Château et ferme de Goumont ou de Hougoumont
© Bruxelles, KIK-IRPA
Déjà signalé en 1474, le domaine de Goumont change plusieurs fois de propriétaires au fil des siècles. La ferme actuelle date en grande partie du XVIIe siècle bien que les ailes nord et est aient été incendiées lors des combats de juin 1815. L’ensemble se situe autour d’une cour oblongue délimitée par un mur de clôture auquel s’adossent des vestiges du château et de la chapelle castrale, préservés à la demande du comte de Robiano au XIXe siècle. L’habitation, de type traditionnel, a été élevée en brique et grès aux XVIe et XVIIe siècles sur deux niveaux de six travées englobant le portail et un second passage, à l’ouest. Dans le prolongement se trouvent les dépendances et les communs, ainsi qu’une grange en long percée d’un portail cintré.
La ferme est un des lieux stratégiques de la bataille de Waterloo. Dès le 17 juin, les troupes anglaises se retranchent dans la cour ; un bataillon du régiment de Nassau et deux compagnies hanovriennes défendent le bois tout proche. Le 18 juin, elle est attaquée vers 11h30 par les troupes françaises menées par le prince Jérôme Bonaparte, frère de l’Empereur. Le combat dure huit heures, le verger et le jardin de la ferme changent sept fois de main. Toutefois, les Français ne parviennent jamais à pénétrer à l’intérieur des bâtiments. Wellington dit d’ailleurs que « le tournant de la bataille se joua lorsque se fermèrent les portes de Hougoumont ». Dans l’après-midi, un obus incendie la principale grange et le feu se propage ; plusieurs centaines de blessés périssent dans les flammes. Plus de 6 000 hommes sont mis hors de combat à Hougoumont. Au soir du 18 juin, 300 Anglais et 800 Français sont enterrés à la hâte devant la porte de la ferme.
Aujourd’hui, plusieurs plaques et monuments commémoratifs ont pris place au niveau de la ferme d’Hougoumont :
- à côté de la porte nord se trouve une plaque en hommage au 3e régiment de Footguards ou Scots Guards. On y retrouve l’emblème et la devise de l’Écosse : un chardon et l’inscription « Nemo me impune lacessit » (personne ne me provoque impunément) ;
- sur le mur extérieur de la chapelle a été apposée une plaque le 10 avril 1907 à l’initiative de la brigade des Guards. Ellecommémore la présence de trois régiments des Footguards et de trois régiments de cavalerie britannique le 18 juin 1815. Elle porte une triple inscription, en français, anglais et allemand : « On est prié de respecter cette chapelle, où pendant la mémorable journée du 18 juin 1815 tant de vaillants défenseurs d’Hougoumont ont rendu leur dernier soupir ». Cette plaque, autrefois située dans un bâtiment aujourd’hui détruit, est actuellement stockée dans la chapelle ;

- sur le mur de la chapelle également, une seconde plaque a été installée en mémoire aux First regiment of Footguards, plus connu sous le nom de Grenadier Guards : « In memory of the officers and men of the light companies of the 2nd and 3rd batalions who died defending Hougoumont, 18th June 1815. This tablet was erected in 1977 by their successors of the first of grenadier guards » (en mémoire des officiers et des hommes des second et troisième bataillons qui moururent en défendant Hougoumont le 18 juin 1815. Cette plaque a été apposée en 1977 par leurs successeurs du 1st grenadier guards) ;

- sur le mur de la grange se trouve une plaque commémorative du Royal waggon train : « In memory of the officers and men of the royal waggon train who took part in the defense of Hougoumont18th June 1815. This tablet was erected in 1979 by the Royal Corps of Transport, the successors of the Royal Waggon Train » (en mémoire des officiers et des hommes du Royal waggon train qui prirent part à la défense d’Hougoumont le 18 juin 1815. Cette plaque a été apposée en 1979 par le Royal Corps of Transport, successeur du Royal waggon train) ;

