Mémoire des frères Boussart
© © SPW-Patrimoine-Guy Focant
La ville de Binche conserve plusieurs souvenirs liés aux frères Boussart, militaires qui se sont illustrés sous l’Empire.
André-Joseph Boussart (1758-1813) entame sa carrière en qualité d’officier dans les troupes autrichiennes avant de prendre le parti des troupes belges en 1789 et de passer à la France en 1791. Il fait la campagne de 1792 vers la Belgique puis fait partie de l’armée d’expédition d’Égypte en 1797. Sous l’Empire, il participe aux campagnes de Prusse en 1806 et d’Espagne en 1810-1811. Promu baron d’Empire en 1809, il est nommé général de division le 16 mars 1812. Il meurt le 11 août 1813 à Bagnèresde-Bigorre.
Son frère cadet, Félix Boussart (1771-1814), est lui aussi volontaire parmi les troupes belges de la Révolution et passe également à l’armée française en 1791. Il fait les campagnes de l’armée du Nord en 1792-1793, sous le commandement de son aîné. Suivant à nouveau son frère, il participe à la campagne d’Égypte. Il est fait prisonnier de guerre lors de la capitulation de Dresde le 11 novembre 1813. Blessé, il est soigné dans la maison des invalides de Pest où il décède le 23 janvier 1814.

Un autre monument, cette fois directement dédié aux deux frères, se trouve dans le parc communal de Binche. Cette haute stèle de pierre bleue comporte des inscriptions sur ses deux faces. Un buste en bas-relief d’André-Joseph Boussart, entouré d’une couronne de laurier et du monogramme de Napoléon, se trouve sur une face, au-dessus de l’inscription suivante : « Au général André Boussart, baron de l’Empire, commandeur de la Légion d’honneur, 1758-1813 ».
De l’autre côté se trouve l’aigle impériale et le même monogramme, ainsi que l’inscription suivante : « Au lieutenant-colonel Félix Boussart, membre de la Légion d’honneur, 1771-1813, et à ses frères d’armes binchois ». Ce monument indique que le cadet est décédé en 1813. Son acte de décès de la maison des invalides de Pest indique toutefois qu’il est décédé dans les premiers jours de 1814. Enfin, un médaillon en fonte d’une quarantaine de centimètres représentant André-Joseph Boussart est conservé à l’hôtel de ville de Binche.
Adresse
Square Eugène Derbaix
7131 Binche
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Frédéric MARCHESANI, 2014Monument à la mémoire de Maximilien de HORNES
© IPW
Encore aujourd’hui, le patrimoine de Braine-le-Château reste profondément marqué de l’empreinte de Maximilien de Hornes.
Fidèles serviteurs de la maison de Bourgogne, les comtes de Hornes deviennent maîtres de Braine-le-Château après l’achat de la seigneurie par Jean de Hornes le 21 juin 1434.
Ces puissants lieutenant des ducs de Bourgogne obtiennent ensuite des charges de prestige dans les Pays-Bas espagnols : sénéchal de Brabant, capitaine général du comté de Namur, capitaine général des armées de Charles le Téméraire, maréchal héréditaire de Hainaut, chambellan de Charles Quint ou encore grand chambellan des rois d’Espagne.
La famille se devait de posséder une demeure à la hauteur de ces fonctions. Parmi ceux-ci, il semble que l’on doit à Maximilien de Hornes (1475-1542) la transformation du château médiéval en demeure résidentielle de prestige. En premier lieu, le château des comtes de Hornes en constitue le témoin le plus imposant.
Parmi les monuments les plus représentatifs figure en première place le pilori.
Comme l’indique une inscription présente à la base de la lanterne, le monument a été édifié par « Maximilien de Hornes de Gasbecke, chevalier de la Toison d’Or de l’empereur Charles, 1521». Le pilori, instrument d’application des peines comme le perron dans la région liégeoise, est aussi le symbole du pouvoir judiciaire détenu par le seigneur de Braine sous l’Ancien Régime.
Il est édifié au centre de la localité, ici sur la Grand-Place, non loin du château féodal.
Le monument est exceptionnel, il constitue un des rares témoins de piloris datés de cette époque parvenus jusqu’à nous. Il se compose d’une base hexagonale, surmontée d’une colonne de 3 m de hauteur couronnée d’un chapiteau portant l’inscription dédicatoire et lui-même surmonté d’une lanterne de 2,7 m de hauteur.
