Histoire et symboles Périodes historiques Préhistoire Antiquité Moyen Age Temps modernes Epoque contemporaine Indépendance de la Belgique Wallonie industrielle Mouvement flamand et mouvement wallon Première guerre mondiale Deuxième guerre mondiale Fin de la Belgique unitaire Wallonie politique et économique Ligne du temps Atlas historique Symboles Emblème Drapeau Hymne Fête Capitale Fleur Devise Enseigner la Wallonie Ouvrages historiques Culture et patrimoine Culture Musique Cinéma Architecture Orfèvrerie Sculpture Peinture Littérature Bande dessinée Patrimoine Folklore et traditions Carnavals Géants Marches Grands Feux Autres traditions Commission des Arts Intégrations Publications Subventions Prix de la Commission des Arts de Wallonie Exposition Art public Wallons marquants Dictionnaire des Wallons Distinction du Mérite wallon Création de cette distinction Insignes Commandeur Officier Chevalier Médaille Brevet Livre d'or Mérites wallons Distinction des Étincelles Création de cette distinction Étincelles Géographie Territoire Démographie Hydrographie, climat et sols
Accueil
Accueil

Pierre commémorative Pierre LEFEUVRE

© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Pierre commémorative Pierre Lefeuvre sur le monument aux soldats français tombés en août 1914. Réalisée par Allard et Eugène Miche-Delfosse.


Sur le haut de la rue des Français, à Tamines, un monument rend « hommage de reconnaissance et d’admiration aux glorieux soldats français tombés en août 1914 ». 

Cette dédicace est inscrite sur une des faces du monument collectif érigé à l’initiative du cercle « Les Amitiés françaises » de Tamines ; mais il comporte aussi un volet individualisé destiné à saluer l’exploit du caporal Pierre Lefeuvre, du 70e d’infanterie. 

La statue du soldat placée au haut de l’imposant mur construit en pierre d’Écaussinnes symbolise l’ensemble des soldats français venus combattre en Wallonie contre l’envahisseur allemand et en particulier Pierre Lefeuvre qui bénéficie ainsi d’un traitement particulier sur un monument collectif, ainsi que l’atteste la présence d’une autre pierre commémorative qui stipule que :

C’EST ICI QUE LE SOLDAT PIERRE LEFEUVRE DU 70ME REGIMENT
D’INFANTERIE S’EST HEROIQUEMENT SACRIFIE

Inauguré le 29 juillet 1923, ce monument des « Amitiés françaises » a, semble-t-il, été détruit par les Allemands en 1940. Relevé après la Libération, il s’est abimé avec le temps et, à l’entame des années 1970, les autorités locales de Tamines ont pris l’initiative de le reconstruire, de manière différente, avec une partie des matériaux du monument original, en l’installant à quelques mètres de l’emplacement initial. L’ensemble monumental actuel est construit de manière telle qu’il rend compte du caractère à la fois collectif et individuel de l’hommage. Donnant accès au monument, un large escalier de 3 marches est centré par rapport à la partie du « monument collectif », en particulier vis-à-vis de la statue du soldat français, tandis que la partie du mur qui rend hommage à Lefeuvre donne l’impression d’une excroissance, par son volume et son caractère décentré.


Le monument actuel est bien différent de celui érigé en 1923. À ce moment, la même statue du soldat culmine au sommet d’un mur beaucoup plus haut et imposant que celui reconstruit en 1974. Dans un large cercle central sont incrustées les pierres commémoratives (trois), tandis que de part et d’autre du cercle se dressent des contreforts surmontés de chapiteaux arrondis en pierre bleue. En donnant un aspect massif au mur du monument, le sculpteur semble avoir voulu dresser un rempart permanent « face à l’ennemi » ; synthèse symbolique de l’individu et du groupe, le soldat n’est pas représenté dans la position d’un tireur, mais son attitude est ferme et résolue, un drapeau dépassant dans son dos, et son regard est tourné vers Velaine, d’où venait l’ennemi.


Soldat français, d’origine bretonne, Lefeuvre (Bédée 1891 – Tamines 1914) a quitté les campagnes de la région où ses parents sont agriculteurs depuis plusieurs générations pour se retrouver sur des champs de bataille. Né en 1891, il a incorporé l’armée française depuis peu quand éclate la Grande Guerre. Son régiment, le 70e d’infanterie, est l’un des premiers à être envoyé au front, en août 1914. Le jeune caporal se retrouve ainsi à hauteur de Tamines où, le 21 août, les forces allemandes d’invasion se sont livrées à un massacre de civils qui ne peut trouver aucune justification, pas même le prétexte d’une vive et solide résistance de la part de l’armée française. En effet, la veille du massacre des civils, les Uhlans qui pensaient traverser la Wallonie sans encombre ont été refoulés par des soldats de l’armée française, inférieurs en nombre, mais aidés par la population locale. Néanmoins, le 21 août, lors d’une manœuvre de repli, l’armée française protège ses arrières et se doit de retarder le passage des Allemands à hauteur du pont de Tamines. 

