Maulair et Djean Kîrit, il croque, en wallon, une série de types namurois, bien connue sous le titre de Djins d’nos djins. C’est la maladie contractée au moment où il était prisonnier dans les camps allemands qui eut finalement raison de celui qui était un compagnon de la lutte wallonne de François Bovesse. Témoignage de son engagement wallon, il avait souhaité que son cercueil soit recouvert du drapeau wallon. En octobre 1930, les autorités politiques locales ainsi que les militants wallons de Namur étaient présents pour l’inauguration de la plaque en marbre apposée sur sa maison natale.
 

Sources

Paul DELFORGE, Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2001, t. III, p. 1524
Émile ROBIN, À la mémoire d’Édouard Thirionet, dans Le Guetteur wallon, novembre 1930, nlle série, n°2, p. 56-60
Lucien MARÉCHAL, Vingt-cinq années d'activité wallonne du cercle royal littéraire Les Relis Namurwès, dans Le Guetteur wallon, avril 1934, 10e année, n°129, nlle série n°43, p.  147
Les Kriegscayès. Un témoignage de guerre inédit en wallon, Namur, Rèlîs Namurwès, 2015, p. 84-86
Association des Ecrivains wallons Anciens combattants, Xe anniversaire. Plaquette-Souvenir, 1931, p. 18

Adresse

Rue du Commerce
5100 Jambes

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Paul Delforge
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Stèle Théroigne de MÉRICOURT

© Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Stèle à la mémoire de Théroigne de Méricourt, réalisée à l’initiative du SI de Marcourt, 5 août 1989.

Sur un bloc de pierre installé devant le syndicat d’initiative de Marcourt, une plaque rend hommage à une jeune fille née dans ce petit village au XVIIIe siècle et qui s’est distinguée, à Paris, durant les années décisives de la Révolution française. Comme l’indique l’inscription :


THEROIGNE DE MERICOURT
EST NÉE A MARCOURT
LE 13 AOÛT 1762
ANNE JOSEPHE DITE DE MERICOURT.
FILLE DE PIERRE THEROIGNE ET
D’ELISABETH LAHAYE DE MARCOURT
DÉCÉDÉ À PARIS LE 8 JUIN 1817.
ELLE A PARTICIPE
A LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
ET A LA PROPAGANDE DE LA JUSTICE
ET DU BON DROIT.


Anne-Josèphe Terwagne (ou Théroigne, les orthographes varient très fort) est une figure mythique de cette période troublée qui va de 1789 à 1794. Après avoir beaucoup voyagé en Europe, la jeune fille est à Paris au printemps 1789. Beaucoup de rumeurs alimentent la notoriété de la « Belle Liégeoise » dont il semble établi qu’elle assiste à la visite du roi à l’hôtel de ville (17 juillet), qu’elle s’assied fréquemment dans la tribune de l’Assemblée nationale pour assister aux débats, qu’elle tient salon rue du Boulay et qu’elle constitue avec Romme un cercle politique qui défend des idéaux démocratiques. Prenant résolument le parti des républicains contre les royalistes (1792), prenant en tout cas le parti de Brissot, elle semble vouloir développer un programme dans lequel la femme est appelée à jouer un rôle actif dans la société. Peu suivie par les femmes elles-mêmes, regardée avec circonspection par ses « amis » politiques, Théroigne de Méricourt (ainsi que la surnommait la presse royaliste) devient par contre le porte-fanion de tous les combats sous la plume de certains biographes : ils lui accordent un premier rôle dans les différents événements sanglants qui marquent 1792 et le début de 1793. Passée à tabac et outragée par des « jacobines » (mai 1793), elle sombre dans la dépression nerveuse et mentale. Sa vie mouvementée nourrira les imaginations, dès le siècle du romantisme, au point d’en faire une des premières féministes. Le village de Marcourt n’a pas échappé au phénomène : le curé de la paroisse obtint au tournant du XIXe et du XXe siècle de faire démolir la maison natale de cette héroïne aux idées révolutionnaires.

En l’absence de lieu de mémoire, le syndicat d’initiative de Marcourt saisit l’occasion des célébrations du bicentenaire des événements de 1789 pour lancer le projet d’élever une stèle en l’honneur de la jeune femme et de ses idées. L’inauguration de la stèle s’est déroulée le 5 août 1989, dans le cadre de l’émission Télé-tourisme, avec représentation théâtrale, kermesse et barbecue. La stèle est située en face de l’emplacement qu’occupait jadis la maison natale d’A-J. Terwagne.


