Monument CLESSE
© Bruxelles, KIK-IRPA
La pierre tombale d’un autre prêtre réfractaire se trouve aujourd’hui encastrée dans un mur de l’église Saint-Nicolas.
La dalle funéraire a été sculptée dans l’ardoise en 1841. Elle se présente sous la forme d’un haut bloc d’ardoise surmonté d’un fronton triangulaire sur lequel est sculptée une croix. Le bloc est, pour sa part, décoré d’un calice et d’une hostie, et gravée de l’épitaphe du défunt : « Ici repose le corps de […] Clesse, curé de Rossignol. Né à Tintigny le 4 juin 1763, ordonné prêtre à Trèves le 10 7bre 1789. Il fut confesseur de la foi en refusant de prêter le serment exigé par la loi du 10 fructidor en V [sic]. Condamné à l’exil perpétuel, il fut déporté à l’ile de Rhé [sic]. Rendu à la liberté en 1800, il revint dans son pays où il exerça dignement le S[ain]t ministère et mourut à Rossignol le 10 juillet 1841. Pleuré comme un père par ses paroissiens qu’il aimait comme ses enfants. R.I.P. ».
Adresse
Église Saint-Nicolas
6730 Rossignol (Tintigny)
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument aux morts français de 14-18 d'Arlon
© IPW
C’est à l’initiative de la Jeunesse arlonaise, club de football créé au lendemain de la Première Guerre mondiale, qu’est érigé un monument à la mémoire des soldats français morts durant le conflit. L’architecte Lamy et le sculpteur arlonais Jean-Marie Gaspar sont sollicités et dessinent un coq gaulois perché sur une colonne de pierre. Le symbole est double : le coq symbolise la France, mais le monument rappelle nettement celui qui avait été élevé, peu avant le conflit à Jemappes, à l’initiative du Mouvement wallon ; le coq était l’œuvre de Gaspar également, mais il avait été dynamité par les Allemands en 1914. À la différence du coq de Jemappes, qui commémorait une victoire de la Révolution, le coq d’Arlon a la gorge tendue dans une attitude de défi, prêt à pousser un cri de triomphe à l’égard de l’ennemi et il est perché sur un casque allemand.
Fondu à Schaerbeek, il est terminé en juillet 1919. La ville d’Arlon, parée des couleurs belges et françaises, inaugure en grande pompe son nouveau monument le 17 août 1919, en présence du général de Castelnau, adjoint du maréchal Joffre.
Il s’agit d’un des premiers monuments élevés en Belgique à la mémoire des morts de la Grande Guerre. Sur sa base sont inscrits les mots suivants : « À nos amis de France 1914-1918 ». Le carré des soldats français tombés à Arlon entoure le monument, à côté duquel flotte un drapeau français.
Le coq actuel est une réplique de l’original, due au sculpteur Demanet, installée en septembre 1956 à la place de l’œuvre de Gaspar qui avait connu, en 1940-1945, le même sort que le coq de Jemappes en 1914-1918, en terminant dans les fonderies du Reich.
Adresse
Cimetière d'Arlon
Rue de Diekirch 234
6700 Arlon
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument aux morts d'Houdeng-Goegnies
© IPW
Inauguré le 21 octobre 1923, ce monument réalisé par le maître carrier Rombaux-Gaudier comporte, à son sommet, la statue d’un coq, la majorité politique socialiste entendant bien par là rendre hommage à ses valeurs francophiles et républicaines.
La société des charbonnages du Bois-du-Luc (un des principaux souscripteurs du monument) s’émut de cette signification politique et obtint des autorités communales qu’elles fassent graver sous la statue « Le Coq gaulois salue la Belgique et la France ».
Adresse
Grand-Place
7110 Houdeng-Gœgnies
(La Louvière)
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument aux morts de Wavre
© IPW

© IPW
Comme dans d’autres villes wallonnes, les Fêtes de septembre sont l’occasion d’organiser un cortège vers le monument aux morts. Au départ, un monument aux morts de la Première Guerre mondiale avait été édifié devant le cimetière de la ville. En 1946, plusieurs associations patriotiques, ainsi que des représentants du Mouvement wallon ont décidé de réunir, en un monument unique, l’hommage aux morts wavriens de la révolution de 1830 et des deux guerres mondiales.
Conçu par l’architecte Navez et inauguré en juillet 1951, il se présente sous la forme d’une colonnade semi-circulaire devant laquelle se trouve une urne destinée à accueillir une flamme et sur le socle de laquelle sont gravées les dates des conflits. À l’avant, la mention « À nos martyrs » se trouve juste derrière un parterre de fleurs qui, à l’origine, était une pièce d’eau.
