Brogniez Laetitia
Lobbes 23/12/1980
Députée wallonne : 2014-2019
Bachelière en Économie de l’École provinciale de Ciney, agricultrice à Sautour, où elle tient la ferme du Moulin, Laetitia Brogniez, épouse Crépin, entend s’engager politiquement dans la défense des milieux agricoles. Bien que la tradition familiale s’inscrive dans la mouvance de l’ancien PSC, c’est au sein de la famille libérale qu’elle décide de militer. Élue conseillère communale MR en octobre 2006 à Philippeville, cette fille de vétérinaire repérée par Willy Borsus siège alors dans l’opposition. Dans les années 2008-2009 en particulier, elle est à l’initiative de plusieurs mobilisations d’agriculteurs en faveur de la défense du prix du lait.
Deuxième suppléante sur les listes MR aux élections européennes du 7 juin 2009 (23.916 vp), 4e candidate effective aux élections fédérales du 23 juin 2010 (6.580 vp), 3e candidate aux provinciales (2.342 vp) et 2e aux communales de 2012, elle contribue au succès des bleus (1er parti, avec 35,93% et une progression de 5%), emmenés par Jean-Marie Delpire (669 vp). Le MR décroche alors le PS (2e parti, 35,10%) du cdH avec lequel il était en majorité depuis 18 ans et, ensemble, MR et PS signent un nouveau pacte de majorité (16 sièges sur 21) ; Laetitia Brogniez (563 vp, 3e score personnel tous partis confondus) se voit confier l’échevinat du Budget et des Finances, ainsi que la Culture et le Patrimoine au sein du Collège communal de Philippeville.
Lors du scrutin régional wallon du 25 mai 2014, elle occupe la 2e place sur la liste MR emmenée par François Bellot (14.617 vp) et poussée par Richard Fourneaux (11.327 vp) dans la circonscription de Dinant-Philippeville. Avec les voix de ses deux locomotives, le MR namurois obtient plus de 33% et décroche ainsi, par l’apparentement namurois, un deuxième siège qui, en raison de l’effet dévolutif du vote en case de tête, revient à Laetitia Brogniez (5.819 vp).
Renonçant à son mandat échevinal (Brigitte Lepage la remplace) en application du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, elle prête serment à Namur en juin 2014. Membre de la Commission de l’Agriculture et du Tourisme (2014-2019), la députée wallonne multiplie les interventions en faveur de la valorisation des produits issus de l’agriculture wallonne et de l’attractivité de la Wallonie rurale pour les citoyens et les entreprises ; elle rédige notamment un rapport sur le bail à ferme, en analysant la politique foncière menée en France : il s’agit de répondre aux attentes des propriétaires et des locataires en cette matière dont la Wallonie est compétente depuis le 1er janvier 2015. Une importante réforme sera adoptée in extremis en fin de législature. Laetitia Brogniez est aussi membre (2014-2019) et vice-présidente du Comité d’avis pour l’égalité des chances hommes-femmes (2014-2017) et, dès novembre 2014, elle siège également au sein du Comité d’avis chargé de questions européennes, nouvellement créé au sein du Parlement wallon. L’intention est de rendre les élus wallons plus actifs vis-à-vis des traités internationaux et de les examiner dès qu’ils sont connus, plutôt que d’attendre leur arrivée pour ratification. Très vite, l’attention se porte sur les enjeux des traités de libre-échange négociés par la Commission européenne (TTIP, CETA, ACS). La Commission se réunit plus d’une trentaine de fois et auditionne une vingtaine d’experts de très haut niveau (2014-2016), avant qu’une résolution arrive en assemblée plénière marquant le refus du Parlement de Wallonie de déléguer ses pleins pouvoirs au Gouvernement fédéral pour la signature de l’accord CETA entre l’UE et le Canada. Avec les 15 autres membres du groupe MR, Laetitia Brogniez s’oppose à ce texte qui reçoit cependant le soutien de 47 députés PS-cdH-Ecolo-PTB et indépendant (14 octobre 2016). Chargé de faire valoir le point de vue majoritaire wallon auprès des autorités européennes, le ministre-président wallon, Paul Magnette, provoque une crise inédite sur le plan international. Finalement, le 28 octobre, la députée MR et ses collègues joignent leur voix à celles du PS et du cdH en faveur du texte de compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir.
Suite à l’appel du 19 juin 2017 de Benoit Lutgen visant à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes, elle vote, le 28 juillet, la motion de défiance constructive déposée par les députés MR et cdH ; c’est une première dans l’histoire politique wallonne. Dans l’opposition jusqu’à l’été 2017, dans la majorité ensuite, elle continue d’intervenir essentiellement dans les dossiers liés à l’agriculture et à la défense de la vie rurale. Mais l’alliance MR et cdH repose sur une très courte majorité (38 sièges sur 75) et, avec la nouvelle majorité, la députée Brogniez entend voter rapidement une série de mesures destinées à montrer le changement de cap imprimé à la politique wallonne : suppression de la « Redevance Télévision », modification de grille des loyers, réduction de la fiscalité immobilière, transfert de compétences vers l’Ostbelgien, abandon du Plan Marshall, réduction de l’intervention publique et incitation à l’initiative privée ou associative, résolution fixant une série de balises pour les futurs traités de libre-échange négociés par l’Union européenne, application de recommandations de la Commission Publifin en matière de transparence et de gouvernance, réforme de la gouvernance des GRD du gaz et de l’électricité, etc.
Durant cette législature wallonne, elle adopte aussi une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur fait de la Wallonie une région pionnière. Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle rédige en 2015 une motion visant à assouplir la législation et sauver ainsi un nombre important d’écoles en zone rurale.
Dauphine du bourgmestre sortant, J-M. Delpire, aux communales d’octobre 2018, elle réalise 604 voix de préférence, 2e score de sa liste, mais 6e score tous partis confondus. La liste pluraliste « Agir ensemble » conduite par l’ancien PS André De Martin réalise plus de 35% et enlève 9 sièges, alors que le MR perd plus de 7% et un siège (28,6% et 7 sièges). Le nouveau pacte de majorité est signé par les deux principales forces politiques de Philippeville et, dans le Collège échevinal désormais présidé par le bourgmestre De Martin, le 4e échevinat revient à Laetitia Brogniez. Elle l’occupe à partir de juin 2019, quand elle quitte le Parlement de Wallonie. échevine en charge des Travaux publics et de l’Agriculture, elle préside la Commission locale de développement rural.
Mandats politiques
Conseillère communale à Philippeville (2006-)
Echevine (2012-2014)
Echevine empêchée (07/2014-06/2019)
Députée wallonne (2014-2019)
Echevine (06/2019-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Bourgeois Valentine Valentine
Verviers 11/10/1986
Députée wallonne : *2018-2019
Depuis le décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, la question des suppléants mobilise les états-majors de parti. Ainsi en est-il dans la circonscription de Verviers. Quand Benoît Lutgen avait choisi, en avril 2016, Marie-Martine Schyns pour remplacer à l’Enseignement la ministre Joëlle Milquet démissionnaire, Jean-Paul Bastin, premier suppléant, s’était dit réticent à renoncer à son mayorat malmédien, en dépit de ses 5.219 voix de préférence. Deuxième suppléante (2.348 vp), Isabelle Stommen avait par contre prêté serment sans hésiter à Namur en 2016. Mais, candidate au scrutin communal d’octobre 2018, elle accède à la présidence du CPAS de Welkenraedt et, toujours en application du fameux décret spécial wallon, elle doit par conséquent renoncer à son mandat de députée wallonne. Le cdH verviétois se tourne alors vers le 3e suppléant et 3e score de la liste (2.146 vp), Benoît Pitance qui renonce à siéger, puis vers la 4e suppléante, Valentine Bourgeois (1.819 vp). Celle-ci accepte de prêter serment à Namur le 16 janvier 2019 et de siéger au Parlement de Wallonie jusqu’à la fin de la législature, en mai de la même année. Membre pendant quelques semaines de la sous-Commission de contrôle des licences d’armes, elle siège au sein de la Commission pour l’égalité des chances entre les Hommes et les Femmes.
Occupant la deuxième suppléance lors du scrutin régional wallon du 26 mai 2019, Valentine Bourgeois réunit 1.887 vp sur son nom. Tirant les leçons d’un scrutin désastreux (10 députés wallons et 11%, loin des 16 députés et 21,5% du PSC de 1995), le nouveau président du cdH choisit une cure d’opposition pour régénérer sa formation politique. C’est donc M-M. Schyns qui siège à Namur. Quant à Valentine Bourgeois, elle ne dispose plus d’aucun mandat, ayant renoncé à se présenter aux élections communales de 2018.
En 2012, douzième sur une liste mixte du bourgmestre emmenée par le libéral Philippe Boury, elle avait réussi à décrocher l’un des 14 sièges de la majorité absolue IFR (58,7%) et avait siégé comme conseillère communale à Theux. Ayant déménagé son domicile dans une autre commune, elle doit renoncer à son mandat en 2015 et quand elle réaménage à La Reid (Theux), il est trop tard pour se présenter aux communales de 2018.
à la rentrée de septembre 2019, elle retrouve son métier d’enseignante (professeur de sciences humaines à l’Institut Saint-Joseph à Welkenraedt), tout en restant impliquée dans le processus de transformation du cdH en mouvement Les Engagés, notamment comme membre du bureau d’arrondissement de la formation politique.
Mandats politiques
Conseillère communale à Theux (2012-2015)
Députée wallonne (01/2019-05/2019)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, 2018-2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Bouchez Georges-Louis
Frameries 23/03/1986
Député wallon : *2014-2016*
Candidat en 14e position sur la liste MR aux élections communales de 2006 à Mons, Georges-Louis Bouchez est encore aux études et participe ainsi à sa première expérience politique. Après ses humanités au Collège Saint Stanislas à Mons (2004), ce bachelier en Droit et en Sciences politiques de Saint Louis (2004-2007) achève sa maîtrise en Droit à l’Université libre de Bruxelles avec un mémoire ayant trait aux suites politiques de l’affaire Fortis (2009). Avec 397 vp au scrutin montois de 2006, il se hisse au 8e rang des candidats libéraux, ce qui n’est cependant pas assez pour siéger au Conseil communal, le MR (16,5%) remportant 7 sièges et faisant de Georges-Louis Bouchez le premier suppléant. Représentant des étudiants libéraux à l’Université libre de Bruxelles (2007-2009), il entre comme conseiller au Cabinet de Didier Reynders, vice-Premier-Ministre et ministre des Finances. Membre du Conseil de la Jeunesse de la Communauté française Wallonie-Bruxelles (2010-2012), G-L. Bouchez fait part publiquement de ses préoccupations en matière d’enseignement, de financement des études et de revalorisation de l’enseignement technique et professionnel. Assistant en Droit aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur (2010-2012), il est nommé chargé d’exercices en droit à l’UMons/ULB (2011-2015). Délégué aux sponsors des Jeunes MR, il occupe la 8e place sur la liste des candidats MR au Sénat dans le collège français (15.650 vp) en 2010. Il reste conseiller au Cabinet de Didier Reynders en charge désormais des Affaires étrangères (décembre 2011-décembre 2012), après la longue crise politique précédant la formation du gouvernement fédéral d’Elio Di Rupo. Par ailleurs, il est aussi avocat inscrit au Barreau de Mons depuis 2012.
C’est précisément le leader socialiste que Georges-Louis Bouchez entend affronter sur ses terres montoises. Il l’annonce clairement dans une lettre à son parti en août 2011. Dans un premier temps, celui qui brigue la tête de liste du MR aux communales provoque des élections internes ; de ces primaires à deux, il sort vainqueur in extremis (octobre 2011), écartant définitivement au passage (printemps 2012) Françoise Colinia, Catherine Hocquet et l’échevin des Finances sortant, Bernard Beugnies, qui avait remplacé Richard Miller devenu sénateur de communauté en 2010. Dans un second temps (octobre 2012), la liste poussée par Richard Miller (1.276 vp) et emmenée par G-L. Bouchez (2.550 vp) progresse (+1,3%) et gagne ainsi un siège (8). Mais elle ne renverse pas le PS, en progrès lui aussi (+3,6%) et toujours dépositaire d’une large majorité absolue (55,2%, 29 sièges sur 45). Le Pacte de majorité qui unit PS et MR depuis 2000 est renouvelé et Georges-Louis Bouchez devient, à 26 ans, le seul échevin libéral, en charge des Finances, du Budget, de l’Emploi, du Développement durable et de l’Informatique dans le Collège communal. Critique à l’égard d’un Fonds des Communes wallon qui lèserait la ville de Mons, l’échevin est aussi l’initiateur d’un Conseil participatif du développement durable, tout en étant aux commandes des finances montoises.
