Ancienne sépulture des ducs de Brabant, Abbaye de Villers-la-Ville
© Photo G. Focant © SPW-Patrimoine

Photo G. Focant
© SPW-Patrimoine
La première implantation d’une abbaye sur le site de Villers-la-Ville eut lieu en 1146 lorsque des moines de l’abbaye de Clairvaux vinrent s’installer à cet endroit suite à l’intervention de saint Bernard. Sous le règne de l’abbé Charles de Seyne, les bâtiments primitifs furent remplacés et augmentés entre 1197 et 1209. Une intense activité de construction et d’expansion se poursuivit tout au long du XIIIe siècle et durant la première moitié du XIVe siècle. L’église et le quartier abbatial furent encore modifiés entre 1254 et 1545. En 1568, des dommages furent causés par la révolte des Gueux menée depuis deux ans par Guillaume d’Orange, puis un siècle plus tard par les troupes de Louis XIV. Le XVIIIe siècle apporta un calme bénéfique et vit la remise en état de l’abbatiale par Laurent-Benoît Dewez, architecte attitré des abbayes (Gembloux, Floreffe, Orval, Heylissem…). Le site fut lourdement pillé pendant la Révolution brabançonne et lors du passage des armées françaises en 1794. Supprimée et mise en vente en 1797 après un grave incendie, l’abbaye servit alors de carrière. Propriété de l’État depuis 1892, les ruines sont aujourd’hui classées, restaurées, protégées et forment toujours, malgré leur destruction, un site abbatial de premier ordre.

Photo de 1943
© KIK-IRPA, Bruxelles
L’abbaye fut de tous temps liée au duché dans lequel elle se trouvait, les moines cherchant la protection et les faveurs des ducs de Brabant. Durant la seconde moitié du XIIe siècle, l’abbaye tenta d’assurer sa situation vis-à-vis des princes laïques, en particulier des ducs de Brabant. Dans un premier temps, l’abbé obtint une promesse de protection des ducs Godefroid III et Henri Ier, ainsi que du comte de Namur Henri Ier l’Aveugle. À partir de 1205, le nom du domaine fut même transformé en abbaye de Villers-en-Brabant. Les princes accordèrent aussi l’exemption d’impôts à l’abbaye et en devinrent les avoués. La plupart des propriétés de Villers se trouvaient par ailleurs en terres brabançonnes. Cet état de fait perdit progressivement de l’importance en même temps que s’opéra le premier déclin de l’abbaye dans les dernières décennies du XIIIe siècle.

Photo de 1943
© KIK-IRPA, Bruxelles
Au XIIIe siècle, l’abbaye fut choisie comme lieu de sépulture par plusieurs ducs de Brabant. Nous ne conservons rien des monuments funéraires d’Henri II de Brabant (1235-1248) et de Sophie de Thuringe ainsi que de celui de Jean III (1312-1355) et de Marie d’Évreux. Situées dans le sanctuaire de l’église abbatiale, les sépultures ont subi des dégradations lors des troubles religieux de 1588, lorsque des iconoclastes saccagèrent l’abbaye. Un rapport remis en 1620 aux archiducs Albert et Isabelle précise que les monuments furent gravement endommagés. Quelques dessins anciens tendent à démontrer qu’il est probable que les tombeaux aient été restaurés à la demande des archiducs. Les deux monuments ont toutefois été définitivement détruits par les armées républicaines en 1794. De nombreux autres monuments funéraires existaient à Villers-la-Ville. Parmi les rares exemplaires conservés dans la galerie lapidaire du cloître, celui de Conrad de Souabe retient l’attention. Il s’agit en effet de la dalle funéraire d’un haut personnage du duché de Brabant, conseiller du duc Henri II. Quelques fragments du monument funéraire de Godefroid de Perwez sont également conservés. Situés dans l’église, au côté sud du chœur, ils témoignent de la sépulture de ce seigneur de Perwez, lui aussi conseiller du duc Henri II.