Sources

Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse, en particulier Le Soir, 7 août 1989
Félix MAGNETTE, dans Biographie nationale, t. 24, col. 760-768
Félix MAGNETTE, Théroigne de Méricourt, la belle Liégeoise. Légendes littéraires et réalité historique, dans Wallonia, XXIe année, mars 1913, p. 163-187
Ursmer LEGROS, Double destin de Théroigne de Marcourt, dite de Méricourt, Marquain (Hovine), Hotton, 1969
La Vie wallonne, II, 1970, n°330, p. 175-177
Marcellin PELLET, Étude historique et biographique sur Théroigne de Méricourt, dans les Variétés révolutionnaires, 3e série, Paris, 1890
Léopold LACOUR, Trois femmes de la Révolution : Olympe de Gouges. Rose Lacombe, Théroigne de Méricourt, Paris, 1900
E. et J. DE GONCOURT, Histoire de la Société française pendant la révolution, Paris, 1889
http://www.marcourt-beffe.be/historique.php (s.v. mars 2015)

Adresse

Place de Chéroubles 
6987 Marcourt

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Paul Delforge
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Plaque Freddy TERWAGNE

© IPW

Plaque commémorative Freddy Terwagne, réalisée à l’initiative de René Pirkin, circa 1990.

Au cœur du village de Hodeige, sur la façade en briques rouges du n°21 de la rue Terwagne, une plaque en marbre noir avec inscription en lettres d’or rend


HOMMAGE A FREDDY TERWAGNE
NE A AMAY LE 26 MARS 1925
DEPUTE DE L’ARRONDISSEMENT
DE HUY – WAREMME
MINISTRE
DES RELATIONS COMMUNAUTAIRES
JUIN 1968 FEVRIER 1971
BOURGMESTRE D’AMAY
ARDENT WALLON
FEDERALISTE CONVAINCU


Le nom de Freddy Terwagne est étroitement lié à la loi du 15 juillet 1970 portant organisation de la planification et de la décentralisation économique (Conseils économiques régionaux de Droit public, Sociétés de Développement régional, Bureau du Plan et Office de Promotion industrielle). Ancien compagnon de route d’André Renard, militant du Mouvement populaire wallon devenu ministre des Relations communautaires dans le gouvernement Eyskens (1968-1971), le député socialiste élu dans l’arrondissement de Huy-Waremme depuis 1958 contribue aussi de manière résolue à la révision de la Constitution de décembre 1970, et à l’inscription de la reconnaissance de l’existence de la Région wallonne dans son article 107 quater. Si son décès inopiné l’empêche de voir se concrétiser son projet, Freddy Terwagne est resté fidèle aux engagements qu’il avait pris tant dans la Résistance, que comme fondateur de La Gauche, ainsi qu’au moment de la Grève wallonne contre la Loi unique, voire lors du congrès des socialistes wallons de 1967.

L’initiative de l’apposition de cette plaque commémorative revient à René Pirkin qui pourrait bien être à l’origine de la suggestion de renommer l’ancienne rue Haut-Vinâve du nom de Freddy Terwagne, au lendemain de la fusion des communes (il y avait alors trois rues Haut-Vinâve sur l’entité). Fils d’un ancien bourgmestre de Retinne, René Pirkin avait participé à la création d'un éphémère Rassemblement progressiste wallon (RPW), en 1971, quelques semaines après la disparition de Freddy Terwagne. Autonomie de la Wallonie dans ou en dehors de la Belgique, referendum d’initiative populaire, démocratie économique et sociale, contrôle ouvrier, création d’un secteur industriel public à côté d’un secteur industriel privé, planification économique, intensification des relations avec la France, valorisation de la culture wallonne, retour des Fourons à la Wallonie... tels était le programme du RPW dont René Pirkin présidait la fédération liégeoise. Grand admirateur de l’homme politique wallon, René Pirkin est ensuite le fondateur, au milieu des années 1980, de l’association « Club Freddy Terwagne », dont l’appellation se mue en « Club des Amis de Freddy Terwagne », en raison d’un désaccord avec une autre association qui porte déjà le nom de « Club Freddy Terwagne ». Organisatrice de conférences, le « Club des Amis… » publie aussi quelques numéros de La rose au poing (vers 1987-1990), avant que René Pirkin ne prenne l’initiative de la plaque commémorative apposée sur la maison voisine de celle qu’il habitait à Hodeige.


