Moulin impérial de Nobressart
© IPW
Faisant partie intégrante de la seigneurie luxembourgeoise de Thiaumont, le ban de Nobressart comprenait également au Moyen Âge les villages de Heinstert, Almeroth et Louchert.
Les droits seigneuriaux appartenaient directement au duc de Luxembourg jusqu’à leur engagement à la comtesse de Reckem en 1646.
En 1652, la seigneurie est acquise par l’abbaye de Clairefontaine avant d’être rachetée une dernière fois par les maîtres de forges de Habay-la-Neuve.
Une trace similaire à celles conservées sur le sol arlonais subsiste dans la localité de Nobressart.
Il s’agit une fois de plus d’un moulin reconstruit en 1776 par l’architecte Nicolas Burton, bien qu’ici remanié au cours des deux siècles suivants.
Entre la seconde et la troisième travée du volume principal, à l’étage, se trouve un cartouche remarquablement conservé et frappé de l’aigle bicéphale, des initiales M et T et du millésime 1776.
La composition est analogue à celle des traces liées à l’impératrice Marie-Thérèse : un blason entouré de l’aigle bicéphale et surmonté de deux couronnes.
Adresse
Quartier du Moulin Impérial 317
6717 Nobressart
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Frédéric MARCHESANI, 2013Moulin Al’Poudre
Cet ancien moulin à huile, mentionné depuis le XVIIe siècle, prend son nom actuel sous l’Empire, après avoir servi de magasin à munitions pour les armées françaises. Situé au bord de l’Orne, il s’agit d’une ferme-moulin typiquement brabançonne. In fine, il remplit les fonctions de magasin à fourrage en 1815, peu avant les batailles de Ligny et de Waterloo.
Le moulin fonctionne jusqu’en 1963 et abrite aujourd’hui un centre de mariages et de réceptions.
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Frédéric MARCHESANI, 2014Girouette du moulin de Lacuisine
© IPW
Fondé selon toute vraisemblance au début du XIVe siècle, le village de Lacuisine est affranchi en 1304 par le comte Arnould IV de Chiny.
Le village conserve lui aussi un moulin, construit dans le premier tiers du XVIIIe siècle. L’édifice est cette fois caractérisé par la présence d’une girouette représentant l’aigle bicéphale des Habsbourgs d’Autriche installée le 21 novembre 1770.
La pose de cet élément au sommet de la toiture correspond en effet à l’achat de girouettes pour les usines de l’impératrice d’Autriche et place Lacuisine parmi les douze bâtiments qui obtiennent à l’époque le statut particulier « d’usine domaniale », privilège accordé par l’impératrice aux exploitants d’usines de ce type.
Le bâtiment était en effet un moulin-scierie fonctionnant avec une roue à aubes et constitue aujourd’hui un témoin privilégié de cette volonté de Marie-Thérèse d’imprimer sa marque sur les bâtiments industriels de ses territoires.
Les divers exemples luxembourgeois de panneaux armoriés peuvent également être reliés à ce genre d’entreprise.
Adresse
Rue des Iles 56
6821 Florenville
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Frédéric MARCHESANI, 2013Monument Guillaume von SCHWERIN
© D. Timmermans
Un monument rend hommage au comte Guillaume von Schwerin, colonel à la tête de la 1re brigade de la réserve de cavalerie du 4e corps d’armée de von Bülow. Il est tué dans les premiers combats qui opposent les Prussiens à la Garde impériale après la bataille de Waterloo. Mortellement blessé à 15h30 le 18 juin, il est enterré à la hâte non loin du monument actuel avant d’être inhumé plus dignement en 1818. La comtesse Sophie Daenhoff fait alors ériger le monument commémoratif et enterrer les restes du colonel en dessous de celui-ci. Elle offre également deux cloches à l’église de Lasne.
Le monument, en calcaire, se présente sous la forme d’une colonne de 5 mètres de hauteur posée sur une base octogonale, elle-même reposant sur un socle cubique. Une plaque en bronze y est apposée et porte des inscriptions en allemand : « Whilhelm Graf v[on] Schwerin, koenigl[isch] Preus Obrist und Ritter gefallen am Siege al 18 [J]un[i] 1815 [i]n der Fremde für die Heimath » (« Guillaume, comte de Schwerin, officier royal et supérieur et chevalier, tombé à la bataille le 18 juin 1815, à l’étranger, pour son pays »).
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument Tchantchès à Liège
© SPW - G. Focant

© SPW G. Focant
Née pour la première fois en 1914, l’idée d’élever un monument à Tchantchès est lancée par la société Le Vieux-Liège en 1922. Le monument, devant représenter le héros des pièces de marionnettes liégeoises et le véritable ardent liégeois personnifié, est érigé en 1936 dans le quartier populaire d’Outremeuse et réalisé par le statuaire Joseph Zomers.
