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Seigneurie d'Anhaive

© SPW-Patrimoine

Situé sur la rive opposée face à Namur, Jambes était autrefois possession liégeoise. Depuis le XIIIe siècle au moins, Jambes et Lives-sur-Meuse formaient une enclave liégeoise sur les terres du comté de Namur. 

Appartenant à un lignage apparu au XIe siècle, les terres entrent dans le giron du prince-évêque Jean de Flandre vers 1285.

Jean de Dampierre, dit aussi Jean de Flandre, est le fils cadet du comte de Flandre et comte de Namur Guy de Dampierre. 

Évêque de Metz avant d’être élu prince-évêque de Liège en 1282, il connaît alors un règne mouvementé. En 1285, il se brouille avec la bourgeoisie liégeoise et se retire à Huy pendant près de deux ans. 

La paix des clercs, signée le 7 août 1287 grâce à la médiation du duc de Brabant Jean Ier, met fin au conflit. 

En 1288, il sera enlevé pendant une partie de chasse et emprisonné cinq mois. Libéré sur rançon, il est incapable de gérer correctement sa principauté et en confie la charge à son père. 

Il se réfugie dans sa demeure jamboise et y décède le 14 octobre 1291. 

Après son décès, plusieurs familles seigneuriales occupent les lieux. Possession épiscopale jusqu’au XIVe siècle, la seigneurie fut ensuite rachetée par un bourgeois de Namur.

La seigneurie d’Anhaive, proche de la Meuse, était autrefois un donjon d’habitation accompagné d’une maison seigneuriale flanquée d’une tour d’escalier à vis. 

Autrefois cernée de douves, elle pourrait résulter de deux campagnes de construction et remonter au Bas Moyen Âge. 

De plan carré, le donjon superpose trois niveaux tout en calcaire et chainés aux angles. 

En 1535, la famille Salmier-Lamistant construit à côté une demeure plus plaisante, d’esprit mosan, en briques et pierre bleue. 

Les deux bâtiments, récemment restaurés, sont aujourd’hui reliés par une annexe contemporaine entièrement vitrée.

Adresse

Place Jean de Flandre 4/1

5100 Jambes

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Frédéric MARCHESANI, 2013
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Salle Jean MATERNE

© SPW

Situé au coeur de Jambes, le parc Reine Astrid est né vers 1955 de la fusion de deux anciennes propriétés privées. Il bénéficie de nombreux atouts : oeuvres d’art et pièce d’eau agrémentée d’une petite cascade ; il abrite également une salle de réunions et de manifestations, la salle Jean Materne, du nom du militant wallon qui fut bourgmestre de Jambes de 1934 à sa mort en 1964.

Réunion des quatre mouvements wallons, le 22 février 1969 
© Province de Liège – Musée de la Vie wallonne - FHMW

1964, 1965 et 1969 : trois Congrès wallons

Plusieurs Congrès wallons se sont déroulés dans la salle du parc Reine Astrid de Jambes, qui comptait parmi les lieux habituels de rassemblement des militants wallons namurois, au même titre que la Bourse de commerce. Les troisième et quatrième Congrès du Mouvement populaire wallon y eurent lieu respectivement le ler mars 1964 et le 7 novembre 1965. Le 22 février 1969, un Congrès des quatre mouvements wallons se tint également à cet endroit : rassemblant le Mouvement libéral wallon, le Mouvement populaire wallon, Wallonie libre et Rénovation wallonne, il permit à ces quatre mouvements de faire le point sur leurs actions et revendications communes. 

Adresse

Parc Reine Astrid
5100 Namur

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Freddy Joris & Frédéric Marchesani, avril 2009
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Salle de la fraternité Henri BRAGARD

La salle de La Fraternité est indissociable de la figure d’Henri Bragard, l’un des principaux artisans de la résistance de Malmedy contre la germanisation forcée, sous le régime prussien. Neveu de l’abbé Pietkin, autre grande figure de la Wallonie malmédienne, Henri Bragard est le cofondateur du Club wallon en 1898. Dès 1902, il dispense des cours de français à La Fraternité, alors société catholique ouvrière. 
 
Présent au Congrès wallon de Liège en 1905 et membre de l’Assemblée wallonne, premier parlement – officieux – de Wallonie en 1914, Henri Bragard s’oppose au pouvoir prussien chaque fois qu’il menace le caractère wallon de Malmedy. Durant le conflit de 1914-1918, enrôlé de force dans les troupes impériales, il restera fidèle à ses idéaux.

Après le rattachement de Malmedy à la Belgique, le 10 janvier 1920, il milite pour la promotion de la culture et de l’identité wallonnes dans sa ville. Auteur de langue wallonne et journaliste, il s’investit aussi dans le riche folklore local.

Célébré de son vivant comme le promoteur du Mouvement wallon à Malmedy, opposant au nazisme dans l’entre-deux-guerres, Henri Bragard est arrêté par la Gestapo en 1943. Il mourra, un an plus tard, en déportation.