Sources

Paul DELFORGE, Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, 2001, t. III, p. 1274 et 1520-1522
REMY Claude, COLLIGNON Robert (préface), Freddy Terwagne. Inscrire la Wallonie dans la Constitution, Charleroi, Institut Jules-Destrée, 1991, coll. Écrits politiques wallons, n°5
Informations aimablement communiquées par M. Daniel Pirotte après enquête et collecte de plusieurs témoignages (juillet 2015)

 

Plaque Freddy Terwagne (Hodeige)
Plaque Freddy Terwagne (Hodeige)
© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Adresse

Rue Terwagne 
4351 Hodeige

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Paul Delforge
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Ancienne Terre franche du comté de Flandre

Maulde était une enclave flamande dans la châtellenie d’Ath (comté de Hainaut) dont la seigneurie était tenue par la famille de Maulde dès le XIe siècle. En 1584, le bien passa dans les possessions des Carondelet qui le vendirent en 1652 à Jacques Fariaux, serviteur des Habsbourgs qui obtint du roi Charles II d’Espagne que sa terre soit érigée en vicomté. En 1668, sa terre fut rattachée au royaume de France par le traité d’Aix-la-Chapelle avant de retourner au comté de Flandre.

Sise vieille place, l’ancienne « maison commune » a été construite en 1606 par un Carondelet, seigneur de Maulde, pour servir aux plaids de sa cour d’Abaumont. Un millésime sculpté sur une semelle de poutre à l’étage et accompagné des armoiries du seigneur atteste de la date de construction. Cette bâtisse a été érigée sur deux niveaux sous bâtière de tuiles à coyaux et entièrement crépie par la suite, probablement au XIXe siècle.

Adresse

7534 Maulde (Tournai)

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Frédéric MARCHESANI, 2013
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Bas-relief Edmond Tamine

© Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Bas-relief en mémoire d’Edmond Tamine, 24 juin 1934.
Réalisé par Marcel Collet.

Pendant de nombreuses années, le médecin Edmond Tamine (1862-1926) s’est consacré corps et âme à la santé de la population la moins favorisée de Nivelles. Surnommé èl mèd’cin dès poûves, Tamine a fait l’objet d’un hommage tout particulier lorsqu’a été inaugurée, le 24 juin 1934, un monument en son honneur. Dans un style similaire au monument dédié à Georges Willame, une pierre rectangulaire avec des effets de profondeurs soutient un bas-relief en bronze où a été représenté le profil gauche du médecin. Dans la partie supérieure, en lettres d’or, les années 1862 et 1926 occupent les deux coins, tandis que la mention suivante apparaît dans la partie inférieure, sous le portrait :

Au
Dr Edm. Tamine
El méd’cin des pouves

À la fois sculpteur et architecte, dessinateur et graveur, prix Godecharle 1907, Marcel Collet (1894-1944) a reçu plusieurs commandes de la ville de Nivelles, dont la célèbre statue de l’archange saint Michel, patron originel de la ville, qui couronne le perron depuis 1922, du moins quand elle n’est pas prise à partie par des chapardeurs. Frère de Paul Collet, le sculpteur signe d’autres monuments à Nivelles (dont celui de G. Willame), ainsi que diverses maisons de particuliers dans le style Art Déco à Bruxelles.

L’initiative de ce mémorial revient au cercle Le Réveil postal, en particulier à Victor Dozot et à Victor Marchand. Il s’agissait de rendre hommage à un médecin de province, modeste et dévoué, toujours disponible et attentif à ceux qui avaient besoin de lui dans le canton de Nivelles. Le parcours de vie d’Edmond Tamine ne présente en effet aucune réalisation particulière ou exceptionnelle ; il était président de la section locale de la Croix-Rouge et consacrait tout son temps à soigner et à aider. Cette abnégation désintéressée suffisait pour susciter l’admiration de tous. Mais sa disparition tragique marqua davantage les esprits : de retour d’une consultation à la veille de la Noël 1926, le docteur revenait à pied de la campagne ; cherchant le chemin le plus court, il longeait la voie ferrée quand un train de marchandises surgit.

