Château de l'Escailles
Autrefois enclavée dans la seigneurie hennuyère de Fayt, l’ancienne terre franche de l’Escailles est attestée depuis le XIVe siècle et relève du duché de Brabant. Le château actuel a été construit vers le milieu du XVIIIe siècle et se présente sous la forme d’un double corps de logis en U édifié en briques peintes, calcaire et grès. La façade arrière s’ouvre sur un grand parc et un étang au bord duquel se trouve une pierre commémorative du passage en 1739 de l’archiduchesse Marie-Élisabeth, gouvernante des Pays-Bas autrichiens. Née à Linz le 12 décembre 1680 et fille de l’empereur du Saint-Empire Léopold Ier, elle est nommée gouvernante des Pays-Bas en 1725 par son frère, l’empereur Charles VI (1711-1740). Elle fit agrandir le château de Mariemont, où elle décéda le 26 août 1741.
Le château de l’Escailles est aujourd’hui une propriété privée et n’est pas accessible à la visite.
Adresse
7170 Fayt-lez-Manage
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Frédéric MARCHESANI, 2013Château de la Vaulx-Renard
Le château et la ferme de la Vaulx-Renard témoignent de l’importance de la famille des la Vaulx-Renard, seigneurs du lieu. Ce siège d’une ancienne seigneurie foncière relevant en fief de la Cour féodale de Stavelot depuis 1343 est un imposant ensemble semi clôturé construit aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Les seigneurs de la Vaulx-Renard étaient officiers héréditaires de la cour de justice du ban de Roanne et certains se sont illustrés comme podestats ou maréchaux des troupes de la principauté. Propriété des moines de l’abbaye de Stavelot en 1763 puis revendu à un particulier en 1793, le domaine est aujourd’hui une importante exploitation agricole située dans un vaste domaine privé dont les bâtiments sont séparés du château par des murs de clôture.
La ferme et le château conservent chacun une trace de l’ancienne principauté abbatiale. Le château, ancienne maison seigneuriale construite en 1571, présente dans son immense âtre une crémaillère et une taque de fonte ouvragée datée de 1718 sur laquelle figurent un loup et la crosse de saint Remacle, emblèmes stavelotains. La ferme, qui date de la fin du XVIIe siècle, fut en partie agrandie en 1779 par les moines de Stavelot comme l’attestent deux girouettes en fer forgé représentant un loup gravé de cette date et rappelant la fin des travaux.
Adresse
La Vaulx Renard
4987 Stoumont
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Frédéric MARCHESANI, 2013Château de la Tour et l'église Saint-Hubert
© IPW
La seigneurie d’Esneux était une des sept seigneuries au-delà des bois du duché de Limbourg, la plus importante d’entre elles. Son territoire était bien supérieur à celui de la commune actuelle et comportait plusieurs enclaves. Esneux appartenait avant 1140 à la famille de Duras puis passa entre divers mains avant d’être engagée à la famille d’Argenteau au XIVe siècle. Cette famille resta propriétaire de la seigneurie jusqu’en 1787 et éleva la terre en comté. Esneux possédait sa cour de justice, qui relevait de la Haute Cour de Limbourg, et une cour féodale pour ses arrière-fiefs.

Les sires d’Argenteau, comtes d’Esneux, possédaient une maison forte sur leurs terres. Le château de la Tour, siège du comté, barrait le passage entre l’Ourthe et la colline et défendait ainsi les positions du duché au sud de ses territoires. Aujourd’hui privé de sa cour intérieure, l’ensemble ne conserve plus que l’aile d’habitation construite entre les XVIe et XVIIIe siècles en moellons de grès et en calcaire. Le bâtiment est caractérisé par une toiture à la Mansart percée de lucarnes et par une tourelle d’angle en échauguette de construction récente (1931) avec remploi d’éléments divers parmi lesquels une dalle funéraire d’un enfant d’Argenteau du XVe ou du XVIe siècle. Au nord se trouve la partie la plus ancienne du château millésimée 1582 ; la façade est est ornée de deux dalles armoriées de Guillaume II d’Argenteau et Jeanne d’Autel. De la tour qui donna son nom au château et qui fut détruite par une crue de l’Ourthe au XVIe siècle, nous ne conservons rien.