Adresse

Rue de la Tannerie 1
4960 Malmedy

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Rue GRANDGAGNAGE

Une rue pour l'« inventeur » de la Wallonie !

Cette rue, qui héberge notamment la Faculté de Droit de l’Université de Namur, conserve, en ce sens, le nom de François-Charles-Joseph Grandgagnage (1797-1877).

Juriste, avocat, substitut du Procureur du Roi à Namur, il gravit tous les échelons de la magistrature jusqu’à devenir Premier Président de la Cour d’appel de Liège. Membre fondateur de la Société archéologique de Namur et de l’Institut archéologique liégeois, il déploie aussi, en marge de ses fonctions, une intense activité littéraire teintée de romantisme et de régionalisme, affirmant qu’il écrit en tant que Wallon.

C’est à François-Joseph Grandgagnage qu’on doit d’avoir forgé, le premier, le terme « Wallonie », en 1844, dans la Revue de Liège. Sur base du terme « wallon » pluricentenaire, il donne ainsi un nom à sa terre wallonne, dont il ne cesse de décrire les beautés et les richesses.

D’abord repris dans le cercle des philologues, ce terme sera popularisé par l’écrivain liégeois Albert Mockel qui en fera le titre de sa revue symboliste, en 1886. A travers La Wallonie, ce dernier lui apportera à la fois une résonnance internationale et l’acception politique qu’on lui connaît aujourd’hui.

Adresse

Rue Grandgagnage
5000 Namur

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Pyramide TRANCHOT

© Bruxelles, KIK-IRPA

Après la paix de Lunéville de 1801, les régions situées à l’ouest du Rhin deviennent françaises. Napoléon donne ensuite rapidement l’ordre d’effectuer des relevés des territoires situés sur la rive gauche du fleuve, dans le but de réaliser une nouvelle cartographie. 

L’entreprise est confiée à l’astronome Joseph Tranchot, colonel dans le corps des ingénieurs géographes. Son bureau est établi à Aix-la-Chapelle entre 1801 et 1807, à Trèves ensuite jusqu’à la chute du régime. Au cours de leurs 12 années de travail, les ingénieurs-géographes font des relevés topographiques des trois quarts du territoire initialement prévu.

Le site de la Baraque Michel conserve une trace de cette campagne. Proche du signal de Botrange, la « pyramide Tranchot » marque un point géodésique choisi par l’astronome pour l’établissement de sa carte en 1801. La borne, en forme de pyramide tronquée, est taillée dans le calcaire et porte, sur une de ses faces, l’inscription « Botrange / A / Tranchot » au-dessus de laquelle sont gravés un triangle et trois cercles imbriqués les uns dans les autres.

Adresse

Baraque Michel
4950 Waismes

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Frédéric MARCHESANI, 2014
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Vestiges de la porte de Lomprez

© SPW-Patrimoine

Le hameau de Revogne, aujourd’hui rattaché au village de Honnay, était au Moyen Âge un site d’importance. 

Simple alleu aux mains de propriétaires locaux, Revogne fut acquis par le prince-évêque de Liège Henri II de Leez en 1145 et rattaché au patrimoine de Saint-Lambert. L’ancien village disparu possédait une église et un château médiéval et portait autrefois le statut de ville, qui devint même le point d’appui et de défense d’une prévôté composée d’une vingtaine de villages. 

Celle-ci était fortifiée par un rempart dont le but était de protéger l’endroit face au duché de Luxembourg tout proche. 

Le prévôt administrait la forteresse et exerçait les pouvoirs civils au nom du prince-évêque ; un châtelain assurait la sécurité militaire. Revogne connut son apogée au début du XVe siècle avant d’être engagée dans la lutte contre le duc de Bourgogne et détruite en octobre 1466 par les troupes de Philippe le Bon. 

La forteresse fut alors démantelée, la ville délaissée par ses habitants et la prévôté mise en engagère pour devenir un simple domaine rural. 

De ces fortifications aujourd’hui disparues subsiste la porte de Lomprez. Cette tour-porche gothique en ruine, probablement du XIIIe siècle ou du XIVe siècle, fut toutefois restaurée en 1894 comme l’indique un chronogramme. Érigée en moellons de calcaire, la porte est caractérisée par une double arcade appareillée et soigneusement taillée.

Adresse

Rue de Revogne
5570 Beauraing

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Frédéric MARCHESANI, 2013
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Plaque A.-J. Théroigne de MERICOURT

Anne-Josèphe Théroigne dite de Méricourt, née à Marcourt en 1762, est une des figures liégeoises de la Révolution française. Menant une vie de bohème pendant de nombreuses années, elle se trouve à Rome lorsqu’elle apprend ce qui se prépare en France. Mise au courant des événements, elle prend la route pour gagner Paris, quelques jours après l’ouverture des États généraux. Théroigne devient alors une spectatrice enthousiasmée de la Révolution, assistant fidèlement aux séances de l’Assemblée constituante à Versailles. 