Le monument Tamine est situé à l’entrée du parking de l’hôpital général de Nivelles. Il est placé au pied d’un arbre au tronc remarquable.

Sources

Georges LECOCQ, Pierre HUART, Dis, dessine-moi un monument… Nivelles. Petite histoire d’une entité au passé bien présent, Nivelles, Rif tout dju, mars 1995, p. 24-25
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 238
 

Bas-relief en mémoire d’Edmond Tamine – © Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam
Bas-relief en mémoire d’Edmond Tamine
© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Adresse

A l’entrée du parking de l’hôpital
Carrefour rue Samiette et boulevard de la Batterie
1400 Nivelles

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Paul Delforge
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Lieux de mémoire Don Juan d'Autriche

© IPW

L’infant Don Juan d’Autriche est né en 1545 à Ratisbonne. Il est le fils de Barbara Blomberg, fille d’un notable de la ville et de Charles Quint. Il ne connaît son père qu’en 1556 lorsqu’il arrive en Espagne et est reconnu par son demi-frère Philippe II comme membre à part entière de la famille. Il mène alors pour l’Espagne une brillante carrière militaire et défait notamment les Turcs au cours de la très célèbre bataille de Lépante. En 1576, il est nommé gouverneur des Pays-Bas par Philippe II et vient alors s’installer dans nos régions. Il meurt le 1er octobre 1578 du typhus, maladie contractée au cours d’une campagne militaire.

La ferme dite « de Don Juan d’Autriche » à Bouge, lieu présumé de la mort du fils de Charles Quint © IPW
La ferme dite « de Don Juan d’Autriche » à Bouge, lieu présumé de la mort du fils de Charles Quint 
© IPW

Outre son cénotaphe placé dans la cathédrale Saint-Aubain, bien d’autres lieux en région namuroise témoignent des dernières heures du gouverneur général :

- Don Juan s’installe fin juin 1577 dans le palais des gouverneurs de Namur et y reçoit la reine Margot le 20 juillet de la même année ;
- la chapelle-Dieu de Gembloux témoigne de la dernière bataille livrée contre les États généraux à cet endroit, comme le précise une pierre scellée dans l’enceinte du monument : « Cette chapelle a été érigée en souvenir de la défaite des Gueux par Don Juan d’Autriche dans la bataille qu’il leur livra ici le 31 janvier 1578 » ;
- l’actuelle rue Don Juan d’Autriche à Bouge abriterait la dernière demeure de Don Juan. Au no 11 existe toujours une ferme dite « de Don Juan ». Cette imposante tour a peut-être été bâtie à l’emplacement du célèbre pigeonnier où le gouverneur mourut.

Adresse

5000 Namur
5030 Gembloux

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Frédéric MARCHESANI, 2013
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Bas-relief Hubert Stiernet

© Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Bas-relief Hubert Stiernet, 30 septembre 1927
Réalisé par Louis Dupont.

Sur la façade d’une maison de la rue du Pont, un bas-relief dédié à Hubert Stiernet et signé Louis Dupont est inauguré le 30 septembre 1927. Les amis de l’écrivain et les autorités communales de Waremme ont tenu à honorer l’auteur de Haute Plaine et du Roman du tonnelier de son vivant. Pour l’écrivain, les années 1920 sont celles de la gloire : un volume anthologique lui est consacré par l'Association des Ecrivains belges (1923) ; il est élu à l'Académie de langue et de littérature françaises, l’Académie Destrée (1925) ; il est fêté par les Amis de l’Art wallon (1930) et le prix de la Société d'Encouragement à l'Art wallon lui est décerné en 1930. La Ville de Waremme et l'Association des Anciens Elèves de l’Ecole moyenne n’ont pas manqué leur rendez-vous, en 1927, en le recevant solennellement et en apposant une plaque commémorative sur sa maison natale.