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Frédéric MARCHESANI, 2013Tour Simone à Nivelles
© Musée communal de Nivelles
L’histoire de Nivelles débute avec la fondation d’une abbaye au milieu du VIIe siècle. Au fur et à mesure de l’agrandissement du domaine et de la popularité d’un pèlerinage autour de la sépulture de sainte Gertrude, la ville prend de l’importance. Elle devient une des villes marchandes du duché de Brabant et atteint son apogée au XIIIe siècle lorsqu’une muraille de défense est érigée. Tout comme la plupart des villes du roman païs du duché de Brabant, Nivelles se trouve au sud des importantes terres brabançonnes et dès lors proches des comtés de Hainaut et de Namur. La période est aussi marquée par des luttes de pouvoir incessantes entre les abbesses de Nivelles, les ducs de Brabant et les bourgeois qui cherchent à s’émanciper de l’autorité seigneuriale. Au cours de l’Époque moderne, Nivelles est prise entre les feux des guerres de religion et des incessantes guerres européennes, bien qu’elle n’y joue aucun rôle stratégique.
De l’enceinte urbaine, percée de sept portes, défendue par trois tours et précédée d’un fossé large et profond, il ne subsiste actuellement que la tour Simone. Classée en 1950, elle est le seul témoin des fortifications élevées au XIIIe siècle. Haute de 8 m et de plan semi-circulaire, elle est édifiée en grès, pierre blanche et calcaire et percée de meurtrières. Après l’abandon progressif de Nivelles comme position stratégique, la tour devient en 1689 la salle de réunion de la gilde des arbalétriers avant d’être abandonnée à la fin du XIXe siècle ; elle a fait l’objet de deux campagnes de restauration, en 1958 et 2006. Elle abrite aujourd’hui un plan en relief de la ville en 1600 qui permet de se rendre compte de l’état des murailles à l’époque.
Adresse
Rue Seutin 38
1400 Nivelles
Classement
Clasée comme monument le 11 octobre 1950
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Frédéric MARCHESANI, 2013Tour d'Hasquempont
© IPW
Sous l’Ancien Régime, Virginal était une terre franche alors que Samme relevait de la mairie de Nivelles.
Le prévôt de Sainte-Gertrude aurait possédé une seigneurie et des terres à Samme dont dépendaient les terres censales et des fiefs dont faisaient partie la ferme ou cense del Tour, aussi appelée cense del Tour d’Hasquempont.
Ancien château également appelé « la Tourette », la tour d’Hasquempont a été érigée afin de défendre la vallée de la Senette au XIIe siècle.
Elle s’intègre dans le système de protection créé par le duc de Brabant pour s’opposer aux incursions hennuyères et se rattachait à une ferme citée depuis 1440.
Située dans une boucle de la rivière, la tour commandait le passage d’un gué et se présentait à l’origine sous la forme d’un donjon-porche qui s’ouvrait vers une cour fermée.
De l’ensemble ne subsistent actuellement que la tour et un appentis perpendiculaire des XVe et XVIe siècles.
De plan rectangulaire, la tour est édifiée en moellons et coiffée d’une bâtière d’ardoises. On y retrouve quelques traces de meurtrières ainsi que d’une porte cintrée.
La tour a été l’objet d’une restauration par François Dandel, prévôt de Nivelles au XVIIe siècle, comme l’atteste une inscription millésimée 1632 présente sur une des poutres du plafond au 3e niveau.
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Frédéric MARCHESANI, 2013Tour de Gavre et vestiges de l’enceinte urbaine de Chièvres
© P.V. Molinghen
Citée dès 830, Chièvres abritait un atelier monétaire sous Charles le Chauve et devint au même moment le siège d’un comté seigneurial.
La localité possédait à l’origine le statut d’alleu. En 1076, elle devint une des douze pairies du Hainaut et, à partir du XIIe siècle, se vit dotée par ses seigneurs d’éléments défensifs importants et de plusieurs institutions religieuses.
En 1194, lors du partage de la seigneurie, une importante charte-loi fut accordée à la ville. Le comte de Hainaut lui-même acheta une partie de la seigneurie en 1289. Au XIVe siècle, le comte Aubert Ier de Bavière inclut Chièvres dans sa politique de développement des petits centres urbains et à partir de 1365, le comte Guillaume III octroya une série de privilèges et d’incitants économiques lui permettant d’édifier et d’entretenir une enceinte. La première phase de cette grande entreprise de fortification s’acheva en 1410. Le développement de la ville fut toutefois freiné par celui d’Ath, toute proche.
Un donjon disparu se trouvait au départ à la pointe du relief. Avant 1186, le bourg castral fut complété par des murs, renforcés par deux tours carrées qui se dressaient à front de la place actuelle. Aucun vestige de cet ensemble castral et de son enceinte ne sont parvenus jusqu’à nous.