- une pierre blanche a été encastrée dans le mur du verger en 1889 pour marquer l’endroit de la mort du capitaine Craufurd du 3e régiment des Guards : « In memory of Captain Thomas Craufurd of the 3rd Guards, eldest son of the baronet of Kilbernie, killed in the extreme south west of this wall. This stone was placed by his kinsman, Sir William Fraser of Morar, Baronnet, 1889 » (en mémoire du capitaine Thomas Craufurd du 3e Guards, fils aîné du baron de Kilbernie, tué à l’extrémité sud-ouest de ce mur. Cette pierre a été placée par son parent, Sir William Fraser de Morar, Baron, 1889) ;
- un monument a été érigé dans le verger en 1912 à l’initiative de la société d’études historiques et de l’asbl « Les amis de Waterloo » en hommage aux soldats français. Il s’agit d’une stèle de granit ornée d’un aigle napoléonien et d’une couronne de laurier encastrant une croix de la Légion d’honneur. On y trouve l’inscription suivante : « Aux soldats français morts à Hougoumont, 18 juin 1815 » et une citation de l’empereur : « La terre paraissait orgueilleuse de porter tant de braves » ;
- une double plaque commémorative en pierre rappelant l’action des Coldstream Guards a été placée en 1945 sur le mur à droite de la porte sud par le colonel Strathden. La première pierre est décorée de l’écusson de ce régiment d’infanterie britannique. On y trouve, au centre, le drapeau anglais, entouré d’une ceinture militaire sur laquelle s’inscrit la devise « honni soit qui mal y pense », le tout entouré d’une étoile à multiples branches. Une seconde pierre comporte l’inscription bilingue suivante : « In memory of the officers and men of the 2nd battalion Coldstream Guards who, while defending Hougoumont farm, successfully held this south gate from successive attacks throughout 18th June 1815 / À la mémoire des officiers et soldats du 2e bataillon des Coldstream Guards qui ont participé à la défense de Hougoumont et ont résisté à toutes les attaques dirigées contre la porte sud le 18 juin 1815 » ;

- Le 6 juin 1987, une plaque « À la mémoire du général Bauduin, tombé devant ces murs le 18 juin 1815 » a été inaugurée par l’association pour la conservation des monuments napoléoniens.

À côté de ces nombreuses plaques commémoratives, la ferme de Hougoumont abrite également plusieurs sépultures. Dans le verger se trouvent deux pierres tombales d’officiers anglais : celle du capitaine John Lucie Blackman, du régiment des Guards, mort à 21 ans, et celle du sergent-major Edward Cotton, installé à Waterloo après la bataille. Selon ses vœux, il fut inhumé à cet endroit en 1849 après avoir été le premier guide touristique du champ de bataille. Aujourd’hui, seules subsistent les pierres tombales ; les corps ont été exhumés en 1890 et placés dans le mémorial britannique du cimetière d’Evere.
Adresse
Chemin du Goumont
1420 Braine-l'Alleud
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Frédéric MARCHESANI, 2014Château des Vieux Fourneaux
© KIK-IRPA, Bruxelles

Photo de 1943
© KIK-IRPA, Bruxelles
Cité pour la première fois en 895, le village de Hamoir et son château constituaient un fief relevant de la Cour féodale de Stavelot. Situé dans le comté de Logne, ce fief était géré par une mayeurie d’officiers héréditaires. Le château du Fourneau ou château des Vieux Fourneaux conserve lui aussi une trace matérielle rappelant son appartenance stavelotaine d’Ancien Régime. Ces fourneaux, cités depuis 1425, connurent une grande prospérité au XVIIe siècle, avant d’être délaissés. À la fin de ce siècle, les lieux devinrent propriété de l’abbaye de Malmedy avant d’être rapidement revendus en 1698. Ils sont le lieu de réunion de l’assemblée des officiers et gentilshommes du comté de Logne dès le début du XVIIIe siècle. Le fourneau subsiste jusqu’en 1805 ainsi qu’une forge jusque 1820. Le bâtiment actuel est divisé en deux parties, chacune flanquée de tours circulaires.
Dans le château, une taque de foyer aux armes de la principauté de Stavelot-Malmedy date de l’année de la vente du domaine à celle-ci. Elle figure en son centre le blason au dragon, emblème de Malmedy, entouré des attributs abbatiaux : la mitre, la crosse et l’épée. Autour de la composition se trouve l’inscription gravée « INSIGNIA ABBATIA IMPERIALIS MALMONDANENSIS ». Le millésime 1698 est lui aussi présent. Plus curieux, le bâtiment conserve une autre taque de cheminée, cette fois aux armes de Charles Quint. Datée du XVIe siècle sans plus de précision, elle comporte les emblèmes impériaux traditionnels (aigle bicéphale, couronne, armoiries de Charles Quint) ainsi que la devise du roi d’Espagne « PLUS OULTRE ». Hamoir se trouvait pourtant sur le territoire du comté de Logne, faisant partie intégrante de la principauté de Stavelot-Malmedy.
Adresse
Rue de Tohogne 14
4180 Hamoir
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Frédéric MARCHESANI, 2013Château des comtes de Namur et site de la citadelle
© G. Focant - SPW Patrimoine