Pierre commémorative Pierre Lefeuvre sur le monument aux soldats français tombés en août 1914
Pierre commémorative Pierre Lefeuvre sur le monument aux soldats français tombés en août 1914
© Photo Paul Delforge Diffusion Institut Destrée © Sofam

Tireur patenté, Lefeuvre est posté de manière telle qu’il parvient à toucher quiconque se présente à l’entrée du pont. Pendant plusieurs heures, il parvient ainsi à tenir tête à un ennemi supérieur en nombre. Empruntant un autre chemin, l’armée allemande parvient à contourner le tireur et à le prendre à revers. Sommé de se rendre, le caporal refuse et perd la vie après avoir accompli un acte jugé héroïque. Pour galvaniser le moral des troupes, la bravoure de Pierre Lefeuvre est rapportée, avec force détails. Dans cet épisode de la bataille de Charleroi, il aurait tué plus de 50 soldats de la Garde impériale allemande ; les blessés dans les rangs de l’ennemi sont innombrables ; le nombre de douilles vides retrouvées à côté de Lefeuvre achèvent de convaincre de la vivacité et de la bravoure du Breton. Dix ans après le monument de Tamines, une autre pierre est élevée dans le village natal du caporal Lefeuvre, en Bretagne, et une rue porte aussi son nom.


Les initiateurs du monument de Tamines sont groupés au sein des Amitiés françaises, groupement où l’on retrouve des notables de la région, dont Émile Duculot qui fut propulsé bourgmestre sous l’occupation allemande et tint cette fonction jusqu’en 1921. Le projet de monument remonte au début des années vingt et une souscription publique permet de rassembler les fonds nécessaires, grâce notamment à sept entreprises de la région (dont des charbonnages). La statue originale du soldat a été réalisée par Eugène Miche-Delfosse, artisan local spécialisé dans les monuments funéraires. Le sculpteur Allard a également travaillé sur le monument. 

 

 


Simon ALEXANDRE, Étude des monuments aux morts de la Grande Guerre à Tamines

Daniel CONRAADS et Dominique NAHOÉ, Sur les traces de 14-18 en Wallonie, Namur, IPW, 2013, p. 119

Adresse

Au lieu-dit Tienne d’Amion

Rue de Falisolle, puis avenue des Français, à hauteur de la rue du Triage 

5060 Tamines

carte

Auteur de la fiche

Paul Delforge
Accueil

Statue Jacques LEFEBVRE-CATERS

© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Statue d’hommage à Jacques Lefebvre-Caters, réalisée par Gigi Warny, 9 juillet 1983.


Au tournant des années 1970 et 1980, les autorités tournaisiennes procèdent à la rénovation de leur Conservatoire. 

Alors que le chantier se termine, six statuettes en bronze sont posées sur le toit-terrasse de la salle des Concerts du Conservatoire qui fait face au carrefour du beffroi. Mesurant environ 80 centimètres chacune, elles sont visibles depuis la rue de la Wallonie, à l’entrée de la rue du Parc. Œuvres de Gigi Warny, elles portent le nom de six Tournaisiens ayant acquis une forte notoriété dans différentes activités : Robert Campin pour la peinture, Pierre de la Rue pour la musique, Michel Le Maire pour la dinanderie, François Joseph Péterinck pour la porcelaine, Pasquier Grenier pour la tapisserie et Jacques Lefebvre-Caters (1744-1810) pour l’orfèvrerie.


Issu d’une famille qui exerce depuis le XVe siècle « une véritable hégémonie sur les métiers d’art » (Cassart), Jacques Lefebvre (1744-1810) est l’un des représentants illustres de la dynastie des orfèvres née dans le courant du XVIIe siècle. Premier prix de l’Académie de Paris, au concours de modèle (1771), celui qui avait appris les techniques du dessin à l’Académie de Tournai y est nommé professeur-adjoint (1771), avant d’accéder à sa direction en 1782. La même année, par son mariage avec Marie-Cécile Caters, il associe leurs deux patronymes et c’est sous le nom de Jacques Lefebvre-Caters qu’il se distingue des autres « fèvres » de son temps. 

Créateur de sa propre manufacture de bronze doré et ciselé et disposant d’un atelier pour travailler le marbre, il réalise des œuvres particulièrement appréciées dans les cours princières d’Europe, en dépit des soubresauts politiques que connaît la fin du siècle. Lefebvre-Caters n’est d’ailleurs pas étranger à la vie politique de son temps.

À la suite des victoires de Dumouriez (1792), il accepte de devenir administrateur provisoire de la ville de Tournai. Ensuite, il est nommé adjoint au prévôt et lors du retour des Français, en 1794, il accède à la fonction d’échevin pendant quelques mois. 

Conseiller communal de 1807 à 1810, l’entrepreneur avait tiré un important parti de la confiscation et de la nationalisation des biens du clergé (il s’était porté acquéreur de l’abbaye de Saint-Martin en 1796). À la mort de Jacques Lefebvre-Caters (1810), sa veuve reprit si bien les affaires qu’elles continuèrent de bien prospérer jusque dans les années 1820. Il n’est par conséquent pas étonnant que Jacques Lefebvre-Caters soit considéré (pour lui-même et comme représentant de sa dynastie) comme l’une des six personnalités les plus importantes de l’histoire culturelle et artistique de Tournai.


