Fabrique impériale de tapis de Tournai
La production de tapisseries de grande qualité fait la renommée de la ville de Tournai depuis la fin du Moyen Âge. Comme cela fut le cas pour bien d’autres manufactures, son sort évolue sous le régime français lorsque l’industrie est reprise par Piat François Joseph Lefebvre, qui rénove l’entreprise à partir de 1779. Après l’annexion, la manufacture emploie près de 800 ouvriers. Profitant de la vente des biens nationaux, Lefebvre achète l’ancien couvent des Clarisses sur lequel il fait édifier un nouveau bâtiment.
Parmi les clients les plus prestigieux figure l’empereur lui-même, qui commande de nombreuses tapisseries entre 1809 et 1812 parmi lesquelles le « tapis de la Légion d’honneur ou des seize cohortes », destiné au château de Fontainebleau et aujourd’hui conservé au Musée de la Légion d’honneur à Paris (les dessins préparatoires à la réalisation de cette tapisserie sont visibles au musée des arts décoratifs de Tournai. Le musée conserve également des porcelaines à l’effigie de Napoléon). L’usine emploie alors près de 5 000 ouvriers !
Réalisée à la demande de la Société Piat-Lefebvre, la façade de la fabrique présentait un caractère somptueux inhabituel pour ce genre de bâtiment. Elle fut édifiée entre 1809 et 1812 sur les plans de l’architecte du Grand-Hornu Bruno Renard, au moment où l’entreprise connaissait sa plus grande prospérité. Disparue à la fin du XIXe siècle, il n’en reste plus aujourd’hui qu’une des quatre entrées néoclassiques d’origine. Enduite de peinture, elle présente des murs à refends profonds et crossettes sous soubassement de pierre. Au centre, un portail, dont le cintre est frappé d’une clé triple, repose sur des impostes en épais bandeau. Sous la corniche figure une frise décorée de rosaces et de triglyphes.
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Frédéric MARCHESANI, 2014Dalle funéraire du général-major Loix
Né le 1er septembre 1784 à Wodecq, Désiré-Joseph Loix s’engage comme volontaire au 82e régiment d’infanterie de ligne le 10 octobre 1805. L’essentiel de sa carrière sous l’Empire se déroule dans la péninsule ibérique où son régiment se trouve entre 1807 et 1813. Il participe entre autres au siège d’Almeida, du 24 juillet au 28 août 1810. Avant la chute de l’Empire, compte-tenu de ses capacités et de sa bravoure, Loix est promu capitaine et participe aux batailles menées dans les Pyrénées en 1814. Il est ensuite intégré dans l’armée des Pays-Bas avec son grade de capitaine et participe aux combats du 18 juin 1815. Démissionnaire de l’armée néerlandaise le 12 novembre 1830, il devient lieutenant-colonel de l’armée belge. Il décède le 15 décembre 1852.
Désiré-Joseph Loix repose aujourd’hui à l’ombre de l’église Saint-Quentin. Son monument funéraire est encastrée contre un mur de la tour et comporte l’inscription suivante : « À la mémoire de M. D. J. Loix, général-major, officier de l’ordre de Léopold, chevalier de la Légion d’honneur, né à Wodecq le 1er 7bre 1784, décédé à Mons le 15 Xbre 1852. Entré au service en 1805, il fit les campagnes d’ouest, celles d’Espagne et de Portugal ».
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Frédéric MARCHESANI, 2014Dalle funéraire du comte Eugène d’Astier
© Bruxelles, KIK-IRPA

© Bruxelles, KIK-IRPA
Né le 13 juin 1796 à Zétrud-Lumay, il entre au service dès 1810 et a peut-être servi au 27e régiment de chasseurs à cheval bien qu’aucun document ne puisse nous le confirmer. Il devient sous-lieutenant en 1814 et passe ensuite dans l’armée des Pays-Bas où il est nommé premier lieutenant le 11 novembre 1814. Il sert dans le 2e régiment de carabiniers belges pendant la bataille de Waterloo. Gravement blessé, il agonise longuement avant de décéder le 19 juillet 1817.
Il est inhumé dans la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours située au milieu des champs dans son village natal. Au sol, se situe sa dalle funéraire gravée dans les marbres blanc et noir. On y retrouve des armoiries dans la partie supérieure et son épitaphe dans la partie inférieure : « Ci-gît Messire Eugène comte d’Astier, lieutenant en 1er au rég[imen]t des cuirassiers belges (…) présent à la bataille de Waterlo [sic] le 18 juin 1815. Décédé à Bruxelles le 19 juillet 1817 âgé de 21 ans ».
La chapelle abrite également la sépulture de ses deux frères, eux aussi combattants des guerres d’Empire : Honoré-Dominique d’Astier, officier au service de la France jusqu’en 1814 et Henri-Louis-Marie d’Astier, sous-lieutenant au régiment des chevau-légers belges, capitaine au 27e chasseurs à cheval.