L’église Saint-Hubert d’Esneux compte quant à elle plusieurs monuments funéraires parmi lesquels la dalle funéraire de Guillaume d’Argenteau et de ses deux épouses, datant de la première moitié du XVIe siècle. Située au mur dans le porche, elle a été taillée dans le calcaire de Meuse. On y trouve également la dalle de Gilles Martin Stassart, maïeur du ban de Sprimont (†1687).
Adresse
Avenue Montéfiore, 29
4130 Esneux
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Frédéric MARCHESANI, 2013Château de la Tour de Grand-Manil
Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, Grand-Manil faisait partie du comté de Gembloux. La première mention de la terre de Grand-Manil remonte au début XIe siècle ; elle fut acquise par l’abbaye de Gembloux à la fin du siècle. L’abbé-comte de Gembloux y exerçait la haute justice.
Au sud du village, un grand parc emmuraillé abrite le château de la Tour qui, à l’origine, faisait partie du système de défense du duché de Brabant face au comté de Namur. Le donjon, probablement érigé en moellons de grès au XIIe ou XIIIe siècle sur plan carré comporte trois niveaux, dont le dernier est surmonté d’une haute toiture d’ardoises. Le porche est orné des armoiries de Guillaume Salmier, capitaine d’une compagnie d’infanterie wallonne, également présentes au-dessus de la porte de la maison du bailli à Gembloux.
Adresse
5030 Grand-Manil (Gembloux)
Informations pratiques
Ne se visite pas (propriété privée)
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Frédéric MARCHESANI, 2013Château de la Royère
© I. Deramaix
Sous l’Ancien Régime, le territoire de l’actuelle localité de Néchin était partagé entre trois états différents : la seigneurie de Lobel relevait de la châtellenie de Courtrai (comté de Flandre), la seigneurie de la Royère de la châtellenie de Lille (royaume de France) et le reste du territoire appartenait au Tournaisis. Au Moyen Âge, la Royère est possession du comté de Flandre avant d’être annexée à la France suite à l’entrée de Louis XIV dans Tournai en 1667. En 1769, la seigneurie est cédée aux Pays-Bas par la Convention des Limites et rattachée au Tournaisis en 1779.
Propriété du grand bailli de Flandre Arnould IV d’Audenarde au XIIIe siècle puis de la comtesse Marguerite de Flandre et ensuite de la famille de Cysoing au XIVe siècle, le château de la Royère passa aux princes de Ligne à la fin du XVIe siècle, jusqu’à la date probable de son abandon en 1668 après l’annexion française.
Aujourd’hui en ruines et toujours ceinturée de douves, la forteresse construite en calcaire remonte sans doute au XVe siècle. Elle forme un décagone flanqué d’un châtelet d’entrée défendu par deux tours semi-circulaires et renforcé de quatre tours d’angle similaires alternant avec cinq échauguettes, aveugles comme les courtines. Le plan du château constitue un type de tracé assez rare dans nos régions ; il pourrait dater du Bas Moyen Âge et a certainement remplacé un édifice plus ancien cité dans les textes en 1227 et ne pouvant adopter un tel plan pour l’époque.
Adresse
Rue de la Royère 158
7730 Estaimpuis
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Frédéric MARCHESANI, 2013Château de La Plante à Namur
© Guy Focant (SPW)
Cet élégant édifice en U de style Louis XVI aménagé au milieu du xixe siècle par Louis Mohimont au départ de deux maisons jointives du xviiie siècle fut loué à la Province de Namur par les descendants du dernier occupant avant d’être vendu, incendié, menacé de démolition, et heureusement racheté à partir de 1998 par l’ACIS, Association chrétienne des institutions sociales et de santé, dont il abrite le siège social.