Un peu en retrait de ce monument, une arcade conserve la cloche Donglebert, cloche wavrienne fondue en 1696 qui n’avait pas été réquisitionnée par les Allemands en 1943. Rachetée en 1954 par l’abbé Pensis, elle fut offerte au comité des Fêtes de Wallonie qui l’installa dans le parc Houbotte et décida de surmonter le monument d’un coq wallon. Volé il y a plusieurs années, ce coq n’a jamais été remplacé.
Adresse
Parc Houbotte
1300 Wavre
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument aux morts de Tilff
© IPW
Installé au centre de la place du Souvenir, devant la maison communale de Tilff, le monument était à l’origine adossé à cette dernière et dédié aux seuls morts de la Première Guerre mondiale. Inauguré le 11 novembre 1919, il se présentait comme une stèle portant, comme partout, les noms des victimes.
C’est à l’occasion du centième anniversaire de l’indépendance qu’un coq en bronze, réalisé par le sculpteur Adelin Salle, fut installé au sommet de la stèle le 5 octobre 1930 et que celle-ci fut placée au centre de la place, rebaptisée place du Souvenir.
Le coq d’Adelin Salle fut dérobé en 1999 et remplacé par un petit coq provisoire. Le 27 septembre 2006, un nouveau coq en pierre, dû au sculpteur Jacky Jansen, fut placé au sommet du monument. Il est significatif que cette nouvelle inauguration ait eu lieu lors des fêtes de septembre, tout comme il faut relever derrière le monument, sous un arbre du parc, une stèle de la liberté portant une phrase en wallon, A Tif èl Walonerèye crèch è riglatih li lîbèrté : À Tilff, en Wallonie, grandit et brille la liberté.
Adresse
Place du Souvenir
4130 Esneux
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument aux morts de Nivelles
© SPW - G. Focant
La colonne aux volontaires de 1830, inaugurée le 16 décembre 1834, est l’œuvre du marbrier nivellois Joseph Lanneau. Installée à proximité de la collégiale, elle sera déplacée au cimetière Saint-Pierre en 1848, avant d’être ramenée à son endroit initial en 1905 et transférée définitivement sur l’esplanade du Souvenir en septembre 1984.
Le monument aux morts de la Première Guerre mondiale, lui, se situait autrefois dans un couloir de l’hôtel de ville et fut détruit avec celui-ci par les importants bombardements de mai 1940.
C’est à l’initiative du bourgmestre Jules Bary qu’un monument aux morts des Deux Guerres vit le jour. Il fut installé sur la nouvelle esplanade du Souvenir en septembre 1964, à l’occasion du vingtième anniversaire de la libération.
À partir de septembre 1944, la section locale de Wallonie libre organisa, chaque année, une cérémonie devant le monument de 1830. Modifié et déplacé entre-temps, l’hommage rendu par Wallonie libre se poursuivit. Une gerbe de fleurs aux couleurs françaises sera encore déposée à ses pieds en septembre 1997.
D’autres commémorations se dérouleront devant le monument aux morts des Deux Guerres, installé à proximité de celui de 1830, en 1964.
Adresse
Esplanade du Souvenir
1400 Nivelles
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument aux morts de Dolhain
© SPW - Guy Focant
Inauguré le 4 août 1920 sur la place principale de Dolhain, ce monument aux morts a été conçu par l’architecte Charles Vivroux. Il se caractérise, comme la médaille de Verviers et les monuments de Jemappes, d’Arlon, d’Houdeng-Goegnies et de Tilff (Esneux), par un coq dont la signification, à la fois wallonne et francophile, était indéniable en ces temps d’exaltation nationale belge. Mais, de surcroît, tout comme à Arlon, ce coq est dressé sur un casque allemand !
Comme ce fut le cas pour le monument de Jemappes en 1914 et pour le monument aux morts d’Arlon en 1940, il fut détruit par les Allemands au cours de la Seconde Guerre mondiale : on perdit alors définitivement la trace de la sculpture.
En 1946/47, un coq en bois est installé au sommet de la colonne pour remplacer provisoirement l’emblème disparu. Il fait place, en novembre 1957, à un coq en béton. Le coq, toujours présent actuellement, en bronze, réplique de l’œuvre originale, a été inauguré le 11 novembre 1959.
Adresse
Place Léon d'Andrimont
4830 Limbourg
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument aux Belges tombés au cours de la bataille de Waterloo
© SPW - G. Focant
Un monument rendant hommage aux Belges morts pendant la bataille de Waterloo devait être érigé pour le centenaire de l’événement en 1915. Un comité est créé pour ce faire en 1911 et regroupe notamment de hauts gradés de l’armée belge.