Portrait de Théroigne de Méricourt conservé au Musée de la Vie wallonne à Liège © Bruxelles, KIK-IRPA
Portrait de A.-J. Théroigne de Méricourt conservé au Musée de la Vie wallonne à Liège © Bruxelles, KIK-IRPA

À Paris, elle est connue sous les surnoms de « la belle Liégeoise » ou de « muse de la politique » : elle tient salon, donne des conseils et crée un cercle de propagande révolutionnaire. Parmi les personnages qui fréquentent son salon, on retrouve de grandes figures de la Révolution parmi lesquelles Camille Desmoulins et Fabre d’Églantine. Avec l’aide de Charles-Gilbert Romme, elle crée ensuite le « club des amis de la loi », qui est par la suite incorporé dans le club des Cordeliers auquel adhère Théroigne. 

Pendant quelques mois, elle revient dans sa région natale, en 1790, avant de gagner Liège, où elle est arrêtée par les Autrichiens en 1791. Emprisonnée au Tyrol, elle est libérée par la suite et retrouve Paris à la fin de l’année 1791. Le 26 janvier 1792, elle entre dans le club des Jacobins et se range du côté des républicains jusqu’à son retrait de la vie politique à la fin de l’année 1793. Ayant perdu la raison après une humiliation publique, elle est hospitalisée le 11 décembre 1794 et entame une longue descente dans la folie profonde jusqu’à son décès à la Salpêtrière le 8 juin 1817.

Aujourd’hui, son village natal a modestement rendu hommage à la fille du pays, figure atypique de la Révolution française. Sur la place du village, à deux pas de l’église, se trouve une plaque commémorative sur laquelle sont gravés ces mots : « Théroigne de Méricourt est née à Marcourt le 13 août 1762 (…) elle a participé à la Révolution française et à la propagation de la justice et du bon droit. »

Adresse

6987 Marcourt (Rendeux)

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Frédéric MARCHESANI, 2014
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Plaque Général LETORT

© D. Timmermans

Le 15 juin 1815, Napoléon se trouve à Charleroi et est protégé par des escadrons de service de sa garde, placés sous le commandement de son aide de camp, le général Louis Michel Letort. Dans l’après-midi, le général se lance à l’assaut de deux carrés prussiens entre Gilly et Farciennes. Rapidement maîtrisés, les Prussiens fuient vers Farciennes et Lambusart. Mais, dans la bataille, le général est blessé d’une balle dans le ventre. Transporté dans une maison de l’actuelle ville basse, il décède malgré les soins qu’on lui procure. 

Une plaque commémorative, installée sur la façade de l’immeuble situé au n° 88 du boulevard Tirou, lui rend hommage : « Le Général Comte Letort, Aide de Camp de l’Empereur Napoléon Ier, est mort dans cette maison le 16 juin 1815. »

 

Adresse

Boulevard Tirou 88
6000 Charleroi 

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Frédéric MARCHESANI, 2014
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Pierre tombale Ghislain AIGRET

© Bruxelles, KIK-IRPA

Né le 26 janvier 1793 à Bioul, Ghislain Aigret entame sa carrière militaire en 1812 en tant que conscrit. Il intègre le 1er régiment d’artillerie à pied de Strasbourg. Devenu par la suite canonnier au corps impérial d’artillerie, il est porté déserteur le 14 février 1814 à Maestricht et réformé en 1815 par le conseil de milice. Il conserve néanmoins le droit de revendiquer sa participation aux campagnes de 1813 et 1814. 

Il meurt à Denée le 21 mai 1868 après avoir reçu de Napoléon III la médaille de Sainte-Hélène. Sa dalle funéraire est encastrée dans un mur de l’église Saint-Rémy de Denée ; le reste de la tombe semble perdu. On y lit une inscription difficilement déchiffrable : « Sous cette tombe reposent M. Ghislain Aigret, décoré de la médaille de Sainte-Hélène (…) ».

Adresse

5537 Dénée (Anhée)

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Frédéric MARCHESANI, 2014
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Pierre tombale Ferdinand de COLLAERT

Parmi les monuments remarquables du village de Blehen figure la chapelle Saint-Donat, située en plein champ et érigée en 1755 en brique et calcaire. 

À l’intérieur, à côté d’un bel autel baroque, se trouve la pierre tombale du colonel de Collaert. On y trouve l’inscription suivante : « Ci-gît Ferdinand Joseph Gérard de Collaert, né à Blehen le 16 décembre 1752. En son vivant chevalier de la Légion d’honneur, colonel du 11e régiment de hussards au service de l’Empire français. Entre autres campagnes, il fit celle de Russie en 1812 et 1813. Les champs de bataille de la Moscova et de Mojaisk furent les témoins de son intrépidité. La mort l’épargna lorsqu’il affrontait devant l’ennemi. Il l’attendait avec calme et résignation dans sa retraite à Tongres où il mourut en héros chrétien le 28 octobre 1836. »

 

Adresse

4280 Blehen (Hannut)

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Frédéric MARCHESANI, 2014
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