Le monument, imposant, atteint une hauteur totale de 8,4 m de hauteur ; il est ainsi le plus haut et le plus ancien conservé en Belgique !
À quelques pas de là, la maison du bailli témoigne elle aussi du passé seigneurial de Braine-le-Château. Cette très belle demeure est un fleuron patrimonial de l’entité datant du XVIe siècle. Elle abritait le logement du bailli, dont certains furent également régisseurs des biens des seigneurs de Braine.
De ce passé seigneurial subsiste également un moulin banal, en fonction depuis 1226. La bâtisse actuelle a été rebâtie dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

© KIK-IRPA, Bruxelles
Proche du pilori également, l’église Saint-Rémy conserve le gisant de Maximilien de Hornes.
Compagnon de Philippe le Beau en Espagne en 1501, il entre dans l’entourage des ducs de Bourgogne et de leurs successeurs jusqu’à sa mort en 1542. Il cumule alors des fonctions d’importance : panetier de Philippe le Beau, grand échanson de Jeanne de Castille, lieutenant de la Cour féodale et conseiller de Brabant, maréchal héréditaire de Hainaut, chambellan de Charles Quint.
Le gisant, sculpté dans l’albâtre, représente le défunt en armure arborant le collier de la Toison d’Or, le tout d’une manière des plus réalistes. Le défunt est représenté jeune, en prière, la tête reposant sur un coussin soutenu par deux angelots et un chien à ses pieds. Le monument ne porte aucune inscription.
Adresse
Sentier Lavianne 1
1440 Braine-le-Château
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Frédéric MARCHESANI, 2013Manufacture impériale des armes de Liège
© IPW
La fabrication d’armes civiles et militaires est une vieille spécialité liégeoise qui, au fil des siècles, se perfectionne et étend sa renommée.
La Révolution industrielle permet à la région liégeoise de devenir un des plus importants centres armuriers du monde, une fois encore sous l’impulsion de Napoléon.
Au début du XIXe siècle, la production est encore manuelle et les édifices qui renferment ces activités sont les demeures de marchands dits « fabricants » ; les ouvriers chargés d’assembler les armes travaillent alors le plus souvent à domicile. Il s’agit généralement de demeures qui se confondent avec d’autres dans le paysage urbain ou de demeures de prestige de construction plus ancienne mais que les grands manufacturiers se sont réappropriés.
Plusieurs témoins subsistent dans les quartiers de Saint-Léonard et Coronmeuse, à cheval entre les communes de Liège et Herstal.
L’hôtel Gosuin, situé place Coronmeuse, évoque aujourd’hui encore la personnalité de Jean Gosuin, cloutier de formation, directeur de la manufacture de Charleville avant d’arriver à Liège où il fonde une nouvelle usine qui connaît rapidement un succès grandissant.
Le 24 mars 1803, son entreprise reçoit le monopole de la fabrication des armes militaires pour 6 ans. Les nombreuses campagnes menées par Napoléon à travers l’Europe offrent une quantité de travail considérable à cette manufacture privée. Gosuin vend les armes à l’État à un prix convenu de 29 F/pièce et engage de plus en plus : son entreprise passe de 51 ouvriers en 1799 à 1500 en 1813 !
Fort de son succès, Gosuin acquiert un très bel hôtel de maître érigé à la fin du XVIIIe siècle. La demeure présente une haute façade de brique et calcaire de sept travées sur trois niveaux surmontée d’un fronton sur lequel figure une représentation de la Justice et de sa balance. Celle-ci est entourée de motifs caractéristiques de l’activité du fabricant (deux canons et une pile de boulets) et de l’époque (la Justice s’appuie sur des faisceaux républicains).