Installé au carrefour de la chaussée de Charleroi et du chemin de la Croix, il devait être inauguré le 13 septembre 1914. Mais l’invasion de la Belgique le 4 août par l’armée allemande annula l’initiative.
Érigé grâce à une souscription publique, le monument est l’œuvre de l’architecte Callewaerts ; il se présente sous la forme d’une imposante stèle de pierre bleue décorée d’un drapeau en bronze déchiré par la mitraille et surmontant un trophée d’armes (canon, glaive, sabre, lances, tambour) timbré d’un écusson au lion belge entouré de lauriers. Il porte une inscription en français et en néerlandais, la même que celle présente sur le monument aux Belges de la bataille des Quatre-Bras à Baisy-Thy : « Aux Belges morts le XVIII juin MDCCCXV en combattant pour la défense du drapeau et l’honneur des armes ».
À Waterloo comme aux Quatre-Bras, ces monuments rendent hommages aux « Belges » ayant pris part aux batailles. Il s’agit ici d’un hommage de l’État belge, dans son travail de devoir de mémoire au XXe siècle ; il fait bien entendu références aux hommes vivant sur le territoire de ce qui, en 1815, n’était pas encore la Belgique mais bien les provinces du Sud du royaume des Pays-Bas. À Waterloo, on estime à 1 200 le nombre de Belges morts pendant la bataille.
Adresse
Carrefour chaussée de Charleroi /rue de la Croix
1410 Waterloo
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument aux Belges à Baisy-Thy
© D. Timmermans
À 400 mètres du carrefour des Quatre-Bras se trouve un monument en hommage aux Belges ayant pris part à la bataille des Quatre-Bras du 16 juin 1815, prélude à la célèbre bataille de Waterloo.
Il s’agit de commémorer les soldats « belges » ayant rejoint les troupes alliées au début de l’année ; certains servaient autrefois dans l’armée française et se retrouvaient dès lors face à d’anciens camarades sur les champs de bataille.
Inauguré en 1826, le monument en forme de stèle comporte, sur la frise, la date « 1815 – 16 juin » et, en dessous, l’inscription suivante : « À la mémoire des Belges tués à la bataille des Quatre-Bras pour la défense du drapeau et l’honneur des armes ».
Sur les deux côtés se trouvent des inscriptions en néerlandais : « Ter nagedachtenis der Belgen te Quatre-Bras voor de verdediging van het vaandel en de eer der wapens gesneuveld » et « Zij streden als leeuwen tegen troepen sterker in getal » (la première est la traduction de l’inscription française. La seconde signifie « Ils se sont battus comme des lions contre des troupes plus fortes en nombre ».)
Le 16 juin 1815, au moment où une partie de l’armée française se bat à Ligny, le carrefour des Quatre-Bras à Baisy-Thy est le théâtre de combats violents opposant les troupes alliées du prince d’Orange et du duc de Wellington à celles du maréchal Ney. Le but des Français est alors de marcher sur Bruxelles. Ici, l’issue des combats peut être considérée comme un « match nul », les deux camps s’étant neutralisés sans pour autant parvenir à prendre l’avantage. Le lendemain, toutefois, Wellington entame un retrait stratégique vers le nord où se déroulera l’ultime bataille du 18 juin 1815. La bataille des Quatre-Bras est extrêmement meurtrière ; chacun des adversaires perd environ 5 000 hommes, morts ou blessés.
Adresse
Route de Houtain
1470 Baisy-Thy
Classement
Classé comme monument le 19 juillet 1984
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument aux armées françaises à Charleroi
© D. Timmermans
Sur l’esplanade de la gare de Charleroi-Sud se trouve un monument en hommage aux armées françaises.
Érigé par l’association franco-européenne de Waterloo, en collaboration avec les autorités françaises et la Ville de Charleroi, il a été inauguré le 19 septembre 1997.
Il représente un tambour posé sur un socle de quatre niveaux sur lesquels se trouvent diverses inscriptions faisant référence à la présence des armées françaises dans la région : « Jemappes 1792 – Fleurus 1794 – Ville de Charleroi / Ligny 1815 – Waterloo 1815 – Ministère français des anciens combattants / Louvain 1831 – Anvers 1832 – Fondation Napoléon et tant d’autres donateurs / Charleroi 1914 – Gembloux 1940 – Association franco-européenne de Waterloo ».
Adresse
Square des Martyrs du 18 août
6000 Charleroi