Idrissi Hassan
Saintes 15/07/1976, Tubize 07/05/2023
Député wallon : *2018-2019
Fils d’un père marocain et d’une mère sicilienne résidant à Tubize, Hassan Idrissi est frappé très jeune par le suicide de son frère aîné, puis par la séparation de ses parents. Résolu à aider les personnes en souffrance, il devient assistant social. Embauché comme éducateur spécialisé par la commune de Rebecq, au début des années 2000, il effectue un travail remarqué et apprécié à la Maison des jeunes et dans la lutte contre les drogues. Footballeur de bon niveau, il est aussi actif au sein des clubs de la région. Mélomane, il contribue, avec Giovanni Capizzi, à la création des Concertos rebecquois qu’il anime en tant que chef d’orchestre ; pendant plusieurs années, cette initiative – le Concerto à 1 euro – vise à mettre la musique classique à la portée de tous ; de petit festival local, il transforme l’initiative en un rendez-vous musical qui attire les foules. En 2015, il lance le West BW Festival.
Approché par le parti socialiste, cet acteur de terrain accepte de figurer en 15e position sur la liste emmenée par Michel Januth au scrutin communal d’octobre 2012, à Tubize. Avec 626 vp, Idrissi réalise le 6e score socialiste et le 10e, tous partis confondus, dans le très complexe échiquier politique tubizien.Fin 2012, PS (10 sièges), MR (4) et Écolo (3) signent un pacte de majorité qui envoie le « Renouveau communal » de Raymond Langendries (9) dans l’opposition. Conseiller communal de la majorité, membre du Conseil de police de la zone ouest Brabant wallon, Hassan Idrissi démissionne en cours de législature (février 2018), abandonnant la politique communale.
Mais sa participation au scrutin régional du 25 mai 2014 le rattrape. Il avait alors accepté la 2e suppléance sur la liste du PS dans la circonscription de Nivelles. Avec 2.311 vp, il avait réalisé le meilleur score des suppléants socialistes et le 6e des titulaires emmenés par Dimitri Legasse. Au lendemain des élections communales d’octobre 2018, ce dernier doit appliquer le décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons : Legasse choisit d’exercer la fonction de bourgmestre de Rebecq et renonce à son mandat parlementaire. Dans le même temps, la première suppléante, Kyriaki Michelis, est devenue échevine dans le Collège de Wavre et, confrontée au même décret, ne souhaite pas siéger à Namur. Hassan Idrissi accepte pour sa part de devenir député wallon de décembre 2018 jusqu’à la fin de la législature.
Siégeant dans l’opposition à Namur et dans la majorité au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le député wallon est membre de la Commission économie-Emploi-Formation et, à partir de février 2019, est l’un des vice-présidents de la Commission pour l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Il siège aussi très brièvement au sein de la Commission spéciale « Renouveau démocratique ». Le temps d’attacher son nom à une proposition de résolution pour une politique plus ambitieuse en matière de diminution des déchets, Hassan Idrissi ne sollicite pas la reconduction de son mandat à Namur.
Lors du scrutin de mai 2019, il est deuxième suppléant (2.313 vp) sur la liste du PS emmenée par André Flahaut dans la circonscription du Brabant wallon : seule la tête de liste obtiendra un mandat à la Chambre fédérale. Pour Idrissi, la page de la politique est tournée. Président de l’asbl Sky Events, il reprend ses activités d’assistant en Maison de justice. En mai 2023, il choisit de mettre fin à ses jours.
Mandats politiques
Conseiller communal de Rebecq (2012-02/2018)
Député wallon (12/2018-2019)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La DH, 8 mai 2023 ; L’Avenir, 8 mai 2023
Cumuleo (-2021)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2018 à 2019,
1480, bulletin d’informations communales, août 2023 :
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Henquet Laurent
Charleroi 16/01/1958
Député wallon : *2014-2019
En 2003, évaluant le décret « missions » du 24 juillet 1997, Laurent Henquet, alors directeur de la section secondaire de l’Institut Saint-Louis à Namur et administrateur délégué, avançait qu’une des solutions pour améliorer l’enseignement consisterait à « sortir l’enseignement de la politique et à prendre le temps de la réflexion ». Quelques années plus tard, après avoir pris le temps de la réflexion, il entre en politique pour tenter d’apporter des solutions à différents problèmes de société, dont celui de l’enseignement…
Licencié et agrégé à la fois en Philologie classique et en Éducation physique, titulaire d’un DEC en Sciences religieuses, professeur de latin et de grec pendant vingt ans, ainsi que professeur d’éducation physique et de religion, Laurent Henquet assure la direction de l’Institut Saint-Louis, à Namur, de 2001 à 2014. Supportant de moins en moins les décisions prises par les responsables politiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en particulier le décret « inscriptions » (2007), il multiplie les prises de parole, clamant son irritation d’être obligé d’appliquer « des décrets absurdes ». En 2008-2009, il participe à l’élaboration du programme « enseignement » du MR et propose une série de solutions qu’il juge indispensables : fusionner les quatre réseaux ; créer des centres de re-scolarisation ; doubler les heures de sport ; rendre de l’autonomie aux directeurs ; organiser le tutorat des jeunes enseignants ; engager 3.000 nouveaux professeurs et un tiers d’éducateurs en plus ; limiter à 20 élèves les classes du primaire et à 25 celles du secondaire. Avec l’ambition de faire connaître ce programme aux citoyens, il participe pour la première fois à un scrutin électoral le 7 juin 2009. Ne nourrissant aucun espoir d’être élu, il occupe la sixième et dernière place des candidats effectifs sur la liste MR dans la circonscription de Namur, liste emmenée par Anne Barzin, et il totalise 3.809 vp.
Aux communales d’octobre 2012 à Fernelmont, Laurent Henquet est cette fois tête de liste (420 vp) ; s’il est devancé par Marc Targez (497 vp), déjà dernier de liste en 2006, il contribue néanmoins à conserver les 4 sièges de la liste Ensemble pour Fernelmont (EPF, près de 24%), voire à récupérer le siège perdu en cours de législature. C’est cependant insuffisant pour rivaliser avec la liste du bourgmestre cdH Jean-Claude Nihoul, en place depuis 1988, certes en léger tassement par rapport à 2006, mais avec plus de 65% des suffrages et 14 sièges sur 19. Conseiller communal dans l’opposition, Laurent Henquet nourrit davantage d’ambitions lors des élections régionales du 25 mai 2014, puisqu’il occupe cette fois la première suppléance. Réalisant un score proche de celui de 2009 (3.740 vp), il obtient le droit de siéger au Parlement wallon et à celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, quand Anne Barzin, confrontée à l’application du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, choisit de poursuivre son mandat d’échevine à la ville Namur et renonce à son siège de députée wallonne.
Dès juillet 2014, Laurent Henquet prête serment à Namur où il est membre de la Commission Emploi-Formation (2014-2017) et vice-président de la Commission Budget-Fonction publique (2014-2017). Il dépose plusieurs propositions de décret, dont l’un pour réduire les délais de paiement des pouvoirs publics en Wallonie, et d’autres en matière d’organisation du marché régional de l’énergie. Parmi ses résolutions, l’une vise à favoriser l’accessibilité des logements publics aux étudiants et d’autres à octroyer des certifications aux centres IFAPME, à introduire davantage le numérique dans la formation, voire à rendre obligatoire la formation aux demandeurs d’emploi peu qualifiés. Actif à Namur, Laurent Henquet l’est surtout à Bruxelles, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles où sont débattus les dossiers liés à l’enseignement. Avant même son maiden speech à la tribune de l’assemblée, le nouveau député adresse, le jour de la rentrée des classes, une lettre ouverte où il exprime tout le mal qu’il pense de la Déclaration de politique générale de l’Exécutif de Rudy Demotte en matière d’enseignement (septembre 2014). Entre la ministre Joëlle Milquet, notamment, et le député MR Laurent Henquet, les discussions seront parfois explosives au sein de l’assemblée, d’autant que le Namurois prend la peine d’éplucher les rapports de la Cour des Comptes et de demander à tous les ministres d’en tirer les leçons. Quant au Pacte d’excellence (2016) qu’il qualifie de pacte d’incohérence, il le passe au crible de ses critiques en interpellant la nouvelle ministre Marie-Martine Schyns.
