Monument français à Châtelet
En octobre 1920, un comité provisoire se forme pour ériger un monument en l’honneur des Français morts durant la guerre. Réalisé par le sculpteur Jacques Marin, il représente la force morale repoussant la force brutale : celle-ci est symbolisée par un énorme bloc de pierre surplombant le héros qui l’arrête, alors que le coq gaulois lance un cri de victoire dans sa direction.
Le monument est inauguré le 12 septembre 1921 et, par la suite, les fêtes de septembre en l’honneur de la Wallonie seront l’occasion de rassemblements. La place à proximité de ce bâtiment est par ailleurs baptisée « place Franco-Belge ».
Adresse
Rue des Français
6200 Châtelet
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument aux marcheurs
Le village de Le Roux fait partie de ces localités de l’Entre-Sambre-et-Meuse caractérisées par leurs marches historiques. Un monument rendant hommage aux marcheurs est situé dans la rue Lieutenant Cotelle.
Il est composé de trois blocs de pierre ornés de plaques commémoratives. La première stèle porte l’inscription « Hommage à sainte Gertrude, patronne des marcheurs napoléoniens de Le Roux ». La stèle du milieu rend hommage à 29 soldats du village, enrôlés dans les armées impériales, au-dessous de l’inscription suivante : « Lorsque la Belgique était française, sous l’Aigle napoléonien, des jeunes hommes de Le Roux furent enrôlés dans la Grande Armée. On les appelait conscrits ». Ce texte commémoratif évoque gentiment la vérité : ces 29 jeunes hommes ont été enrôlés contre leur volonté, selon le principe de la conscription. Enfin, le troisième bloc de pierre est orné d’une plaque portant l’inscription suivante : « Hommage aux marcheurs de Le Roux qui perpétuèrent les traditions des marches napoléoniennes depuis 1841 ».
Adresse
Rue Lieutenant Cotelle
5070 Le Roux (Fosses-la-Ville)
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument du Stalag
© SPW - G. Focant
Ce monument fut érigé en 1960 en hommage à tous les militaires belges prisonniers du Stalag I A et disparus au cours de leur captivité. Le Stalag I A, vaste camp de prisonniers de guerre situé à 50 km au sud de Königsberg, accueillit près de 23.000 soldats belges, dont beaucoup avaient servi dans les forteresses liégeoises. Le mirador et les barbelés qui structurent le monument au sommet d’arcs voûtés en béton symbolisent la servitude et l’oppression subies par les prisonniers du Stalag I A. Le monument fut inauguré en présence de milliers d’anciens, le 18 septembre 1960. En 1963, une plaque rappelant les liens qui unissaient les prisonniers belges et français y fut apposée, et une urne contenant de la terre du cimetière allemand de Stablack y fut scellée le 21 septembre 1969.
Le monument de Chaudfontaine est le plus important monument belge en hommage aux anciens prisonniers de guerre et, tout comme le monument national à la Résistance, il est somme toute logique qu’il se situe en
territoire wallon puisque, sur les quelque 250.000 militaires belges capturés par les Allemands en 1940, tous les Flamands furent systématiquement libérés et rapatriés entre l’été 1940 et février 1941 sur ordre de Hitler, si bien que les 80.000 hommes qui restèrent dans les camps étaient principalement des Wallons, parmi lesquels 65.000 subirent ainsi cinq ans d’emprisonnement.
Les médias relaient encore fréquemment le mythe des soldats flamands surreprésentés dans les tranchées de l’Yser, soigneusement entretenu par les autorités flamandes, alors que les statistiques de soldats morts dans ces dernières permettent seulement de constater une légère surreprésentation de 4 à 9 % proportionnellement au poids démographique des deux communautés : presque autant de troufions wallons que de soldats flamands subirent les quatre années de boue et de fureur de l’Yser.
Au contraire, les cinq années de captivité à l’est de l’Allemagne en 1940-1945 furent quasi exclusivement le sort de miliciens wallons, ce qui eut des conséquences démographiques indéniables à long terme, et une influence politique certaine dans la conscientisation wallonne : le mouvement wallon clandestin souligna la différence de traitement entre les prisonniers – sans parler du sort du « prisonnier de Laeken »… – et rappela constamment celle-ci par la suite. Beaucoup d’anciens prisonniers de guerre, révélés au mouvement wallon par cette expérience, lui apportèrent leur contribution parfois bien plus tard, si bien que l’on peut dire que « la question des prisonniers de guerre apparaît indiscutablement liée au Mouvement wallon ».