1974 : le Conseil régional provisoire
Le ler avril 1974, à l’initiative de François Perin du côté francophone, Ministre RW des Réformes institutionnelles dans une coalition dirigée par Léo Tindemans, la loi dite de « régionalisation préparatoire » créa au sein du Gouvernement trois Comités ministériels des affaires régionales et, au départ des Sénateurs, trois Conseils régionaux consultatifs dont le premier Conseil régional wallon. Ce fut une étape importante dans la voie de la régionalisation à trois, mais les travaux de ce premier CRW furent boycottés par le Parti socialiste en raison de l’hostilité du coprésident du PSB André Cools à cette structure sans pouvoir née en dehors de la volonté du PSB.
Le CRW tint ses séances publiques dans la salle du Conseil provincial de Namur et c’est également de cette dernière qu’il obtint en sous-location, pour y installer ses services à partir du ler juillet 1975, le château de la Plante que la Province prit en location à cet effet pour un bail de neuf ans. Les présidences de groupes et les bureaux de l’assemblée y furent installés jusqu’à leur dissolution peu avant les élections législatives d’avril 1977. Au terme de celles-ci, le retour des socialistes au pouvoir devait notamment se traduire par la suppression des Conseils issus de la loi de 1974 avant la création d’un nouveau CRW, radicalement différent, trois ans plus tard.
L’implantation de La Plante était prévue pour n’être que provisoire, le Bureau politique du CRW ayant souhaité dès 1975 pouvoir installer le Conseil, sa salle des séances et ses services dans l’ancien hospice Saint-Gilles au confluent de la Meuse et de la Sambre, puis dès l’année suivante, dans un bâtiment neuf à construire sur la pointe du Grognon.
1980 : le premier siège de la SRIW
Créée par la loi du 4 août 1978 (après la fin des Conseils régionaux consultatifs), la Société régionale d’Investissement de Wallonie fut officiellement constituée à Namur le 22 octobre 1979. Elle commença effectivement à fonctionner à partir du 1er mars 1980 dans les locaux du château de La Plante désertés par le défunt Conseil, avant de s’installer dans un immeuble de bureaux à Jambes, place Joséphine-Charlotte, puis de rejoindre Liège dans les années 1990 avec les autres organismes publics régionaux à vocation économique.
Adresse
Avenue de la Pairelle, 32-34, 5000 Namur
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Château de la Paix
© D. Timmermans
Actuel hôtel de ville de Fleurus et situé dans un petit parc, le château de la Paix est un bel édifice classique construit en brique et calcaire à la fin du XVIIIe siècle. La façade principale compte deux niveaux de sept travées dont les trois centrales sont surmontées d’un fronton triangulaire.
C’est à cet endroit que Napoléon passe la nuit après la bataille de Ligny. Il y prépare la suite des opérations et son départ vers Bruxelles. La chambre où il passa la nuit existe toujours et abrite aujourd’hui des bureaux. L’empereur quitte les champs de bataille vers 22 ou 23h et se retire dans le château au son du corps de musique du 1er grenadiers qui entonne la marche « La Victoire est à nous ». Au soir de la défaite des Quatre-Bras et de l’exceptionnelle victoire de Ligny, Napoléon est persuadé que l’armée prussienne est hors jeu bien que non entièrement anéantie.

Une plaque commémorative se trouve aujourd’hui sur un petit monument dans le jardin du château : « Dans ce château, (…) Napoléon a établi son quartier général dans la nuit du 16 au 17 juin 1815 après la victoire de Ligny sous Fleurus ».
Adresse
Chemin de Mons 61
6220 Fleurus
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Frédéric MARCHESANI, 2014Château de la Bawette
© J. Tordoir
Portant le nom d’un lignage attesté à Wavre depuis le XIVe ou le XVe siècle, le château de la Bawette est transmis par mariage en 1736 puis passe entre diverses mains. Situé en dehors de la ville, l’édifice a été considérablement modifié au XIXe siècle bien que conservant des parties plus anciennes. Le corps de logis est ainsi millésimé 1662. La façade principale est ornée d’un fronton aux armes des Hardy de Beaulieu, actuels propriétaires du lieu, réalisé en 1959.