© G. Focant SPW Patrimoine
La place forte de Namur est incontestablement caractérisée par le site de la citadelle, occupé depuis la Préhistoire. C’est sur ce site stratégique que la résidence des comtes de Namur est construite à partir du XIIe siècle. Le château comtal occupe alors la zone la plus basse de l’éperon et s’étage en terrasses recoupées par un fossé en son point culminant. La collégiale Saint-Pierre-au-Château, citée dès le XIIe siècle et détruite en 1746, émergeait de l’ensemble des bâtiments. Les vestiges du château forment le noyau ancien de la citadelle. Si on ignore quand les comtes décidèrent de se fixer définitivement à cet endroit, l’existence d’une résidence comtale sur le site de la citadelle s’achève avec la vente du comté de Namur au duc de Bourgogne en 1421. La fonction résidentielle du lieu prend progressivement fin, le nouveau comte ne résidant pratiquement jamais à Namur.

© G. Focant SPW Patrimoine
Du logis comtal situé au point haut ne subsistent que l’âme de deux tours circulaires et quelques vestiges. En contrebas, vers le pont de Jambes, subsistent deux tours faisant partie de la seconde enceinte médiévale construite par le comte de Namur Guy de Dampierre : la tour Joyeuse et la tour César. La tour Dessus Bordial évoque quant à elle l’enceinte du XIVe siècle. Le site connaît ensuite un nouveau souffle et sa vocation militaire va croissante à partir du XVe siècle. Face à la principauté de Liège, Namur devient une place forte à la frontière de l’État bourguignon. Les ingénieurs de Charles Quint construisent une première véritable citadelle ; les Espagnols poursuivent le travail de fortification aux XVIe et XVIIe siècles. Vauban perfectionne l’ensemble après le siège de Namur par les armées de Louis XIV et les Autrichiens poursuivront l’occupation stratégique du site au XVIIIe siècle.

© KIK-IRPA, Bruxelles
La citadelle de Namur, modifiée de tous temps, constitue encore aujourd’hui un site exceptionnel, conservant des vestiges de plusieurs époques et permettant à elle seule de témoigner de la présence des comtes de Namur, du Moyen Âge à l’époque autrichienne. Devant le fossé du donjon, une chapelle dédiée à saint Pierre fut élevée sous l’impératrice Marie-Thérèse en 1754 pour remplacer la collégiale détruite par un incendie suite à l’invasion des troupes françaises en 1746. Suite à la guerre de succession d’Autriche, l’empereur Joseph II décida du démantèlement partiel de la citadelle qui perdit son rôle militaire, jusqu’à l’annexion de nos territoires aux Pays-Bas en 1815.
Adresse
Route merveilleuse 64
5000 Namur
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Frédéric MARCHESANI, 2013Château des comtes de Mouscron
© KIK-IRPA, Bruxelles