Au lendemain de la 6e réforme de l’État qui consacre le transfert de nouvelles compétences vers les entités fédérées, Georges-Louis Bouchez affiche ses prétentions à siéger au Parlement wallon. Premier suppléant (4.535 vp, 7e score tous partis confondus dans la circonscription de Mons), sa présence à Namur dépend de Jacqueline Galant (14.959 vp), unique élue libérale en mai 2014, comme depuis 1995 dans cette circonscription. Lorsque se forme le gouvernement fédéral de Charles Michel, Jacqueline Galant reçoit le portefeuille de la Mobilité et ouvre ainsi les portes du Parlement de Wallonie à Georges-Louis Bouchez (22 octobre 2014). En application du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 sur le cumul, il renonce alors à ses fonctions scabinales montoises, croisant la route d’Elio Di Rupo qui reprend quant à lui sa fonction de bourgmestre. Membre de la Commission Budget-Fonction publique du Parlement de Wallonie (2014-2016), l’échevin empêché (remplacé par Jean-Marc Lecocq) reste néanmoins très présent dans la vie politique de sa ville de Mons, alors Capitale européenne 2015 de la Culture.
La défense des intérêts de la région montoise figure en bonne place dans les multiples interventions du député wallon qui s’émeut aussi de la fin du Thalys wallon, promeut l’idée d’un Service citoyen, et souhaite un redressement wallon plus rapide, ainsi que davantage de transparence dans les intercommunales. Avec ses collègues libéraux dans l’opposition, il dépose une série de propositions de décret (CPAS, prêts WalWin, AIS, suppression de la redevance radio-TV, suppression de l’effet dévolutif de la case de tête, amélioration de la démocratie locale) ou de résolution (politique climatique, réduction des délais de paiement des pouvoirs publics, amélioration du rail wallon, don d’organes, etc.). Créateur du « think thank Roger de Looze », il invite à réfléchir la politique autrement et n’est pas avare en idées novatrices. Il aspire notamment à de plus grandes circonscriptions électorales, à une réforme profonde de la fiscalité, à l’abaissement du droit de vote à l’âge de 16 ans, voire à la mise en place d’une allocation universelle et à la suppression des provinces. Partisan déclaré du Ceta, le député wallon de Mons assume son tempérament quelque peu provocateur, enfreignant volontiers la discipline de son groupe politique comme celle de l’assemblée wallonne, pour placer un argument ou un bon mot.
Le 15 avril 2016, quand Jacqueline Galant quitte le fédéral et retrouve son mandat au Parlement wallon, Georges-Louis Bouchez est contraint de quitter le parlement régional et s’apprête à retrouver « son » échevinat à Mons. Son partenaire de majorité municipal ne lui en laisse cependant pas le temps : Elio Di Rupo annonce à Olivier Chastel que la confiance est rompue, à Mons, entre le PS et le MR. Le pacte de majorité vole en éclats, le PS se tourne vers le cdH et Georges-Louis Bouchez se retrouve conseiller communal (mai), chef de groupe MR et principal porte-parole de l’opposition.
Avocat, formateur à l’IFAPME du Centre de Charleroi (octobre 2016-octobre 2017), membre de nombreuses associations culturelles, de jeunesse ou liées à la ville de Mons et administrateur d’Idea (2012-), le conseiller communal ne va manquer aucune occasion de contester les décisions de la majorité ; il multiplie aussi les suggestions comme cette proposition de motion (décembre 2017) visant à regrouper à Mons les 600 agents occupés par l’administration centrale de la culture à Bruxelles ; ainsi se concrétiserait pleinement l’accord signé par les bourgmestres des grandes villes wallonnes en 1978 : Liège capitale économique, Namur capitale politique, Charleroi capitale sociale et… Mons capitale culturelle.
Disposant du soutien de la direction de son parti, G-L. Bouchez est nommé à un poste créé spécialement pour lui au sein du MR : délégué général en charge de la prospective et de l’animation (été 2016). Annonçant, de longue date, sa volonté d’emmener une liste « Mons en mieux » sur laquelle figureront tous ceux qui souhaitent rejeter le PS dans l’opposition à Mons, G-L. Bouchez affronte une liste PS emmenée par Nicolas Martin (10.681 vp) et poussée par Elio Di Rupo (7.664 vp). Avec 4.976 vp, G-L. Bouchez signe le 3e score personnel tous partis confondus et sa liste obtient 3 élus de plus qu’en 2012 (11 s.). Reculant de 11% (44,25%), le PS perd 6 élus, mais conserve la majorité absolue au conseil communal (23 s. sur 45). En choisissant écolo (6 s., + 3), le PS de Nicolas Martin signe un pacte de majorité qui laisse G-L. Bouchez dans l’opposition.
Lors du triple scrutin du 26 mai 2019, la bataille entre les ténors du PS et du MR se déroule à la Chambre, dans la circonscription du Hainaut. En 2014, le MR emmené par Olivier Chastel avait conquis 5 députés fédéraux avec 20,76% des voix ; en se présentant en 4e candidat effectif, G-L. Bouchez rassemble 16.522 voix sur son nom et signe le 2e score libéral, derrière Denis Ducarme et le 6e score tous partis confondus dans une circonscription qui envoie 18 députés à la Chambre. En perdant près de 5%, le MR (15,95%) talonné par le PTB (15,64%, 3 s.)) et écolo (12,3%, 3 s.) ne dispose plus que de trois mandats et l’effet dévolutif de la case de tête ne joue pas en faveur de G-L. Bouchez. Coopté par son parti, celui qui en avait été le porte-parole durant toute la campagne électorale devient sénateur.
Alors que les formations politiques peinent à trouver une majorité au fédéral, Charles Michel est désigné à la présidence du Conseil européen. Ce départ ouvre la porte à sa succession à la présidence du MR. à l’automne 2019, cinq candidats sont en présence : Christine Defraigne, Philippe Goffin, Clémentine Barzin, Denis Ducarme et Georges-Louis Bouchez. Issus du premier tour, Ducarme (25,1%) et Bouchez (44,6%) s’affrontent en novembre, le premier réunissant 38% des voix, le second 62%. Le 29 novembre 2019, G-L. Bouchez devient le président du MR et, d’emblée, est plongé dans les négociations pour la formation du gouvernement fédéral. Aux gouvernements Wilmès confrontés à la crise de la Covid-19 succède une majorité Vivaldi, pilotée par Alexander De Croo.
Président du club de football des Francs-Borains (05/2020-), Georges-Louis Bouchez préside le PASS (Parc d’Aventures scientifiques et Société) qui devient Sparkho ! (septembre 2021), de juillet 2018 à janvier 2022, ainsi que le Centre Jean Gol (2020-). Animateur de la vie politique belge, grand utilisateur des réseaux sociaux, le président du MR prépare activement les multiples scrutins de l’année 2024, les rendez-vous européen, fédéral, régionaux et communaux étant attendus comme autant d’indicateurs de la satisfaction des électeurs à l’égard de ce qui leur a été proposé au cours des cinq dernières années.
Mandats politiques
Conseiller communal (2012-)
Échevin (2012-10/2014)
Député wallon (10/2014-04/2016)
Échevin empêché (10/2014-04/2016)
Échevin (04/2016-05/2016)
Sénateur coopté (2019-2014)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024)
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2021)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2016,
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Bonni Véronique
Verviers 24/07/1965
Députée wallonne : 2014-2018*
Conseillère communale de Dison élue en octobre 1994, Véronique Bonni accède d’emblée au Collège échevinal présidé par Yvan Ylieff. Elle est en charge de la tutelle sur le CPAS et de la Politique sociale. Ces compétences cadrent parfaitement avec ses préoccupations professionnelles ; assistante sociale, Véronique Bonni qui milite dans les rangs des Jeunes Socialistes depuis 1983 a exercé sa profession dans un PMS, dans l’enseignement spécialisé, à TéléService, ainsi que dans un service d’aides familiales. Jusqu’en 2013, elle sera directrice adjointe du Service d’aide aux familles et aux personnes âgées de la région verviétoise. Que ce soit en octobre 2000 (62,76%), 2006 (54,47%) ou 2012 (49,07%), le PS dispose à Dison de la majorité absolue et Véronique Bonni garde la confiance des électeurs.
En vue du scrutin communal de 2006, elle s’est déclarée candidate pour occuper la tête de liste du PS au moment où Yvan Ylieff sollicitait, à 65 ans, une dérogation auprès de sa section pour être candidat. Finalement, elle avait retiré sa candidature, laissant la préséance à Y. Ylieff (1.821 vp), tandis qu’elle occupait la dernière place (1.280 vp). En octobre 2012, le duo Ylieff (1.434 vp)-Bonni (1.041 vp) laisse à nouveau un important écart entre lui et tous les autres candidats.
Depuis 1994, Véronique Bonni est reconduite dans sa fonction échevinale, gardant l’Action sociale, à laquelle s’ajoutent la Petite Enfance et la Lecture publique, puis l’Enseignement, en tant que Première échevine depuis 2006. Elle préside aussi le Centre culturel de Dison. Candidate à plusieurs reprises aux élections législatives fédérales ou régionales depuis 1995, elle est souvent classée en 3e ou 4e position sur la liste du PS verviétois, ramenant des voix à son parti, mais sans briguer un mandat pour elle-même. En 2004, la Fédération verviétoise du PS change de stratégie et confie à Véronique Bonni la première suppléante au scrutin régional wallon du 13 juin (3.897 vp). Usant de la jurisprudence Damseaux, elle bénéficie alors de la prestation de serment en allemand d’Edmund Stoffels à Namur pour remplacer celui-ci au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le 7 juin 2009, elle doit laisser la première suppléance à Jean-François Istasse, si bien que se termine là sa première expérience parlementaire, malgré ses 3.166 vp.
Occupant la 4e suppléance à la Chambre, sur la liste PS, lors du scrutin anticipé du 23 juin 2010, elle sollicite là les suffrages de l’ensemble des électeurs de la province de Liège et recueille 4.821 vp (le code postal d’Andrimont). Elle nourrit d’autant moins d’espoir de siéger à la Chambre que la crise politique pour former un gouvernement fédéral se prolonge et qu’au moment où Elio Di Rupo devient le Premier ministre (décembre 2011), il y a six partis qui sollicitent un portefeuille. Pourtant, après l’annonce par Michel Daerden et Mauro Lenzini qu’ils continueront de siéger à Namur (2010) et la fin de carrière politique de Guy Coëme (2012), les députés socialistes liégeois du scrutin de 2010 enregistrent un nouveau départ quand Thierry Giet est désigné à la Cour constitutionnelle (juin 2013). Quatrième suppléante, Véronique Bonni découvre alors la Chambre fédérale à moins d’un an de la prochaine échéance électorale, le temps de travailler dans les Commissions Infrastructure et Santé.
Lors du triple scrutin du 25 mai 2014, elle occupe la 2e place des effectifs, derrière Edmond Stoffels, avec l’obligation de décrocher directement son mandat si elle souhaite siéger à Namur. Avec 4.588 vp (2e score du PS et 7e score tous partis confondus) dans la seule circonscription de Verviers, elle contribue au maintien du PS (24%) à son résultat de 2009 (25%) et de ses deux sièges. Le 13 juin 2014, elle prête serment à Namur. Elle retrouve aussi les bancs de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En application du décret wallon sur le cumul, elle doit abandonner son échevinat disonais. échevine empêchée, elle est remplacée par Benoit Dantine.
Membre de la Commission Affaires générales-Relations internationales, de la Commission Travaux publics-Action sociale-Santé (2014-2017), de la Commission pour l’égalité des chances entre les hommes et les femmes (2014-2018), dont elle occupe une vice-présidence (2018), elle est membre (2014-2018) puis vice-présidente de la sous-Commission de contrôle des licences d’armes (2016-2017) ; la Verviétoise siège aussi au sein de la Commission Coopération (2014-2018), où elle occupe une vice-présidence (2017). Après l’appel du 19 juin 2017 de Benoit Lutgen à ne plus gouverner avec les socialistes et le changement de majorité qui se produit à Namur (juillet), Véronique Bonni se retrouve dans l’opposition, mais reste active dans les mêmes Commissions.
Déployant une sérieuse activité parlementaire, la députée wallonne s’attèle, bien avant l’affaire Weinstein et la mobilisation #Me Too qui s’en est suivie, à renforcer la législation pour lutter contre toutes formes de harcèlement, notamment sexuel dans les TEC. Avec Christie Morreale, Hélène Ryckmans et Véronique Salvi, elle dépose une motion qui vise à « soutenir les centres de planning dans la distribution des contraceptifs d’urgence, même en l’absence d’un médecin ». L’évaluation du mécanisme du coût-vérité en matière de gestion des déchets est aussi une de ses préoccupations. Elle tente un texte de résolution demandant la reconnaissance formelle par la Belgique de l’état de Palestine (2014).