Sensible à ces hommages multiples, Hubert Stiernet (Waremme 1863 – Laeken 1938) doit s’être rappelé qu’il avait accompli ses études primaires et secondaires à Waremme, avant d’entrer à l’École normale de Huy (1879), et de décrocher, à Bruges, son diplôme de régent littéraire (1884). Désigné comme enseignant à Laeken, il s’installe à Bruxelles et, en 1907, il est nommé directeur de l’École moyenne de Schaerbeek, fonction qu’il exerce jusqu’en 1924, mises à part les années d’occupation allemande au cours desquelles son hostilité à la politique de flamandisation de l’enseignement lui vaut d’être révoqué. L’écrivain, quant à lui, s’est déjà manifesté dès la fin des années 1880, par une production variée : romans, contes pour enfants, poète, il fleurte avec le romantisme, s’essaye au fantastique, mais surtout, ce qu’il lui réussit le mieux, il raconte, dans un genre réaliste, les aventures de personnages que lui inspire la rue du Pont, la rue de sa maison natale. Ses multiples voisins, on les retrouve dans les six nouvelles Haute Plaine (1911), dans Le récit du berger et Le roman du tonnelier (1921 et 1922), ainsi que dans son dernier opus, Par-dessus les clochers en 1931.

L’attachement de l’écrivain pour Waremme et ceux de la rue du Pont condamnait au choix d’un sculpteur de… Waremme, et nécessairement au statuaire Louis… Dupont (1896-1967). Élève d’Adrien de Witte, celui-ci n’est pas encore très connu quand il travaille sur le bas-relief d’Hubert Stiernet, puis sur le buste de Jean Varin (1927), puis le médaillon Georges Antoine (1929). Ceux qui l’ont choisi sont cependant sûrs de son talent. N’a-t-il pas reçu une bourse du gouvernement (1921) ? En 1928, il recevra le Prix Trianon. Par la suite, il sera associé à Adelin Salle et à Robert Massart sur l’important chantier des bas-reliefs du Lycée de Waha (1937) ; il sera aussi chargé de la réalisation du Métallurgiste du monument Albert Ier à l’île Monsin. De nombreuses autres commandes parviendront à l’artiste après la Seconde Guerre mondiale, principalement des bas-reliefs, avant que ne lui soient confiés le monument national de la Résistance (1955), puis les reliefs sur les bâtiments de la faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège (1958). Dessinateur, médailliste et statuaire, professeur de sculpture à l’Académie de Liège (1949-1967), Louis Dupont recevra en 1954 le Prix de Sculpture décerné par la province de Liège pour l’ensemble de son œuvre.

Sources

Louis Dupont : exposition du 29 avril au 21 mai 1983, Liège, Province de Liège, Service des affaires culturelles, 1983
Salon de la libération : musée des beaux-arts, du 1er juin au 15 juillet 1946... (hommage à la résistance liégeoise) : la peinture française, de David à Picasso, art wallon contemporain, le peintre Jacques Ochs, les sculpteurs Louis Dupont, Robert Massart, Adelin Salle, Liège, imprimerie Bénard, 1946
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. I, p. 532-533
La Vie wallonne, février 1928, LXL, p. 188
La Vie wallonne, 1980, n°369, n° spécial « millénaire », p. 359-376
Maurice JOACHIM, Hubert Stiernet, dans Nouvelle Biographie nationale, t. IV, p. 372-374

Adresse

Rue du Pont (devenue rue Stiernet)
4300 Waremme

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Paul Delforge
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Porte de Trèves, ancienne tour de défense

© SPW-Patrimoine

Bien qu’une occupation du site remonte à la Préhistoire, le nom de Bastogne apparait à l’époque mérovingienne, dans un texte de 634. 

L’endroit est alors divisé en deux parties, une première appartenant à l’abbaye Saint-Maximin de Trèves et la seconde où se développe une maison forte, résidence des maires du palais et plus tard, un atelier monétaire sous le règne de Charles le Chauve, devenu empereur d’Occident en 875. 

La localité entre par la suite dans les possessions des comtes de Luxembourg. Le 12 juin 1332, le comte Jean l’Aveugle accorde à la ville une charte d’affranchissement. Les domaines bastognards sont unifiés et les habitants sont autorisés à ériger des murailles afin de se protéger des incursions de pillards. 

Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, la ville vit à l’intérieur de ses remparts. Doublée de fossés sur tout le pourtour, l’enceinte compte deux portes et une vingtaine de tours. À l’intérieur se trouvent l’église fortifiée dédiée à saint Pierre, une halle, deux couvents d’hommes et une maison de religieuses qui participent à la vie de la localité. 