Mouscron apparait pour la première fois dans les textes en 1060 et 1066 lorsque le comte de Flandre y attribue des terres à la collégiale Saint-Pierre de Lille. Trois seigneuries importantes se partageaient le territoire au Moyen Âge : la seigneurie de Mouscron relevant de la Cour féodale d’Harelbeke, le fief du Val dépendant de Warcoing et la seigneurie de Saint-Pierre de Lille. La seigneurie de Mouscron s’étendait sur les trois-quarts de la paroisse et appartenait au seigneur d’Audenarde, une branche cadette de la maison de Louvain à l’origine du duché de Brabant. Le domaine fut mis en engagère pour la première fois en 1332. En 1627, le seigneur Ferdinand de Liedekerke reçut le titre de comte du roi d’Espagne Philippe IV.
Un premier château fut habité à Mouscron au XIIIe siècle par Roger de Ramées ou de Mouscron et détruit vers 1340 ; il s’élevait à quelques centaines de mètres de l’édifice actuel. Il fut remplacé avant 1359 par une bâtisse érigée sur le site où se dresse encore aujourd’hui le château des comtes, devenu résidence ordinaire des seigneurs de Mouscron en 1430. Malmené au cours des guerres incessantes des XVIe et XVIIe siècles, assiégé par les troupes de Louis XIV, il subit de graves dommages. Le donjon s’écroula quant à lui en 1801.
Au début de l’Époque moderne, la bâtisse était entourée de douves qui séparaient la ferme du logis et qui étaient traversées par un pont de pierre précédant un pont-levis. La résidence comtale, sur un plan en U, était cantonnée de deux tourelles d’angle au sud. Entourés par le lit des douves asséchées, les bâtiments actuels, construits en briques, pierre blanche et pierre bleue datent des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. On accède à l’ensemble par un portail reconstruit dans lequel s’inscrit une pierre de 1609 gravée de deux écus ; à gauche, les murs d’une dépendance portent également le millésime de 1609. Du côté sud se trouve une pierre aux armes de Ferdinand de Liedekerke. Le logis ancien, paré d’une nouvelle façade de type tournaisien à la fin de l’Ancien Régime, a la physionomie d’un imposant manoir. Il est coiffé par une toiture fortement inclinée percée de trois lucarnes côté cour et d’une seule vers l’arrière. Une demi-tourelle d’escalier s’adosse toujours au pignon nord. Fleuron de l’architecture mouscronnoise dont il constitue le témoin le plus ancien sur le territoire de la commune, il fut l’objet d’une importante campagne de restauration qui lui permit de retrouver son lustre d’antan.
Adresse
Avenue des Seigneurs de Mouscron 1
7700 Mouscron
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Frédéric MARCHESANI, 2013Château de Vonêche
© Guy Focant (SPW)
Partie intégrante du site des cristalleries impériales de Vonêche, le château est une des plus belles réalisations construites sous l’Empire conservées sur le territoire wallon. Achevé en 1806, il est habité par le propriétaire des cristalleries jusqu’en 1844 avant d’être vendu au comte Félix Cornet de Ways-Ruart qui crée un parc et l’orangerie.
De style Louis XVI, le château est érigé en brique enduite et calcaire sur deux niveaux de neuf travées. La façade principale est largement ouverte et dotée en son centre d’un portail mouluré en plein cintre. L’édifice est également caractérisé par son imposante toiture à la Mansart, ponctuée de trois niveaux de lucarnes dont celles du bas éclairent un étage mansardé. Au centre, un belvédère garni de balustrades en bois et surmonté d’une couverture bulbeuse coiffe le sommet de cette toiture.
Adresse
Rue Le Parc
5570 Beauraing
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Frédéric MARCHESANI, 2014Château de Sombreffe
© G. Focant - SPW Patrimoine
Le château de Sombreffe est un château fort de plaine, autrefois entouré de douves. Il faisait partie d’une importante ligne de défense qui séparait le comté de Namur et le duché de Brabant. Il est entouré d’une vaste esplanade fortifiée autrefois flanquée de huit ou neuf tours circulaires. L’imposant donjon-porche se situe au centre ; il est composé de trois niveaux surmontés d’une flèche pyramidale.
Aujourd’hui transformé en exploitation agricole, le site comprend également un châtelet à deux tours et une partie des murailles ponctuées de deux tourelles. Au cours de la bataille de Ligny, il est réquisitionné par l’armée prussienne afin d’y installer l’état-major du 2e corps de l’armée commandé par le lieutenant-général Von Pirch. Le château sert aussi d’ambulance à partir du 16 juin 1815.