Dans le dossier CETA, elle soutient la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, elle adopte le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Durant cette législature, elle adopte encore une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur fait de la Wallonie une région pionnière.
Administratrice du CECP, de la CILE, du CPEONS et de Neomansio (2017-2018), présidente de la Régie de Quartier Havre Sac et du Centre culturel de Dison de 2004 à 2018, elle est tête de liste PS à Dison lors des élections communales d’octobre 2018. Davantage que face à l’opposition, c’est par rapport à Yvan Ylieff (1.139 vp), bourgmestre depuis 1974, qui pousse la liste PS qu’elle doit relever le défi explicite de réunir davantage de voix de préférence. Avec 1.606 vp, Véronique Bonni réussit son pari et ramène aussi le parti socialiste au-dessus de la barre des 50% (53,4%, + 4,3%) par rapport à 2012, enlevant 16 sièges (+2) sur 29, ne laissant pas beaucoup de sièges à une opposition éparpillée sur six listes différentes. En optant pour l’écharpe maïorale disonaise, elle renonce à siéger au Parlement de Wallonie en vertu du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons. C’est Jean-François Istasse, son suppléant, qui retrouve le chemin du Parlement de Wallonie. Elle est la première femme à occuper la fonction de bourgmestre à Dison. Durant la législature à la tête d’une des communes les plus pauvres du pays et où le taux de chômage est le plus élevé, elle met accent sur l’apprentissage du numérique dans les écoles, sur un panel d’aides sociales pour aider la population (projet permis de conduire), et mène une campagne en faveur de la réappropriation du lien social dans les quartiers.
Première suppléante lors du scrutin wallon du 26 mai 2019 dans la circonscription de Verviers, elle réalise 3.420 vp, deuxième score de sa liste derrière André Frédéric. Mais elle privilégie ses fonctions maïorales à Dison, tout en étant experte auprès du Cabinet du ministre Frédéric Daerden et conseillère au Cabinet fédéral de Carine Lalieux depuis 2021.
Mandats politiques
Conseillère communale de Dison (1994-)
Échevine (1995-2014)
Députée de la Fédération Wallonie-Bruxelles (2004-2009)
Députée fédérale (2013-2014)
Députée wallonne (2014-12/2018)
Echevine empêchée (2014-12/2018)
Bourgmestre (12/2018-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont L’Avenir, 20 février 2024
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2021)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2018,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Biordi-Taddei Véronique
Arlon 22/03/1968
Députée wallonne : *2014*
Pour Véronique Biordi-Taddei, l’expérience du mandat au Parlement de Wallonie n’a pas duré très longtemps. Invitée à remplacer Philippe Courard, alors Secrétaire d’État au fédéral en affaires courantes, la suppléante prête serment en juin 2014, participe aux réunions précédant les vacances parlementaires, mais doit enregistrer le retour précipité de Philippe Courard à Namur, en septembre. D’une part, des signaux donnent alors à penser que le PS ne sera pas dans le nouveau gouvernement fédéral et d’autre part, le PS a besoin de Philippe Courard comme chef de groupe au Parlement de Wallonie. Véronique Biordi-Taddei n’aura donc « siégé » au Parlement de Wallonie que du 18 juin au 14 septembre 2014.
La famille Biordi est originaire de la région des Abruzzes. À la fin des années cinquante, le père a quitté l’Italie pour trouver du travail en Belgique et il a ouvert un café-restaurant à Athus, dans le « quartier de la frontière ». Après des humanités à l’Athénée d’Ath, des candidatures en Droit et un graduat en Secrétariat de direction aux Aumôniers du Travail à Arlon, Véronique Biordi se destine d’ailleurs à reprendre l’affaire familiale (la Brasserie de la Jeunesse), quand, à la fin de l’année 1993, le bourgmestre d’Aubange, François Rits, l’invite à se présenter sur la liste socialiste lors du scrutin communal de 1994. Comme en 1982 et 1988, le PS est en tête (11 ou 10 sièges), suivi par le PSC 8 ou 9), les libéraux 4 et Écolo aucun. Cette « travailleuse dans l’Horeca », selon l’expression de l’époque, est élue et siège au Conseil communal, faisant partie d’une forte majorité PS-PSC, conduite par François Rits (1.650 vp) et Jean-Paul Dondelinger (1.640).
S’étant rapidement prise au jeu de la politique, Véronique Biordi n’hésite pas à se présenter comme 4e suppléante lors du scrutin fédéral du 13 juin 1999, sans espoir d’être élue. Par contre, en octobre 2000, son résultat personnel (946 vp) lui permet de prétendre à un mandat d’échevin dans un Collège toujours présidé par François Rits (1.397 vp), avec le soutien du PSC de Dondelinger (1.297 vp). Première femme à entrer dans un Collège à Aubange, Véronique Biordi s’est aussi présentée au scrutin provincial et y a été élue. En charge de l’État civil et du Commerce à Aubange, l’échevine est l’une des secrétaires du bureau du Conseil provincial luxembourgeois (à majorité PS-MR).
En octobre 2000, les deux sièges d’Écolo et la progression du MR (5) n’avaient pas remis pas en cause la coalition PS (9)-PSC (7). Cependant, une tendance lourde se confirme au scrutin d’octobre 2006 : l’électorat socialiste d’Aubange ne cesse de s’effriter et alors que François Rits (1.080 vp) et Véronique Biordi (1.004) se disputent le leadership de leur force politique, le PS se retrouve à 31,2%, bien loin des 44,8% de 1982. Surtout, le PS n’est plus le premier parti de la commune, dépassé par le cdH de Jean-Paul Dondelinger (1.335 vp) et ses 33%. Et fin 2006, pour la première fois depuis la fusion des communes d’Athus, Halanzy, Rachecourt et Aubange en 1976, le maire n’est plus socialiste. Après Raymond Dumont (1976-1988) et François Rits (1989-2006), le cdH J-P. Dondelinger accède aux plus hautes fonctions communales, tout en poursuivant avec son partenaire socialiste. Dans le nouveau Collège, on ne trouve plus alors François Rits, tandis que Véronique Biordi est Première échevine, conservant les mêmes compétences qu’en 2000. Dans le même temps, reconduite au Conseil provincial, l’Athusienne est élue à la présidence du Conseil provincial, fonction qu’elle assure jusqu’en octobre 2010, conformément à l’accord politique conclu en 2006 par le PS et le cdH. Lors du scrutin fédéral anticipé du 13 juin 2010, 2e effective derrière Philippe Courard, V. Biordi rassemble 8.333 voix sur son nom, le PS progressant de 7% dans la circonscription provinciale luxembourgeoise.
Si ce résultat ne lui donne pas le droit de siéger au fédéral, il renforce ses ambitions au niveau local. Tête de liste aux élections communales de 2012, V. Biordi se présente sur une liste d’ouverture, « Avec vous ! », soutenue par François Rits et intégrant les candidats de la liste ROC d’André-Marie Morosini. Avec 12 sièges sur 25, et 43,3% des suffrages, elle renoue avec le score historique du seul PS de 1982 en frôlant la majorité absolue. En doublant son score personnel (2.063 vp contre 1.004), Véronique Biordi s’impose face au bourgmestre sortant (1.466 vp), dont la liste est aussi en progression (34%), mais reste à 9 sièges. En se tournant vers le MR (13,6% et 3 sièges), celle qui devient la première femme bourgmestre d’Aubange tourne le dos à un quart de siècle de coalition PS-PSC/cdH. Par ailleurs, à nouveau candidate au scrutin provincial, elle est réélue (3.608 vp) dans le district d’Arlon. Mais les fonctions maïorales l’attirent davantage qu’un mandat de députée provinciale.
Administratrice de l’AIVE (2001-2014), des Habitations sud Luxembourg (2006-2012), d’Idelux (2010-2014), de l’ONE (2010-2014), de la SWDE (2013-), du Centre culturel Raymond Dumont, elle est membre du comité de secteur Vivalia (2010-2014) et vice-présidente de l’Agence de Développement local, secrétaire-présidente de la section locale du PS (2012-2013), présidente de la Zone de Police Sud-Luxembourg (2012-) et membre d’une série d’autres associations locales et culturelles.
Avant de siéger brièvement au Parlement wallon, Véronique Biordi avait régulièrement participé aux scrutins régionaux, occupant une place de combat. Deuxième candidate effective lors du scrutin régional du 13 juin 2004, elle totalisait 4.789 vp derrière un Philippe Courard qui a fait remonter le PS (31%, 11%) vers son score historique de 1995 (36,4%) dans la circonscription d’Arlon-Marche-Bastogne. Le 7 juin 2009, toujours en 2e place derrière Philippe Courard, Véronique Biordi (4.741 vp) subissait le même tassement que le PS lors de ce scrutin (-6,6%). Le 25 mai 2014, elle occupait la 1ère suppléance (4.071 vp), avec le résultat que l’on connaît. En acceptant de siéger à Namur, elle applique le décret wallon sur le cumul et se dit bourgmestre empêchée. Durant l’été 2014, elle est remplacée par l’échevin André-Marie Morosini.
Abandonnant son mandat de conseillère provinciale (juin 2014), elle retrouve Aubange et des difficultés imprévues. En effet, dès le début septembre 2014, François Rits a remis sa démission ; s’il avait annoncé qu’il n’achèverait pas son mandat échevinal, rien n’annonçait un départ aussi rapide. Il s’est avéré annonciateur des vives tensions qui éclatent par la suite au sein de la majorité. Présidente du Conseil communal, la bourgmestre crée la surprise, en novembre 2015, en déposant une motion de méfiance collective constructive à l’encontre de ses cinq échevins.
Rejetant aussi le MR dans l’opposition, la bourgmestre Biordi-Taddei qui prend désormais en charge les Finances et les Marchés publics tend surtout la main au cdH de Jean-Paul Dondelinger qui, après son éviction de 2012, revient comme Premier échevin, en compagnie de 3 autres échevins cdH et d’un échevin du Mouvement de gauche (Christian Binet). En dénonçant des manquements aux prescriptions de la loi, Véronique Biordi ouvre une page judiciaire qui agite quotidiennement la vie communale d’Aubange ; au Conseil communal, siègent désormais 9 cdH, 7 « Avec vous ! », 3 MR, 1 Écolo, 1 indépendant et un groupe de 4 « indépendants » constitué par les quatre anciens échevins de la liste « Avec vous ! », tandis que le Collège comprend 4 cdH et 3 « Avec vous ! ». En 2017, deux décisions de Justice sont favorables à l’attitude de V. Biordi, mais sans calmer les esprits lors des réunions municipales. Il appartient finalement aux électeurs de clarifier la situation lors du scrutin communal d’octobre 2018
Avec 37,5%, le cdH de J-P. Dondelinger (1.392 vp) enlève 10 sièges ; tête de liste TPA (Tous pour Aubange) où figure Fr. Rits (32,8%), Luciana Crucitti (1.039 vp) peut compter sur 8 sièges ; la liste IG (29,7%) de Véronique Biordi (1.481 vp), enfin, totalise 7 sièges. Tous les cas de figure sont donc possibles, la meilleure performeuse en voix figurant sur la liste du 3e parti... En signant un nouveau pacte de majorité avec le cdH, la liste Intérêt général dispose de trois échevins au Collège, dont celui de Première échevine dévolu à Véronique Biordi, en charge de la Rénovation urbaine, du Logement et des habitations sociales, du PCDR, du Plan de cohésion sociale, de la Participation citoyenne et de la Communication. En février 2021, pour raisons de santé, le bourgmestre Dondelinger passe le relai à François Kinard, et reste conseiller communal.
En mai 2019, dauphine de Philippe Courard lors du scrutin wallon dans la « nouvelle » circonscription électorale luxembourgeoise d’Arlon-Marche-Bastogne-Neufchâteau-Virton qui envoie désormais six représentants à Namur (+1), V. Biordi-Taddei réunit 6.189 voix sur son nom, mais avec 19,6% le PS ne parvient pas à décrocher un second siège au Parlement de Wallonie.
