Presbytère de Sombreffe
© Bruxelles, KIK-IRPA
L’après-midi du 15 juin 1815, le feld-maréchal prussien Blücher est informé des combats de Charleroi et de la déroute de ses troupes. Il quitte Namur pour venir s’installer dans la région de Sombreffe. Il installe son quartier général au presbytère et y passe la nuit du 15 au 16 juin. Il en profite pour convenir d’un rendez-vous avec le duc de Wellington alors à Bruxelles. Le 16 juin 1815, ils se rencontrent au moulin de Brye, dit aussi de Bussy, à Fleurus où Blücher vient d’établir un nouveau quartier général. L’édifice, aujourd’hui disparu, se trouve alors en plein milieu du futur champ de bataille de Ligny.
Le presbytère de Sombreffe témoigne encore de ces événements historiques. Construit vers 1770-1780 par l’abbaye de Bonne-Espérance, il s’agit d’un bel édifice en brique et pierre bleue de style classique. Le mur du cimetière et le mur du couloir du presbytère gardent les stigmates des combats menés dans la région : deux boulets de canons y sont encore figés. Une des portes est elle aussi encore marquée de coups de sabre donnés par le feld-maréchal lui-même selon la légende ; ils ont été surnommés « les coups de la colère de Blücher ».

© Les Amis de Ligny
Adresse
5140 Sombreffe
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Frédéric MARCHESANI, 2014Pont Saint-Jean
© IPW
Trace atypique parmi d’autres, le pont Saint-Jean franchissant la Lesse peu avant la confluence avec la Meuse, témoigne d’une autre facette du passé principautaire. Ce pont en calcaire a été reconstruit successivement en 1533-1534, en 1642 puis en 1719-1720, chaque fois aux frais des États de la principauté de Liège, par l’entrepreneur Jacques Wespin pour la dernière campagne. L’ouvrage presque tricentenaire parvenu jusqu’à nous possède deux arches surbaissées, appareillées, reliées par une pile centrale renforcée de part et d’autre par un bec triangulaire.
Trois entités composent les États de la principauté de Liège, ainsi dénommés depuis le XVe siècle. Ainsi, à la fin du Moyen Âge, une partie de la puissance publique est conjointement exercée par le prince et les États, c’est-à-dire les représentants de trois catégories sociales : les chanoines de la cathédrale Saint-Lambert (État primaire), la noblesse (État noble) et la bourgeoisie urbaine (État tiers).
Tous trois participent à l’exercice des pouvoirs édictal et judiciaire, consentent l’impôt et exercent un droit de regard sur la politique étrangère de la principauté. Le contrôle et la perception des impôts permettent ainsi aux États de financer leurs nombreuses dépenses parmi lesquelles figurent entre autres l’entretien des forteresses et la construction et la réparation des chaussées et ouvrages d’art.
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Frédéric MARCHESANI, 2013Pont Napoléon
Construit en 1803 sur le chemin du vieux moulin, à la limite entre Bilstain et Andrimont, un petit pont porte le nom de Napoléon.
Adresse
4821 Andrimont (Dison)
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Frédéric MARCHESANI, 2014Pont Marie-Thérèse
© IPW
Situé au nord du village, à cheval sur les communes de Paliseul et Libin, un pont franchit la Lesse sur l’ancienne route Bouillon-Liège qui, sous l’Ancien Régime, reliait la principauté de Liège et les Pays-Bas autrichiens. Cette remarquable construction en moellons de schiste classée le 12 mai 1989 comporte quatre arches surbaissées et un parapet coiffé de pierres de taille en demi-lunes.
Il est élargi de chaque côté afin de permettre de canaliser les animaux avant de franchir la rivière. En amont, trois becs sont situés entre les arches afin d’orienter les eaux vers les quatre ouvertures. L’ouvrage doit son nom, selon la tradition, à l’impératrice Marie-Thérèse qui l’aurait fait construire à la suite d’un accident dont elle fut victime en franchissant la Lesse à cheval. Ce pont a longtemps facilité le passage de la route reliant Paris à Liège.
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Frédéric MARCHESANI, 2013Pont Joseph II
© IPW
La terre d’Emptinne est comprise dans la prévôté de Poilvache et constitue la partie la plus importante du ban de Natoye. Jeté en travers du Bocq, un petit pont a été bâti vers 1722-1724 par le Namurois Nicolas Bolvin aux frais des États du comté de Namur. Construit en moellons de calcaire, il est composé de deux arches en arc surbaissé séparées par une large pile. Il est recouvert de grosses dalles de calcaire. Fortement endommagé, il a été restauré en 1986 et rebaptisé « pont Joseph II » en l’honneur d’un des derniers souverains namurois. Aujourd’hui, une plaque a été apposée sur le parapet du pont et précise toute l’importance de l’édifice sous l’Ancien Régime : « Pont Joseph II. Comte de Namur et empereur ».