La ville devient au Moyen Âge le chef-lieu d’une prévôté du duché de Luxembourg.

En 1688, les armées de Louis XIV procèdent au démantèlement des remparts de Bastogne. 

De ces fortifications, la ville garde toutefois un témoin d’importance. Classée dès 1938, la porte de Trèves est une des entrées de la ville depuis le XIVe siècle. 

Plus anciennement dénommée « porte basse » ou « porte du moulin », il s’agit d’une imposante construction défensive érigée en moellons de grès et chaînée d’angle. 

De plan carré mesurant 8 m de côté, ouvert d’un passage voûté, elle possédait à l’origine une herse comme le témoigne encore une glissière. La tour est surmontée d’une toiture ardoisée en forme de pyramide tronquée, elle-même sommée d’un toit surbaissé ; cette toiture typique du XVIIe siècle a sans aucun doute remplacé une toiture primitive. 

À sa base, la porte de Trèves a un périmètre de 34 m contre 32 au sommet ; le faîte du toit culmine à 17 m de hauteur. 

L’ouvrage existe dès 1332, son nom est cité régulièrement depuis le XVe siècle. Il s’agit de la seule porte de ville fortifiée encore debout dans la province du Luxembourg en plus d’être un vestige des plus rares de l’architecture militaire du comté de Luxembourg au Moyen Âge. 

Des meurtrières, des archères, des cantonnières, trois mâchicoulis et des bretèches indiquent encore clairement les fonctions militaires de la porte sous l’Ancien Régime. 

Avant le démantèlement de 1688, la porte et les reste du système défensif permirent aux habitants de Bastogne de résister aux invasions hollandaises de 1602 et de rester protégés intra muros. La tour fut ensuite reconvertie en prison en 1725 et joua ce rôle jusqu’à la fin du XIXe siècle. Après une importante restauration en 1982, la porte de Trèves a été transformée en musée.

Adresse

6600 Bastogne

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Frédéric MARCHESANI, 2013
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Plaque siège de la place forte de Mariembourg

© J. Massaux - SPW

Au lendemain de la bataille de Waterloo, c’est en vaincu que l’empereur prend la route de la France et de Paris. Le 19 juin 1815, vers 13h, il atteint la ville de Mariembourg. Le 24 juin suivant, la ville est assiégée par les troupes du prince Auguste de Prusse : près de 7 000 soldats prussiens affrontent les troupes du commandant Alliot qui n’étaient composées que de 315 civils et militaires. La place forte est forcée de capituler le 30 juillet 1815 après près de six semaines de siège. 

Aujourd’hui, une plaque commémorative installée sur l’immeuble situé à l’intersection de la rue de France et de la place Marie de Hongrie rappelle ces événements moins connus de la campagne de Belgique : « Hommage aux glorieux défenseurs de la forteresse assiégée par les Prussiens en 1815 ». 

Cette plaque a été apposée le 4 juillet 1965 à l’occasion d’une reconstitution historique des événements.

 

Adresse

Intersection de la rue de France et de la place Marie de Hongrie
5660 Couvin (Mariembourg)

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Frédéric MARCHESANI, 2014
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Banc Léon Souguenet

© Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Banc Léon Souguenet, éalisé à l’initiative des autorités communales d’Esneux, 31 juillet 1938.

En 1932, Léon Souguenet avait déjà été honoré par un mémorial dans les bois de la commune d’Esneux à l’initiative de l’Association pour la Défense de l’Ourthe. Six ans plus tard, une autre initiative est prise, toujours à Esneux et en hommage à Léon Souguenet récemment décédé (12 mars 1938), lorsqu’est inauguré, le 31 juillet 1938, un banc semi-circulaire, en pierre, installé face au kiosque le long de l’avenue Montefiore. Dans le même temps est planté un hêtre pourpre, non seulement parce qu’il s’agit du titre de l’un de ses livres (essai publié en 1912), mais surtout parce que, toute sa vie, Souguenet s’est attaché à la défense de la nature. Fondue et offerte par Léon Grenier au nom de la société Cockerill dont il est le directeur, une plaque est apposée pour rappeler la plantation de l’arbre, et le nom de Léon Souguenet est gravé sur le dossier du banc, du côté de l’arbre. Par la suite, une haie d’ifs viendra renforcer l’effet semi-circulaire de l’espace, créant une séparation avec le monument Montefiore-Levy limitrophe.