Mandats politiques
Conseillère communale d’Aubange (1994-)
Conseillère provinciale (Luxembourg) (2000-2014)
Échevine (2001-2012)
Bourgmestre d’Aubange (2012-06/2014)
Députée wallonne (juin-septembre 2014)
Bourgmestre empêchée (06/-10/2014)
Bourgmestre (10/2014-2018)
Première échevine (2018-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024)
Cumuleo (-2021)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Bellot François
Jemelle 08/02/1954
Député wallon : 2014-2016* ; *2020-2024
Depuis la fusion des communes – pour ne pas remonter avant 1976 – Amand Dalem est le solide bourgmestre de Rochefort et le PSC local paraît inamovible. Élu conseiller de l’Action sociale en octobre 1982 et conseiller communal en octobre 1988, François Bellot constitue alors, avec un autre conseiller libéral, la seule opposition à la majorité en place. Pourtant, en juillet 1994, la nomination de l’ancien ministre wallon au poste de gouverneur de la province de Namur bouleverse l’échiquier politique local. Trois mois plus tard, la liste PRL-Intérêts communaux emmenée par François Bellot obtient 7 sièges, signe un accord de majorité avec les socialistes (3 sièges) et envoie le PSC dans l’opposition. Cet accord stipule qu’à mi-mandat, François Bellot cèdera l’écharpe maïorale au socialiste Freddy Paquet. Le 1er février 1998, l’accord est respecté et François Bellot se retrouve Premier échevin en charge des Travaux, de l’Économie, du Commerce et des Classes moyennes, fonction qu’il n’occupe que quelques mois. En effet, celui qui a été élu conseiller provincial de Namur en octobre 1994, est appelé à remplacer Jean-Marie Ledoux en tant que député permanent en charge des Finances et du Patrimoine, pour achever la législature (septembre 1998-octobre 2000), ainsi que l’avait plus ou moins prévu un accord politique signé en juin 1995 et qui entre en application suite au décès de J-M. Ledoux. En une décennie, celui qui avait été repéré et encouragé par Jean Gol est parvenu à se faire un nom sur le plan communal et provincial. Ce n’est que le début d’une carrière politique appelée à une progression constante pour cet énarque.
En effet, c’est à Paris, à la prestigieuse École nationale d’Administration (ENA), que François Bellot a finalement achevé son parcours universitaire, en 1988, dans la promotion Montaigne. Fils de commerçants en produits agricoles installés à Rochefort depuis des générations, déjà mordu par les mathématiques quand il achève ses humanités à l’Institut Jean XXIII de Rochefort, François Bellot est « poly-diplômé » : ingénieur civil de l’Université de Liège (1977), ingénieur en Gestion des entreprises de l’Université catholique de Louvain (1981) et licencié en Sciences politiques de la même université (1983). Intégrant le service militaire obligatoire dans son parcours de formation – il est affecté au sein du bureau d’études pour l’installation de la base militaire de Marche-en-Famenne – il travaille, dès 1978, au sein de la SA SOCOL, spécialisée dans la construction d’ouvrages tant immobiliers que de génie civil (ponts, ports, écluses, bâtiments industriels), avant d’intégrer une entreprise spécialisée dans la conception et la réalisation de structures en bois lamellé-collé. Lauréat de concours à la SNCB et au Ministère des Travaux Publics, il devient ingénieur des Ponts et Chaussées dans ce ministère encore national (octobre 1981). Il y dirige plusieurs grands chantiers et se spécialise dans la surveillance et l’entretien d’ouvrages d’art. Nommé Ingénieur principal des Ponts et Chaussées en 1984, alors qu’il termine sa licence à l’UCL, il obtient un congé pour mener ses études à l’ENA (1986-1988). à son retour, suite à la 3e réforme de l’État qui a procédé au transfert des Travaux publics vers les Régions, l’ingénieur intègre le Ministère wallon de l’Équipement des Travaux publics (MET). Chef de service, Ingénieur en Chef-Directeur des Ponts et Chaussées, François Bellot est alors en charge de l’instruction des dossiers européens et de la représentation de la Région wallonne au sein du Comité des Infrastructures mis en place par la Commission européenne. En disponibilité de l’administration wallonne à partir de 1995, il s’oriente de plus en plus vers la politique quand il occupe la fonction de secrétaire politique à la tête du groupe des collaborateurs du PRL au Parlement wallon, jusqu’en 1998.
Les scrutins provincial et communal d’octobre 2000 ne laissent planer aucun doute sur l’avenir de François Bellot. À la province, il double son score personnel dans le district de Ciney-Rochefort (4.149 vp), avec un résultat similaire à celui de Willy Borsus. Cela contribue à reconduire la majorité PS-PRL sortante à la députation permanente de Namur. Par ailleurs, avec 14 sièges sur 21 au Conseil communal (54,96%), la liste libérale double son résultat de 1994 et dispose d’une large majorité absolue, tandis que sa tête de liste attire 3.534 vp sur son nom, soit davantage qu’Amand Dalem à sa meilleure époque. Très vite, le maïeur de Rochefort lance divers projets portant sur la valorisation touristique, l’informatisation rapide de l’administration, l’aménagement urbain autour de la gare de Jemelle, la mise en place d’une maison de repos, le contournement routier de la ville, des mesures structurelles pour lutter contre les inondations provoquées par la Lesse, la création de nouveaux logements, etc. Il inscrit aussi volontiers sa commune dans le projet de Contrat d’Avenir de la Wallonie (automne 2002).
Conservant sa majorité absolue en octobre 2006, en dépit d’un petit tassement (54,94% ; 14 sièges sur 23 désormais, et 3.216 vp), le maïeur invite le PS (3 élus) à rejoindre le MR au sein du Collège, avec un mandat de trois ans pour un échevin en fin de législature. L’accent est mis sur la rénovation du centre-ville, l’équipement des quartiers, la préservation de l’environnement, ainsi que de la qualité de la bière trappiste. En octobre 2012, l’absence de deux échevins décédés en cours de législature pèse sur la liste MR de François Bellot, d’autant qu’au PS, sous la conduite de Pierre-Yves Dermagne (1.232 vp), le nombre de conseillers communaux est multiplié par deux (6). Disposant toujours d’une majorité absolue (48,31% ; 12 sièges sur 23), le MR de François Bellot (2.439 vp) renouvelle son ouverture à la liste POUR (24,2% ; 6 s.) en lui accordant cependant plus de place – P-Y. Dermagne (1.232 vp) devient Premier Échevin.
Dans le jeu de chaises musicales post-électoral d’octobre 2000, François Bellot a fait l’impasse sur la province et quand Michel Wauthier est nommé député permanent, Bellot reprend son mandat de député fédéral (19 décembre 2000), faisant ainsi partie de la majorité arc-en-ciel conduite par Guy Verhostadt. Suppléant à la Chambre lors des élections du 13 juin 1999 (9.104 vp), François Bellot va s’appuyer sur les voix de 18.399 électeurs lors du scrutin fédéral du 18 mai 2003 et sur 19.150 électeurs lors de celui du 10 juin 2007, pour continuer à représenter la province de Namur à la Chambre fédérale. Avec la ministre sortante Sabine Laruelle (39.763 vp), il incarne alors la vague bleue dans le Namurois, le MR dépassant tous ses adversaires, avec plus de 30% des voix.
Dès ses premiers pas à la Chambre, en 2000, François Bellot est appelé à aborder les questions institutionnelles. Membre de la majorité arc-en-ciel, le député apporte sa voix à la cinquième réforme de l’état, en adoptant les dispositions contenues dans l’accord de la Saint-Polycarpe conclu avec la VU et le FDF (23 janvier 2001), et complété par celui de la Saint-Boniface, avec le PSC : refinancement des communautés, élargissement de l’autonomie fiscale des régions, régionalisation d’une série de compétences (agriculture, commerce extérieur, coopération au développement, organisation des communes, etc.). Dans la foulée, il adopte la réforme des circonscriptions électorales fédérales qui correspondent désormais aux limites provinciales. Membre de la Commission d’enquête sur la faillite de la Sabena, membre de la Commission des infrastructures, il s’est fait une spécialité du dossier SNCB et possède une solide expertise en matière de Télécoms. Il intervient tant sur des questions d’intérêt général que pour sauvegarder des services dans les régions rurales (bureaux de poste, débit internet, services bancaires, etc.). En mai 2002, il est l’un des trois parlementaires PRL qui s’abstiennent lors du vote des projets de loi dépénalisant l’euthanasie et développant les soins palliatifs.
S’il ne constitue pas l’essentiel de son travail parlementaire, le sort du rail wallon est une préoccupation constante de François Bellot. Président de la Commission Infrastructure-Entreprises publiques et Communication de la Chambre, il s’inquiète régulièrement du sort de la dorsale wallonne alors empruntée par le Thalys et insiste sur l’importance du projet EurocapRail (finalement abandonné au milieu des années 2000), comme sur la nécessité de relier correctement par le train des sites touristiques comme les grottes de Han-sur-Lesse. Décidée en 1992, l’amélioration du temps de parcours Bruxelles-Luxembourg n’a toujours pas été concrétisée vingt ans plus tard, suscitant notamment des sanctions de la part de l’Union européenne, et la mobilisation du député Bellot avec d’autres mandataires du sud wallon : en 2016, la ligne à grande vitesse Bruxelles-Arlon-Luxembourg-Strasbourg reste toujours en projet et plus aucun Pendolino n’est attendu en gare. Plus globalement, François Bellot dénonce l’absence d’une politique ferroviaire cohérente en Wallonie ; à ses yeux, l’absence d’un consensus wallon nuit à cette région incapable, contrairement à la Flandre, de présenter et de défendre un plan concerté auprès du ministre fédéral de tutelle. Par ailleurs, il dénonce, in tempore non suspecto, le danger des passages à niveau (2008) et, de manière plus globale, s’impatiente devant la lenteur mise à améliorer la sécurité du rail.
Président de la Commission mixte ruralité (Union des Villes et Communes de Wallonie et Fondation rurale de Wallonie) qui adresse un Memorandum au futur gouvernement wallon sur l’avenir des communes rurales (avril 2009), François Bellot se préoccupe de maintenir, voire de développer, dans les zones rurales, d’indispensables services de proximité. En 2008, il fait la démonstration que vivre en zone rurale wallonne coûte à un ménage 1.000€ de plus que la vie en Flandre. On entend aussi François Bellot dénoncer les surcoûts engendrés par les gares Calatrava en Wallonie, parlant de mégalomanie, pointer les chômeurs flamands qui viennent s’installer en Wallonie, protester contre la hauteur du survol aérien des zones rurales, contester le plan De Crem qui vide le Luxembourg de ses casernes et d’unités militaires, etc. Après la crise financière de 2008, le député fédéral est l’un des membres de la Commission Fortis (2009) ; il siège aussi dans les Commissions Défense et Justice. En 2010, quand la collision de Buizingen, entre deux trains, fait 19 morts et provoque un électrochoc dans l’opinion publique, François Bellot est très vite désigné à la présidence de la Commission spéciale « sécurité du rail », aussi appelée Commission Buizingen, mais la chute du gouvernement Leterme II sur BHV met un terme à sa mission.
Dernier suppléant sur la liste MR aux élections régionales du 13 juin 2004 (8.585 vp, 5e score de la circonscription Dinant-Philippeville) et à celles du 7 juin 2009 (8.602 vp, 3e score), ce grand faiseur de voix est invité par la direction de son parti à quitter la Chambre pour se présenter au Sénat lors du scrutin anticipé du 23 juin 2010, afin de réaliser un résultat aussi probant qu’en 2007 : 6 sénateurs MR sur 15. En l’absence de Richard Fourneaux (54.000 vp en 2007), le 3e candidat de la liste MR rassemble sur son nom les voix de 34.280 électeurs du Collège francophone. Si son score personnel réjouit le nouveau sénateur direct, il doit déplorer la perte de deux sénateurs MR, d’une part, et le tassement du MR à la Chambre dans le Namurois (maintien de deux députés). Ajoutés à d’autres griefs, ces résultats alimenteront les contestations portées contre la présidence de Didier Reynders. Soucieux de ne pas apparaître comme appartenant au clan Reynders ou au clan Michel, François Bellot propose une troisième voie, lors de la guerre des chefs pour la tête du MR, mais n’est pas suivi. Chef du groupe MR au Sénat depuis juin 2010, il est remplacé par Christine Defraigne (groupe Renaissance), en décembre 2011, après l’élection de Charles Michel à la tête du MR.
Alors que les entités fédérées assurent sereinement la continuité de l’État, le « fédéral » connaît sa plus longue crise politique : 541 jours de réunions, de crispations, de rebondissements, de notes et de discussions seront nécessaires pour que se dégagent un premier accord sur le volet institutionnel (octobre), puis un second sur le volet socio-économique (décembre). Le 6 décembre 2011, Elio Di Rupo devient le Premier ministre du nouveau gouvernement fédéral qui s’appuie sur la coalition PS-SPa-MR-OpenVlD-cdH-CD&V. Durant la courte législature 2011-2014, François Bellot figure parmi les sénateurs qui adoptent, parmi beaucoup d’autres textes législatifs, l’ensemble des dispositions de la 6e réforme de l’État qui comprend notamment la scission de BHV, la réforme profonde du Sénat, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions et le transfert d’importantes compétences vers les entités fédérées. Par ailleurs, président de l’asbl « Pays de Famenne » qui regroupe les communes de Nassogne, Marche, Somme-Leuze, Rochefort, Durbuy et Hotton, François Bellot défend l’idée de bassins de vie et appelle la Région wallonne à leur donner un vrai statut (2011). L’idée d’une nouvelle ville en Famenne est aussi lancée en 2013.