Non loin, au début du quai Saint-Léonard, subsistent les bâtiments de la manufacture nationale puis impériale des armes de Liège. Il s’agit de plusieurs habitations construites au XVIIIe siècle sises aux numéros 25-26 et 33-34. Prises en location par Jean Gosuin dès 1792 afin d’accroître la surface de ses installations, ces demeures ne témoignent en rien de leur passé. Dans ces maisons se trouvaient une salle de révision pour les canons, une salle de réception des fusils, des dépôts de pièces et de produits finis, des magasins de matière première et un entrepôt de bois de fusils. Après la période française, ces installations sont rachetées par le fabricant d’armes Pierre-Joseph Malherbe qui y exerce ses activités jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Aujourd’hui, une plaque commémorative apposée sur la façade du nº 243, rappelle cet état de fait. Elle comporte dans sa partie supérieure une représentation du perron liégeois au-dessus d’une inscription « Lieu où a été par Décret impérial du 14 déc[embre] 1810 et l’arrêté de la Préfecture de l’Ourthe du 13 mai 1811, établi le Banc d’Épreuve officiel des Armes à Feu de Liège, pour le bien du Commerce, de la Sécurité des utilisateurs et le Renom de l’Armurerie liégeoise ».
Adresse
Quai de Maestricht 13
4000 Liège
Classement
Classé comme Monument le 24 juillet 1936
Patrimoine exceptionnel de Wallonie
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Frédéric MARCHESANI, 2014Maison syndicale André Genot
La Maison syndicale namuroise de la CGSP porte le nom d’un des plus célèbres promoteurs du syndicalisme wallon : André Genot (1913-1978).
Né en 1913 dans une famille ouvrière, autodidacte, il adopte une approche politique et syndicale à la fois radicale et pragmatique. Prisonnier de guerre puis résistant, il fait la rencontre d’André Renard à cette époque. Très rapidement sensibilisé à la question wallonne, il fera partager cette préoccupation à ce dernier et mènera avec lui tous les grands combats wallons de l’après-guerre.
Défenseur d’un fédéralisme basé sur trois Régions, il participe, peu après les grèves de l’hiver 1960-1961, à la fondation du Mouvement populaire wallon (MPW). En juillet 1962, André Genot a la lourde tâche de remplacer le leader liégeois décédé subitement. Lors de la fixation de la frontière linguistique, il marque son soutien au combat des Fouronnais. Il plaidera également sans relâche pour la constitution d’une Interrégionale wallonne au sein de la FGTB.
André Genot restera un militant wallon actif jusqu’au milieu des années 1970, peu avant son décès.
Il fut élevé au rang d’Officier du Mérite wallon, à titre posthume, en 2012.
Adresse
Rue Armée Grouchy 41
5000 Namur
Maison natale de Jean-Nicolas Bassenge
© Révolution liégeoise
Cette petite maison de la seconde moitié du XVIIe siècle est une des belles constructions anciennes du centre de la cité. Érigée dans le pur style traditionnel liégeois en brique et calcaire, elle est percée de baies à linteaux droits, comporte une bâtière à coyau et une lucarne à fronton triangulaire. Identique dans sa conception à sa voisine de droite bien que moins élevée, elle abrite aujourd’hui un établissement horeca. Au-dessus de la porte d’entrée se trouve une plaque commémorative rappelant le passé historique de la demeure : « Ici est né le 24-XI-1758 Jean-Nicolas Bassenge, l’un des chefs de la Révolution liégeoise de 1789 ».
Issu d’une famille de la haute bourgeoisie principautaire, Jean-Nicolas Bassenge se fait connaître en 1781 en publiant La nymphe de Spa, apologie de la philosophie des Lumières qui lui cause quelques ennuis. Malgré la protection du prince-évêque François-Charles de Velbrück, il décide de partir pour Paris où il rencontre les plus célèbres écrivains de l’époque.
Défenseur des idées républicaines et spectateur des premiers événements révolutionnaires en France, il rentre à Liège dès que la Révolution éclate en 1789. Il prend la tête du mouvement de protestation avec Fabry et Chestret et rédige, pour le compte de la Société des amis de la liberté et de l’égalité de Liège, un plaidoyer pour la réunion du pays de Liège à la France.

Il est exclu de l’amnistie après le rétablissement du prince-évêque de Hoensbroeck et repart à Paris. Il retourne dans sa ville natale à la fin de l’année 1792 avec les troupes du général Dumouriez mais s’exile une fois encore après la défaite de Neerwinden en mars 1793.