A la rentrée scolaire de 2016, sortant des sentiers battus, Laurent Henquet lance, avec David Clarinval, un projet original sous la forme d’une application destinée à garantir aux employeurs potentiels les qualités humaines des élèves de l’enseignement qualifiant (2e et 3e degrés). Le projet Ado.p (A pour attitude au travail, D pour discipline, O pour ordre et P pour ponctualité) est destiné à consolider, auprès des jeunes en formation, « certains codes comportementaux » indispensables en milieu professionnel.
À la suite de l’appel du 19 juin 2017 de Benoit Lutgen qui invite à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes, Laurent Henquet vote le 28 juillet, la motion de défiance constructive déposée par les députés MR et cdH ; c’est une première dans l’histoire wallonne. Jusqu’à la fin de la législature wallonne, il fait désormais partie de la majorité MR-cdH à Namur, tout en restant dans l’opposition au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles où aucun changement de majorité n’est enregistré. S’appuyant sur une très courte majorité au Parlement de Wallonie (38 députés sur 75), MR-cdH s’attèlent à faire adopter rapidement une série de mesures démontrant le changement de cap imprimé à la politique wallonne : suppression de la « Redevance Télévision » (Laurent Henquet avait déposé une proposition de décret en ce sens dès 2014), modification de la grille des loyers, réduction de la fiscalité immobilière, transfert de compétences vers l’Ostbelgien, abandon du Plan Marshall, réduction de l’intervention publique et incitation à l’initiative privée ou associative, résolution fixant une série de balises pour les futurs traités de libre-échange négociés par l’Union européenne, application de recommandations de la Commission Publifin en matière de transparence et de gouvernance, réforme de la gouvernance des GRD du gaz et de l’électricité, etc. Et si la réforme des provinces, celle des APE (à laquelle il avait apporté sa contribution) et l’assurance autonomie ne sont finalement pas votées, c’est en raison de la défection de la MR Patricia Potigny, partie vers la liste Destexhe en mars 2019.
Durant cette législature wallonne, Laurent Henquet adopte aussi une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime (67 sur 69) fait de la Wallonie une région pionnière.
Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il poursuit la critique des mesures qui y sont décidées, en particulier les grandes orientations du Pacte d’Excellence proposées par M-M. Schyns. Ainsi estime-t-il que l’introduction du tronc commun placera l’enseignement de la FWB « au même niveau que les pays sous-développés ». Fin 2017-début 2018, il est l’auteur d’un important rapport, demandé par le ministre fédéral des Pensions, sur la pénibilité du métier d’enseignant.
En décembre 2018, Anne Barzin démissionne définitivement de son mandat wallon et, statutairement, Laurent Henquet devient député effectif. à partir de juillet 2017 et jusqu’à la fin de la législature, il est membre de la Commission économie-Emploi-Formation.
Lors du scrutin régional wallon du 26 mai 2019, le MR namurois emmené par un solide duo, Sabine Laruelle-Gilles Mouyard, se présente en confiance devant les électeurs, fort des résultats de 2004, 2009 et 2014 qui assurent deux députés wallons aux libéraux namurois. En réalisant le moins bon résultat de leur histoire depuis l’élection directe des parlementaires wallons (21 mai 1995), le MR ne dépasse pas la barre des 20% et n’obtient plus qu’un seul siège (Laruelle). Premier suppléant, Laurent Henquet (2.766 vp) n’aura plus l’occasion de siéger au Parlement de Wallonie. Il achève sa carrière de directeur à l’Institut Saint-Louis et poursuit sa fonction d’administrateur-délégué du Pouvoir organisateur. Il ne conserve que le seul mandat de conseiller communal à Fernelmont où, poussant la liste emmenée par Marc Targez, en octobre 2018, il réalise le 3e score (440 vp) et contribue au gain global de près de 4% de sa liste, ce qui vaut un siège supplémentaire à Ensemble pour Fernelmont, sans inquiéter cependant la Liste du bourgmestre.
Mandats politiques
Conseiller communal à Fernelmont (2013-)
Député wallon (07/2014-2019)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont L’Avenir, 6 mai 2003 ; La Libre, 7 mai 2009 ; Le Soir, 2 septembre 2014 ; Le Soir, 3 septembre 2014 ; Sud Presse, 17 mars 2017
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2022)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Helson Pierre
Charleroi 19/01/1955
Député wallon : *2018-2019
Depuis la première élection directe du Parlement de Wallonie, le 21 mai 1995, le PRL-FDF puis le MR n’ont jamais dépassé la barre des 30% dans la circonscription de Dinant-Philippeville, réussissant à envoyer systématiquement un député à Namur. En mai 2014, sous la conduite de François Bellot et avec le soutien de Richard Fourneaux, le MR redevient le premier parti de la circonscription, dépasse largement les 30% (33,84%) et enlève deux sièges. à ce scrutin et à cette victoire libérale participe Pierre Helson, 2e suppléant (3.234 vp), bourgmestre de Florennes depuis avril 2001 et qui ne s’attend pas à siéger à Namur.
En effet, ce gradué en arts plastiques, diplômé de Saint-Luc Bruxelles, architecte d’intérieur et cadre dans une entreprise productrice de carton ne s’est engagé en politique qu’au niveau local. Membre du comité des jeunes du club de football de Morialmé, marcheur de l’Entre-Sambre-et-Meuse au sein de la compagnie Saint-Pierre (Morialmé), il s’est laissé « recruter » par un échevin et un ancien bourgmestre de la famille libérale. Et c’est ainsi qu’en octobre 1994, il est élu conseiller communal à Florennes et participe à la politique menée par la majorité du bourgmestre Louis Timmermans. Après trois mandats, ce dernier décide de passer le relai en 2000, et Pierre Helson relève le défi de sa succession. Au soir des élections d’octobre 2000, la liste libérale U.ONZE.C (36,5%, 9s.) dont il est la tête de liste (809 vp) s’allie avec le PS de Jean-Pol Lambot (24%, 5 s.) pour redynamiser Florennes et laisser PSC et écolo dans l’opposition. Rénovation de l’hôtel de ville, encouragement au développement économique et commercial, création d’emplois s’inscrivent à l’actif d’un bourgmestre qui encourage la construction d’habitat mixte.
Alors qu’il est mis devant le fait accompli par le gouvernement fédéral du placement de 200 jeunes sur la base militaire désaffectée de Florennes qui a déjà servi de centre pour les réfugiés (octobre 2006), le bourgmestre sortant enregistre des résultats peu favorables au soir du scrutin communal de 2006. Et le départ d’une nouvelle élue de sa liste n’arrange pas la situation, puisqu’elle décide de siéger en tant qu’indépendante et d’apporter la voix qui manquait à la liste Contact 21 (premier parti de l’entité avec 36,8% et 9 sièges) conduite par Stéphane Lasseaux (1.497 vp) et à écolo (10,9%, 1 s.) pour renvoyer Pierre Helson dans l’opposition. Au milieu de la législature, écolo dépose cependant une motion de méfiance et rebat les cartes. MR, PS et écolo signent un nouveau pacte de majorité et Pierre Helson (1.152 vp) retrouve l’écharpe maïorale. Le scrutin communal de 2012 confirme cependant les tendances de 2006. La liste Contact 21 de Lasseaux (1.747 vp) continue d’avoir les faveurs des électeurs, mais avec 8 sièges, ne parvient pas à renverser la coalition MR-PS-écolo (12 sièges sur 21), où Pierre Helson continue de réunir le plus de voix de préférence (1.161 vp), conservant ainsi sa fonction de bourgmestre.