Lors du triple scrutin du 25 mai 2014, François Bellot est appelé à rencontrer de nouveaux défis. Avec l’annonce du départ de Willy Borsus vers la province de Luxembourg, la tête de liste MR dans la circonscription de Dinant-Philippeville au scrutin régional est offerte au sénateur qui achève son mandat à la Haute Assemblée en proposant au vote une loi visant à sanctionner les grèves sauvages dans les services publics (texte adopté en commission, mais pas en plénière). Outre sa propre élection, il doit assurer celle d’un deuxième MR sur les quatre possibles, battre P-Y. Dermagne, et réaliser un résultat qui lui permette de garder sa fonction de bourgmestre. Avec 14.617 vp, François Bellot réussit son pari, bien aidé par les 11.327 vp de Richard Fourneaux qui poussent la jeune MR Laetitia Brogniez (5.819 vp) à Namur : avec plus de 33%, le MR remporte son succès électoral le plus éclatant dans cette partie du Namurois. Quand il fait son entrée au Parlement de Wallonie, François Bellot découvre ainsi sa 3e assemblée parlementaire. Conformément au décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, son résultat personnel au scrutin régional (le meilleur taux de pénétration des bleus wallons, 13,37%) l’autorise à exercer son mandat de député wallon en même temps que ses fonctions de bourgmestre de Rochefort. Au Parlement de Wallonie, siégeant dans l’opposition, il est membre du groupe de travail sur les finances communales et préside deux Commissions, celle de la Vérification des pouvoirs et surtout celle de l’Agriculture et du Tourisme (2014-2016). Sans surprise, il s’intéresse prioritairement au Thalys wallon, ainsi qu’au dossier RER, tout en continuant à suivre le dossier du « Groupe SNCB » qui a été restructuré en 2014, passant de trois à deux filiales.
Au printemps 2016, Olivier Chastel fait d’ailleurs appel à son expertise pour remplacer la ministre fédérale Jacqueline Galant. En devenant ministre fédéral de la Mobilité et des Transports, chargé de Belgocontrol et de la SNCB dans le gouvernement dit de la Suédoise, dirigé par Charles Michel (18 avril), François Bellot se voit offrir un portefeuille en totale adéquation avec ses matières de prédilection. Il laisse son siège wallon à Valérie Warzée-Caverenne, sa suppléante, et se met en congé de sa fonction maïorale, qu’occupe P-Y. Dermagne par intérim. En charge du rail belge, il hérite du renouvellement des contrats de gestion d’Infrabel et de la SNCB, mais il avance tout d’abord, en 2017, sur un plan de transport où il s’efforce de rétablir ponctualité, confort et qualité des services du rail ; ensuite sur le plan d’entreprise, puis sur le plan de financement, validés en 2018. Il s’attaque aussi à la définition « d’un service minimum garanti » au moment de mouvements sociaux (reprenant sa proposition au Sénat), et « sa » mesure s’applique pour la première fois sur le rail en juin 2018 ; mais il n’y aura pas d’accord dans le secteur de l’aviation. Sans succès, le ministre propose que voient le jour une gare à Charleroi airport (ligne 140) et une ligne ferroviaire Namur-Paris ; son idée d’autoriser une vitesse de 130km/h sur les autoroutes ne fait pas l’unanimité ; quant à l’accueil de la sécurité du système satellitaire Galileo à Redu, l’Europe préférera Madrid à la proposition défendue par le ministre belge.
Alors que le ministre planche sur le texte d’un tout nouveau code de la route (avec entrée en vigueur le 1er janvier 2021), les autorités flamandes émettent un avis négatif et recalent l’initiative fédérale. L’idée d’un permis à points est aussi abandonnée et ses initiatives fédérales pour réformer l’apprentissage à la conduite reçoivent les critiques des entités fédérées (2018). Tentant de trouver une solution pour régler définitivement les nuisances aériennes lors du survol de Bruxelles, le « plan Bellot » avance plusieurs pistes innovantes et originales, fait réaliser l’étude d’incidence réclamée par la Justice, mais le ministre se heurte ici aussi à l’opposition des régions (Flandre et Bruxelles). Il en tire publiquement le constat de blocages multiples aux différents niveaux de pouvoir, rendant impossible, à son avis, toute amélioration de la mobilité en Belgique. Il regrette l’absence « d’un outil pour contraindre les ministres à travailler ensemble ». Même si un accord est conclu entre Belgocontrol (futur Skeyes) et la Région wallonne (juillet 2018), François Bellot persiste à plaider en faveur du retour à l’état fédéral de certaines compétences comme le Commerce extérieur, la Mobilité, l’énergie ou la Santé, dans un seul but : l’efficacité. C’est le sens de la carte blanche qu’il signe avec une partie des mandataires libéraux, suscitant de vives réactions, notamment d’autres élus libéraux, obligeant Olivier Chastel à intervenir (août 2018). Le ministre est pourtant conforté dans son opinion quand son projet de loi réglementant les survols et leur dispersion géographique (vliegwet) est balayé d’un revers de main par les partis flamands ; en janvier 2019, son idée d’une agence interfédérale de la Mobilité destinée à coordonner le travail des régions est rejetée par ses homologues bruxellois et flamand.
à l’approche de la fin de la législature, le ministre fédéral garde deux fers au feu, la finalisation des contrats de gestion de la SNCB et d’Infrabel, et le refinancement de chantiers urgents. Depuis 2012, date de leur échéance, ces contrats initialement conçus pour la période 2008-2012 ont été prolongés par de simples avenants annuels ; proposant un nouveau texte (fin 2018), Bellot s’emploie à mettre fin à cette situation, non sans mal, quand survient la chute du gouvernement Michel suite à la défection de la NV-A en désaccord sur le pacte de Marrakech (décembre 2018). Jusqu’en octobre 2020, François Bellot restera ministre fédéral chargé de gérer les affaires courantes, mais sans la possibilité de régler les survols de Bruxelles ni les contrats de gestion reportés au prochain gouvernement, auquel il conseillera d’investir 35 milliards € dans la SNCB. Par contre, il parvient à valider le « milliard d’€ vertueux » qu’il avait réussi à dégager en 2017 – malgré les coupes sombres antérieures de l’exécutif Michel – en tant que « Plan national des investissements ferroviaires stratégiques » pour achever les chantiers urgents (par ex. le RER) : un accord de coopération est conclu entre les régions et le budget est approuvé puis ratifié, avec le soutien de toutes les régions et de tous les partis (février 2019).
En attendant la formation du gouvernement Vivaldi présidé par Alexander De Croo (octobre 2020), François Bellot demeure ministre en affaires courantes, dans le gouvernement Michel II (décembre 2018-octobre 2019), puis dans le gouvernement présidé par Sophie Wilmès (octobre 2019-mars 2020), après l’accession de Charles Michel à la présidence du Conseil européen. Bellot occupe les mêmes fonctions dans le gouvernement Wilmès II (mars-octobre 2020), mis en place dans l’urgence, gouvernement minoritaire, soutenu à la Chambre par une majorité alternative, pour faire face à la pandémie de la Covid-19. Le 1er octobre 2020, Fr. Bellot cède le relais de la Mobilité à l’écolo Georges Gilkinet et retrouve les bancs du Parlement de Wallonie. Président d’arrondissement du MR, Fr. Bellot a participé à l’élection du nouveau président de sa formation politique (automne 2019), mais entre les quatre candidats en présence, il a toujours refusé de révéler sa préférence.
En octobre 2018, les deux partis de la majorité sortante de Rochefort, le MR et le PS, ont présenté une liste unique, CAP 2030-IC, aux élections communales, et ils ont convaincu deux électeurs sur trois (66%, 17 sièges). Tête de liste, P-Y Dermagne (2.109 vp) dépasse désormais Fr. Bellot (1.546 vp) qui poussait la liste. Les législations interdisant les cumuls des mandats empêcheront les deux leaders de siéger effectivement au Collège communal de Rochefort : Dermagne, bourgmestre empêché (2019), laisse à la MR Corine Mullens (sa dauphine sur la liste, 1.591 vp) la fonction maïorale, du moins jusqu’en juin 2022, moment où le MR Julien Defaux la remplace. Après 24 ans de maïorat, François Bellot, quant à lui, siège comme conseiller communal. Le 26 mai 2019, tête de liste dans le sud du Namurois, au scrutin régional wallon, François Bellot sauve la mise de son parti qui conserve ses deux sièges. Largement en tête en voix de préférence (13.864 vp), il réalise le meilleur taux de pénétration de Wallonie (12,63%). Néanmoins, le MR y a perdu près de 8% par rapport à 2014 (passant de 33,84% à 26,2%).
Au Parlement de Wallonie, François Bellot est membre de la Commission Budget-Infrastructures sportives (2020-2024). En décembre 2021, il y est d’ailleurs l’un des trois membres MR qui questionnent avec insistance le ministre MR J-L. Crucke sur son projet de décret « portant diverses dispositions pour un impôt plus juste » qu’il peaufine depuis le début de la législature. Se faisant le porte-parole des habitants de la ruralité, Bellot met son ministre en difficultés ; l’écueil est finalement évité, même si, en janvier 2022, J-L. Crucke remet sa démission. Par ailleurs, après la démission du bureau du Parlement de Wallonie, suite à l’affaire dite du Greffier, Fr. Bellot devient membre de la Commission de la Comptabilité, créée pour renforcer le contrôle des budgets et comptes du Parlement de Wallonie (12/2022-2024). En août 2023, avec Sabine Laruelle, le député wallon déplore le rôle passif de tous ses collègues wallons de la majorité face « aux discours du gouvernement wallon » ; il réclame davantage de vitalité démocratique à Namur, et souhaite que les députés wallons quittent le statut de presse-bouton pour prendre plus sérieusement en considération l’ensemble des problèmes, surtout celui de la dette wallonne.
Ayant annoncé la fin de sa carrière politique, il reste à la disposition du MR pour les scrutins du 9 juin 2024, mais n’est plus tête de liste.
Mandats politiques
Conseiller au CAP de Rochefort (1982-1988)
Conseiller communal de Rochefort (1988-)
Conseiller provincial de Namur (1994-1998)
Bourgmestre de Rochefort (1995-01/1998)
Premier Échevin (02/1998-08/1998)
Député permanent (1998-2000)
Bourgmestre (04/2001-04/2016)
Député fédéral (12/2000-2010)
Sénateur direct (2010-2014)
Député wallon (2014-04/2016)
Ministre fédéral (04/2016-09/2020)
Bourgmestre empêché (04/2016-2018)
Député wallon (10/2020-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont Le Soir (1988-2024), notamment des 7 juin 2018, 29 août 2023 ; La Libre, 3 août 2018
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Baurain Pascal
Mons 12/09/1969
Député wallon : *2016-2018*
L’élection de Pascal Baurain au Parlement de Wallonie résulte d’une série de circonstances particulières générées par l’application du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons. Pour sa première participation à une élection autre que communale, Pascal Baurain figure comme 2e suppléant sur la liste du cdH, dans la circonscription de Mons, au scrutin régional wallon du 25 mai 2014. Avec 1.008 voix de préférence, il signe le 6e score de sa liste et se retrouve en attente au 3e rang des suppléants. Avec un seul élu (Carlo di Antonio) rien ne laisse présager que lui serait proposé un mandat de député wallon. Car le scénario est un peu compliqué. En avril 2016, la MR Jacqueline Galant quitte le fédéral et reprend son siège au Parlement wallon, repoussant Georges-Louis Bouchez vers son échevinat à Mons. Mais la décision d’Elio Di Rupo de se passer des libéraux et de faire appel au cdH crée un appel d’air chez les humanistes montois. Suppléante de Carlo di Antonio siégeant à Namur depuis juillet 2014, Savine Moucheron abandonne la capitale wallonne pour devenir échevine à Mons. Et comme Cindy Beriot (2e suppléante) renonce à la remplacer, c’est à Pascal Baurain que le mandat est proposé : il prête serment le 25 mai 2016, sans avoir à démissionner d’autres mandats. En l’occurrence, depuis 2012, il siège comme conseiller communal à Saint-Ghislain, localité dominée par le Parti socialiste.