L’annexion de nos territoires en 1795 marque son retour définitif dans la cité ardente. Sous le régime français, il est commissaire général du directoire exécutif du département de l’Ourthe puis est élu en 1798 pour représenter son département au conseil des Cinq-Cents à Paris. Favorable au coup d’État de Bonaparte en 1799, il siège sous le Consulat au corps législatif et y défend ses idéaux républicains. Il se retire de la vie politique en 1802 et devient conservateur de la bibliothèque municipale de Liège. Il meurt le 16 juillet 1811, à l’âge de 52 ans.
Adresse
Rue de la Goffe
4000 Liège
Informations pratiques
La plaque commémorative se trouve juste au-dessus de la porte d'entrée d'un établissement horeca
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Frédéric MARCHESANI, 2014Maison natale de Jean-Joseph Fyon
Cet édifice construit au début du XVIIIe siècle est de style Régence. Il s’agit d’une des belles constructions verviétoises de l’époque, caractérisée par l’usage du linteau appareillé, la présence de corbeaux apparents, d’un fronton triangulaire et d’un grand porche donnant sur une cour intérieure.
Cet immeuble fut la propriété d’Edmond Fyon, drapier cossu et bourgmestre de Verviers, et ensuite de son fils aîné.
Le frère de ce dernier, Jean-Joseph, entra lui aussi dans l’histoire mais pour d’autres raisons. Né dans cette maison en 1745, Jean Lambert Joseph Fyon entre tôt dans la vie politique verviétoise : il est conseiller en 1769 puis bourgmestre à deux reprises de 1772 à 1774 et de 1777 à 1778. Sous l’Ancien Régime, il est également maître des postes impériales.
Au moment de la Révolution liégeoise de 1789, Fyon s’érige en représentant de l’aile radicale du mouvement et parvient à se faire élire à nouveau bourgmestre ; il inaugure ainsi une carrière politique et militaire qui le conduira dans les plus hautes sphères du pouvoir. Devant l’intervention des troupes impériales dans le marquisat de Franchimont, il est nommé colonel du 2e régiment d’infanterie des forces liégeoises le 26 avril 1790.
Après la première restauration du prince-évêque, il s’exile à Paris où il prend la tête du « comité des Belges et des Liégeois réunis ». En 1792, il fait partie des troupes de La Fayette et puis entre à Liège avec le général Dumouriez. Il poursuit sa carrière militaire au sein de l’armée républicaine jusqu’en septembre 1793. Le 4 décembre de la même année, il est arrêté pour conspiration contre la République et interné à Saint-Lazare. Libéré grâce à l’aide de Bassenge et Robespierre, il est incarcéré une seconde fois entre avril et juillet 1794.
Après l’annexion de la principauté de Liège, il est élu député du département de l’Ourthe au conseil des Anciens. Resté fidèle à ses convictions révolutionnaires, il s’oppose au Directoire et à Napoléon, refusant de voir le régime changer à nouveau. Inscrit sur la liste de proscription en 1801, il rentre sur ses terres et décède à Liège le 2 septembre 1816.
Adresse
Thier-Mère-Dieu 18
4800 Verviers
Classement
Classée comme monument le 4 octobre 1974
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Frédéric MARCHESANI, 2014Maison Jacquet
Rochefort est le centre de la principale seigneurie du sud de la principauté de Liège et la capitale du comté du même nom.
Une partie du territoire du comté déborde des frontières liégeoises et fait partie de la terre de Hamerenne, seigneurie luxembourgeoise de la prévôté de Durbuy.
Ses habitants sont dotés d’une charte de franchise en 1235 par le prince-évêque Jean d’Eppes.
Érigée en comté en 1494 par Jean de Hornes, elle relève à la fois du prince-évêque et du duc de Luxembourg.
L’histoire de Rochefort est aussi intimement liée à celle de l’abbaye Saint-Rémy, fondée à la fin du XIIIe siècle.
La maison Jacquet, propriété au XVIIIe siècle de Pierre-Louis Jacquet (1683-1763), évêque suffragant de Liège, est située en contrebas du château des comtes de Rochefort.
Cette longue bâtisse d’allure classique a été élevée en briques et pierre bleue à la demande de son propriétaire. À l’intérieur se trouve un corps de cheminée daté de 1763 portant les blasons de Monseigneur Jacquet et du prince-évêque François-Charles de Velbrück (1772-1784).