Pour le cinquantième anniversaire de la libération des Stalags, le Ministre-Président wallon Robert Collignon, soucieux de rappeler cet épisode historique fondateur parmi d’autres de la conscience wallonne, prit l’initiative d’inviter à une cérémonie d’hommage à Liège, en avril 1995, tous les anciens prisonniers de guerre wallons survivants. Plusieurs centaines répondirent à cet appel.
Adresse
Avenue des Thermes
4050 Chaudfontaine
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Monument duc de BRUNSWICK
© D. Timmermans
Parmi les protagonistes célèbres de la bataille des Quatre-Bras figure le duc Frédéric-Guillaume de Brunswick. Brièvement duc de Brunswick en 1806 avant l’invasion de son duché par Napoléon, il retrouve son titre en 1813 après la campagne de Saxe. Une de ses premières actions est alors de lever des troupes fraîches et de rejoindre le camp des alliés. Le 16 juin 1815, il commande le contingent brunswickois de 5.400 hommes, rattaché à l’armée de Wellington et est mortellement blessé. Il est transporté dans une ferme afin d’être soigné mais le chirurgien arrive trop tard. Son corps est embaumé à Bruxelles puis envoyé à Brunswick.
Un monument a été érigé en sa mémoire au bord de la route de Charleroi. Il s’agit d’un haut bloc de granit de 9 mètres de hauteur, surmonté d’un lion de cuivre de 3 mètres tenant sous sa griffe l’écusson de Brunswick. Cette taille imposante en fait le plus grand de tous les cénotaphes érigés à la mémoire des soldats décédés pendant la campagne de 1815.
Sur une des faces de la stèle se trouve un médaillon en buste du duc, entouré d’une couronne de lauriers, et une inscription en allemand : « Frédéric-Guillaume, duc de Brunswick et Lunebourg, est tombé non loin de cette place en combattant à la tête de ses troupes le 16 juin 1815 ». Sur la face opposée se trouve l’inscription suivante : « À la mémoire du héros et de ses guerriers tombés avec lui pour l’Allemagne – La patrie reconnaissante. MDCCCLXXXX ». En effet, le monument a été érigé en 1890 sur un terrain de 25 mètres de côtés acquis par un comité constitué à Brunswick. Le monument a été financé par souscription publique.
Adresse
Carrefour des Quatre Bras
1470 Baisy-Thy (Genappe)
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument du ballon à Jumet
© SPW-Patrimoine
La bataille de Fleurus est entrée dans l’histoire à plus d’un titre.
C’est au cours de cette bataille qu’est utilisé pour la première fois un ballon d’observation à des fins militaires.
Le ballon « l’entreprenant », véritable arme secrète des armées républicaines, prend son premier envol au-dessus de la Belgique, à Marchienne-au-Pont, en présence du général Jourdan le 24 juin 1794. Il atteint alors plus de 400 m d’altitude.
Cette première tentative réussie lance le coup d’envoi de l’utilisation du ballon pour la suite des opérations.
Le 25 mai, Jourdan envoie l’engin à Jumet dans le but de relever les dégâts causés par les bombardements français à la forteresse de Charleroi.
De cette manière, le général observe l’ennemi, se renseigne sur lui et compte dans son jeu une arme nouvelle, tant sur le plan stratégique que psychologique.
Le 26 juin, jour de la bataille de Fleurus, le ballon se trouve toujours non loin du moulin à vent de Jumet. À son bord, deux officiers qui communiquent avec la terre au moyen de signaux mais également de messages placés dans des sacs de sable lestés depuis l’aérostat.
Même si l’on ne sait exactement quelle fut la place jouée par le ballon dans la victoire, il est un fait certain que cet épisode est entré dans l’histoire.
De nos jours, un monument situé sur la place Gohyssart à Jumet commémore cet événement peu banal de l’histoire militaire.
Œuvre du sculpteur Giuseppe Miggiano intitulée Le ballon de l’an II, il représente une montgolfière.
Réalisé en inox, cuivre émaillé et en argent, le monument mesure 3 m socle compris et a été inauguré le 16 mai 1997.