À Saint-Ghislain, le PS détient en effet la majorité absolue depuis des générations ; sans remonter à la Charte de Quaregnon, Robert Leclercq (1976-1977), Victor Cornez (1977-1994), Freddy Deghilage (1995-2006) et Daniel Olivier (2006-2024) se sont succédé depuis la fusion des communes, sans partage du pouvoir. Au XXIe siècle, avec plus de 50% des suffrages et sans grande variation, les socialistes semblent indéboulonnables, avec leurs 17 conseillers communaux (sur 27). Jusqu’en 2012, l’opposition s’est toujours présentée en ordre dispersé, affaiblissant ses chances, comme en 2006 où le cdH frôle les 19% et se contente de 5 sièges. Placé en milieu de liste, Pascal Baurain participe alors à son premier scrutin (143 vp). Conseiller du CPAS (2007-2011), il en appelle à l’union de toutes les forces démocratiques d’opposition pour repousser le PS de Daniel Olivier dans l’opposition.
Son appel est suivi d’effet. Tête de liste du cdH-MR-Écolo-ACI (40,2%, 11 sièges), Pascal Baurain signe le 4e résultat personnel (1.085 vp), tous partis confondus. Le PS perd alors un demi pourcent et un siège, mais conserve sa majorité absolue (16 sièges sur 27). Au cours de la législature communale 2012-2018, le cartel souffre de quelques tensions internes, certains éléments s’en détachant, d’autres arrivant ou revenant... Alors que DéFI rejoint le cartel, celui-ci se présente sous la dénomination Osons ! aux communales d’octobre 2018. Pascal Baurain se présente comme candidat à la succession du bourgmestre. Avec un recul près de 6% et la perte de 2 sièges, le PS de Daniel Olivier parvient à conserver sa majorité absolue au conseil communal. Avec plus de 37%, la liste emmenée par Pascal Baurain décroche 11 sièges, et son leader réalise davantage de voix de préférence que le maïeur (1.809 vp contre 1.618 vp). Avec 10% et 2 sièges, le MR&Citoyens n’est pas en mesure d’aider à renverser la majorité socialiste et Pascal Baurain doit se résoudre au rôle de leader de l’opposition communale.
Avocat inscrit au barreau de Mons depuis 1998, spécialisé dans le droit de la jeunesse, des assurances, des baux civils et commerciaux, Pascal Baurain allie ses compétences professionnelles et son engagement au CPAS. Dès 2007, il attire l’attention sur divers manquements dans la gestion du CPAS de sa localité, contribuant au renvoi en Justice du bourgmestre (finalement acquitté en 2015) et du président du CPAS ; il est aussi le conseil de dizaines de locataires du Logis Saint-Ghislainois pour lesquels il obtient une solution à l’amiable. Spécialisé dans les questions relatives au logement social, en lutte contre les « surloyers », il est l’avocat-conseil de l’Association wallonne des comités consultatifs des locataires et propriétaires.
Dès lors, lorsqu’il devient député wallon, en 2016, Pascal Baurain est naturellement membre de la Commission Pouvoirs locaux-Logement-Infrastructures sportives ; il est aussi membre de la Commission pour l’égalité des chances hommes-femmes (2016-2018). Plongé immédiatement dans le dossier CETA, il soutient la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada, et il adopte le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Défenseur de dossiers relatifs à Mons-Borinage, le député wallon trouve des interlocuteurs attentifs auprès des ministres Prévot et di Antonio (rénovation de murs anti-bruit, projet de nouvelle sortie d’autoroute à hauteur de Quaregnon, etc.). Par ailleurs, en février 2017, il est nommé président de l’éphémère Commission spéciale chargée de faire la lumière sur Publifin/Nethys ; cette commission montre très vite ses limites et laisse la place à une Commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la transparence et le fonctionnement du groupe Publifin (ex-Tecteo). Du 16 février au 3 juillet 2017, il fait non seulement partie de la Commission mais, en tant que représentant du cdH, il en est aussi l’un des trois rapporteurs. Au cours de 29 réunions, entouré de quatre experts, les 15 membres de la Commission présidée par Olga Zrihen ont entendu, au moins une fois, 52 témoins différents, parfois à huis clos, le plus souvent en séance publique, avec retransmission télévisuelle. Adopté à l’unanimité des membres de la Commission, le rapport de plus de 60 pages qui comprend au fil des chapitres toute une série de recommandations est approuvé à l’unanimité en séance plénière du Parlement de Wallonie (12 juillet).
Entretemps, Benoit Lutgen, le président de son parti, a lancé un appel à débrancher la prise avec les socialistes, se disant irrité par la succession des « affaires » impliquant le PS (appel du 19 juin 2017). Pascal Baurain fait partie des 38 députés qui adoptent, le 28 juillet, la motion de défiance constructive déposée par les députés MR et cdH et instituant le gouvernement wallon de Willy Borsus ; c’est une première dans l’histoire politique wallonne.
Membre de la Commission Environnement-Aménagement du territoire-Transports (2016-juillet 2017), où est notamment abordée la question de l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement préalable, il participe à ses débats, procède aux consultations écrites et aux auditions (dont le représentant de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) et celui du Consistoire central israélite de Belgique (CCIB), à leur demande insistante). Les échanges sont vifs, mais les députés wallons sont décidés. Sous la signature conjointe de Christine Defraigne, Josy Arens, Edmund Stoffels et Véronique Waroux, une nouvelle proposition de décret est déposée en avril 2017, offrant une alternative aux cultes concernés, ainsi qu’une période transitoire. Tout abattage animal sera interdit sans étourdissement préalable, y compris dans les abattoirs. Après un vote unanime de la Commission (mai), le décret est soumis à la discussion générale de l’assemblée plénière (17 mai 2017), avant d’être approuvé à la quasi-unanimité (66 sur 69) des députés présents. Pascal Beaurain aura encore l’occasion de voter in extremis le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur faisant ainsi de la Wallonie une région pionnière.
Après le scrutin d’octobre 2018, Savine Moucheron n’est plus échevine à Mons. En conséquence, elle retrouve son siège de députée à Namur et Pascal Baurain reprend le chemin de Saint-Ghislain, en attendant le scrutin régional wallon du 26 mai 2019. Premier suppléant (1.504 vp) sur la liste cdH conduite par Carlo di Antonio, il table sur une reconduction du ministre sortant pour pouvoir siéger à nouveau à Namur. Dans la circonscription de Mons, les électeurs en décident autrement, privant le cdH de tout élu. Héritier d’un PSC, 2e force politique avec 2 élus et plus de 23% en 1995, le cdH plonge à moins de 9% et se retrouve 5e formation politique.
Dans l’opposition, le parti de Maxime Prévot entreprend un long processus de rénovation et de refonte qui aboutit à l’émergence du mouvement Les Engagés (congrès de mars et mai 2022). Ayant repris son métier d’avocat à temps plein, Pascal Baurain participe à ce processus ; membre du comité d’arrondissement cdH puis Engagés pour Mons-Borinage, membre du Conseil de la zone de police boraine, membre extérieur invité au Conseil d’administration de l’Université de Mons-Hainaut, il est choisi par son parti comme tête de liste au scrutin wallon du 9 juin 2024 et aux communales d’octobre.
Mandats politiques
Conseiller au CPAS de Saint-Ghislain (2007-2011)
Conseiller communal de la Ville de Saint-Ghislain (2012-)
Député wallon (06/2016-12/2018)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024)
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2016 à 2018,
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Baltus-Möres Jenny
Malmedy 03/03/1983
Députée wallonne : 2014-2019
Diplômée de l’Université de Cologne (master en langues germaniques, 2006), Jennifer Baltus-Möres milite dans les rangs du parti libéral germanophone (PFF). Dès 2006, celle qui fut saxophoniste dans l’harmonie de Rocherath-Krinkelt est élue conseillère communale à Bullange, mandat qu’elle ne renouvelle pas à la fin d’une législature passée dans l’opposition. Professeur de langues germaniques à l’Institut Robert Schuman, à Eupen, cette enseignante qui obtient l’agrégation à l’Université de Liège en 2010 est aussi attachée de presse, entre 2006 et 2010, du parlementaire germanophone Bernard Collas (1954-2010), ainsi que du ministre Bernd Gentges. Candidate aux élections régionales du 7 juin 2009 en Communauté germanophone, elle est la suppléante de Ferdel Schröder, nommé président du Parlament der Deutschsprachingen Gemeinschaft Belgiens (2009) et qui est emporté par un cancer en janvier 2013.
Après dix-huit mois de mandat parlementaire effectif à la DG, Jenny Baltus-Möres obtient le renouvellement de ce mandat le 25 mai 2014, mais avec voix consultative. En effet, en 24e position sur la liste du PFF aux élections pour le renouvellement de la DG, elle n’est pas élue ; mais candidate MR dans la circonscription de Verviers au scrutin régional, elle profite pleinement de l’effet P-Y. Jeholet et de ses 16.000 voix de préférence, ainsi que de la progression du MR par rapport à 2009 (+5%) qui empoche ainsi un second siège. En prêtant serment en allemand à Namur, Jenny Baltus-Möres (dont le résultat personnel ne doit pas être négligé, avec 4.571 vp) permet à Charles Gardier de siéger au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tandis qu’elle a le droit de participer aux travaux du Parlament avec voix consultative. Parmi ses projets au Parlement de Wallonie figurent le transfert des compétences de la Wallonie vers la DG, ainsi que la revalorisation de l’apprentissage et l’utilisation de la langue allemande.
À Namur, de 2014 à 2017, elle est membre de la Commission des Pouvoirs locaux-Logement-Énergie, et de l’Emploi-Formation ; elle siège brièvement au sein du Comité d’avis sur les questions européennes (2014-2015), mais reste vice-présidente du Comité d’avis pour l’égalité des chances « hommes-femmes ». Dans le dossier CETA, elle s’oppose, avec son groupe politique MR, à la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie marque son refus de déléguer ses pleins pouvoirs au Gouvernement fédéral pour la signature de l’accord CETA entre l’UE et le Canada. Et elle est absente le jour où est adopté le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Au printemps 2017, elle est membre suppléante de la Commission spéciale Publifin, son statut de germanophone prévalant à celui de Liégeoise... Ses interventions parlementaires à Namur sont nombreuses et portent sur des sujets très divers (l’idée du référendum, la chasse, certains transferts budgétaires, les éoliennes, la rénovation des routes, la promotion touristique, la rénovation du Grand Théâtre de Verviers, des statistiques différenciées entre Wallonie et DG, les bus du TEC, la taxe photovoltaïque, des dispositifs anti-noyade dans les piscines, etc.). Aucun ministre n’échappe à la curiosité déterminée de la députée. Avec ses collègues MR P-Y. Jeholet et J-L. Crucke, elle dépose d’ailleurs une résolution destinée à pousser le gouvernement wallon à accélérer le processus de transfert de compétences vers la Communauté germanophone (mai 2015). Il s’agissait d’engager la procédure prévue par l’article 139 de la Constitution pour doter la DG des compétences non seulement de l’emploi, mais aussi de l’urbanisme, du logement, de l’aménagement du territoire et des travaux publics, ainsi que les responsabilités provinciales, avec les moyens financiers nécessaires. Au printemps 2016, c’est le parlement germanophone lui-même qui y allait d’une ferme résolution exigeant des autorités politiques fédérale et wallonne plus de considération à l’égard de la langue allemande. À Namur, Jenny Baltus-Möres relaie ces revendications portant sur l’amélioration de l’apprentissage de l’allemand, la mise en place de services en allemand dans l’administration, la prise en compte de la langue de Goethe lors des concours, la traduction systématique des réglementations, etc. À l’instar d’Edmund Stoffels, elle entend défendre les intérêts des Germanophones au sein du Parlement de Wallonie.
Avec le socialiste, elle dépose d’ailleurs une résolution, qui sera adoptée à l’unanimité en plénière (juillet 2016), afin que la langue allemande soit davantage utilisée dans toute la communication officielle de la Wallonie ; que le CoDT ne dispose pas d’une traduction allemande l’offusque au plus haut point, comme d’ailleurs toute une série de « brimades » que les Germanophones n’entendent plus supporter.
Le changement de majorité intervenu à Namur durant l’été 2017 réjouit la députée wallonne germanophone, non seulement parce que son parti est désormais dans la majorité, mais surtout parce que le transfert de compétences vers la Communauté germanophone est inscrite explicitement dans la déclaration de politique régionale, faisant déjà naître, à Eupen, un débat endiablé sur la question de savoir si le gouvernement germanophone devrait disposer d’un cinquième ministre. Elle est membre de la Commission de Coopération (2018-2019), après en avoir été l’une des vice-présidentes (2014-2017). Membre puis vice-présidente (2018-2019) de la Commission Budget-énergie-Climat, elle accomplit un travail important pour que se concrétisent les objectifs climatiques en vue de la COP23, et pour que la Belgique adopte une position interparlementaire commune sur la politique climatique dans la perspective de la COP24.