Ce pont ancien témoigne de l’importance et du rôle des États du comté de Namur. Ils apparaissent pour la première fois en 1421, lors de la vente du comté au duc de Bourgogne Philippe le Bon. On parle alors d’ « assemblée du pays », sorte de conseil du comte de Namur composé de seigneurs laïcs et ecclésiastiques et du maïeur ou des échevins de Namur, la seule ville d’importance du comté. Sa compétence s’étend aux questions politiques, administratives, judiciaires et financières. Comme la plupart des assemblées d’États sous l’Ancien Régime, les États du comté de Namur sont composés de trois membres : l’État du clergé, l’État noble et le Tiers-État.
Mis à part entre 1429 et 1510, sous la domination bourguignonne, les États se réunissent régulièrement, au moins une fois par an. Leurs attributions se résument en trois titres, lourds d’importance : inaugurer le nouveau comte de Namur lors de sa prise de fonctions, défendre les privilèges et gérer le service de corps et de bien ou le vote de l’aide. À partir de 1465, les États de Namur députent régulièrement des représentants aux États généraux du duché de Bourgogne puis des Pays-Bas espagnols et autrichiens, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. À l’aube de leur disparition en 1791, ils rédigeront une « Constitution du pays et comté de Namur ».
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Frédéric MARCHESANI, 2013Plaque pont du Christ à Wavre
© SPW- G. Focant
Dans les heures qui suivent la terrible bataille de Waterloo, la ville de Wavre souffre considérablement des combats des 18 et 19 juin 1815. Une vingtaine à une trentaine de maisons sont incendiées par les Français dans le quartier du Sablon, et d’autres sont ravagées à Basse-Wavre et Bierges.
Traversant la Dyle, un petit pont qui fut rebâti en 1845 doit son nom à un christ érigé en 1702. Aujourd’hui intégré aux aménagements modernes du centre de Wavre, ce pont fut le théâtre de sérieux combats au soir du 18 juin 1815. Son emplacement était en effet stratégique, car il était le principal passage menant à la ville. Les troupes prussiennes, barricadées sur la place du Sablon, attendent les Français tentant de pénétrer à Wavre. De chaque côté, les pertes sont estimées à 2 500 hommes.
Une plaque commémorative rappelle ces furieux affrontements : « Le 18 juin 1815, ce pont fut l’enjeu d’un combat entre les troupes de Grouchy et de Blücher. » Le 9 mai 2009, une seconde plaque a été inaugurée ; elle rend hommage à des soldats ayant pris part aux combats : « Aux soldats du bataillon STOFFEL, du 2e régiment étranger (suisse), créé le 24 avril 1815 – intégré à la 10e division du 3e corps d’armée français (armée du Nord) – qui prirent part à la campagne de Belgique et qui furent décimés, à Wavre, en conquérant à deux reprises le Pont du Christ, dans la soirée du dimanche 18 juin 1815. »
Adresse
1300 Wavre
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Frédéric MARCHESANI, 2014Pont des Arches
Héritier de nombreux ponts dont le premier date de 1034, l’actuel pont des Arches a été inauguré le 18 décembre 1947. Septième du nom, il est composé de trois arches en béton armé et décoré d’un ensemble de sculptures, statues en rondebosse ou bas-reliefs personnifiant les grands événements de l’histoire liégeoise ou de son folklore.
Sous le régime français, il est rebaptisé « pont de la Victoire » en 1795. Une plaque commémorative inaugurée en 1935, détruite avec le pont pendant la Seconde Guerre mondiale et replacée en 1957, rappelle le motif de ce nom : « Pont de la Victoire. Ici, les Liégeois ont vu briser leurs fers. Neuf Thermidor An II de la République française. Inscription apposée sur le pont des Arches en 1796 pour commémorer la victoire des troupes françaises qui, le 17 juillet 1794, prirent d’assaut le pont occupé par l’armée autrichienne. »
Adresse
4000 Liège
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Frédéric MARCHESANI, 2014Perron de Villers-l'Évêque
© IPW
La seigneurie de Villers-l’Évêque appartenait à la mense épiscopale depuis l’époque ottonienne. Le prince-évêque Hugues de Pierrepont (1200-1229) en acquit l’avouerie. La seigneurie resta propriété du prince jusqu’en 1784, lorsque François-Charles de Velbrück décida de la céder en engagère. Le perron de Villers-l’Évêque porte les armoiries du prince-évêque Charles-Nicolas d’Oultremont (1763-1771).
Situé sur la place principale du village, le monument date de 1765 et se présente sous la forme d’une colonne frappée des armes du prince-évêque et sommée d’une pomme de pin et d’une croix. Il a remplacé un perron plus ancien, déplacé au fil des ans et institué à nouveau sur ordre de Charles-Nicolas d’Oultremont ; c’est à son pied que se tenaient les plaids généraux.