Adresse
Place Gohyssart à
6040 Jumet
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument DROUET
© D. Timmermans
Un monument a été érigé en hommage au général dans la rue Mont-de-Solre en 1995. Il se présente sous la forme d’un bloc de granit surmonté d’un aigle et sur lequel se trouve une plaque commémorative portant l’inscription suivante : « Au 1er corps d’armée et son général J.-B. Drouet, comte d’Erlon. Bivouac des 14 et 15 juin 1815 ».
Plus bas, une petite plaque de marbre en forme de giberne, plus discrète, est gravée d’une aigle couronnée et de l’inscription « À nos conscrits, 1798-1815 ». L’inaction du 1er corps d’armée malgré sa présence dans la région à l’époque reste un mystère. Pourquoi Drouet d’Erlon et ses hommes ne prirent-ils part à aucune des deux batailles du 16 juin alors qu’ils étaient en mesure d’intervenir ? Il semble que des ordres confus et contradictoires aient mené le général à rester à l’écart, mais rien ne nous permet d’imposer un avis précis sur la question.
Adresse
Rue Mont-de-Solre
6560 Solre-sur-Sambre ( Erquelinnes)
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument DEBEVE
© J. Tordoir
Le cimetière de Chérémont à Wavre compte, au nombre de ses sépultures, le monument commémoratif des frères Debève.
L’aîné, Jean-Baptiste, né le 10 septembre 1788 à Bois-de-Lessines, participe à de nombreuses campagnes de l’Empire. Il est naturalisé Français le 14 février 1825 et fait chevalier de la Légion d’honneur la même année. Resté au sein de l’armée française, il meurt à Douai le 27 septembre 1843 où il est inhumé. Son frère, Benoît-Joseph, né le 14 août 1793, est chasseur à cheval de la garde et décoré de la médaille de Sainte-Hélène. Il est décédé et enterré à Wavre en 1873.
Le monument n’est donc pas une sépulture, mais bien un monument commémoratif. Il se présente sous la forme d’une haute colonne reposant sur un socle carré, surmontée d’une urne funéraire et décorée de la croix de la Légion d’honneur. On y trouve les épitaphes des deux frères : « J.-B. Debève, capitaine de cavalerie, chevalier de la Légion d’honneur » et « B.J. Debève, chasseur de la garde impériale décoré de la médaille militaire de Sainte-Hélène ». On y trouve aussi les noms de célèbres batailles auxquelles ils ont pris part : Austerlitz, Iéna, Eylau, Waterloo…
Adresse
Cimetière de Chérémont
Avenue de Chérémont
1300 Wavre
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument de la Redoute à Sougné-Remouchamps
© SPW - J. Massaux
Une autre bataille ayant suivi celle de Fleurus a eu lieu dans la région liégeoise le 18 septembre 1794, alors que les Français s’attachaient à conquérir définitivement nos territoires avant de préparer leur annexion.

© Bruxelles, KIK-IRPA
Depuis la fin juillet, ils occupaient Liège et la citadelle, ainsi que la rive gauche de la Meuse jusqu’aux abords de Maestricht. La rive droite et la Chartreuse étaient toujours aux mains des Autrichiens. L’Ourthe formait alors une frontière entre les deux armées qui s’observaient plus qu’elles ne se combattaient. Les Français, vainqueurs des Autrichiens à Fleurus le 26 juin, souhaitent parvenir jusqu’au Rhin mais s’arrêtent dans un secteur tranquille pendant près d’un mois et demi, jusqu’au brutal sursaut du matin du 18 septembre sur les bords de l’Ourthe et de l’Amblève : des canonnades se font entendre à Esneux, Comblain-au-Pont, Aywaille, Remouchamps et Sprimont. Sous les ordres de Scherer, Marceau, Mayer et Haquin, les Français se lancent à l’assaut des positions autrichiennes dont les soldats se retrouvent chassés en quelques heures et refoulés vers le nord-est. Une nouvelle défaite survient à Clermont, le 20 septembre, et provoque le repli des armées impériales derrière la Roer. Le 6 octobre, les troupes républicaines atteignent leur but : l’avant-garde est au bord du Rhin.