Les vestiges des fortifications du XIVe siècle ont par contre profondément marqué le paysage urbain de Chièvres. Un vaste fossé et des levées de terre de 5 m de hauteur entouraient la ville et étaient doublés d’une puissante muraille. D’autres travaux de fortification furent lancés en 1436. De cette campagne subsiste notamment la tour de Gavre. Construite en pierre et brique, elle constitue le témoin le plus marquant du passé défensif de la cité mais également le mieux conservé. Elle offre un plan en fer à cheval et se trouve plus petite et moins épaisse que la plupart des tours défensives du comté existant à la même époque. Voisine de l’ancien château seigneurial, elle est aujourd’hui protégée par classement.
Adresse
7950 Chièvres
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Frédéric MARCHESANI, 2013Tour de Braine et vestiges des remparts
© IPW
En 1150, le comte de Hainaut Baudouin IV acquiert la petite localité de Braine-la-Wilote dans le but stratégique de se repositionner face au duché de Brabant.
Il y fait construire un donjon et une enceinte castrale. Le comte y établit un châtelain et la localité prend alors sa dénomination actuelle.
Cette seigneurie principale devient par la suite le siège d’une importante châtellenie du comté de Hainaut composée de onze communes.
À partir du XIVe siècle, le comte ne souhaite plus réduire Braine-le-Comte à son seul rôle défensif et désire en faire une véritable ville. Il favorise le commerce et l’artisanat, établit un grand moulin et développe le système de défense de la ville.
En 1364, Braine-le-Comte est ravagée par les troupes flamandes, en conflit avec le comte de Hainaut Albert de Bavière. Les troupes du duc de Brabant assiègent encore la ville en 1425, les Huguenots en 1583 et les armées de Louis XIV à la fin du XVIIe siècle.
Entre temps, le roi d’Espagne Philippe II décide de céder Braine-le-Comte à la famille d’Arenberg qui la conserve jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.

© IPW
De nos jours, plusieurs témoins des fortifications médiévales et modernes sont conservés.
Quelques tours médiévales en ruines subsistent dans des jardins privés, telles deux anciennes tours conservées ruelle Larcée, ou sont enclavées au milieu de bâtiments modernes ; c’est le cas d’une tour circulaire envahie dans la végétation, rue des Bas-Fossés.
La partie inférieure du donjon comtal est également en partie conservée dans le jardin du no 2, rue de Bruxelles, en face de l’église Saint-Géry.
Cette tour appelée « El thour de Braine » présente les vestiges d’une construction quadrangulaire fondée sur un massif rocheux et composée de briques et de schiste. Juste en face, au pied de l’église Saint-Géry, une pierre portant les armes royales espagnoles se trouve sur un mur de construction plus récente.
Le blason est entouré du collier de l’ordre de la Toison d’Or et surmonté de la couronne royale.
Adresse
Rue Saint Géry
7090 Braine-le-Comte
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Frédéric MARCHESANI, 2013Tombe Edward STABLES
© Bruxelles - KIK-IRPA
Le lieutenant-colonel Edward Stables est tué le 18 juin 1815 alors qu’il sert dans le bataillon des grenadiers de la garde. Il est enterré dans le jardin d’une habitation située sur la chaussée de Bruxelles à Joli-Bois et un tombeau de pierre est édifié en son hommage. En 1894, son corps est exhumé et replacé dans le mémorial britannique d’Evere et le tombeau disparaît dans l’oubli.