Car tel est bien le sens à donner aux six statuettes réalisées par Geneviève Warny. Née à Bruges en 1958, cette artiste autodidacte qui offrait les petites statues qu’elle créait à ses amis s’est laissé convaincre par l’architecte André Wilbaux de réaliser « six attitudes grandeur nature » pour le fronton de l’ancien Conservatoire de Tournai. 

Plutôt que de procéder à une reconstitution des portraits, l’artiste va donner à chaque statue tournaisienne une attitude qui évoque le métier illustré, ici en l’occurrence la tapisserie : on voit clairement le geste de l’accroche du fil. Relevant le défi de ce projet, en travaillant le bronze pour la première fois, Gigi Warny délaisse la psychologie qu’elle étudiait à l’Université catholique de Louvain (1983) pour faire de la sculpture son activité principale. 

Installant son atelier à Louvain-la-Neuve, elle suit des cours à l’Académie d’Anvers et va produire surtout des bronzes monumentaux, mais aussi des statuettes plus petites en bronze ou en terre cuite. Elle a fourni des œuvres variées à la cité universitaire (fontaine Léon et Valérie en 1984 sur la place de l’Université, La main en diplôme en 1995 près des Halles, Rêverie d’eau en 2001 à la piscine du Blocry). Améliorant et modifiant progressivement ses techniques, elle expose essentiellement en Belgique avant de traverser l’Atlantique et d’être connue aussi au Québec.
 


Sources


Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse
Jean CASSART, dans Biographie nationale, t. 32, col. 352-355
Gaston LEFEBVRE, Biographies tournaisiennes des XIXe et XXe siècles, Tournai, Archéologie industrielle de Tournai, 1990, p. 162-163
http://www.gigiwarny.be/Gallerie.html 
http://optimiste.skynetblogs.be/tag/jacques+lefebvre-caters (s.v. mai 2014)
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 777

Statue d’hommage à Jacques Lefebvre-Caters
Statue d’hommage à Jacques Lefebvre-Caters
© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam

Adresse

Rue du Parc 

7500 Tournai

carte

Auteur de la fiche

Paul Delforge
Accueil

Stèle et médaillon Paul LEDUC

© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Stèle et médaillon à la mémoire de Paul Leduc, 25 septembre 1947.


Originaire de La Louvière, Paul Leduc est considéré comme un peintre davantage luministe qu’impressionniste, principalement inspiré par les paysages, même s’il réalisa aussi des portraits, des tableaux de genre et des natures mortes. 

S’initiant à l’art à Tervuren, il est formé à l’Académie de Mons d’abord (1891-1896), où il reçoit notamment les conseils d’Antoine Bourlard. Il se rend ensuite à l’Académie puis à l’Institut supérieur des Beaux-Arts d’Anvers (1896-1899), auprès d’Albert Baertsoen. 

Achevant ses études au tournant des XIXe et XXe siècles, le jeune peintre est résolument attiré par la lumière. Il la recherche dans les paysages proches, urbains et industriels, dans un premier temps (terrils, usines). Il va la capturer dans les régions du sud dans un second temps : attiré comme un aimant par la Méditerranée, il explore pendant deux ans la Provence depuis Martigues et Marseille, ainsi que la Vénétie. 

Après les paysages de Hainaut, de Brabant, de Flandre et de Hollande, où il cherche les jeux de la lumière le long des rivières et des canaux, dans les effets de la neige et des fumées, il fait de très fréquents séjours dans le Midi, en quête d’une vraie clarté. 

Loin du farniente, il s’avère un grand travailleur et développe une technique personnelle caractéristique qui le range d’abord parmi les impressionnistes de son temps, avant de devenir un représentant du « luminisme ». 

En 1936, dans une de ses chroniques au Soir, Richard Dupierreux n’avait pas manqué de relever chez lui une truculence, de souligner l’emploi d’une pâte abondante et grasse, et sa capacité à « recomposer sur la rétine tout le prisme de la lumière décomposée ». 

Saluée par la critique et recherchée par de nombreux collectionneurs, son œuvre est aussi entrée dans de plusieurs musées, quelques-uns à l’étranger, davantage en Belgique. Artiste à succès dans l’Entre-deux-Guerres, la notoriété de Leduc s’estompe suite à sa disparition durant la Seconde Guerre mondiale, dans sa maison de Schaerbeek où il avait établi son atelier.


Afin d’honorer l’artiste louviérois, les autorités de sa ville natale décident de lui consacrer une place particulière dans l’espace public. Une stèle est en effet élevée dans le parc communal Warocqué au lendemain de la Libération. Incrusté sur la partie supérieure de la pierre laissée brute, un médaillon le représente légèrement de profil. Au bord du médaillon, de part et d’autre à droite et à gauche apparaissent les indications traditionnelles « PAUL LEDUC » et « 1876 – 1943 » ; sur la partie inférieure, il est précisé qu’il s’agit d’un « PEINTRE LOUVIEROIS ». On cherche en vain une signature et une date rappelant l’inauguration du monument.