Au sommet de la célèbre côte de la Redoute trône un monument rappelant ces faits. Il est le fruit des efforts d’un comité du souvenir, créé à Aywaille en 1954 sous la houlette de Louis Thiry. Cet imposant bloc de granit comporte, dans sa partie haute, une médaille représentant le coq français et, dans sa partie basse, l’inscription « Ici, l’armée française vainquit les troupes autrichiennes. 18 septembre 1794 ».
Non loin de là, également à Sougné-Remouchamps, se trouve une croix en bois décorée d’un christ en plomb et dénommée « Croix rouge » ou « Croix des Français ». Elle aurait été plantée en 1794 en mémoire de soldats tués au cours des combats contre les Autrichiens.
Adresse
4920 Sougné-Remouchamps (Aywaille)
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument de la bataille du 4 mars 1793 à Ayeneux
© IPW
Un petit monument commémorant des combats entre Français et Autrichiens se trouve le long de la chaussée de Wégimont à Ayeneux. Cette stèle de pierre, d’environ 1 mètre de hauteur, témoigne, elle aussi, du retour des Autrichiens dans nos régions dans le but de restaurer l’Ancien Régime. Recomposée sous les ordres du prince de Cobourg, l’armée autrichienne lance, en mars 1793, une contre-offensive dans le but de prendre la ville de Bruxelles.
Le monument commémoratif comporte une plaque gravée de l’inscription suivante : « Ici, le 4 mars 1793, l’arrière-garde française aidée par les paysans de Soumagne, arrêta pendant toute la journée l’offensive autrichienne ». Cette « victoire » à Soumagne s’inscrit entre la prise de Maestricht (1-2 mars) et celle de Liège (5-7 mars) avant la défaite des Français, quelques jours plus tard, le 18 mars, à Neerwinden, dans le sud de l’actuel Brabant flamand.
Les Autrichiens rétablissent le prince-évêque François-Antoine de Méan sur son trône à Liège avant d’entrer dans Bruxelles le 26 mars. Accueillis favorablement par la population brabançonne, ils restaurent les Pays-Bas autrichiens dans leur statut d’avant Jemappes et désignent l’archiduc Charles d’Autriche, frère de l’empereur François Ier, et s’étant distingué à Neerwinden, en tant que nouveau gouverneur général.
Adresse
Chaussée de Wégimont
4630 Ayeneux (Soumagne)
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument Charles de GAULLE à Verviers
© SPW - G. Focant
C’est à l’initiative de Joseph Gélis, fondateur et secrétaire de la section verviétoise de Wallonie libre, qu’un monument en hommage au général de Gaulle existe à Verviers : lors du décès du grand symbole de la Résistance, celle-ci décida, dès le 10 novembre 1970, de lui rendre hommage. Un comité provisoire, soutenu par le fils du Général, fut mis en place, mais le nom de de Gaulle ne faisait pas l’unanimité chez les anciens combattants. L’idée ne fut reprise qu’en 1979, à l’initiative de Jules Nissenne.
La Ville de Verviers refusa de s’associer via un soutien financier, mais donna son accord pour l’édification du monument dans un espace public. Le Comité du Souvenir Charles de Gaulle – Verviers lança alors une souscription publique, et le monument fut inauguré le 21 juin 1980.
Réalisé par les architectes Charles Vivroux (dont ce fut la dernière réalisation avant le décès) et Jean Burguet, il se présente sous la forme d’une stèle de 3 mètres de haut sur laquelle se trouvent une croix de Lorraine et un médaillon en bronze représentant de Gaulle. Plusieurs inscriptions sont également visibles sur le monument. En-dessous du médaillon : « Charles de Gaulle. Appel du 18 juin 1940 ». Et sur les faces latérales : « Honneur et Patrie », ainsi que « Hommage à la résistance ». Ce fut longtemps le seul monument en l’honneur de de Gaulle érigé en dehors du territoire français.
L’emplacement du monument, rebaptisé « Square de Gaulle » en juin 1982, devint un lieu de commémoration pour le Mouvement wallon. Une cérémonie y est organisée, chaque 18 juin : d’abord par l’Union française de Verviers, entre 1982 et 1987 ; ensuite par le Comité du Souvenir Charles de Gaulle – Verviers ; enfin, depuis 2008, par la Ville de Verviers qui a pris le relais des militants wallons.
Adresse
Square Charles de Gaulle
4800 Verviers