Outre les dossiers locaux, la présence du centre Fédasil anime une vie communale où l’opposition menée par Stéphane Lassaux se fait plus insistante. Le scrutin communal de 2018 se solde par le succès de Lasseaux (2.041 vp) et de sa liste (45%, 11 sièges) Contact 21 en progression (+11,5%, + 3 s.). Du côté du MR, Pierre Helson s’est mis en retrait, laissant à Grégory Chintinne (1.203 vp) le soin d’emmener Ad11. En signant une alliance avec la liste libérale (29,5%, 7 s.) en recul (-4%, -1 s.) du bourgmestre sortant, le cdH de Stéphane Lasseaux s’assure cette fois une solide majorité et retrouve le maïorat. Poussant la liste, Pierre Helson (577 vp), quant à lui, réalise le 2e score de ses troupes, et décide de ne pas siéger au Collège, son statut de 2e suppléant aux élections régionales de 2014 l’appelant à exercer un autre mandat.
En effet, appelé comme ministre au fédéral, François Bellot avait été le premier à renoncer à son mandat de député wallon en 2016 et sa première suppléante, Valérie Warzée, l’a remplacé à Namur jusqu’en décembre 2018, moment où elle est devenue la nouvelle bourgmestre de Hamois. Conformément au décret spécial wallon du 9 décembre 2010 sur le cumul, elle renonce à son mandat wallon et est alors remplacée par le 2e suppléant, Pierre Helson qui prête serment à Namur six mois avant la fin de la législature. Malgré la brièveté du mandat, sa présence et son activité sont importantes pour la majorité à laquelle il appartient et qui est fragile (38 députés sur 75). D’ailleurs, dès mars 2019, le départ de Patricia Potigny vers la liste Destexhe met fin aux espoirs de la coalition MR-cdH de pouvoir voter d’importantes réformes juste avant les élections de mai 2019. Le député wallon Pierre Helson est membre de la Commission Affaires générales-Relations internationales et siège au sein de la sous-Commission de contrôle des licences d’armes.
Absent du triple rendez-vous électoral du 26 mai 2019, Pierre Helson renonce aussi à siéger au Conseil communal de Florennes en décembre 2019. Néanmoins, il s’était présenté aussi aux élections provinciales de 2012 (5e candidat, 2.240 vp) et de 2018 (3e candidat, 1.678 vp) dans l’arrondissement de Philippeville. Avec la désignation de Christophe Bomblet comme député fédéral, un siège de conseiller provincial se libère au sein du MR de l’arrondissement de Philippeville. Jehanne Detrixhe ne souhaitant pas l’occuper, c’est Pierre Helson qui exerce le mandat.
Mandats politiques
Conseiller communal (1995-12/2019)
Bourgmestre de Florennes (04/2001-2006 ; 10/2009-2018)
Député wallon (12/2018-2019)
Conseiller provincial de Namur (05/2020-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont Le Soir, 13 octobre 2000 ; La Libre, 5 octobre 2009
Cumuleo (-2021)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2018 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Gréoli Alda
Spa 26/10/1962
Ministre wallonne : *2017-2019
Députée wallonne : 2019-2022*
Dans l’histoire des institutions politiques wallonnes, il n’est pas rare qu’un extra-parlementaire soit désigné à une fonction ministérielle. Depuis Guy Coëme en 1981, William Ancion, José Daras, Marie Arena, Philippe Courard, Jean-Claude Marcourt, Benoît Lutgen, Marie-Dominique Simonet, Paul Magnette ou René Collin n’étaient pas parlementaires au moment où ils ont été désignés ministres dans l’exécutif wallon ; certains n’avaient jamais exercé de mandat antérieurement, d’autres avaient été élus à un autre niveau de pouvoir. C’est dans cette dernière catégorie qu’il faut placer Alda Greoli quand elle est désignée tour à tour ministre dans le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (avril 2016), puis dans le gouvernement wallon (juillet 2017). Engagée en politique de longue date, cette 11e ministre extra-parlementaire au niveau wallon dispose d’une expérience certaine dans les coulisses du pouvoir. La veille de sa prestation de serment à la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle était chef de Cabinet auprès de Maxime Prévot depuis juillet 2014 et ses activités politiques au sein de la famille sociale-chrétienne remontaient à la fin des années 1980, moment où elle militait au sein des Jeunes PSC de l’arrondissement de Verviers.
Née à Spa, quelques mois après l’Indépendance du Congo, la petite Alda avait cinq ans quand elle a rejoint son père dans la région minière de Mbuji-Mayi, au Kasaï oriental. Six ans plus tard, alors que la « zaïranisation » du Congo était en marche à l’instigation de Mobutu, elle est rentrée « au pays », avec sa famille. C’est à Spa qu’elle grandit ; c’est à Spa que sa grand-mère maternelle a épousé un Italien, croupier au Casino ; ensemble ils ont ouvert un restaurant dans la ville d’eaux ; du côté paternel, les arrière-grands-parents sont aussi Italiens et ont ouvert un commerce de fruits et légumes à Liège, la génération suivante ouvrant un commerce de crème glacée. Après sa scolarité à Spa, Alda Greoli suit une formation en programmation informatique et exerce cette activité dans un cabinet d’avocats. Dans le même temps, elle participe à la création d’une radio libre et met sur pied une école de devoirs. Tout un temps, elle est administratrice du Festival de Théâtre de Spa. À plusieurs reprises, dans une région verviétoise où le PSC est dominé par la famille Wathelet, elle est sollicitée pour prendre davantage de responsabilités ; ainsi, en octobre 1994, Alda Colson-Greoli est élue au Conseil communal de Spa, où elle siège dans l’opposition face au bourgmestre libéral Joseph Houssa ; en 1997, sa sensibilité au projet politique du MOC la conduit à accepter l’invitation de Philippe Maystadt, qui n’était pas encore président du « nouveau PSC », d’assurer le secrétariat national du parti pour le secteur non-marchand, en l’occurrence d’assurer les relations avec le monde associatif, les fédérations et le secteur de l’économie sociale (1997-2001).
Le 13 juin 1999, elle figure en bonne place dans la circonscription de Verviers au scrutin régional wallon et rassemble 2.638 vp sous son nom d’épouse, Alda Colson. Élue à la présidence de la section spadoise du PSC au milieu des années 1990, la dynamique conseillère communale de « Spa 2000 » est tête de liste en octobre 2000 (606 vp, 4e score tous partis confondus) et parvient à conquérir un siège supplémentaire (3 sièges, +5%). Membre du Conseil de police de la zone Jalhay-Spa-Theux (2001-2002), vice-présidente du PSC verviétois (1999-2002), elle mène une opposition farouche aux grands projets de Joseph Houssa (thermalisme, rond-point, Aqualis, détournement des convois de Spa Monopole…). Fortement pressentie pour mener les « humanistes » aux communales d’octobre 2006, avec l’espoir de décrocher un échevinat, celle qui est alors surnommée « la passionaria de la vie politique spadoise » renonce à son mandat de conseillère communale en février 2002, à la surprise générale.