Adresse
Vieux chemin
1370 Zetrud-Lumay
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Frédéric MARCHESANI, 2014Dalle funéraire de Nicolas Hesse
Cette dalle de schiste, autrefois adossée au mur de clôture du cimetière de Strainchamps et aujourd’hui déplacée, évoque le sort des ecclésiastiques après la suppression des ordres religieux en 1796. On y trouve l’inscription suivante : « Ci-gît le corps de sire N[ico]las Hesse, né à Luxembourg le 18 VIIIbre 1758, décédé le 30 mai 1837 à l’âge de 81 ans. Il entra au couvent de Luxembourg de l’ordre de Saint-F[ran]çois, de là il fut reçu à celui de Tournay où il fut ordonné prêtre en 1784, il était Récollet à Bastogne au moment de la suppression vers 1796, il fut ensuite nommé vicaire à Bastogne, où il exerça jusqu’en 1813 (…) ».
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Frédéric MARCHESANI, 2014Dalle funéraire de Marie-Madeleine de Saint-Mart et chapelle Notre-Dame du Bon Conseil
© IPW
Une dalle funéraire de 1681 provenant de l’église de l’ancien prieuré Saint-Quirin de Huy conserve une mention relative à Maximilien-Henri de Bavière.
Située rue des cloîtres et adossée au mur de clôture du jardin de la cure, la dalle de la prieure Marie-Madeleine de Saint-Mart, taillée en bas-relief, comporte une épitaphe faisant référence à ses parents : « (…) Madame Catherine de Romrée, veuve de feu noble et généreux messire François de Saint-Mart, baron de Fraipont, seigneur de Neuville et commandant les armes pour son altesse de Liège entre Sambre et Meuse (…) ».

© IPW
Au pied du Mont Picard, sur la chaussée Napoléon, se trouve la chapelle Notre-Dame du Bon Conseil.
Construite pour la première fois en 1649 par Paul-Jean de Groesbeeck, grand prévôt de la cathédrale Saint-Lambert et chancelier du prince-évêque Ferdinand de Bavière, elle fut détruite par un éboulement en 1788.
L’édifice actuel date de 1882 et conserve une trace du sanctuaire d’origine faisant référence à son bâtisseur et au prince-évêque Ferdinand de Bavière (1618-1650).
Encastrée dans le mur, la pierre de fondation sculptée aux armes de la famille de Groesbeeck et millésimée 1649, porte l’inscription suivante : « À messire Paul Jean baron de Groesbeeck, chanoine et archidiacre de Condroz en l’église de Liège, abbé régulier de Dinant, seigneur de Franc-Waret, chancelier de son altesse sérénissime l’électeur de Cologne, évêque et prince de Liège et président de sa chambre des comptes ».
Adresse
Rue des Cloîtres
4500 Huy
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Frédéric MARCHESANI, 2013Dalle funéraire de Florent de Rondelet
© IPW
Parmi les nombreuses pierres tombales présentes à l’avouerie d’Anthisnes et provenant de l’ancienne église Saint-Maximin se trouve la dalle de Florent et Marie de Rondelet, datée de 1707.
Taillée en relief et fort usée, elle comporte dans sa partie inférieure une table d’épitaphe portant l’inscription : « Florent de Rondelet, en son vivant officier du marquisat de Franchimont et bailli d’Anthisnes ».
La pierre se trouve sur le territoire de la principauté de Stavelot-Malmedy.
Adresse
Avenue de l'Abbaye 19
4160 Anthisnes
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Frédéric MARCHESANI, 2013Dalle funéraire de Charles Goffin
© Bruxelles, KIK-IRPA
Située dans le cimetière de Tintigny, dressée contre le mur de l’église, se trouve la dalle funéraire d’un ancien curé de la localité. D’une hauteur de 170 cm sur une largeur de 69 cm, elle a été gravée en 1854 et décorée d’une croix entourée de deux étoiles et de deux chandeliers d’église et décorée d’un calice surmonté de l’Hostie. À son pied se trouve un crâne. Il s’agit ici d’un programme traditionnel de l’iconographie funéraire liée à un membre du clergé. Dans la partie inférieure se trouve un cartouche gravé d’une inscription latine rappelant le sort réservé au prêtre suite à la Révolution : « À la mémoire du révérend Charles Goffin qui, aux époques calamiteuses, s’est exilé 15 mois dans l’île de Ré, puis pour 25 ans à Sainte-Marie, il est mort pieusement à Tintigny le 16 juillet 1854 à l’âge de 76 ans ».