 

Sources

Marcel HUWÉ, Fidèle MENGAL, Fernand LIÉNAUX, Histoire et petite histoire de La Louvière, La Louvière, 1959, p. 472
Arthur DE RUDDER, Paul Leduc, Bruxelles, 1922, coll. Savoir et Beauté
Patrick et Viviane BERKO, Stéphane REY, Paul Leduc 1876-1943, Knokke, coll. Berko, 1990
Paul PIRON, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIXe et XXe siècles, Lasne, 2003, t. II, p. 44
http://www.goens-pourbaix.be/multima-pourbaix/leduc/leduc.htm

Stèle et médaillon Paul Leduc (La Louvière)
Stèle et médaillon Paul Leduc (La Louvière)
© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam

Adresse

Rue Warocqué

Parc communal 

7100 La Louvière

carte

Auteur de la fiche

Paul Delforge
Accueil

École communale François Van Belle

L'école communale François Van Belle porte le nom d’un des plus illustres citoyens de Tilleur. Né en 1881, député et conseiller communal, il fut aussi un grand militant wallon. Présent aux premiers congrès wallons de 1905 et 1912, il promeut le fédéralisme dès 1920.

En 1938, il dépose à la Chambre le premier projet en ce sens, qu’il défend comme président du « Groupe parlementaire wallon ». Durant la Seconde Guerre mondiale, il développe une activité de résistant, luttant contre les nazis et préparant, dans la clandestinité, l’avenir de la Wallonie, contribuant à fonder le Conseil économique wallon.

A la Libération, lors du Congrès national wallon de Liège de 1945, il défend la thèse de l’autonomie de la Wallonie. Particulièrement actif durant la Question royale, il mènera inlassablement son combat pour l’instauration d’un système fédéral donnant à la Wallonie les moyens de répondre à ses propres défis. A cette fin, il déposera encore une proposition de loi en 1952, dont l’esprit sera finalement traduit par la réforme de l’Etat amorcée en 1970. Jusqu’à la fin de sa vie, il n’aura de cesse de plaider pour que les Wallons prennent leur avenir en main.

François Van Belle fut élevé au rang d’Officier du Mérite wallon en 2012.

Adresse

Avenue François Van Belle 65
4420 Saint-Nicolas (Tilleur)

carte
Accueil

Statue Joseph LEBEAU

© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée - Sofam

Statue Joseph Lebeau, réalisée par Guillaume Geefs, 16 août 1869.


Située au cœur d’une place transformée en rond-point, à l’intersection des avenues Godin-Parnajon, Ch et L. Godin, Delchambre et Joseph Lebeau, à Huy, une imposante statue émerge dans le paysage urbain, rendant hommage à « l’un des pères de la Belgique de 1830 », le hutois Joseph Lebeau (1794-1865). Très vite après son décès, les autorités communales ont pris l’initiative d’ériger un monument à la mesure de leur concitoyen disparu. 

Le sculpteur Guillaume Geefs fut chargé du bronze, tandis que le piédestal était dessiné par Vierset-Godin. L’inscription est minimaliste : « A Joseph Lebeau ».


L’inauguration ne tarde guère : le 16 août 1869, à une date qui ne correspond à aucun élément biographique de Lebeau, c’est en grandes pompes que les autorités locales célèbrent l’achèvement du monument. Vêtu d’une longue veste où sont représentées ses principales décorations, Joseph Lebeau se tient debout, la main droite légèrement tendue vers l’avant, tandis que la gauche tient un document qui évoque le texte de la Constitution belge. À l’arrière de sa jambe gauche, un bloc rectangulaire présente les armoiries belges sur ses côtés ; il est recouvert d’un drap. Quant au visage de Lebeau, il présente des traits fermes et décidés.


L’œuvre est due au sculpteur anversois Guillaume Geefs (1805-1883), qui signe sa réalisation par la mention « Gme Geefs/statuaire du roi/Bruxelles » gravée dans le bronze. Formé à l’Académie d’Anvers, le jeune Geefs avait été très rapidement repéré par ses professeurs. Une bourse lui a permis de parfaire sa formation à Paris et, à son retour, il était nommé professeur de sculpture à l’Académie d’Anvers (1833-1840). Membre de la classe des Lettres de l’Académie dès 1845, il la préside de 1858 à 1883. Il était membre de l’Institut de France. Présent dans différents salons, il s’impose avec le modèle de la statue du Général Belliard et le monument funéraire du comte Frédéric de Mérode. 

Le jeune royaume de Belgique venait de trouver l’un de ses sculpteurs capables de figer dans la pierre (ou le bronze) les personnes et les événements les plus illustres du pays. Répondant aux multiples commandes destinées à orner les églises, les places, les édifices, les cimetières ou les salons de toute la Belgique, il livre à Anvers une statue de Rubens (1840) et à Liège, celle de Grétry (1842), avant de réaliser de nombreuses statues de Léopold Ier. C’est donc un artiste renommé qui réalise, pour Huy, la statue en l’honneur de celui qui contribua à la naissance de la Belgique et qui, lui aussi, fut un proche du premier roi des Belges.