Il n’y a pas qu’au niveau local que la secrétaire générale de la Démocratie chrétienne (1999-2001) décide de tourner une page. Celle qui est alors proche de Joëlle Milquet et de Benoît Lutgen met fin, en effet, à son contrat de secrétaire nationale du PSC, parti qui opère sa transformation en cdH. Certains observateurs politiques y ont vu une manière d’exprimer la crainte que la nouvelle formation politique ne s’éloigne trop, dans ses options fondamentales, de la gauche chrétienne. Membre du comité national de pilotage des Assises pour l’Égalité (2001-2003), Alda Greoli décide de recentrer ses activités et de se lancer un nouveau défi en rejoignant les Mutualités chrétiennes (octobre 2001). Elle y devient directrice du secteur socio-éducatif. À la violence du combat politique, elle privilégie l’agitation quotidienne de la Mutualité chrétienne, où les enjeux politiques restent néanmoins bien présents. Ayant quitté Spa pour s’installer à Schaerbeek, elle remplace, en janvier 2006, Édouard Descampe, admis à la pension, et devient la Secrétaire générale de l’Alliance nationale des Mutualités chrétiennes (ANMC).
Elle n’a pas rompu avec le cdH – le parti de Joëlle Milquet la désigne d’ailleurs comme suppléante au Conseil d’administration de la RTBF (octobre 2004) – et, pendant quelques mois, en 2005-2006, elle apparaît comme conseillère auprès du Cabinet de la ministre socialiste Laurette Onkelinx. En 2007-2008, quand se constitue et se réunit le Groupe Wallonie-Bruxelles, où échangent mandataires politiques et personnalités issues de la société civile, Alda Greoli est l’une des 18 « non politiques », siégeant au nom de la Mutualité chrétienne dont elle est la Secrétaire nationale. En mai 2012, la présidente de la Fédération intersectorielle patronale du secteur non-marchand (UNIPSO) dénonce le décret « mixité » que prépare la ministre wallonne éliane Tillieux, ainsi que la lenteur des entités fédérées (Fédération Wallonie-Bruxelles, Région wallonne et Région de Bruxelles-Capitale, Cocof) dans l’adoption d’une Charte associative.
En 2010, Alda Greoli a l’occasion de retourner au Congo, dans une mission portée par la ministre socialiste Laurette Onkelinx, en charge de la Santé et des Affaires sociales. à cette mission qui consiste à apporter l’expérience belge pour construire un système d’assurance-maladie au Congo, Aldra Greoli apporte son expertise en matière de sécurité sociale, de travail, de pensions et de santé publique. Entre 2010-2014, dans le même esprit, elle se rend dans d’autres pays africains (Bénin, Sénégal, Burundi, Mali…) en tant que porte-parole de la plate-forme MasMut (Micro-Assurance Santé-Mutuelles de Santé), pour promouvoir le concept mutuelliste dans ces pays.
Au lendemain de la 6e réforme de l’État qui comprend notamment la scission de BHV, la réforme profonde du Sénat, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions et le transfert d’importantes compétences vers les entités fédérées, dont celles en matière de Santé et de Sécurité sociale, Alda Greoli devient la cheffe de Cabinet de Maxime Prévot, n°2 du gouvernement wallon dirigé par Paul Magnette. Maxime Prévot est notamment responsable de la Santé et de l’Action sociale. Avec comme priorité d’organiser concrètement les matières transférées dans le domaine social, en particulier les allocations familiales, Alda Greoli est en charge des dossiers relatifs à la coordination de l’assurance complémentaire en soins de santé et à la politique médico-sociale (maisons de repos, maintien à domicile et innovations sociales) et associative des mutualités (mouvements des jeunes, des personnes handicapées et des aînés). Tout en regrettant vivement que le transfert des compétences du fédéral vers les régions ne s’accompagne pas du transfert des budgets conséquents, elle contribue à la mise en place de l’AViQ et prépare également les dispositions pratiques de la future assurance autonomie que la majorité PS-cdH compte instaurer en Wallonie.
Quand Joëlle Milquet, soupçonnée d’emplois fictifs dans son Cabinet, se résout à démissionner de son important ministère au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles au printemps 2016, c’est rapidement vers Alda Greoli que le président du cdH se tourne, lui confiant la Culture, l’Éducation permanente et la Petite Enfance, tandis qu’il réserve l’Éducation à M-M. Schyns (18 avril 2016). Alda Greoli devient aussi la vice-présidente du gouvernement Demotte et par conséquent la porte-parole du cdH à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Quittant la Santé pour la Culture, elle est appelée à rapidement devoir réaliser des arbitrages dans les contrats-programmes des théâtres, à s’occuper du financement des musées et des nouvelles infrastructures, ainsi que de certaines associations d’éducation permanente ; l’attendent aussi le décret des Arts de la scène et la réflexion « Bouger les lignes ». Quant à la question de la régionalisation des matières culturelles ou d’autres dépendant de la Communauté française, il ne peut en être question pour la ministre qui se fait gardienne du maintien absolu de la FWB.
Alors que se met en place une politique culturelle au centre de laquelle se place l’éducation (avec le plan lecture pour la petite enfance ; les classes résidentielles en immersion artistique et l’éducation permanente), Alda Greoli devient également, le 28 juillet 2017, vice-Présidente du nouveau Gouvernement wallon qui se met en place à la suite de la décision de Benoit Lutgen de ne plus gouverner avec les socialistes. À l’exception des Travaux publics, elle reprend une grosse partie du portefeuille de Maxime Prévot (la Santé, l’Égalité des Chances, l’Action Sociale, la Fonction Publique et la Simplification administrative), quand le gouvernement de Paul Magnette est remplacé par celui de Willy Borsus. Ce changement d’alliance est historique pour les institutions wallonnes et se justifie, aux yeux de la nouvelle n°2 du gouvernement wallon, par une volonté de responsabiliser les gens et de mettre fin à l’assistanat aveugle. Annonçant qu’elle entend dépolitiser l’administration wallonne, elle soutient ainsi la démarche de son président de parti, expliquant que le PS « vampirise l’initiative citoyenne, associative et entrepreneuriale ». Membre du groupe de réflexion E-Change, rassemblant divers courants politiques (2017), la nouvelle ministre wallonne est la seule à détenir un portefeuille dans deux gouvernements différents, s’appuyant sur des majorités différentes, ce qui est une première dans l’histoire de la Belgique.
Dans l’obligation de montrer clairement le changement de politique induit par la constitution de la nouvelle majorité MR-cdH, la ministre cdH Alda Greoli passe le premier obstacle de l’avis du Conseil d’État sur les « nouvelles » allocations familiales et s’emploie à ce que le nouveau système soit d’application au 1er janvier 2019. D’autre part, elle poursuit l’objectif de son parti de mettre en place une assurance autonomie, en l’occurrence de garantir le maintien à domicile des personnes diminuées physiquement par la vie ou par un accident. Ce dossier, qui ne suscite l’enthousiasme ni du PS ni du MR, ne passera finalement pas, la coalition MR-cdH perdant sa majorité quand la MR Patricia Potigny décide de rejoindre la liste Destexhe (mars 2019).
Dans le même temps, Alda Greoli est revenue habiter à Liège et, à la demande de la direction du cdH, elle fait le ménage auprès des mandataires de son parti qui se sont fourvoyés dans les intercommunales. En octobre 2018, lors du scrutin communal, elle occupe la 9e place sur une liste cdH rajeunie, mais, avec moins de 7%, le parti qui a succédé au PSC réalise son score historiquement le plus bas à Liège, perdant 4 sièges et la confiance du partenaire socialiste qui se tourne vers le MR. Le scrutin wallon du 26 mai 2019 n’est guère plus brillant pour le cdH qui signe son plus mauvais score dans la circonscription de Liège depuis le 21 mai 1995, avec à peine 7%. Tête de liste, Alda Greoli décroche un seul siège, in extremis, avec ses 6.146 vp, soit le 8e score tous partis confondus.