Inauguré le 27 septembre, dans le cadre des Fêtes de Wallonie, en présence du bourgmestre Xavier Neujean et de militants wallons parmi lesquels Georges Truffaut, il représente une hiercheuse brandissant la marionnette de Tchantchès. Réalisée en bronze, cette statue repose sur un imposant piédestal composé d’une fontaine et de petites vasques conçues par l’architecte Bernimolin. À l’arrière, un coq est figuré sur la plaque permettant d’accéder au mécanisme de la fontaine.
Monument témoin du folklore et de l’esprit wallon, il deviendra un lieu d’hommage du Mouvement wallon en 1959.
Adresse
Rue Pont Saint-Nicolas
4000 Liège
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument Pierre VAN DAMME
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Situé en bordure d’une pelouse entre les Terrasses et le pont Albert Ier à Liège, ce monument rend hommage au musicien wallon Pierre Van Damme (1867-1947), qui mit en musique bon nombre de textes d’auteurs wallons, dont le célèbre Li p’tit banc d’Émile Wiket.
Composé d’un imposant bloc de pierre, il comportait auparavant un médaillon représentant Van Damme. Il a aujourd’hui disparu comme l’atteste l’important espace vide. Une phrase rappelle la place qu’avait la Wallonie dans l’œuvre de l’artiste : « À Pierre Van Damme qui transcrivit en pages musicales l’âme et les paysages de la Wallonie ».
Adresse
Boulevard Saucy 14
4000 Liège
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument KLEBER
© SPW - J. Massaux
Au hameau de Labuissière se trouve une stèle en hommage à Jean-Baptiste Kléber, général français qui s’est illustré pendant les guerres de la Révolution et pendant la campagne d’Égypte. Il fut assassiné au Caire le 14 juin 1800.
Sur le monument se trouve l’inscription suivante, témoin de combats menés à cet endroit le 23 mai 1794 : « Le 4 prairial, le général J.-B. Kléber, dans ce village lut à ses troupes une proclamation restée célèbre. Il y battit les coalisés de l’excellent stratège autrichien le prince de Kaunitz. Monument offert à la commune par la confrérie Ovi Merbienne, a été inauguré le 19 mars 1977 par le consul de France M. Ch. Dianous de la Perrotine (…) ».
Adresse
Hameau de Labuissière
6567 Merbes-le-Château
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Frédéric MARCHESANI, 2014Plaque Joseph DURBUY
© IPW
Situé sur la façade de sa maison natale, ce monument rend hommage à l’écrivain wallon Joseph Durbuy (1882-1963), mentionné dans L’Encyclopédie du Mouvement wallon.
Agronome et marchand de bestiaux, il débuta une carrière littéraire en 1902, collaborant alors avec les journaux wallons Li p’tit Lidjwés et Li Clabot. Il deviendra rapidement le chantre de la Hesbaye. Son recueil de poésies Copales et Djavès recevra le prix de la Société de Langue et Littérature wallonne. Sa production théâtrale sera également récompensée à plusieurs reprises et fut l’objet de milliers de représentations.
La plaque commémorative, installée par ses concitoyens et inaugurée le 9 août 1945, présente un bas-relief figurant un paysan hesbignon et son chien dans un décor champêtre, en parfaite adéquation avec les thèmes de prédilection de Joseph Durbuy. On peut y lire « Ici est né le 27 août 1882 Joseph Durbuy, écrivain wallon, prix de littérature de la Province de Liège en 1942 ».
Adresse
Rue de Borset
4530 Villers-le-Bouillet
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument Hubert GOFFIN
© IPW

Un monument situé sur la place Nicolaï à Ans témoigne de la vie des mineurs dans la région liégeoise au début du XIXe siècle. Sous l’Empire, 600 houillères occupent près de 70.000 ouvriers dans les départements de l’Ourthe, de la Meuse inférieure, de
Sambre-et-Meuse et de Jemappes. Les mines wallonnes assurent l’approvisionnement de 30 % du marché français grâce à l’utilisation d’innovations techniques et à l’introduction, chez nous, de la législation minière française entre 1791 et 1810. Cette belle réussite a toutefois ses revers ; les ouvriers travaillent dans des conditions dangereuses et sans véritables mesures de sécurité. Pendant la période napoléonienne, plus de 97 accidents miniers surviennent dans la région liégeoise. On dénombre 27 morts dans la fosse de Marihaye en 1802 ; 18 personnes décèdent suite à un coup de grisou à Sclessin en 1805 ; 9 morts dans la mine du Vieux Horloz à Saint-Nicolas le 11 novembre 1806 ; 67 mineurs périssent asphyxiés dans la même houillère le 10 janvier 1812 ; 25 suite à une rupture de câble en 1812 dans la fosse du Hardy à Ans. Voilà ici quelques exemples, parmi d’autres, de catastrophes minières sous l’Empire. Parmi celles-ci, une retient particulièrement l’attention et reste de nos jours très présente dans l’historiographie.