Joseph Lebeau avait vingt ans quand fut constitué le Royaume-Uni des Pays-Bas. Jeune universitaire, diplômé en Droit de l’Université de Liège en 1819, il se passionne pour la politique et va être un acteur décisif dans les événements de 1830 et 1831. Député du Congrès national, il est membre de la Commission chargée de rédiger le projet de Constitution pour le nouvel État, étape décisive de la vie de Lebeau que G. Geefs a illustrée. Partisan d’un statut de monarchie constitutionnelle, il est ministre des Affaires étrangères durant la Régence et, tacitement, occupe le poste de chef du gouvernement jusqu’à la prestation de serment du roi Léopold. Ministre à plusieurs reprises, premier gouverneur de la province de Namur (1834-1840), il dirige le tout premier et éphémère gouvernement libéral homogène (1840-1841). Député jusqu’en 1863, il représente tour à tour Huy (1831-1833), Bruxelles (1833-1848) et Huy (1848-1864). En 1857, il est nommé Ministre d’État.


À de multiples reprises, le monument Lebeau a été l’objet de commémorations. Ainsi, par exemple, dans les années soixante, à la fin septembre, les militants wallons de Huy, qu’ils soient de Wallonie libre ou du Rassemblement wallon, s’y donnaient rendez-vous. Autre exemple, en septembre 1994, ce sont les autorités locales qui organisent une manifestation à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Joseph Lebeau. Une plaque est alors apposée sur le piédestal, mentionnant une citation datant de 1819 :

 « Tous les hommes ont la même origine, la même patrie, les mêmes droits.
L’humanité est aussi outragée sur les rives du Tage, du Bosphore, de la Plata, du Sénégal, qu’elle le serait sur les bords de la Meuse et de la Seine, et pour nous, le jour de la victoire doit être celui où le sang des hommes sera partout respecté et leurs droits reconnus et sanctionnés sur les deux hémisphères.
Joseph Lebeau, 1879.

Bicentenaire de la naissance de Joseph Lebeau, inauguré le 27-9-1994 par Madame Anne-Marie Lizin-Vanderspeeten députée-bourgmestre de Huy 


Sybille VALCKE, dans Jacques VAN LENNEP, La sculpture belge au 19e siècle, catalogue, t. 2, Artistes et Œuvres, Bruxelles, CGER, 1990, p. 415-417
A. FRESON, dans Biographie nationale, t. XI, 1890-1891, col. 503-517
Joseph Lebeau Recueil d’articles sur Joseph Lebeau 1794-1865, Huy, 1980
Joseph Lebeau. Commémoration du centième anniversaire de sa mort en 1865. Expositions de documents. Catalogue par R. Thielemans, Conservateur aux Archives générale du royaume, Bruxelles, 1965

Monument Joseph Lebeau
Monument Joseph Lebeau
© Photo Paul Delforge – Diffusion Institut Destrée © Sofam

 

Adresse

Avenue Godin-Parnajon 

4500 Huy

carte

Auteur de la fiche

Paul Delforge
Accueil

Tombeau Ermesinde

© IPW
La chapelle de Clairefontaine © IPW
La chapelle de Clairefontaine
© IPW

Les origines du hameau de Clairefontaine sont indissociables de la fondation par la comtesse de Luxembourg Ermesinde Ire d’une abbaye dans la première moitié du XIIIe siècle dans le but d’en faire une nécropole de famille et de concrétiser la prise de possession territoriale par le comte de Luxembourg du comté d’Arlon. 

Clairefontaine sera ainsi choisie pour devenir la nécropole comtale pendant près d’un siècle. Le monastère s’affilie à l’ordre de Cîteaux en 1258, s’installe dans le creux d’une vallée boisée et se développe au fil des siècles : abbatiale, bâtiments abbatiaux, moulin, scierie, logis d’ouvriers, maison de justice. 

Le tout sera ravagé en 1794 par des soldats français et laissé à l’état de ruines. 

Au XIXe siècle, de nouvelles constructions réutilisant les matériaux de la défunte abbaye s’implantent aux alentours. 

Objet d’importantes campagnes de fouilles archéologiques, l’abbatiale devait se déployer sur près de 20 m de long et 20 m de large. Sa nef centrale abrita jusqu’au XVIIe siècle les tombeaux de la famille comtale, depuis déplacés dans une chapelle construite par les Jésuites d’Arlon. En contrebas, les ruines de l’abbaye résultant des fouilles menées par la Région wallonne, sont visitables. Elles présentent les vestiges de l’abbatiale des XIIIe et XIVe siècles et en particulier de la chapelle Sainte-Marguerite.

Le vitrail moderne représentant la comtesse Ermesinde à Clairefontaine (1877). Photo J.-C. Muller © IAL
Le vitrail moderne représentant la comtesse Ermesinde à Clairefontaine (1877)
Photo J.-C. Muller 
© IAL



Propriétaire du lieu depuis de la fin du XIXe siècle, la communauté des Jésuites d’Arlon décide d’édifier une chapelle néo-romane en 1936 afin de commémorer la présence sous l’Ancien Régime d’une abbaye sur le site. 