Prêtant serment à Namur en juin 2019, la députée wallonne se conforme à la décision de son président de parti de ne participer à aucune majorité. Présidente de la Commission de Vérification des pouvoirs (2019-2022), elle organise son activité parlementaire en concertation avec François Desquesnes, le chef du groupe cdH au Parlement de Wallonie. Pour exister en tant que principale force d’opposition aux côtés des 10 députés du PTB, les dix députés wallons cdH coordonnent leurs travaux et leurs interventions de manière dynamique et collective. Actifs dans chaque Commission, ils sont régulièrement six ou sept à signer des propositions de décret dans toutes les matières régionales : démocratie locale, intoxication au monoxyde de carbone, mesures urgentes et pratiques durant la pandémie de la Covid-19, stratégie wallonne en cas de crise sanitaire, santé mentale, promotion de la formation en alternance, lutte contre le gaspillage, 5G, protection contre le bruit, précarité étudiante, assurance autonomie, meilleure sensibilisation à l’endométriose, APE, lutte contre les sans-abris, etc. Porteuse de plusieurs propositions de résolution, Alda Greoli intervient dans plusieurs débats pour faire respecter à la fois des critères environnementaux, sociaux et sanitaires, et la démocratie, les libertés et les droits humains.
En septembre 2022, Alda Greoli décide de retrouver sa ville de cœur, où elle a emménagé après avoir quitté Liège. Elle renonce à son mandat wallon et devient présidente du CPAS de Spa avec des attributions en matière de Culture, d’Emploi, d’Action sociale et de politique des Aînés, à la faveur d’un élargissement de la majorité absolue MR de Sophie Delettre (11 sièges) à la liste Osons-Spa (2 s.). Alors que Benoît Dispa reprend sa fonction de cheffe de groupe cdH à la Fédération Wallonie-Bruxelles, où elle a mené une vive opposition à la politique qu’elle a qualifié de « communautariste » de la ministre de la Culture Bénédicte Linard, c’est Michel de Lamotte qui reprend son mandat parlementaire. à l’heure où un lent et long processus lancé par Maxime Prévot conduit à l’émergence du mouvement Les Engagés, Alda Greoli assure que son changement de cap personnel n’est pas lié à la transformation de sa formation politique, souscrivant d’ailleurs totalement à cette évolution. Lors du scrutin du 9 juin 2024, elle occupe la deuxième place sur la liste des Engagés pour le Parlement européen.
Mandats politiques
Conseillère communale à Spa (1995-2002)
Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles (04/2016-2019)
Ministre wallonne (07/2017-2019)
Députée wallonne (2019-09/2022)
Présidente de CPAS à Spa (09/2022-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La Libre, 13 octobre 2001 ; L’Avenir, 29 juin 2010 ; L’Avenir, 14 mai 2011 ; Le Vif, 8 mai 2012 ; Moustique, 29 juin 2016 ; Le Vif, 22 septembre 2017 ; La Libre, 13 septembre 2022
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon, Ministre wallon
Gonzalez-Moyano Virginie
Lobbes 30/05/1971
Députée wallonne : *2010-2014 ; 2014-2019
Graduée en Relations publiques, responsable de l’Agence locale pour l’Emploi d’Anderlues depuis 1994, secrétaire et employée administrative du Centre culturel d’Anderlues, vice-présidente de « Sports-Délassement d’Anderlues », Virginie Gonzalez-Moyano exerce la profession de conseillère emploi au Forem, avant de se consacrer entièrement à la politique. Militant de longue date dans les rangs du parti socialiste, elle est élue au Conseil communal d’Anderlues en octobre 2000. Avec près de 76% des voix, le PS dispose alors de 18 sièges sur 21 ; pourtant, le calme ne règne pas dans ses rangs. Bourgmestre sortant, José Canon a connu des problèmes de santé et, au printemps 2000, il a accepté de figurer en 4e place sur la liste, laissant le leadership à Marcel Dubois. Au soir des dépouillements, les résultats montrent que José Canon (2.357 vp) a été plébiscité par les électeurs et certains conseillers le verraient bien poursuivre comme bourgmestre. Au terme de discussions au sein de l’USC, 12 des 18 conseillers communaux socialistes appuient la candidature de Marcel Dubois. En 2005, cependant, ce dernier annonce son retrait de la vie politique et c’est l’échevin Philippe Tison qui est choisi pour emmener la liste socialiste en octobre 2006. Écarté de la liste, José Canon se présente sur une liste dissidente, « Mouvement socialiste », et prive le PS de 5 sièges. En très forte baisse (45,7%), le PS conserve néanmoins sa majorité absolue (12 sièges) et, avec 528 vp, Virginie Gonzalez-Moyano qui poussait la liste signe le 5e score personnel ; elle continue de siéger au Conseil communal où le PS ouvre sa majorité aux libéraux (2 sièges). Comme représentante du PS, elle siège aussi comme administratrice à l’IEECH (2002-2007), à l’IHF (2002-2007) et est vice-présidente de la zone de police Anderlues-Binche.
En octobre 2012, José Canon ne se présente plus, et les socialistes dissidents se sont alliés au cdH. Du côté du PS, Virginie Gonzalez occupe la deuxième place, derrière le bourgmestre sortant. Elle signe le 2e score tous partis confondus (920 vp), contribuant au renforcement de la majorité absolue du PS (52,6% et 13 sièges). Un poste d’échevin lui est réservé dans le Collège présidé par Philippe Tison, son compagnon ; elle est en charge de l’Enseignement, de la Culture, de la Bibliothèque et des Relations extérieures ; elle préside aussi le Centre culturel. En octobre 2018, bien que perdant un tiers de pourcent, le PS consolide sa majorité absolue à Anderlues (14 sièges), une seule liste rivale, l’AJC d’Hadrien Polain (35,5%), glanant les 9 autres mandats municipaux. à nouveau dauphine du bourgmestre Philippe Tison (1.374 vp), Virginie Gonzalez Moyano (1.118 vp) signe le 3e score tous partis confondus, mais cette fois celle qui siège au Parlement wallon depuis 2010 ne peut plus siéger au Collège, en vertu du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, et elle devient brièvement conseillère communale.
C’est lors du scrutin régional du 7 juin 2009 que Virginie Gonzalez s’est portée candidate, comme deuxième suppléante, sur la liste du PS dans la circonscription de Thuin (3.117 vp et 3e score des socialistes), sans toutefois être élue. Pourtant, durant l’été 2010, elle bénéficie du désistement successif de Paul Furlan (ministre wallon depuis juillet 2009) et de Laurent Devin qui opte pour la Chambre fédérale au lendemain du scrutin anticipé de juin 2010. Prêtant serment le 14 juillet 2010, Virginie Moyano découvre le Parlement wallon où elle est membre de la Commission Budget et de la Commission Économie. Première suppléante au scrutin régional du 25 mai 2014 (3.551 vp), elle voit les portes du Parlement wallon s’ouvrir à nouveau devant elle. En effet, en raison du décret spécial wallon déjà mentionné, Françoise Fassiaux-Looten est obligée de choisir entre le Parlement wallon et l’hôtel de ville de Chimay, et elle opte pour Chimay. Elle laisse ainsi son siège wallon à Virginie Gonzalez qui, elle aussi, doit faire un choix en vertu du même décret spécial : elle opte, quant à elle, en faveur du Parlement wallon et se dit échevine empêchée à Anderlues (remplacée par Roselyne Dussart).