Le général des armées de Saxe, Johann Adolf von Thielmann, commandant le 3e corps, y installe son quartier général le soir du 17 juin après avoir combattu à Ligny. La cavalerie de Lottum et la division Borke, qui formaient l’arrière-garde, arrivent en pleine nuit et bivouaquent sur la rive droite de la Dyle. Au matin du 18 juin, Thielmann et ses hommes quittent Wavre pour rejoindre le gros de l’armée à Plancenoit alors que l’avant-garde du maréchal Grouchy arrive dans leur direction. Thielmann est forcé de se replier sur Louvain et de laisser la Bawette entre les mains du général Hobe. Le 19 juin, c’est au tour de Grouchy de s’installer au château de la Bawette et d’y installer un inutile quartier-général dans le but de poursuivre sa route vers Bruxelles. C’est là, à 10h30, qu’il apprend la défaite de Waterloo de la veille et se voit forcé de se replier sur Wavre afin d’y entreprendre sa retraite sur Namur.
Adresse
Château de la Bawette
1300 Wavre
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Frédéric MARCHESANI, 2014Château de l’abbaye de Solières
© IPW
Le château dit de « l’abbaye » de Solières trouve son origine en 1214 lorsqu’il est le siège d’une confrérie mixte des ordres de saint Augustin de 1230 à 1261 et de saint Bernard de 1230 à la fin de l’Ancien Régime.
Le château actuel a été construit à l’emplacement de l’aile est du cloître et remanié en bâtiment conventuel dans la seconde moitié du XVIIe siècle. L’édifice redevient un château après la suppression du couvent en 1793 et devient en 1807 possession du receveur général du département de l’Ourthe Charles Desoer, également propriétaire du château de Kinkempois près de Liège. Il s’agit d’une construction classique d’une grande symétrie présentant une façade de deux niveaux de hauteur dégressive de treize travées cantonnées de pilastres à refends. Les trois travées centrales sont surmontées d’un fronton triangulaire aux armes des Desoer. L’imposante toiture comporte en son centre un pavillon à la Mansart surmonté d’un campanile octogonal et d’une toiture en dôme agrémentée d’une girouette.
Adresse
Rue du Vieux Moulin 6
4500 Huy
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Frédéric MARCHESANI, 2014Château de Hoyoux
© G. Focant - SPW Patrimoine
Le hameau de Hoyoux abrite le château du même nom, gentilhommière du prince-évêque François-Charles de Velbrück. Accroché au flanc d’une colline surplombant le Hoyoux, le château d’esprit classique a probablement été construit dans le courant du troisième quart du XVIIIe siècle pour servir de pavillon de chasse au souverain liégeois. Une cour d’honneur en terrasses donne sur le corps central de cinq travées flanqué de deux ailes d’une travée de baies identiques. À l’intérieur se trouvent d’intéressants lambris, portes et armoires d’encoignures en chêne ainsi qu’un escalier à balustres plats dans lequel se trouve un portrait du prince-évêque inscrit dans un médaillon datant de 1740.
Né en 1719 dans le duché de Juliers, à proximité de Düsseldorf, François-Charles de Velbrück devient prince-évêque de Liège en 1772, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1784 au château de Hex près de Tongres, une de ses résidences favorites. Francophile convaincu, il mène une politique étroite avec Louis XV mais c’est définitivement dans le domaine des arts que l’on retient son œuvre. Prince philosophe, Velbrück est à l’origine de nombreux projets à vocation artistique ou culturelle : la société littéraire de Liège ou encore la fondation de la société libre d’Émulation. Protecteur des artistes, il crée en 1774 une académie publique de peinture, sculpture et gravure. Apprécié de son vivant, pleuré à sa mort, François-Charles de Velbrück est résolument un des princes-évêques qui nous laisse le plus de traces marquantes actuellement.
Adresse
4560 Hoyoux (Clavier)