Adresse
Rue des minières
6730 Tintigny
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Frédéric MARCHESANI, 2014Dalle funéraire d’Albéric du Chastel de la Howardries
© Bruxelles, KIK-IRPA
Membre de la prestigieuse famille du Chastel de la Howardries, seigneurs du lieu sous l’Ancien Régime, Albéric du Chastel est né en 1788. Entré au service militaire, il entame sa carrière au service de la France au grade de sous-lieutenant en 1809.
Il participe à la campagne de Russie et prend part à la campagne de 1815 en qualité de capitaine du 2e chasseurs à cheval. C’est dans ce régiment qu’il combat à la bataille des Quatre-Bras. Il poursuit sa carrière dans l’armée hollandaise avant d’entrer en politique. Il est membre de la chambre des représentants du royaume des Pays-Bas entre 1819 et 1830. Resté célibataire, il obtient le 2 novembre 1857 la reconnaissance de la noblesse belge et est titré comte.
Il repose dans l’église Saint-Martin de Hollain. Sa dalle funéraire a été sculptée dans du marbre blanc en 1864. Elle comporte dans sa partie supérieure les armoiries du défunt ainsi que sa devise « Porte en soy honneur et foy » et, dans sa partie inférieure, l’épitaphe suivante : « À la mémoire de Monsieur Albéric Ernest Henri Marie-Joseph, comte du Chastel de la Howardries, en son vivant chevalier de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre du lion néerlandais, chevalier grande croix de l’ordre grand ducal, de la couronne de chêne, bourgmestre d’Hollain, né à Tournai le 31 décembre 1788, décédé pieusement à Hollain le 27 avril 1864 (…) ».
Adresse
Rue de Tournai 88
7620 Brunehaut
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Frédéric MARCHESANI, 2014Croix Ledoyen à Érezée
© Bruxelles, KIK-IRPA
Anciennement au cimetière et aujourd’hui située dans l’église Saint-Laurent-et-Saint-Monon d’Érezée, se trouve une croix funéraire d’un prêtre réfractaire, lui aussi déporté sur l’île de Ré. La croix est gravée de l’inscription suivante : « Ci-gît le corps de Henri Joseph Ledoyen, curée d’Érezée où il est décédé le 27 mars 1831 à l’âge de 68 ans, administré des Sacrements de notre mère la Sainte Église, qui fut déporté à l’île de Rhé [sic] l’an 1798 ayant été mis dans 36 prisons. RIP. Amen ». Cette épitaphe se trouve de part et d’autre de la croix funéraire, décorée de symboles religieux : chandeliers, calice, hostie…
Adresse
Avenue du Centenaire
6997 Érezée
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Frédéric MARCHESANI, 2014Croix de Jean-Joseph Cartiaux
© IPW
Le long de la rue François Lorge à Vedrin se trouve une croix couverte fort élémentaire. En bois, elle comporte une petite plaque sur laquelle est simplement inscrit : « Jean-Joseph Cartiaux, prisonnier à l’île de Cabrera de 1808 à 1814 ».
Ce discret monument commémoratif nous renseigne sur une des facettes moins bien connues de la période napoléonienne. En 1808, alors que l’armée française se trouve en Espagne, l’empereur doit faire face à une insurrection dans le sud du pays, dans la ville de Baylen. Face à la puissance de résistance espagnole, le général Dupont de l’Étang est contraint à la capitulation le 24 juillet 1808. Cette grande victoire espagnole constitue aussi le premier échec important des armées napoléoniennes et montre que la France n’est pas invincible. Le traité signé prévoit le rapatriement des troupes françaises à Rochefort mais déplaît aux Anglais et suscite l’indifférence de Napoléon qui n’apporte aucune aide aux prisonniers français.
Tout d’abord dispersés dans les campagnes espagnoles, les soldats français sont faits prisonniers après la victoire de la Grande Armée à Madrid en décembre 1808 et enfermés dans des bateaux ancrés dans la rade de Cadix pendant quatre mois. Ces prisonniers sont ensuite transférés à Cabrera, une petite île de l’archipel des Baléares, au sud de Majorque. Ce sont 2 979 sous-officiers et soldats qui y débarquent le 2 mai 1809, suivis de 1 248 autres prisonniers le 9 mai et d’un troisième contingent le 11 mai. On estime le nombre total de prisonniers emmenés à Cabrera entre 1809 et 1814 à 11 800 hommes. L’île, un désert de cailloux, ne possédait ni maison ni eau. Les prisonniers y survivent dans des conditions miséreuses pendant de nombreuses années. À la fin du régime impérial français, un premier convoi délivre les prisonniers les plus malades le 16 mai 1814. Une semaine plus tard, le restant des 3 700 survivants est transporté à Marseille. Parmi eux, un soldat belge des armées napoléoniennes, discrètement commémoré au bord d’une route de la campagne namuroise.
Adresse
Rue François Lorge
5020 Vedrin