Membre du Comité mixte Assemblée nationale du Québec-Parlement de Wallonie (2014-2019), vice-présidente de la Commission Emploi-Formation (2014), elle en prend brièvement la présidence en mars 2017, avant que le changement de majorité ne redistribue les différentes attributions durant l’été 2017. Celle qui multiplie les questions orales auprès de tous les ministres et dépose différents textes en matière de formation en alternance, d’interdiction du glyphosate et de lutte contre les discriminations, devient membre de la Commission Environnement-Aménagement du Territoire-Travaux publics (septembre 2017-2019). à Bruxelles, elle est membre de la Commission de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice et de la Promotion au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Dans le dossier CETA, elle vote en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, elle figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Durant cette législature, elle adopte notamment une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétences nouvellement transférées aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime (67 sur 69) fait de la Wallonie une région pionnière. Elle vote aussi le décret spécial redéfinissant les contours des circonscriptions électorales, notamment du Hainaut (décret spécial wallon du 25 janvier 2018). Et lors du scrutin régional du 26 mai 2019, c’est devant les électeurs de la circonscription de Thuin et de Charleroi qu’elle se présente comme 4e candidate sur la liste PS emmenée par Paul Furlan. Avec un recul de près de 7%, le PS (33%) perd un siège et, malgré ses 5.936 vp, 3e score du PS, Virginie Gonzalez Moyano est privée du renouvellement de son mandat wallon en raison à la fois du résultat global du PS, de l’effet dévolutif de la case de tête et de l’excellent résultat personnel de Philippe Blanchart. Elle retrouve son emploi au Forem.
Une quatrième raison est peut-être à chercher dans les rangs de la famille socialiste thudinienne, en particulier à Anderlues où le PS pourtant majoritaire se déchire encore. Au soir du scrutin d’octobre 2018, la désignation de certains échevins est contestée, le critère des voix personnelles n’ayant pas été scrupuleusement respecté, comme le veut le Code de la démocratie locale et de la décentralisation (CDLD). Deux échevins sont désavoués par le bourgmestre Tison, mais ils gardent leur fonction, sans les compétences qui sont redistribuées entre les autres échevins. De surcroît, premier suppléant PS (d’Elio Di Rupo) au scrutin fédéral de 2019, Philippe Tison pourrait bien décider de siéger à la Chambre et d’abandonner sa fonction de bourgmestre, même si au niveau fédéral, le cumul reste autorisé. Alors que la cité des Bourlettis se débat dans la crise, Virginie Gonzalez-Moyano, seule candidate, est élue (81%) à la présidence de la Fédération PS de Thuin (octobre 2019) ; elle remplace Philippe Tison dans une fonction qui la place en position d’arbitrer les conflits à Anderlues… où elle est toujours conseillère communale.
Après une mise sous tutelle de l’USC d’Anderlues (septembre) et la démission du bourgmestre Tison (pour se consacrer exclusivement à son mandat fédéral, octobre), le Code de la Démocratie locale est épluché par l’opposition, la majorité et ses quatre dissidents, afin de savoir si la prestation de serment de Virginie Gonzalez-Moyano comme nouvelle bourgmestre est légale. Pendant trois semaines, Philippe Tison reste bourgmestre démissionnaire, puis, alors que la pandémie de la Covid-19 connaît un deuxième épisode, Virginie Gonzalez prête serment devant le seul… Philippe Tison. Le ministre wallon de tutelle puis le Conseil d’état viendront valider la nouvelle bourgmestre dans ses fonctions, sans calmer les tensions politiques locales, le PS disposant de 10 sièges, AJC de 9 mandats, et le groupe des dissidents autour de Zanola 4. Avec l’élection de Pastorelli – un des quatre dissidents – comme échevin (été 2021), Anderlues retrouve un semblant de calme, mais le ministre wallon doit envoyer une task force pour rétablir le fonctionnement administratif de la cité. Les tensions politiques se poursuivent jusqu’en fin de législature. Alors que d’autres problèmes surgissent sur le plan local, Virginie Gonzalez est réélue in extremis à la présidence de la Fédération PS de Thudinie en mars 2023 (53%).
Lors du scrutin wallon du 9 juin 2024, elle occupe la 10e place, comme candidate effective.
Mandats politiques
Conseillère communale d’Anderlues (2001-)
Députée wallonne (10/2010-2019)
Échevine (2012-2014)
Échevine empêchée (07/2014-2018)
Bourgmestre d’Anderlues (10/2019-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024)
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23 ; 23 mai 2019, p. 48-49
Cumuleo (-2021)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Godfriaux Jordan
Perwez 26/02/1978
Député wallon : *2017-2018*
Parmi les conséquences immédiates du changement de la majorité wallonne intervenu au cœur de l’été 2017, figure la prestation de serment de Jordan Godfriaux, 3e suppléant sur la liste du MR dans la circonscription de Nivelles, lors du scrutin du 25 mai 2014 (3.432 vp). Avant l’élection régionale, Godfriaux avait participé à deux rendez-vous électoraux, en octobre 2006 et 2012, au niveau communal, à Perwez, et provincial dans le district de Wavre (3e effectif, 2.371 vp). À chaque fois, celui qui exploite et dirige le Relais du terroir à Malèves-Sainte-Marie-Wastines (ferme-boutique de produits de bouche) avait été élu, siégeant au Conseil communal de Perwez et au Conseil provincial du Brabant wallon. à la suite de la chute du gouvernement PS-cdH conduit par Paul Magnette et de l’installation du gouvernement MR-cdH sous la présidence de Willy Borsus, Valérie De Bue devient ministre et c’est son siège au Parlement de Wallonie que vient occuper Jordan Godfriaux.
Sa prestation de serment à Namur revêt un caractère insolite, dans la mesure où le président du Parlement de Wallonie n’est autre que le bourgmestre empêché de Perwez. En opposition politique sur le plan local, les deux députés se retrouvent dans la même majorité à Namur, mais toujours en opposition au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Quand André Antoine est arrivé à Perwez en 1994, Jordan Godfriaux n’affichait pas encore ses préférences politiques ; il terminait ses études au Petit Séminaire à Floreffe. Viendra ensuite une formation d’ingénieur agronome à l’Institut agronomique de Louvain (2001), avant de collaborer à l’exploitation agricole familiale spécialisée en viande bovine BBB. Membre du comité des Jeunes Agriculteurs à la fin des années 1990, il est élu à la présidence de la Fédération des Jeunes Agriculteurs de Wavre-Jodoigne-Perwez (2002-2004), puis à la vice-présidence de la FJA (2004-) et s’occupe de plusieurs associations de promotion de la qualité en agriculture et de la facilitation des circuits courts. En 2006, non loin de la ferme familiale, il fait construire, avec son épouse, un nouveau bâtiment pour l’élevage et l’engraissage de porcs sur paille avec aération naturelle ; en 2012, il ouvre un point de vente, le Relais du Terroir, pour sa production locale dont des « Porcs fermiers » label de la filière Porc Qualité Ardenne, coopérative qu’il préside depuis 2016. À ce moment, cet agriculteur est totalement investi en politique, notamment en raison des difficultés qu’il a rencontrées pour obtenir le permis de bâtir de sa porcherie, accepté par le Collège de Perwez, mais refusé dans un premier temps par le ministre wallon en charge de l’Aménagement du Territoire, en l’occurrence André Antoine… Finalement, le projet ayant changé de site, la Région wallonne donna son feu vert et reconnut l’exploitation comme centre de référence, mais Jordan Godfriaux n’entendait pas en rester là.