Une plaque en marbre qui se trouvait sur la face sud de la tombe est alors déposée au musée Wellington, en perpétue le souvenir et porte une inscription en latin :
« Hic jacet Edwardus Stables Olim de Hormeadbury, in Comitatu Hertfordiensi in exercitu Britannico stallitum regiorum Tribunus in Hispania militam iniit, sub insigni duce John Moore, Equit. Balm, Mox, per landem, per varios trimphos gloriosissimo liberatam, sub insignissimo principe, Arthuro Duce de Wellington, Galliam feliciter intravit ; Tandem in prollie Waterloviensi, Agmini quadrato imperam, Dum monitu et exemplo militum animos in hostem accendebat, Egregia morte peremptus est. Abreptum lugent amici, Commilitones, Patria, Obiit annis aetatis suae XXXIII »
(Ci-gît Edward Stables de Hormeadbury, du comté de Hertfordshire, officier des troupes royales britanniques. Il commença sa carrière militaire en Espagne sous les ordres de l’illustre commandant John Moore, chevalier de l’Ordre du Bain. Très vite, à travers celle-ci, libéré par diverses victoires glorieuses, il fut heureux d’entrer en France sous les ordres du très illustre prince Arthur, duc de Wellington. Enfin, commandant un bataillon formé en carré à la bataille de Waterloo, tandis qu’il encourageait par ses paroles et son exemple le courage des soldats contre l’ennemi, une mort glorieuse le faucha. Ses amis, ses compagnons d’armes, sa Patrie, pleurent cette fin brutale. Il est mort dans sa 33e année).
Toutefois, un groupe de passionnés britanniques retrouve et restaure le monument funéraire en 1992. Les autres plaques du tombeau sont découvertes dans le grenier de l’habitation toute proche.
Le monument, aujourd’hui devenu cénotaphe, porte l’inscription suivante :
« Sous cette pierre, pendant près de quatre-vingts ans ont reposé près de l’écurie les restes du lieutenant-colonel Edward Stables de Hormeadbury qui a servi dans les guerres continentales sous Sir John Moore et le duc de Wellington et tomba glorieusement le 18 juin 1815 tout en commandant un bataillon des Grenadier Guards. Ses restes ont été replacés au monument de Waterloo à Evere le 13 décembre 1894. Cette tombe a été restaurée par Sir Francis Plunkett ».
Adresse
1410 Waterloo
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Frédéric MARCHESANI, 2014Tombe Pierre STIÉNON
Le cimetière de Petit-Waret, section de la localité de Landenne, abrite la tombe d’un soldat des guerres napoléoniennes.
L’épitaphe de Pierre Stiénon précise qu’il fut « décoré de la croix de fer de Napoléon Ier » ; le soldat fut en fait décoré de la médaille de Sainte-Hélène, qu’il demanda à Napoléon III sous le Second Empire.
Pierre Stiénon est décédé le 3 mai 1877 à l’âge de 93 ans.
Adresse
Cimetière de Petit-Waret
Rue Auguste Seressia
5300 Petit-Waret
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Frédéric MARCHESANI, 2014Tombe Luc JAVAUX
© Guy Focant - SPW Patrimoine
Né à Namur en 1911, Luc Javaux s’engage pour la Wallonie alors qu’il n’est qu’étudiant à l’Athénée de Namur. Il fonde ensuite la Fédération des Universitaires wallons dont la devise « Mieux vaut mourir de franche volonté, que du pays perdre la liberté » – que l’on retrouve sur la tombe de Georges Truffaut à Liège – préfigure son destin.
Avocat, il devient une des figures les plus actives du Mouvement wallon. Il part en Angleterre en 1940 : aviateur, il s’engage au sein de la Royal Air Force britannique et participe à la bataille d’Angleterre avant de poursuivre le combat. Luc Javaux meurt le 18 octobre 1943 alors qu’il survolait les Indes, son avion étant broyé par un typhon. Ayant émis le souhait d’être enterré en terre wallonne, il sera inhumé dans le caveau familial du cimetière de Fleurus en présence de nombreux militants wallons le 18 octobre 1961 seulement.
Sur le caveau, une inscription rappelle les engagements du militant : « Maître Luc Javaux. Namur 16-8-1911. Premier volontaire belge R.A.F. Capitaine aviateur tombé le 18-10-1943. Mort pour la Wallonie française ».
Adresse
Cimetière de Fleurus
Route de Mellet
6220 Fleurus
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Tombe Jo WOUSSEN
© IPW
Champion de Belgique de boxe (poids léger) en 1956 (à l’âge de 28 ans), devenu ouvrier métallurgiste, Joseph Woussen fut une des quatre victimes de la grande grève de l’hiver 1960. Pendant plusieurs années, des responsables du Mouvement populaire wallon organisèrent des rassemblements autour de sa tombe (en 1963, 1965, 1966) pour rendre hommage au « martyr de la classe ouvrière et de la cause wallonne ».