Élevé en pierre de Mertzig, calcaire local, selon les plans de l’architecte Charles Arendt, il s’agit d’une petite et élégante construction mono-nef greffée d’absides semi-circulaires. 

La façade est sommée d’un clocheton à courte flèche octogonale. La chapelle est décorée de très beaux vitraux des XIXe et XXe siècles représentant des figures saintes ou historiques. 

Parmi celles-ci se trouvent les représentations de la comtesse Ermesinde, assoupie dans la forêt, de la comtesse de Luxembourg Marguerite de Bar (1200-1275) et de son époux, le comte de Luxembourg Henri V le blond (1216-1281). 

Au centre de la chapelle, au sol, se trouve une grande dalle de marbre noir datée de 1875 et replacée ici après la construction de l’édifice contemporain. 

Elle comporte une longue inscription dédicatoire évoquant la comtesse Ermesinde « Voici les os d’Ermesinde de Luxembourg, comtesse de Namur et de Luxembourg, princesse pieuse et magnanime (…) ». 

Les lieux ont été restaurés conjointement par la Région wallonne et le gouvernement grand-ducal entre 1997 et 2000. À cette occasion, les deux gouvernements ont fait apposer deux plaques, dans les deux langues, de part et d’autre de l’entrée de la chapelle : « Cet endroit est sacré. Ici se trouvent : les vestiges de l’abbaye noble de Notre-Dame de Clairefontaine, les tombes des moniales, le mausolée d’Ermesinde, comtesse de Luxembourg, la source bénite par saint Bernard et la statue de Notre-Dame du Bel-Amour».

Le vitrail contemporain représentant le comte Henri V de Luxembourg dans la chapelle de Clairefontaine (1918) © IPW
Le vitrail contemporain représentant le comte Henri V de Luxembourg dans la chapelle de Clairefontaine (1918)
© IPW


Dans la crypte de l’édifice repose toujours la comtesse Ermesinde. 

Son cénotaphe représente un gisant simple, sculpté dans du bois et peint. 

Il contient un coffret contenant les ossements d’une femme du XIIIe siècle que l’on identifie comme étant ceux de la comtesse. 

Née en juillet 1186, elle est la fille unique d’Henri l’Aveugle, comte de Luxembourg et de Namur et d’Agnès de Gueldre. 

Elle hérite uniquement du Luxembourg à la mort de son père et, de par sa politique habile et ses mariages avisés, parvient à regrouper sous son autorité des territoires disséminés et à mener une première unification luxembourgeoise. 

Mariée une première fois au comte Thibaud de Bar, elle règne avec lui sur le Luxembourg. 

Veuve en 1214, elle se remarie la même année avec Waleran, héritier du duché de Limbourg sur lequel il règne sous le nom de Waleran III. 

Sous son règne, les comtés de La Roche, Durbuy et Arlon sont intégrés au comté de Luxembourg. Décédée en 1247 à l’âge de 61 ans, elle cède sa place à son fils, Henri V le blond.

Le vitrail contemporain représentant la comtesse de Luxembourg Marguerite de Bar dans la chapelle de Clairefontaine (1918) © IPW
Le vitrail contemporain représentant la comtesse de Luxembourg Marguerite de Bar dans la chapelle de Clairefontaine (1918)
© IPW

 




Le monument présent aujourd’hui dans la crypte est l’héritier de plusieurs mausolées ayant abrité la dépouille de la comtesse. 

Du premier, installé dans l’abbatiale après son décès, nous ne possédons aucune information. 

Un second mausolée fut érigé ensuite dans la chapelle Sainte-Marguerite ; détruit en même temps que l’abbaye, nous n’en possédons également aucune description. Les reliques changent à nouveau de place en 1552 et intègrent un troisième monument funéraire. 

Afin de les protéger des vandales, les moniales de Clairefontaine prennent la décision en 1747 de déplacer une fois de plus les restes de leur fondatrice et font réaliser un cénotaphe de marbre représentant Ermesinde en gisant. 

Les reliques ne se trouvent pas dans le monument mais sont placées dans un loculus à 2 m de là. 

C’est à cet endroit que les Jésuites retrouvent en 1875 le coffret contentant les ossements de la comtesse. Les pères décident alors de construire un nouveau monument, analogue au précédent mais cette fois en bois. Il est placé au-dessous d’un vitrail représentant son fils, Henri V de Luxembourg. En 1984, le monument est déplacé de la chapelle vers la crypte.

Adresse

Rue du Cloître

6700 Arlon

carte

Auteur de la fiche

Frédéric MARCHESANI, 2013
Accueil

Théâtre du Trianon à Liège

Bâtiment aujourd’hui disparu, le « Théâtre Trianon Pathé » a été ouvert en 1908. À la fois salle de spectacle et de cinématographe, il prend son appellation définitive dans les années 1920 et il propose des divertissements variés : actualités, opéras bouffes, spectacles patriotiques, théâtre wallon, etc.

1926 à 1930 : trois Congrès

Le théâtre du Trianon a, par deux fois, accueilli un Congrès d’Action wallonne dans l’Entre-deux-Guerres.