Hubert Goffin descend d’une famille de mineurs qui exploitent la houille en région liégeoise depuis la fin du XVIe siècle. Né en 1771, il devient, sous le régime français, maître mineur à la mine du Beaujonc, sur le territoire d’Ans. Le 28 février 1812, Hubert Goffin et son fils Mathieu travaillent dans la mine lorsque survient un accident. Une digue rompue en surface provoque l’inondation de la bure : 30.000 m³ d’eau dévalent dans le fond du puits et emprisonnent 127 mineurs dans un espace réduit pendant cinq jours. Goffin et son fils organisent les secours, refusent de quitter leurs compagnons et aident les mineurs à évacuer la mine dans un panier avant que l’eau ne les empêche de sortir. Le 4 mars 1812, les sauveteurs parviennent jusqu’à eux et ramènent les ouvriers à la surface. Goffin et son fils remontent les derniers.
Les événements de la mine du Beaujonc et la personnalité courageuse de Goffin plaisent particulièrement à l’Empereur qui décide de récompenser le courage du contremaître en lui décernant la Croix de chevalier de la Légion d’honneur dès le 12 mars 1812. Hubert Goffin se voit également octroyer une pension à vie de 600 francs. Et l’on permet à Mathieu d’entamer des études aux frais de l’État au lycée impérial de Liège. Hubert Goffin est le seul et unique ouvrier à recevoir la prestigieuse récompense sous le premier Empire ! Le courage des Goffin inspire également les artistes : un tableau représentant la remise de la Légion d’honneur par le préfet de l’Ourthe Micoud d’Umons est conservé à l’hôtel de ville de Liège. La peinture, réalisée par le peintre J. C. Bordier du Bignon, est exaltante, pleine d’emphase et témoigne bien du cérémonial napoléonien.

© Bruxelles, KIK-IRPA
Le préfet du département de l’Ourthe, conscient des nombreux accidents et des conditions de travail des mineurs, pousse la réflexion plus loin. Dès 1811, il avait fait part de ses inquiétudes à Paris, sans succès. Suite à la catastrophe de la mine du Beaujonc, Micoud d’Umons présente le 2 juillet 1812 un projet de caisse permanente de secours. Napoléon signe le décret le 26 mai 1813 et ouvre la voie à une (maigre) amélioration du sort des ouvriers. La première réunion du conseil d’administration de la « Caisse de prévoyance en faveur des ouvriers houilleurs du département de l’Ourthe » se déroule à l’hôtel de ville de Liège le 15 juillet 1813. Cette caisse fonctionne normalement jusqu’à la chute de Napoléon et la désorganisation des d’Orange ne manifeste par la suite aucun intérêt pour la question… Quant à Hubert Goffin, appelé pour sa compétence dans la houillère du bois de Saint-Gilles à Sclessin, il périt dans un incendie de la galerie le 8 juillet 1821.
Un siècle après les événements, la commune d’Ans a souhaité commémorer le souvenir du héros du pays et lui a élevé un monument sur la place communale. Œuvre du grand sculpteur liégeois Oscar Berchmans et inaugurée en 1912, elle représente Hubert Goffin prenant son fils sous le bras. Tous deux portent leurs habits de mineurs et regardent vers le ciel. Sur le haut socle figurent les noms des deux mineurs et les dates « 1812-1912 ». À l’arrière, une plaque est gravée des noms des mineurs originaires de la localité ayant péri dans la catastrophe. Une nouvelle plaque, installée le 4 mars 2012 à l’occasion du bicentenaire de la catastrophe, a été placée à l’avant du monument en présence des autorités provinciales et communales et du consul général de France à Bruxelles.
Adresse
Place Nicolaï
4430 Ans
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument de la famille de ROISIN
© Bruxelles, KIK-IRPA
Dans l’église Saint-Martin, reconstruite en 1923, a été replacé un obélisque en mémoire de la famille de Roisin. Parmi les membres de cette famille, François fut sous-lieutenant de cuirassiers pendant les campagnes napoléoniennes comme l’indique son épitaphe : « À la mémoire de Baudry F. baron de Roisin, officier au 4e cuirassiers au service de la France, tombé au champ d’honneur le 21 octobre 1812 près de Polotsk en Russie ».
Il s’agit ici d’un cénotaphe, le corps du malheureux n’ayant jamais été rapatrié de Russie. Au-dessus de son épitaphe se trouvent les armoiries de la famille de Roisin, sculptées dans du marbre blanc. L’autre face du monument est ornée d’une cuirasse et d’un casque. Le cénotaphe rend également hommage à Baudry L. N., baron de Roisin, seigneur de Rongy, membre de l’ordre équestre du comté de Hainaut, décédé en 1760 ainsi qu’à une baronne de Roisin, ancienne chanoinesse du chapitre de Maubeuge décédée en 1832.
Adresse
Église Saint-Martin
Rue de l'Eglise
7623 Rongy