Quand MR et cdH s’allient à l’été 2017, s’appuyant sur une très courte majorité (38 sièges sur 75), elle contribue à voter une série de mesures destinées à montrer le changement de cap imprimé à la politique wallonne : suppression de la « Redevance Télévision », modification de grille des loyers, réduction de la fiscalité immobilière, transfert de compétences vers l’Ostbelgien, abandon du Plan Marshall, réduction de l’intervention publique et incitation à l’initiative privée ou associative, résolution fixant une série de balises pour les futurs traités de libre-échange négociés par l’Union européenne, application de recommandations de la Commission Publifin en matière de transparence et de gouvernance, réforme de la gouvernance des GRD du gaz et de l’électricité, etc.
La députée adopte aussi une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur fait de la Wallonie une région pionnière. Membre du Conseil parlementaire interrégional, elle est aussi membre de la Commission pour l’Egalité des Chances entre les Hommes et les Femmes (2018-2019).
Ayant déménagé à Eupen en 2013, conseillère communale PFF d’Eupen élue en octobre 2018, elle évoque des raisons privées pour expliquer son absence au triple scrutin de mai 2019 et son retrait de la vie politique parlementaire, cédant le relais à Christine Mauel, en insistant sur l’importance de disposer d’une représentante libérale germanophone au Parlement de Wallonie.
Mandats politiques
Conseillère communale à Bullange (2006-2012)
Députée au Parlament der Deutschsprachingen Gemeinschaft Belgiens (effective 01/2013-06/2014, avec voix consultative 06/2014-2019)
Députée wallonne (2014-2019)
Conseillère communale à Eupen (2018-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont le Grenz Echo (-11/2017)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014-2019,
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Arens Josy
Arlon 30/05/1952
Député wallon : 2014-2019
Issu d’une famille d’agriculteurs installés à Post, où ils étaient éleveurs de chevaux de trait ardennais, Joseph Arens accomplit des études supérieures à l’Université catholique de Louvain et revient à Attert avec une licence en Sciences politiques et économiques. Fondateur d’une asbl de défense et de promotion du cheval de trait ardennais, il reprend les activités familiales avant d’entrer, à la fin des années 1980, au Cabinet du ministre wallon Guy Lutgen ; il s’occupe des dossiers liés aux fonds structurels européens et aux questions agricoles (mars 1988-octobre 1995).
Élu conseiller communal d’Attert en octobre 1988, candidat suppléant sur les listes PSC aux législatives de 1991, l’attaché de Cabinet devient échevin d’Attert peu avant les élections communales d’octobre 1994 et accroche à son premier bilan la création d’un parc naturel sur l’ensemble du territoire communal ; le Parc de la Vallée de l’Attert est alors le 3e parc officiel, après celui des Hautes-Fagnes Eifel et celui des vallées de la Burdinale et de la Mehaigne ; en 2024, la Wallonie reconnaissait officiellement un 13e parc naturel ; tous sont réunis au sein d’une Fédération qui témoigne du caractère pionnier du projet mené par Josy Arens.
Tête de liste, en octobre 1994, devant le bourgmestre sortant (René Dominicy, 1931-2017), Josy Arens (578 vp) emmène « Rénovation 2000 » au succès, avec 9 élus sur les 13 du Conseil communal. Le 1er janvier 1995, quand il ceint l’écharpe maïorale, commence une longue histoire de confiance avec les électeurs d’Attert qui renforcent sa majorité, d’élection en élection : en 2000 (910 vp, 62%, 11 sièges sur 15), en 2006 (1.202 vp, 70,1%, 12 sièges sur 15) et en 2012 (1.235 vp, 75,2%, 14 sièges sur 17). En octobre 2012, un électeur sur trois vote Arens, malgré une opposition unie (Horizon 2030) face à « Ensemble ». En octobre 2018, les électeurs d’Attert ne se déplacent pas pour départager des listes en présence, mais pour établir une hiérarchie entre les candidats en lice sur la seule liste – Ensemble – qui leur est proposée. Attert est l’une des six communes de Wallonie dans cette situation (avec Bièvre, Chiny, Rouvroy, Vaux-sur-Sûre et Verlaine) et les votes nuls et blancs n’y dépassent pas 6,6%. Sans surprise, avec 1.509 vp, Josy Arens est reconduit dans ses fonctions de maire, pour la cinquième fois consécutive.
Parmi les réalisations communales souvent inspirées des principes du développement rural, figure la modernisation des établissements scolaires, la création d’une crèche, la prise en charge de cours d’allemands de la 1ère à la 4e primaire, la création de l’école ENOVA (pédagogie alternative), la création d’un Centre autistes-Alzheimer, la sécurisation de la N4, etc. En 2014, un concours européen décerne à Attert le titre de « championne » en matière d’énergies renouvelables. Seul point noir, le prix de l’immobilier. Commune frontalière de Wallonie ayant connu la plus importante progression démographique en 20 ans (+50% d’habitants), Attert (5.400 hab.) compte un résident sur deux qui travaille au Luxembourg et les prix flambent, malgré les initiatives communales destinées à rendre le logement accessible aux jeunes de la localité. Municipaliste inconditionnel, Josy Arens a toujours vécu les élections au niveau communal comme un long fleuve tranquille. Par contre, tous ses mandats parlementaires depuis 1995 donnent lieu à des péripéties particulières.
Lors du scrutin fédéral du 21 mai 1995, Josy Arens mène campagne dans le sillage de Jean-Pol Poncelet. Avec le meilleur score tous partis confondus dans la circonscription de Neufchâteau-Virton élargie à Arlon-Marche-Bastogne, J-P. Poncelet est propulsé à une fonction ministérielle quand Melchior Wathelet annonce sa démission du gouvernement Dehaene et son départ à la Cour européenne de Justice de Luxembourg. En application de l’incompatibilité des mandats (député et ministre) décidée durant la législature précédente, Josy Arens (5.540 vp) succède à J-P. Poncelet à la Chambre. En juin 1999, toujours suppléant de J-P. Poncelet, Josy Arens (8.809 vp) perd son mandat parlementaire quand le PSC est renvoyé dans l’opposition. Cependant, en cours de législature, Jean-Pol Poncelet quitte le monde politique belge pour le bureau de l’ESA (23 août 2001) ; Josy Arens retrouve ainsi la Chambre fédérale, après avoir manqué de justesse un mandat de sénateur coopté (1999).
Au sein d’un parti désormais présidé par Joëlle Milquet, il devient membre du Bureau politique du PSC (1999), en charge des matières agricoles. Éphémère conseiller provincial du Luxembourg (2001), il est le rapporteur de la Commission préparant l’entrée de la Belgique dans la zone euro lorsqu’il retrouve le mandat de député fédéral (été 2001). Tête de liste lors du scrutin fédéral du 18 mai 2003, il réalise le meilleur score personnel dans « sa » province (20.369 vp), en dépit du léger tassement de sa liste. Dans l’opposition au moment de l’adoption de la réforme institutionnelle de 2001, ainsi que durant la législature 2003-2007, il sort de séance quand la Chambre vote la régionalisation des exportations d’armes (juillet 2003).
Très actif parlementaire sur les bancs de la Chambre où il multiplie les interventions, l’homme fort du sud Luxembourg accepte la mission que lui confie le parti de mener la liste au scrutin régional wallon du 13 juin 2004, dans la circonscription de Neufchâteau-Virton. Le retrait de la vie politique du député wallon Pierre Scharff permet aux jeunes cdH de se porter candidats à sa succession, mais la notoriété de Josy Arens est appelée à la rescousse pour assurer un mandat à Namur. Par le système de l’apparentement, le cdH hérite du second siège de la circonscription et, aux voix de préférence, c’est Dimitri Fourny qui s’impose (4.753 contre 4.397 à Thérèse Mahy) et remplace le premier candidat effectif, la locomotive Josy Arens (8.515 vp) qui avait clamé son intention de rester au fédéral, sauf si un poste ministériel lui était présenté. Lors de la formation de la nouvelle majorité PS-cdH à Namur, il est vivement pressenti à un portefeuille, mais finalement Joëlle Milquet lui préfère Benoît Lutgen, pour s’occuper de l’Agriculture et de la Ruralité.
La stratégie électorale de la direction du cdH porte ses fruits quand, en juin 2007, placé en 4e position comme effectif sur la liste cdH, Benoit Lutgen réalise le meilleur score de la circonscription luxembourgeoise, en devançant la tête de liste Josy Arens (24.331 vp. contre 23.511). Un vrai succès pour le cdH et Josy Arens qui prolonge son mandat au fédéral : cette courte législature (2007-2010) est surtout marquée par les difficultés de former un gouvernement et par les péripéties du dossier BHV ; Josy Arens se mobilise aussi pour conserver la présence de l’Armée dans ses implantations luxembourgeoises (dossier De Crem). Lors du scrutin régional wallon du 7 juin 2009, Josy Arens est une nouvelle fois appelé en renfort, sur ses terres : 3e suppléant, il réalise le 3e score personnel tous partis confondus, avec 8.449 vp, cette fois du côté d’Arlon-Bastogne-Marche.
Lors des élections fédérales anticipées du 23 juin 2010 (le gouvernement Leterme II étant tombé sur BHV), Josy Arens revendique la tête de liste, mais doit concéder cette place à Benoit Lutgen et se présente comme premier suppléant. Grâce au raz-de-marée orange, deux sièges sont décrochés par le cdH et c’est Isabelle Poncelet (11.460) qui, préférant conserver son mandat de députée provinciale, cède son siège fédéral et permet à Josy Arens (15.963 vp) de poursuivre ses activités à la Chambre, conformément à un accord politique interne.
Alors que les entités fédérées assurent sereinement la continuité de l’État, le « fédéral » connaît sa plus longue crise politique : 541 jours de réunions, de crispations, de rebondissements, de notes et de discussions seront nécessaires pour que se dégagent un premier accord sur le volet institutionnel (octobre), puis un second sur le volet socio-économique (décembre). Le 6 décembre 2011, Elio Di Rupo devient le Premier ministre du nouveau gouvernement fédéral qui s’appuie sur la coalition PS-SPa-MR-OpenVlD-cdH-CD&V. Durant la courte législature 2011-2014, Josy Arens adopte, parmi beaucoup d’autres textes législatifs, l’ensemble des dispositions de la 6e réforme de l’État qui comprend notamment la scission de BHV, la réforme profonde du Sénat, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions et le transfert d’importantes compétences vers les entités fédérées.
Lors du triple scrutin de mai 2014, Benoit Lutgen décide de ne pas se présenter au scrutin régional et opte pour la Chambre. Une fois encore, Josy Arens se met au service de son parti et accepte de mener la liste cdH dans la circonscription d’Arlon-Bastogne-Marche. Le défi est de taille pour le chevronné parlementaire appelé à faire aussi bien qu’en 2009, tout en cachant son peu d’enthousiaste à l’idée de quitter le fédéral et de risquer la perte de son mandat maïoral en raison du décret spécial wallon sur le cumul. Finalement, non content de rassembler 13.101 voix sur son nom et de maintenir le cdH à son niveau de 2009, Josy Arens entre au Parlement de Wallonie avec l’un des meilleurs taux de pénétration de Wallonie et, conformément au décret du 9 décembre 2010, il est autorisé à exercer son mandat de député wallon en même temps que ses fonctions de bourgmestre d’Attert, jusqu’à la fin de la législature wallonne (en 2019). Membre de la Commission des Affaires générales et des relations internationales, il devient l’un des vice-présidents de la Commission Logement-Pouvoirs locaux-Énergie.
Celui que ses collègues surnomment le « frontalier » est un parlementaire dynamique, au franc-parler tranchant. S’il s’intéresse à de multiples sujets, Josy Arens a aussi ses « marottes » : le statut des frontaliers, les questions relatives à la fiscalité dans les communes frontalières, la situation de l’agriculture et des agriculteurs, la mobilité ferroviaire et autoroutière entre Belgique et Luxembourg, la déduction fiscale des kots, etc. Se présentant comme « candidat-élu défenseur des zones rurales », il multiplie les démarches pour que les politiques fédérale et wallonne prennent en considération les attentes et besoins des zones éloignées des centres urbains. Il se mobilise régulièrement en faveur du maintien à Arlon d’une série de services : poste, justice, armée, gare, etc. Aussi le sort réservé à l’hôpital d’Arlon motive-t-il son opposition au projet Vivalia 2025.