Celui organisé les 10 et 11 juillet 1926 vit les congressistes affirmer leur volonté d’autonomie malgré une importante divergence de vue, déjà, entre les partisans du fédéralisme et ceux favorables à une réunion à la France. Dans sa motion finale, le Congrès envisageait une entente avec les fédéralistes flamands, dans le but de créer un mouvement pour le fédéralisme.

Le Congrès des 7 et 8 juillet 1928 rejeta définitivement cette idée d’accord avec les partisans flamands d’une solution fédérale. Alors que la Ligue d’Action wallonne s’essoufflait, le congrès opta à nouveau pour l’autonomie wallonne et ses positions seront celles de la Concentration wallonne, qui lui succédera. Le théâtre du Trianon accueillera aussi la séance matinale du premier Congrès de la Concentration wallonne, le 27 septembre 1930.

Adresse

Bâtiment disparu du boulevard de la Sauvenière
4000 Liège

carte

Auteur de la fiche

Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009
Accueil

Théâtre de l’Eden

© IPW

Réalisé par l’architecte Auguste Cador en 1884-1885, il s’agit du premier théâtre en matériaux durables de Charleroi. Le corps principal, élevé en brique et en calcaire, présente une façade de trois niveaux et cinq travées sous un fronton triangulaire. Ce volume est prolongé vers la rue de France par un bâtiment fort simple, structuré par des pilastres de brique.
Racheté par la province du Hainaut peu avant la Seconde Guerre mondiale, il passe sous la gestion de la Maison de la culture de Charleroi en 1992, devenu Centre culturel de Charleroi, qui procède à sa rénovation en 1996-1997 sous la direction des architectes Pierre et Pablo Lhoas.

Tribune du Congrès national wallon de 1946
© Province de Liège – Musée de la Vie wallonne 

1946, 1953, 1957 : trois fois l’hôte du Congrès national wallon

Après celui de Liège en 1945, le second Congrès national wallon se déroule au « théâtre provincial de Charleroi », les 11 et 12 mai 1946, alors que la ville s’est drapée aux couleurs wallonnes. La commission des griefs, constituée lors du précédent congrès, y présente son rapport et classe les griefs wallons en quatre catégories : griefs administratifs, culturels, économiques et agricoles. Constat est déjà fait que sous ces quatre angles, la Flandre est privilégiée par rapport à la Wallonie. La seconde grande question débattue à Charleroi concerne le fédéralisme. La motion votée à l’issue de ce Congrès se prononce clairement pour un fédéralisme à deux. Une commission, chargée d’y travailler à l’issue du Congrès, aboutira au dépôt (purement symbolique) d’un projet de loi au Parlement le 25 mars 1947, optant pour le confédéralisme : deux États (Wallonie et Flandre) et une région fédérale (Bruxelles). Après quelques années, l’Éden retrouve à nouveau le Congrès national wallon et accueille sa septième session, les 3 et 4 octobre 1953, trois ans après le précédent congrès. Plusieurs sujets sont débattus : les congressistes tracent un projet de frontière linguistique, se prononcent encore et toujours pour le fédéralisme après l’échec du projet parlementaire et appuient l’initiative du manifeste Schreurs-Couvreur.

Après une nouvelle pause de plusieurs années, le huitième Congrès national wallon se retrouve au même endroit, les 25 et 26 mai 1957. La participation est d’emblée bien moins encourageante : bon nombre de congressistes, déçus par l’action des six ministres wallons du gouvernement socialiste-libéral, décident de ne pas se rendre au Congrès. Les membres présents doivent faire face à une crise de confiance chez les militants wallons et, dans sa motion finale, le Congrès ne fait que réaffirmer la volonté d’autonomie de la Wallonie, prônée depuis 1945. La vie du Congrès national touche à sa fin et les militants ne peuvent que se rendre compte de l’importante baisse d’influence de cet organe sur la politique wallonne. Une neuvième et dernière session sera convoquée à Liège en 1959.

Adresse

Boulevard Jacques Bertrand 3
6000 Charleroi

carte

Auteur de la fiche

Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009
Accueil

Souvenir du canal de Mons à Condé

Le développement des voies navigables sous le régime français est très favorable au département de Jemappes, producteur de charbon. Dès les premières années de l’annexion, l’idée d’un canal entre Mons et Condé le long du cours de la Haine germe dans l’esprit des décideurs et des industriels. Le gouvernement français souhaite notamment créer un important réseau de canaux sur le territoire national dont un devrait relier Paris à la Belgique. Le 15 janvier 1801, les Consuls chargent le ministre de l’Intérieur d’étudier le dossier. 

Plusieurs années de réflexion et de changements d’avis retardent pourtant le projet qui refait surface après la publication d’un décret impérial du 3 avril 1806. Le 1er mars 1807, Jacques-François Piou, ingénieur en chef du Corps impérial des ponts et chaussées, propose un nouveau tracé en ligne droite de Mons à Condé. Ce projet est approuvé par décret impérial le 18 septembre 1807 ; les travaux débutent un mois plus tard et durent plusieurs années. 