Co-fondateur de l’hebdomadaire politique Pourquoi Pas ? en 1910, avec George Garnir et Louis Dumont-Wilden, Léon Souguenet (1871-1938) a acquis une notoriété certaine par ses talents d’écriture qu’il exerce dans la presse quotidienne, ainsi que par la publication de livres. De nationalité française, établi à Liège, Souguenet dirige Le Journal de Liège à l’entame du XXe siècle. Il fréquente volontiers les milieux artistiques et littéraires dont un petit groupe qui prend volontiers ses quartiers d’été du côté de Tilff-Esneux, dans le hameau de Ham. Les forêts et les bords de l’Ourthe ravissent les artistes, qu’ils soient peintres, musiciens ou écrivains. Saisissant l’occasion de la présence de toutes ces personnalités déjà bien connues, la « Ligue des Amis des Arbres », association nouvellement fondée à Bruxelles, choisit Esneux pour organiser la première « Fête des Arbres » en Belgique, le 21 mai 1905. Mêlant sa passion pour la nature et sa volonté de la défendre, Souguenet se fait un ardent propagandiste de l’initiative qui voulait se répandre, régulièrement, dans tout le pays. Dès 1906, Souguenet avait poursuivi sa carrière de journaliste à La Province et s’était installé dans le Hainaut, entreprenant d’emblée une campagne pour sauver le bois de Colfontaine.

Conçu par Michel Walthère, avec l’aide de Gabriel Van Wylic, le « banc Souguenet » est inauguré en juillet 1938 à quelques semaines du scrutin communal. Ce second hommage organisé à Esneux en l’honneur de Souguenet ne fait pas l’unanimité. Président de l’Association pour la Défense de l’Ourthe et grand ami de Souguenet, Louis Gavage manifeste son mécontentement. Depuis le classement partiel de Beaumont (printemps 1936), Gavage est en froid avec le bourgmestre d’Esneux, François Nandrin ; il juge l’initiative communale d’autant plus inopportune que plusieurs décisions récentes du maïeur (autorisation d’installations industrielles et de lotissements dans des zones pittoresques, non-respect de prescrit urbanistique…) vont à l’encontre de l’esprit des défenseurs de la nature. C’est par conséquent sans l’appui de l’Association présidée par Louis Gavage que les autorités locales inaugurent le banc, avec le soutien du gouverneur de la province, ainsi que le patronage du Pourquoi Pas ? et du journal La Meuse.

Lors de la Libération du pays wallon, en septembre 1944, un char américain accomplit, par mégarde, une manœuvre qui renverse le banc semi-circulaire où est incrusté le nom de Léon Souguenet. À l’initiative de Robert Dalem, la commune d’Esneux procédera à la restauration du monument dédié à l’un des pionniers de la sauvegarde de la forêt, des sites naturels et, plus globalement, de l’environnement : l’inauguration de la restauration se déroule le 19 septembre 2002, le jour où est lancé le réseau TARPAN (Tourisme, Accueil, Randonnée, Patrimoine, Agriculture, Nature). Dès lors, la présence de « bulles à verres » à proximité du banc n’aurait pas dérangé Souguenet, même si leur esthétique peut paraître contestable à cet endroit.

 

Sources

A. PRICK-SCHAUS, N. MALMENDIER et M. DE SELLIERS, « Arts et Nature – temps et espace – Esneux », 2005
http://www.esneux.be/site/loisirs_et_dec/histoire/index.php?ref_annu=1217&ref_annu_page=945 (s.v. décembre 2013)
La Vie wallonne, juin 1936, CXC, p. 316-319
Benjamin STASSEN, La Fête des Arbres - 100 ans de protection des arbres et des paysages à Esneux et en Wallonie (1905-2005), Liège, éd. Antoine DEGIVE, 2005, p. 117-118, 182
Louis GAVAGE, Une manifestation où nous ne pouvons être, dans Bulletin de l’Association pour la Défense de l’Ourthe, n°104, avril 1938, p. 101-102

 

Banc Léon Souguenet – © Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam
Banc Léon Souguenet
© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Adresse

Avenue Montefiore
4130 Esneux

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Auteur de la fiche

Paul Delforge
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