Dans le dossier CETA, il soutient la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada et il adopte le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Attaché aux traditions et à l’histoire luxembourgeoise, il participe à toutes les initiatives transfrontalières dont la création de l’Association des communes de la vallée de l’Attert belgo-luxembourgeoise (juin 1998). Il contribue aussi à la préservation du patrimoine (restauration des anciens lavoirs) et à favoriser les contacts entre les communes et les habitants de l’ancien comté de Luxembourg, voire de la zone linguistique du francique-mosellan. Le 23 juin 2017, jour de la fête nationale du grand-duché voisin, le maïeur organise à Attert la première fête de la langue luxembourgeoise. Né d’un grand-père grand-ducal, décoré de la médaille de chevalier dans l’ordre du mérite du grand-duché de Luxembourg (2003), il nourrit, sous forme de nostalgie, l’idée d’une réunification « des deux Luxembourg » ; mais lorsqu’un parlementaire du Vlaams Blok dépose une résolution en faveur de la défense de la spécificité de l’Arelerland, Josy Arens est le premier à s’indigner et à affirmer que, dans le respect de sa langue et de sa culture luxembourgeoise, le pays d’Arlon restera belge et wallon (juillet 1996). En 2004, le député cdH réclamait du gouvernement belge qu’il signe, ratifie et commence à appliquer la charte européenne des langues régionales et minoritaires, comme le font la plupart des pays de l’Union européenne.
Depuis ses débuts au fédéral, Josy Arens réclame une déduction fiscale pour les parents d’étudiants que l’éloignement contraint à louer des kots ; sa première démarche remonte à juillet 1997 et, constamment, il n’aura de cesse de revenir à la charge. Combat mené au fédéral depuis 1997, la déduction fiscale des kots est inscrite dans la déclaration régionale de l’été 2017, de la nouvelle et… courte majorité MR-cdH au Parlement de Wallonie. Ce geste plus que symbolique n’a pas l’effet de calmer les critiques de Josy Arens : l’appel du 19 juin 2017 de Benoit Lutgen qui invitait à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes a créé de l’incertitude en raison de la crise politique qui s’en est suivie durant tout l’été 2017, tant en Wallonie, qu’à Bruxelles et en Fédération. Au moment de la crise wallonne, Josy Arens était confiant dans la démarche : d’ailleurs, il est l’un des quatre signataires cdH de la motion de défiance constructive votée le 28 juillet. Mais le changement n’intervient qu’en Wallonie et plusieurs sondages créditent le cdH de mauvais résultats. Durant l’automne 2017, avec d’autres parlementaires cdH (Vanessa Matz, Joëlle Milquet, Catherine Fonck, Véronique Waroux, Georges Dallemagne, Benoît Drèze), Josy Arens s’exprime ouvertement dans la presse en faveur d’un véritable débat interne sur le mode de fonctionnement et sur la doctrine humaniste du cdH (13 octobre).
Ce n’est pas la première fois que le parlementaire s’exprime ainsi contre la manière dont fonctionnent les institutions et pour le changement de certaines habitudes. Après quelques mois d’activités à Namur, il cosigne une proposition de résolution (avec Christophe Collignon et Dimitri Fourny) pour la mise en place d’une « Commission spéciale pour le renouveau démocratique » (février 2015). Membre suppléant de cette commission composée de collègues PS, MR et cdH, il mène une réflexion sur les mesures de bonne gouvernance à mettre en œuvre au niveau régional ou local, visant notamment à améliorer tant la démocratie représentative que la démocratie participative. à la suite de ses travaux, la Wallonie adopte notamment deux décrets qui en font la première entité du pays à adopter le principe d’une consultation d’initiative citoyenne (2019). Cette consultation peut être organisée si une majorité simple des députés le décide ou si sont réunies au moins 60.000 signatures de citoyens belges et étrangers résidant en Wallonie.
Josy Arens ne semble cependant pas juger cela suffisant. Bien que membre de la majorité, l’ancien député fédéral déplore la manière de fonctionner des députés wallons. Il se dit irrité par leur recours systématique à la procédure des propositions de résolution. Cette sollicitation du Parlement à l’endroit de l’Exécutif réduit le pouvoir des parlementaires, estime-t-il, car le gouvernement se retrouve seul à apprécier le sort réservé aux résolutions, sans débat. Le député wallon n’a donc pas l’occasion de défendre son point de vue, d’argumenter, de critiquer, bref de jouer son rôle de législateur. Ce n’est pas la première fois que Josy Arens déplore la faiblesse du pouvoir législatif. En mai 2001 déjà, lorsqu’il était conseiller provincial, il avait réveillé l’arène provinciale luxembourgeoise en dénonçant l’indigence des sessions et en plaidant en faveur de « vrais débats » qui relèveraient le niveau de la politique.
C’est néanmoins par résolution qu’il parvient, avec Dimitri Fourny, à obtenir immédiatement le soutien des quatre grands partis, autour d’un texte déposé en mai 2016 : intégrant quelques amendements, la résolution finalement adoptée à l’unanimité préconise la mise en place de petites cités administratives de proximité (décembre 2016). Dans chaque bassin de vie, seize « Maisons du citoyen » doivent voir le jour, particulièrement dans les zones les plus rurales de Wallonie, créant à l’échelon local de petites antennes regroupant des services administratifs pour tous les niveaux de pouvoir (communal, provincial, communautaire et fédéral), complémentaires aux « Espaces Wallonie » déjà présents dans dix grandes villes.
Hostile au projet du nouveau Code wallon du développement territorial, pourtant porté par le ministre cdH Carlo Di Antonio, Josy Arens évite de voter contre sa majorité, en sortant de séance au moment du vote. Son désaccord vient du fait que, depuis les années ‘90, à son initiative, Attert dispose d’un règlement général sur les bâtisses en milieu rural qui satisfait l’ensemble des habitants, mais que l’adoption du CoDT rend caduque (2016).
À Namur toujours, le député Arens propose de bloquer le prix des terres agricoles, de créer une banque foncière. Membre du Groupe de travail sur la tutelle et le financement public des cultes par les autorités locales et régionales wallonnes (2016-2018), il tente d’influencer la rédaction du décret « culte » en demandant, sans succès, que la prestation de serment du prêtre auprès de l’autorité communale puisse se faire par écrit (printemps 2017) ; il vote néanmoins l’ensemble du décret renforçant les obligations des gestionnaires de lieux de cultes, la transparence des financements, l’usage du français et le respect des valeurs démocratiques, avec l’objectif de prévenir le radicalisme (17 mai 2017).
Compétence attribuée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État (2011-2014), le bien-être animal requiert toute l’attention des autorités wallonnes issues du scrutin de mai 2014. Dès janvier 2015 est mis en place un Conseil du Bien-être animal (CWBEA, 22 janvier 2015). Parallèlement, Christine Defraigne (janvier 2015) et Josy Arens (octobre 2016) déposent des propositions de décret interdisant l’abattage animal rituel sans étourdissement préalable. La Commission ad hoc examine les textes, procède à des consultations écrites, ainsi qu’à des auditions (dont le représentant de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) et celui du Consistoire central israélite de Belgique (CCIB), à leur demande insistante). Les échanges sont vifs, mais les députés wallons sont décidés, malgré des réticences des Evêques de Belgique. Sous la signature conjointe de Christine Defraigne, Josy Arens, Edmund Stoffels et Véronique Waroux, une nouvelle proposition de décret est déposée en avril 2017, offrant une alternative aux cultes concernés, ainsi qu’une période transitoire. Tout abattage d’animaux sera interdit sans étourdissement préalable, y compris dans les abattoirs. Après un vote unanime de la Commission (mai), le décret est soumis à la discussion générale de l’assemblée plénière (17 mai 2017), avant d’être approuvé à la quasi-unanimité (66 sur 69) des députés présents. Après les pays scandinaves, ce décret inscrit la Wallonie parmi les premiers à légiférer aussi clairement en la matière à l’échelle internationale. Les dispositions se retrouveront intégralement inscrit dans le Code wallon du bien-être animal, que vote aussi Josy Arens avec la quasi-unanimité du Parlement de Wallonie (3 octobre 2018). C’est aussi à la quasi-unanimité du Parlement de Wallonie qu’est adoptée la réforme de certaines circonscriptions électorales wallonnes, dont la fusion d’Arlon-Marche-Bastogne avec Neufchâteau-Virton (décret spécial du 25 janvier 2018).
Quand MR et cdH s’allient à l’été 2017 et disposent d’une très courte majorité (38 sièges sur 75), Josy Arens contribue à voter une série de mesures destinées à montrer le changement de cap imprimé à la politique wallonne : suppression de la « Redevance Télévision », modification de grille des loyers, réduction de la fiscalité immobilière, transfert de compétences vers l’Ostbelgien, abandon du Plan Marshall, réduction de l’intervention publique et incitation à l’initiative privée ou associative, résolution fixant une série de balises pour les futurs traités de libre-échange négociés par l’Union européenne, application de recommandations de la Commission Publifin en matières de transparence et de gouvernance, réforme de la gouvernance des GRD du gaz et de l’électricité, etc. Et si la réforme des provinces, celle des APE et l’assurance autonomie ne sont finalement pas votées, c’est en raison de la défection de la MR Patricia Potigny, partie vers la liste Destexhe (mars 2019).
Tête de liste le 26 mai 2019, Josy Arens doit suppléer l’absence de Benoît Lutgen qui avait permis au cdH, en 2014, d’obtenir la voix d’un électeur sur trois, un résultat historique. Avec le meilleur résultat personnel tous partis confondus (17.308 vp), Josy Arens décroche ainsi un mandat de député fédéral, tout en maintenant son parti à 23,4%, soit à un dixième de pourcent du MR qui devient ainsi le premier parti de la circonscription du Luxembourg. En Wallonie et à Bruxelles, les résultats du cdH sont cependant alarmants, ne comptant plus que 5 députés fédéraux, loin des 12 mandataires PSC de 1995. Son président annonce très vite que le cdH ne participera à aucune coalition gouvernementale (été 2019). Mécontent à l’égard de cette décision, Josy Arens siège néanmoins dans l’opposition à la Vivaldi, tout en contribuant au long processus de rénovation et de refonte de l’ancien PSC-cdH, qui aboutit à l’émergence du mouvement Les Engagés (congrès de mars et mai 2022). Ne sollicitant plus de mandat à la fin de la législature 2019-2024, Josy Arens apporte son soutien actif au mouvement Les Engagés en se portant candidat à la toute dernière place sur la liste européenne (9 juin 2024).
Mandats politiques
Conseiller communal d’Attert (1988-)
Echevin (1994)
Bourgmestre (1995-
Député fédéral (1995-1999, 2001-2014)
Conseiller provincial du Luxembourg (2001)
Député wallon (2014-2019)
Député fédéral (2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
Cumuléo (-2021)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Defuisseaux Alfred
Mons 9/12/1843, Nimy 11/11/1901
Le nom d’Alfred Defuisseaux est étroitement associé au Catéchisme du Peuple. Pamphlet rédigé sous forme de dialogues, distribué à 200.000 exemplaires en français, et 60.000 en flamand, ce texte à la langue simple et accessible sera repris comme une chanson par les masses populaires qui supportent de plus en plus mal leur condition. En 7 leçons, Defuisseaux appelle à la mobilisation, dénonce diverses situations (droit de vote, armée, impôts, etc.) et conclut systématiquement par la revendication du suffrage universel comme remède.
Si l’avocat et ingénieur montois espérait mobiliser les foules dans une grande manifestation à Bruxelles, à l’horizon de l’été 1886, il est largement débordé par les émeutes de mars-avril 1886 qui touchent l’ensemble du bassin industriel wallon. Accusé d’avoir été l’un des instigateurs de ces grèves de 1886, il est condamné à six mois de prison. Réfugié en France où il poursuit son activité politique, l’ancien ténor du Barreau de Mons reste partisan de la grève générale immédiate pour obtenir le suffrage universel et la république. En désaccord avec le POB naissant, il crée le Parti socialiste républicain (1887). Affaibli par les manœuvres de la gendarmerie et de la Sûreté de l’État, le PSR finira par intégrer le POB. En 1894, lors des premières élections législatives au suffrage universel masculin tempéré par le vote plural, le tribun Defuisseaux est l’un des 28 premiers députés socialistes, tous élus en Wallonie. De retour au pays, il siègera à la Chambre jusqu’à sa mort, en 1901, ainsi qu’au conseil communal de Frameries. Il était le frère de Léon Defuisseaux, député libéral progressiste de Mons.
Mandats politiques
Conseiller communal de Frameries (1894-1901)
Député (1894-1901)
Sources
Histoire de la Wallonie, (dir. L. Genicot), Toulouse, Privat, 1973, p. 383
La Wallonie. Le Pays et les hommes (Histoire, Economie, Société), Bruxelles, t. II, p. 173-176
La Wallonie. Le Pays et les hommes (Arts, Lettres, Cultures), Bruxelles, t. III
Activité(s) : Politique
Auteur de la fiche : Paul Delforge