Adresse
Rue du Château 1
5140 Sombreffe
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Frédéric MARCHESANI, 2014Château de Solre-sur-Sambre
© F.-E. de Wasseige
Ancien siège d’une seigneurie tenue par les Barbençon, pairs du Hainaut, la terre de Solre-sur-Sambre connut une histoire mouvementée à la fin du Moyen Âge. Accusé d’avoir comploté contre Philippe le Bon, le seigneur fut condamné et exécuté en 1480. Sa terre fut confisquée par le duc de Bourgogne et rachetée par son chambellan Antoine de Croÿ.
Le château fort de Solre-sur-Sambre est situé en contrebas du village actuel, dans une plaine marécageuse irriguée par la Thure. La forteresse fut érigée dans le but de protéger le comté face à une enclave de la principauté de Liège et est encore de nos jours un des rares témoins conservés de l’architecture militaire de l’ancien comté de Hainaut. Les travaux furent achevés en 1486 par le nouveau seigneur de Solre, Jean Carondelet, grand chancelier de l’empereur Maximilien Ier.
La forteresse fut érigée dans le but de protéger le comté de Hainaut face à une enclave liégeoise. Bien que remanié par la suite, le plan de la forteresse reste cohérent : le donjon-porche du XIIIe siècle en constitue le point de départ et se dressait seul à l’origine au bord de la rivière. Au XIVe siècle, suivant le tracé de l’ancienne basse-cour, une enceinte de 48 m sur 43 épaulée par quatre tours d’angles vint renforcer la défense du château. L’ensemble est entouré d’un fossé, toujours inondé par la Thure actuellement. Le donjon se vit alors intégré dans le circuit défensif, au même titre que les autres tours de l’édifice. Tous sont reliés par des courtines crénelées et hourdées reposant sur des arcades en plein cintre dont certaines sont conservées à l’ouest. Au même moment, un nouveau logis seigneurial fut aménagé et une chapelle castrale, aujourd’hui disparue, fut édifiée.
À l’Époque moderne, le confort de la bâtisse prima sur son rôle défensif, les frontières des États médiévaux ayant depuis longtemps été redessinées. Le bel étage du donjon fut transformé en salon d’apparat, l’aile frontale ouverte sur l’extérieur.
Le château abrite le général Drouet d’Erlon dans la nuit du 14 au 15 juin 1815, avant la bataille des Quatre-Bras. Né à Reims en 1765, il prend part aux guerres de la Révolution entre 1792 et 1794. Pendant les campagnes de l’Empire, il combat entre autres à Austerlitz. Napoléon le fait comte d’Erlon le 28 janvier 1809. Au moment de la campagne de 1815, il est nommé commandant du 1er corps d’observation à l’armée du Nord le 6 avril puis est nommé pair de France le 2 juin. Bien que présent dans la région, il ne prend part ni à la bataille de Ligny, ni à la bataille des Quatre-Bras, mais bien à celle de Waterloo, au cours de laquelle il s’empare de la ferme de la Haie Sainte. Après la défaite, il est proscrit et se réfugie à Munich et Bayreuth. Il est condamné à mort par contumace le 10 août 1816, mais est amnistié à l’occasion du sacre de Charles X le 25 mai 1825. Nommé maréchal de France le 9 avril 1843, il meurt à Paris le 25 janvier 1844 et est enterré dans sa ville natale.
Adresse
Rue du Château-Fort
6560 Erquelinnes
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Frédéric MARCHESANI, 2014Château du Roeulx
© G. Focant - SPW Patrimoine
Domaine ecclésiastique depuis le XIe siècle, Le Roeulx entra dans les possessions d’un seigneur laïc en 1174. La localité fut dotée d’une enceinte fortifiée en 1242 et poursuivit son autonomie par rapport au pouvoir religieux. La première mention d’une forteresse remonte au XIIe siècle, lorsque le seigneur Eustache du Roeulx, petit-fils du comte Baudouin II, érigea une maison forte. Après l’extinction de la race des Eustache en 1337, le château et la seigneurie retournent dans les possessions du comte de Hainaut. Le Roeulx, devenue entre temps une des douze pairies du comté de Hainaut, fut cédée par la comtesse Jacqueline de Bavière en engagère en 1432 à Antoine de Croÿ, grand chambellan du duc de Bourgogne. Cette illustre famille détint la seigneurie jusqu’à la fin de l’Ancien Régime et y construisit notamment un important château. En 1530, Le Roeulx fut érigée en comté par Charles Quint. Profondément ravagé par les troupes du roi de France Henri II en 1554, le château fut reconstruit par Adrien de Croÿ avant d’être rapidement détruit par un grave incendie. Réparé plusieurs fois par la suite, il fut toutefois profondément remanié en 1740 à la demande du duc Ferdinand de Croÿ qui lui donna sa configuration actuelle.