Jo Woussen (né à Liège en 1928) n’était pas un militant wallon, mais cet ouvrier métallurgiste fut tué d’une balle lors d’une charge de gendarmerie le 17 janvier 1961 à Chênée, pendant les manifestations de l’hiver 1960. Son destin est ainsi lié à un des grands moments fondateurs de l’identité wallonne : la « grande grève » de décembre 1960-janvier 1961 contre le projet de loi « unique » du gouvernement chrétien-libéral de Gaston Eyskens, qui annonça une série de bouleversements importants du côté des forces politiques et syndicales wallonnes, et du Mouvement wallon. Elle eut un impact considérable quant au progrès de la revendication fédéraliste.
Dès le 17 novembre 1960, une réunion des cadres wallons de la FGTB à Charleroi décidait, entre autres, la parution à partir de janvier 1961 d’un journal de lutte « spécifiquement wallon » et de la mise sur pied d’un organe de coordination syndicaliste wallon. Dès décembre 1960, l’action de grève apparaît surtout comme wallonne et socialiste. André Renard préconise une grève générale de durée illimitée, toutes les régionales wallonnes (sauf une) et les centrales professionnelles majoritaires en Wallonie l’approuvent, mais toutes les régionales flamandes (sauf Gand) et les centrales majoritaires en Flandre votent contre ! La grève dura plus d’un mois et ses objectifs évoluèrent : de l’opposition à la loi unique, l’accent se déplaça vers les problèmes spécifiquement wallons et la revendication s’étendit aux réformes de structures économiques et politiques.
Un comité de coordination des Régionales wallonnes de la FGTB avait été créé le 23 décembre à Namur. Il déclare dès le 2 janvier 1961 que « dès à présent se pose le problème de réformes de structures seules capables d’assurer l’expansion économique et la prospérité de la Wallonie dans le cadre des structures politiques du pays révisées ». Le même jour, les représentants des Fédérations wallonnes du PSB réunis à Namur décident de constituer un Comité permanent de liaison entre les Fédérations et soulignent la nécessité d’une révision des structures politiques du pays, autrement dit – car c’était déjà de cela qu’il s’agissait – du fédéralisme.
Le lendemain 3 janvier à Yvoz-Ramet, André Renard situe clairement l’enjeu : « le peuple wallon est mûr pour la bataille. Nous ne voulons pas que les cléricaux flamands nous imposent la loi. Le corps électoral socialiste représente 60 % des électeurs en Wallonie. Si demain le fédéralisme était instauré, nous pourrions avoir un gouvernement du peuple et pour le peuple ». Haranguant les grévistes le 6 janvier à Liège, le 11 à Mons, le leader syndical parle dans le même sens. Pour la première fois, la revendication d’une réforme radicale de l’État est affichée par les travailleurs wallons en lutte et elle retrouve un soutien populaire comme en juillet 1950.
L’essoufflement du mouvement commence en Wallonie quand les grévistes wallons, qui luttaient pour le retrait pur et simple de la loi, pour les réformes de structures économiques et pour le fédéralisme, s’aperçoivent que la grève ne peut plus trouver d’issue politique immédiate. Le mouvement se relâche dès le 16 janvier. Le 21, il reste 150.000 grévistes wallons seulement. Le Comité de coordination des Régionales wallonnes de la FGTB décide de « suspendre » la grève pour le 23 et de « donner de nouvelles formes à l’action », ce qui aboutira à la création du Mouvement populaire wallon, le nouveau fer de lance du combat wallon avant la création du Rassemblement wallon en 1965.
Adresse
Cimetière de Chênée-Centre
Rue de Chèvremont
4032 Liège
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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009Tombe Jean-Joseph MEUNIER
Le cimetière communal d’Achet abrite la sépulture d’un grognard de l’Empire. Né le 26 décembre 1790, ce jeune berger intègre le 4e bataillon du 30e régiment d’infanterie de ligne en qualité de grenadier le 3 mars 1813, en vertu du processus de conscription.
Il participe à la campagne d’Allemagne de 1813 et perd un doigt à la bataille des Nations, du 16 au 19 octobre 1813. Cette blessure lui vaut le droit d’obtenir son congé de réforme le 16 avril 1814.
Sous le Second Empire, il obtient de Napoléon III la médaille de Sainte-Hélène. Il décède à l’âge de 98 ans le 30 août 1889.
Adresse
Cimetière communal
Rue du Coria
5362 Achet (Hamois)