Adresse
Rue Jacquet 76
5580 Rochefort
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Frédéric MARCHESANI, 2013Maison Istace-Dambour
© © KIK-IRPA, Bruxelles
Parmi les cheminées de la demeure, une très belle taque de foyer en fonte retient l’attention.
Placée dans une cheminé en bois sculpté datée de 1700-1710, une taque millésimée 1559 porte les armes impériales.
Au centre de la composition, un écu représente l’aigle bicéphale surmontée d’une couronne royale entourée du soleil et de la lune et supporté de part et d’autre par deux griffons couronnés.
Un bandeau au-dessus de la composition date l’œuvre « AN[N]O 1559 ».
La présence dans une demeure du duché de Luxembourg d’une taque aux armes impériales autrichiennes est des plus originales pour l’époque.
En 1559, le duché est possession de la couronne espagnole, depuis trois ans entre les mains du roi Philippe II, fils de Charles Quint.
L’empereur du Saint-Empire, dont les armes figurent ici à Paliseul est à ce moment Ferdinand Ier, l’oncle du roi d’Espagne, désigné par son frère Charles Quint à sa succession en 1556 au moment de son abdication. Il est à l’origine de la branche autrichienne des Habsbourgs.
Adresse
6850 Paliseul
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Frédéric MARCHESANI, 2013Maison du Folklore : hommage à Félix ROUSSEAU
© Collection privée
Membre de la Société des Amis de l’Art wallon fondée par Jules Destrée en 1913, de la Ligue wallonne de Namur et de la Société historique pour la Défense et l’Illustration de la Wallonie en 1938, Félix Rousseau (1887-1981) fera montre, toute sa vie, d’un profond engagement wallon.
Comptant parmi les fondateurs du Mouvement wallon catholique, qui deviendra Rénovation wallonne à la Libération, il participe au Congrès national wallon de 1945 et est membre de l’Association pour le Progrès intellectuel et artistique de la Wallonie qui préconise un meilleur enseignement de l’histoire régionale et locale.
Constatant que certains historiens, comme Henri Pirenne, se sont concentrés sur l’histoire du Brabant et de Flandre, il met en avant la richesse du passé namurois et liégeois. Son ouvrage La Meuse et le pays mosan révèle l’apport de cet espace à la civilisation européenne. A travers L’art mosan et Wallonie, terre romane, il souligne l’importance déterminante pour la Wallonie de la latinisation et de la participation à la culture française. Amoureux de sa ville et historien précurseur de la Wallonie, Félix Rousseau n’aura de cesse de promouvoir la diffusion de l’histoire de sa terre.
Il fut élevé au rang d’Officier du Mérite wallon en 2012.
Adresse
Avenue Baron Huart 6
5000 Namur
Maison du bailli d'Oreye
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Déjà occupé à la Préhistoire et à l’époque romaine, Bergilers constituait durant le Haut Moyen Âge un franc-alleu jusqu’en 1335 lorsque Clérembaut d’Atrive en fit hommage au comte de Namur Jean II qui releva le domaine en fief.
La localité devint à partir du XIVe siècle le siège d’une seigneurie qui constituait une enclave namuroise en pays de Liège.
À sa possession était attaché le droit de siéger au nombre des douze pairs qui formaient, avec le comte de Namur, le tribunal suprême du comté. Vers 1400, la seigneurie fut mise en engagère et passa entre diverses mains. Les seigneurs y possédaient une haute cour de justice et, au XVIe siècle du moins, un moulin.
L’ancienne maison du bailli est aujourd’hui le témoin le plus marquant de cette appartenance namuroise d’Ancien Régime.
Située en retrait face à l’église, la bâtisse récemment restaurée a été construite au début du XVIIIe siècle en briques et calcaire, sous une bâtière à coyaux de tuiles.
Située dans le baillage de Wasseiges, l’enclave de Bergilers possédait une résidence secondaire pour le bailli, personnage exerçant dans sa circonscription des fonctions judiciaires, financières et militaires : veiller à l’application des ordonnances du comte de Namur, rendre la justice en appel des jugements rendus par les prévôts, lever et collecter les impôts ou encore mobiliser les troupes en cas de conflit.
Adresse
Rue du Bailli
4360 Oreye