Le château témoigne de la richesse et de l’importance de la famille au sein de l’État. Les Croÿ ont au cours des siècles joué des rôles de premier plan et occupé des fonctions de prestige dans les hautes sphères du duché de Bourgogne, des Pays-Bas espagnols et autrichiens et de l’Empire au sens plus large. L’aile d’entrée témoigne de cette importance : le fronton richement décoré aux armes des Croÿ est surmonté d’une toiture à l’impériale, elle-même dominée par une couronne du Saint-Empire, en plomb. Cette couronne se retrouve également dans les armes de la famille et rappelle que ses membres avaient été élevés au rang de princes du Saint-Empire.
Adresse
Chaussée de Soignies 17
7070 Le Roeulx
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Frédéric MARCHESANI, 2013Château de Rixensart
Reconnu patrimoine exceptionnel de Wallonie, le château de Rixensart a été construit au XVIIe siècle en lieu et place d’un donjon du XIIIe siècle. Érigé en style traditionnel en brique et pierre blanche, il est composé d’une avant-cour, d’un quadrilatère flanqué de tours d’angles et de l’église paroissiale Sainte-Croix, ancienne chapelle castrale.
L’accès à l’ensemble se fait par une tour-porche qui mène dans la cour, vers l’entrée principale du château, ornée d’un portail de style baroque. À l’intérieur sont conservées des armes ramenées par le savant Monge de sa participation à l’expédition d’Égypte.
Adresse
Rue de l'Eglise 40
1330 Rixensart
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Frédéric MARCHESANI, 2014Château de Longchamps
© Guy Focant (SPW)
Siège d’une seigneurie d’Ancien Régime, propriété à la fin du Moyen Âge de Fastré de la Neuville, dit de Longchamps, le château reste dans cette famille jusqu’au début du XVIIIe siècle. En 1710, Marie-Françoise de Longchamps lègue la propriété à sa fille Marie-Catherine qui vient d’épouser Waltère de Sélys ; le bien passe donc dans l’apanage de la famille de Sélys-Longchamps. Au début du XIXe siècle, Michel-Laurent de Sélys-Longchamps confie la construction d’un nouveau château à l’architecte parisien Aimé Dubois. L’entrepreneur liégeois Duckers et le sculpteur figuriste parisien Mongin sont chargés de la réalisation. Michel-Laurent de Sélys-Longchamps est une figure du régime français. Député du département de l’Ourthe, maire de Liège, il poursuit sa carrière en France en tant que juge au tribunal de première instance de la Seine et au Sénat conservateur.
Considéré comme la plus belle réalisation Empire de Wallonie, le château de Longchamps est précédé d’une drève de chênes et de peupliers et est entouré d’un vaste parc composé d’arbres remarquables. Les bâtiments de la nouvelle demeure sont construits sur un plan en L autour d’une cour. La façade principale de deux niveaux et sept travées est percée en son centre d’un portique en serlienne (voûte en berceau plein cintre s’appuyant sur une double paire de colonnes ioniques) décoré de deux médaillons portant les initiales SL entrelacées. Le tout est surmonté d’un balcon situé à hauteur du second niveau.

La façade ouest, similaire bien que composée de quatre travées, est flanquée d’un petit pavillon rectangulaire qui ajoute une touche d’originalité à l’ensemble. Véritable témoin de l’histoire de son temps, il est construit sur le modèle d’une tente de bivouac de l’armée napoléonienne utilisée au cours de la campagne d’Égypte. Ses faces latérales sont percées de deux portes-fenêtres à encadrement de stuc imitant des tentures drapées.
La décoration intérieure du château constitue un exceptionnel ensemble de style Empire. On y trouve notamment un grand salon orné de pilastres corinthiens et décoré de guirlandes retenues par des torches enrubannées. La salle à manger est parée de faux-marbre et décorée d’une frise de palmettes et d’une frise en grisaille comportant des putti. La salle de billard imite elle aussi la tente de Napoléon ; elle est ornée de fausses draperies rythmées par des pilastres et des frises d’arceaux trilobées. Les chambres sont ornées de stucs et de papier peint d’époque. La totalité du château et de ses dépendances ont été classés comme monument, site et ensemble architectural le 4 février 2014.
Adresse
Rue Edmond de Selys-Longchamps 112
4300 Borgworm