à Perwez, en octobre 1994, la majorité absolue était encore entre les mains des libéraux et des socialistes ; in extremis, leur coalition avait fait échec à la liste emmenée par André Antoine. En octobre 2000, Écolo se mêle au débat et son élu choisit de faire majorité avec André Antoine, assurément le leader local en voix de préférence. C’est donc un parti libéral dans l’opposition que rejoint Jordan Godfriaux. En octobre 2006, les 265 voix de préférence du 5e candidat MR suffisent pour lui ouvrir les portes du Conseil communal. Mais cette fois, la liste d’André Antoine (1.382 vp) dispose seule de la majorité absolue et se passe de tout partenaire. Durant la législature, Godfriaux participe aux travaux de la Commission locale de développement rural et, en 2011, celui qui a passé plusieurs mois au Cabinet de la Ministre fédérale de l’Agriculture, Sabine Laruelle (2003-2006) est élu à la présidence de la section locale du MR. En octobre 2012, on assiste à Perwez à une transformation du paysage politique et à l’affrontement entre deux listes. Emmenée par André Antoine (1.226 vp) et Carl Cambron, le bourgmestre ff, la liste DRC PluS – où se côtoient cdH et PS – frôle les 60% (12 sièges), tandis que la liste Ensemble – MR + Écolo + Indépendants – (40,6%) doit se contenter de 7 sièges. Emmenée par Véronique Bidoul (434 vp), cette liste est cependant dominée par le résultat de Jordan Godfriaux, avant-dernier candidat, qui rassemble 752 voix de préférence sur sa personne, soit le 3e score tous partis confondus ; par ailleurs, avec 5 sièges, les libéraux renouent avec un résultat qu’ils n’avaient plus atteint depuis 1988.
Administrateur de l’ISBW (2013), de l’asbl Made in BW (2015), membre du comité de direction et expert auprès de la Provinciale Brabançonne d’énergie (PBE, 2013), Jordan Godfriaux se voit offrir la 3e suppléance aux élections régionales du 25 mai 2014. A priori, une telle place ne donne aucune chance de siéger au Parlement de Wallonie. Pourtant, une série de circonstances jouent en sa faveur. Au printemps 2015, la démission de Serge Kubla de ses fonctions de bourgmestre de Waterloo contraint Florence Reuter de renoncer à son siège à Namur ; son suppléant, Christophe Dister, décide quant à lui, de démissionner à son tour, fin 2016, pour s’occuper de La Hulpe et de ses sociétés. La 2e suppléante accepte de le remplacer. Quelques semaines plus tard, Valérie De Bue devient ministre et en tant que 3e suppléant, Jordan Godfriaux lui succède comme député wallon, renonçant à son mandat de conseiller provincial et à ceux évoqués ci-dessus.
Au Parlement de Wallonie, de juillet 2017 à décembre 2018, il est naturellement membre de la Commission de l’Agriculture-Tourisme-Patrimoine et assiste assidument aux travaux et séances de l’assemblée où MR et cdH ne disposent que d’une très courte majorité (38 députés sur 75), en ayant l’intention de faire voter des mesures démontrant un important changement de cap dans la politique wallonne : suppression de la « Redevance Télévision », modification de la grille des loyers, réduction de la fiscalité immobilière, transfert de compétences vers l’Ostbelgien, abandon du Plan Marshall, réduction de l’intervention publique et l’incitation à l’initiative privée ou associative, résolution fixant une série de balises pour les futurs traités de libre-échange négociés par l’Union européenne, application de recommandations de la Commission Publifin en matière de transparence et de gouvernance, réforme de la gouvernance des GRD du gaz et de l’électricité, etc. Durant les quelques mois où il siège, le député wallon Godfriaux adopte notamment le Code wallon du bien-être animal (3 octobre 2018), projet plébiscité par le législateur quasi unanime (67 députés sur 69 présents) faisant de la Wallonie une région pionnière.
Mais c’est davantage le terrain communal qui retient l’attention de Jordan Godfriaux. Fort de son résultat en 2012, il prépare avec soin le scrutin communal d’octobre 2018. Conduisant la liste Ensemble !, Jordan Godfriaux (1.696 vp.) parvient à renverser la majorité en place, son groupe obtenant 11 sièges (+4) et près de 52% contre 10 sièges et 48% à la liste DRC+ d’André Antoine. En devenant bourgmestre de Perwez, il doit tenir compte du décret spécial wallon sur le cumul et il choisit de renoncer à son mandat wallon. Il est remplacé par Chantal Versmissen. Lors du scrutin wallon du 26 mai 2019, il pousse la liste MR dans la circonscription de Nivelles, réalisant 5.027 vp, mais sans avoir l’intention de siéger à nouveau au Parlement de Wallonie.
Membre du Collège de la zone de Police (2018-), administrateur de l’intercommunale in BW (2018-), le nouveau bourgmestre de Perwez se consacre à la gestion de sa commune, durant une législature très chahutée, mettant l’accent sur la remise en ordre des finances communales, sur des investissements dans les matières communales et la préservation du caractère rural des « cinq villages champêtres qui composent l’entité de Perwez ». Il est candidat à sa réélection en octobre 2024.
Mandats politiques
Conseiller communal de Perwez (2007-)
Conseiller provincial du Brabant wallon (2012-07/2017)
Député wallon (07/2017-12/2018)
Bourgmestre de Perwez (12/2018-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024)
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2017 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Gillot Frédéric
Ougrée 16/09/1962
Député wallon : 2014-2019
Depuis les années 1970, la sidérurgie liégeoise est en pleine mutation ; après des années fastes, la reconversion tarde à venir. Le plan Gandois (1983), la régionalisation de la sidérurgie (1988), les fusions liées à la formation du groupe Cockerill Sambre paraissent apporter les solutions tant attendues. À la fin des années 1990, la Région wallonne revend ses parts au groupe français Usinor qui devient Arcelor en 2002. L’optimisme du moment est rapidement balayé par l’annonce, au printemps 2003, de la fermeture du haut-fourneau de Seraing (HF6) et du site de Chertal de la sidérurgie à chaud à l’horizon 2009. Alors que les autorités liégeoises et wallonnes se mobilisent, le rachat par le groupe Mittal Steel (juin 2006) nourrit les espoirs d’un redécollage de la phase à chaud. Si le HF6 de Seraing est rallumé en février 2008, il est cependant à nouveau éteint début 2009. Quant au site de Chertal, il reprend ses activités début 2008, mais doit se remettre en stand by à la fin de l’année suite à la crise mondiale. En octobre 2011, les derniers espoirs s’envolent ; pour l’investisseur indien Lakshmi Mittal, la fermeture de Liège est inéluctable ; des centaines de salariés perdent leur emploi, avec des répercussions sur des milliers d’autres activités indirectes, principalement dans le bassin liégeois.
Ces années de mutation, Frédéric Gillot les a vécues de l’intérieur. Ayant fait le choix d’études techniques (en électromécanique), il entre à 21 ans à la filiale Para-Métal, située à Wandre. En raison de la fermeture de l’usine, cet ouvrier sidérurgiste résidant à Saive est reclassé sur le site de Chertal ; c’est à cette époque que remonte son engagement syndical, chez les métallos liégeois de la FGTB. En 2005, il refuse d'aller dans « le froid » et, en 2006, il travaille comme mécanicien à la cokerie d’Ougrée, plaçant beaucoup d’espoirs dans le processus de redéploiement. Délégué FGTB, très actif dans l’action syndicale de terrain, il doit finalement se rendre à l’évidence, mais il refuse d’arrêter de lutter contre un système qu’il qualifie de capitaliste, responsable à ses yeux d’un drame social touchant près de 10.000 personnes. Attribuant à la Région wallonne la responsabilité de la fermeture de la sidérurgie liégeoise, il estime que sa privatisation n’était pas la solution. Permanent FGTB, Frédéric Gillot reste mobilisé dans tout le processus de négociation tripartite (2012-2014), réclamant notamment « la nationalisation de l’outil » ; et si la CSC accepte le plan Mittal, Gillot, par contre, n’entend pas faire de concessions ; pourtant, en 2013, il est finalement « prépensionné de force ».