Au moment de la chute de l’Empire en 1814, le chantier est toujours en cours, majoritairement du côté français. Les travaux sont rapidement achevés du côté belge, grâce à l’intervention de Guillaume d’Orange ; le canal est alors provisoirement relié à la Haine. Plusieurs fois modernisé au cours du XIXe siècle, il change de visage à plusieurs reprises au fil des décennies et rares sont les témoins de sa physionomie à l’époque napoléonienne.

Quelques vestiges d’époque sont visibles du côté de Pommeroeul.

Dans le Hainaut également, un autre projet voit le jour sous le régime français. Un décret des Consuls du 4 mai 1803 ouvre la voie à la création d’un canal entre Charleroi et Bruxelles. Ce projet ne se concrétise toutefois pas sous Napoléon ; les travaux débutent en 1827, sous l’impulsion du régime hollandais.

Adresse

Mons - Pommeroeul - Condé

carte

Auteur de la fiche

Frédéric MARCHESANI, 2014
Accueil

Château des comtes de Hainaut et beffroi

© SPW-Patrimoine
La chapelle Saint-Calixte dans le square du château à Mons © IPW
La chapelle Saint-Calixte dans le square du château à Mons
© IPW


Autour du beffroi se situent aujourd’hui quelques traces de l’ancien complexe castral de Mons. 

Si l’implantation d’un premier château pourrait remonter aux IXe et Xe siècles, notamment suite à la politique d’instauration du pouvoir personnel de la dynastie des Régnier, il faut attendre le règne des Baudouin pour que le château ne prenne une véritable importance stratégique et politique. 

Sous le règne de la comtesse Richilde, dernière des Régnier, la forteresse se développe et se voit pour la première fois pourvue de constructions en pierre. La physionomie du site que nous connaissons toutefois le mieux actuellement est l’œuvre des comtes de Hainaut Baudouin IV et Baudouin V, souverains guerriers et bâtisseurs. 

Le premier dote Mons de sa première enceinte dans le but d’en faire une position avancée pour son château qui devient une véritable place forte. 

À la fin du XIIIe siècle, le comte Jean II d’Avesnes modernise encore les installations, dote les courtines de tours et entreprend l’érection d’une nouvelle enceinte en 1290. 

Le château cesse d’être une résidence comtale après la cession du Hainaut au duc de Bourgogne en 1433. Le site reste toutefois le siège de la cour de Mons et du conseil souverain du comté de Hainaut jusqu’en 1565. Un châtelain, nommé par le nouveau comte, conserve notamment le droit d’y garder des prisonniers. 

De nouveaux bâtiments sont construits sur ceux de l’époque médiévale aux XVIe et XVIIe siècles, la cour revient siéger au château jusqu’en 1718, lorsqu’elle déménage définitivement.

Les armoiries et la devise de Charles Quint sur le beffroi de Binche. Photo G. Focant © SPW-Patrimoine
Les armoiries et la devise de Charles Quint sur le beffroi de Binche
Photo G. Focant 
© SPW-Patrimoine
Les armoiries du comté de Hainaut sur le beffroi de Mons © IPW
Les armoiries du comté de Hainaut sur le beffroi de Mons
© IPW

Le site, démantelé au fil des siècles suivants, a été transformé en parc en 1873. 

Ce « square du château » abrite aujourd’hui les vestiges de l’important complexe castral et conserve la mémoire de la présence sur les lieux des comtes de Hainaut. 

La chapelle Saint-Calixte et la conciergerie en constituent un des principaux témoins. Cette ancienne chapelle castrale abrite les gisants de Guillaume de Gavre et de Gilles de Chin, conseiller de Baudouin IV ; on y retrouve également une collection iconographique et sigillographique des comtes de Hainaut. 

Adossée à la chapelle se trouve la conciergerie édifiée au XVe siècle. Dissimulés par des maisons, quelques vestiges de la première enceinte défensive sont conservés, ainsi que des souterrains datant du règne de Baudouin IV (1120-1171). 

Le jardin du beffroi abrite également la tourelle César, vestige de la première enceinte comtale. Le monument majeur du lieu est sans conteste le beffroi, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. 

Seul beffroi baroque de Wallonie, il a été construit entre 1661 et 1669. Bien que martelés à la Révolution, les blasons du comté de Hainaut et du duc d’Havré ont été réinstallés dès 1793. Plus tard, les blasons de la ville de Mons et du royaume de Belgique vinrent les rejoindre.

Adresse

Rue du Château

7000 Mons

carte

Auteur de la fiche

Frédéric MARCHESANI, 2013
Portail de la Wallonie Service public de Wallonie Parlement wallon Géoportail de la Wallonie IWEPS Wallex Institut Jules Destrée Agence Wallonne du Patrimoine Visit Wallonia Inventaire du Patrimoine Musée de la vie wallonne Bel-Memorial Museozoom Musée du Carnaval et du Masque Fondation wallonne de LLN BiblioWall

Téléphone vert : 1718 (fr) & 1719 (de)

Formulaire de contactIntroduire une plainte au SPW
Mentions légales Vie privée Médiateur Accessibilité