Classement
Classé comme monument le 15 octobre 1937
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Frédéric MARCHESANI, 2013Perron de Liège
© IPW
Le perron liégeois est intimement lié à l’histoire de la cité et aux divers pouvoirs qui y étaient établis. Déjà Godefroid Kurth remarquait qu’au fur et à mesure que l’autonomie urbaine venait se placer à côté de l’échevinage pour lui disputer la juridiction de la cité, le perron changea de signification.
Sans cesser de servir d’outil au prince et à l’échevinage, il devient de plus en plus un organe de publicité municipale et un symbole de la liberté communale. Ainsi, le perron devient symbole des pouvoirs acquis par la cité contre le prince-évêque. Il participe à la promulgation des édits, des lois et des règlements ; à ses pieds ou à proximité, les échevins jugent les contrevenants, font connaître leurs sentences et appliquent les châtiments.
Proche de l’hôtel de ville, il est un instrument et un témoin de l’application de la justice. Mentionné pour la première fois sous le règne du prince-évêque Raoul de Zähringen (1167-1194), il symbolise le pouvoir de justice détenu par le souverain liégeois. On retrouve mention du monument une seconde fois lors de l’installation d’une fontaine sur la place du Marché entre 1285 et 1308. Immédiatement, le perron est placé au-dessus de cette fontaine.
Sa très forte signification fut également à l’origine de ses malheurs : en 1467, Charles le Téméraire enleva le monument pour l’emporter à Bruges et ainsi signifier aux Liégeois leur défaite et la perte de leurs libertés. Rendu par sa fille Marie de Bourgogne, il fut restauré à de nombreuses reprises entre 1568 et 1986. C’est au XVIe siècle que sa restauration lui apporta sa physionomie actuelle : la fontaine est reconstruite, embellie de colonnes et de bassins, de sculptures chimériques. En 1697, l’œuvre est à nouveau renouvelée par Jean Del Cour et ornée du groupe des trois grâces supportant une pomme de pin, symbole de la liberté civique.
Les marbres sont remplacés par d’autres matériaux, fonte ou pierre de taille au XIXe siècle. De forme hexagonale, le massif du monument est entouré d’un portique qui s’appuie sur des colonnes en forme de balustres renversés et est couronnée par une balustrade. Au-dessus de l’ensemble, le perron s’élève sur un piédestal servant de base à quatre lions couchés.
Son importance est aujourd’hui toujours bien présente : de nombreux endroits conservent des représentations des armoiries de la ville de Liège qui, depuis le XIVe siècle, intègrent le perron. Plusieurs princes-évêques firent également figurer le monument sur leurs monnaies.
Adresse
Place du Marché 35
4000 Liège
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Frédéric MARCHESANI, 2013Passage Lemmonier à Liège
© SPW - Guy Focant
Ouvert au public le 25 janvier 1839, le passage Lemmonier, du nom de son architecte, est le premier grand passage couvert de Belgique. Avec ses 160 mètres de long, 4 mètres de large et ses 48 boutiques, il dépasse largement la galerie bruxelloise de la Monnaie, seule galerie marchande du pays à l’époque.
Son tracé comporte deux tronçons au milieu desquels se trouve une rotonde. Si le passage compte trois étages, seul le premier est visible depuis la galerie. Celle-ci est recouverte d’une verrière. Toutes les boutiques présentent les mêmes dimensions.
À l’origine assez sobre, le passage Lemmonier subit de nombreux changements à partir des années 1930, à l’initiative de l’architecte Henri Snyers. Le soubassement des vitrines est orné de marbre, et la coupole, originellement en verre, est reconstruite en béton armé et recouverte de carreaux de mosaïque bleue, ses arcades soutenues par des ferronneries stylisées.
Le passage Lemmonier est donc le résultat d’aménagements divers tout en conservant une grande cohérence architecturale qui fait toujours de cet endroit un lieu prisé du commerce liégeois et un témoin privilégié du développement d’un mode architectural typique du XIXe siècle, alliant commerce et habitat.
Il ne subsiste de la construction d’origine que les façades externes de style néoclassique tournées vers la rue de l’Université et la rue Lulay des Fèbvres.
1892 : le troisième Congrès wallon
Présidé par Édouard Termonia, le troisième Congrès wallon se réunit le 20 novembre 1892 à Liège dans la salle des mariages de l’hôtel de ville pour sa séance matinale. Mais pour la séance de l’après-midi, les congressistes se rendent au casino du passage Lemmonier, aujourd’hui disparu. Le Congrès est essentiellement culturel. Le Mouvement wallon, à peine structuré dans ses premières années, se soucie alors plus de questions culturelles, historiques et linguistiques que de questions politiques. Certes, une discussion sur les dangers du flamingantisme est déjà entamée au passage Lemonnier, mais elle conclut encore que les flamingants, peu nombreux, ne menacent en rien l’unité nationale.
Adresse
Passage Lemonnier
(entre la rue de l'Université et Vinâve d'Ile)
4000 Liège
Classement
Classé comme monument le 15 décembre 1988