Ancien membre actif de l’USC de Blegny-Dalhem (affilié en 1995, il a été le président de l’USC de Dalhem de 2003 à 2005), Frédéric Gillot claque la porte du PS suite à l’adoption, par le fédéral, du Pacte des générations (automne 2005) ; il rejoint les rangs du PTB « pour mener un combat plus radical » (2008). En juin 2009, il figure en 5e position sur la liste que le PTB+ présente dans la circonscription de Liège au scrutin régional wallon. Emmenée par Raoul Hedebouw et poussée par le professeur Robert Halleux, la liste rassemble 2,6% des voix, dont 389 sur le nom de Frédéric Gillot. Cinq ans plus tard, c’est lui qui figure comme tête de liste PTB Go !, toujours dans la circonscription de Liège, tandis que Raoul Hedebouw se présente à la Chambre fédérale, dans la circonscription provinciale de Liège. Proportionnellement, Gillot (12.884 vp et près de 11% pour sa liste) fait mieux que Hedebouw (16.586 vp et 8%), et tous les deux font leur entrée au Parlement, à Namur pour l’un, à Bruxelles pour l’autre. Le PTB Go ! a réussi son pari, envoyer « un sidérurgiste, un travailleur, au Parlement de Wallonie ».
Avec Ruddy Warnier et Frédéric Gillot, PTB Go ! compte deux représentants à Namur, un nombre insuffisant pour constituer un groupe, mais utile pour bloquer la constitution de certaines majorités, empêcher l’adoption de certains décrets et faire entendre la voix de la gauche radicale dans ou dehors de l’assemblée. Ne faisant partie d’aucune Commission, le député wallon dépose des propositions de résolution, questionne les ministres du gouvernement ou use de son temps de parole pour exposer le point de vue de son parti dans les dossiers qui sont débattus. En 2015, il dépose, avec Jeholet, Hazée et Puget, une proposition de résolution pour instaurer une commission spéciale de recommandations et de suivi des procédures budgétaires et comptables et un autre pour que les observations, recommandations et suggestions de la Cour des comptes soient suivies d’effets.
Dans le dossier CETA, il dépose une résolution contre ce projet en 2014. Quand l’ensemble du Parlement de Wallonie se saisit de la question, Frédéric Gillot vote la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada. Mais après la courte crise internationale qui s’en est suivi, considérant que la Wallonie aurait dû pousser plus loin son avantage, il manifeste son opposition au projet de motion qui valide le compromis où l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Du 16 février au 3 juillet 2017, Frédéric Gillot représente le PTB Go ! au sein de la Commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la transparence et le fonctionnement du groupe Publifin (ex-Tecteo). étant donné que PTB-Go ! n’est pas en nombre suffisant pour former un groupe politique au Parlement de Wallonie, il siège au sein de la Commission en tant que membre invité avec voix consultative. Au cours de 29 réunions, entouré de quatre experts, la Commission présidée par Olga Zrihen entend 52 témoins différents, parfois à huis clos, le plus souvent en séance publique, avec retransmission télévisuelle. Adopté à l’unanimité des membres de la Commission – y compris Gillot –, le rapport de plus de 60 pages qui comprend au fil des chapitres toute une série de recommandations est approuvé également à l’unanimité en séance plénière du Parlement de Wallonie (12 juillet).
Le 17 mai 2017, il est l’un des trois députés wallons (dont Ruddy Warnier) qui s’abstiennent au moment du vote de l’important décret wallon rendant obligatoire l’étourdissement des animaux avant leur abattage, décret porté Josy Arens, Christine Defraigne, Edmund Stoffels et Stéphanie Waroux. Quelques semaines plus tard, il adopte la même attitude, lors de la présentation au vote du Code wallon du bien-être animal (3 octobre 2018). Avec son collègue Warnier, il est alors le seul à s’abstenir.
Après avoir ouvert les portes du Parlement de Wallonie aux idées du PTB, il n’est plus candidat au Parlement de Wallonie le 26 mai 2019. Le PTB lui a confié une autre mission : récolter des voix dans la province de Limbourg. Quatrième candidat effectif sur la liste PVDA pour la Chambre fédérale, il réunit 2.466 voix sur son nom, la liste communiste atteignant 5,59% sans obtenir d’élu.
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont L’Avenir, 18 mai 2007, La Libre, 17 avril 2014
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Geradon Deborah
Huy 31/07/1986
Députée wallonne : *2014-2018*
Originaire de Mons-lez-Liège (Flémalle), matheuse en humanités qu’elle accomplit à l’Athénée provincial Guy Lang à Flémalle, Déborah Géradon mène à l’Université de Liège des études de Sciences politiques, orientation administration publique (2008). Petite-fille de mineur et d’une grand-mère qui tenait un magasin coopératif, fille d’un père conducteur de travaux et d’une mère professeur, avec une activité syndicale de gauche, elle se dit marquée par le 21 avril 2002, l’élimination de Lionel Jospin au 1er tour de la présidentielle française et la présence de J-M. Le Pen au second tour ; de ce moment remonte son engagement en politique, en plus de son goût pour « la chose publique ». Présidente des Jeunes PS de l’arrondissement de Liège (2006), réclamant une participation plus grande des jeunes en politique, la jeune diplômée n’hésite pas à se présenter aux élections régionales wallonnes du 7 juin 2009. Quatrième suppléante, elle réunit 4.219 voix sur son nom, pour sa première participation à un scrutin, dans la circonscription de Liège. Fière des progrès sociaux et démocratiques obtenus par le socialisme d’hier, elle se présente comme appartenant à une gauche réaliste et elle met ses convictions en pratique comme conseillère au Centre public d’action sociale (CPAS) de la Ville de Seraing tout au long de l’année 2012.
En troisième position sur la liste du PS, derrière Alain Mathot et Sabine Roberty, lors du scrutin communal d’octobre 2012, elle réalise le 6e score de sa liste et le meilleur des 20 femmes candidates tous partis confondus (1.256 vp). à peine élue conseillère communale, elle effectue son entrée au sein du Collège communal, en tant qu’échevine en charge du Développement économique, commercial, urbanistique et territorial d’une Cité du Fer en pleine reconversion et rénovation. Présidente de la Commission de rénovation de quartier et de la Commission consultative des Classes moyennes (2013-2015), administratrice de l’Immobilière publique (2012), de l’Agence immobilière sociale (2013-2014), du Centre Hospitalier du Bois de l’Abbaye (AISH, 2012-2014), de la Maison sérésienne (2013-2014), de la Régie communale autonome ERIGES (2013-), dont elle devient la vice-présidente en 2019, elle est aussi administratrice de l’Association pour le Redéploiement économique du Bassin sérésien (AREBS, 2013-), de l’IILE-SRI (2013-2017), de la SPI (2013-2017), et membre de son comité de direction (2014-2017), et déléguée de L’Habitation Jemeppienne (2015-2018). En 2013, Déborah Géradon intègre les structures de la Fédération liégeoise du PS comme membre de son bureau exécutif.
Agent provincial à mi-temps, elle est la responsable de la Cellule « supracommunalité » de la province de Liège : annoncée dans la déclaration de politique générale 2012-2018 du Collège provincial, cette cellule constituée au sein du Greffe provincial est chargée de coordonner et de promouvoir l’ensemble des services et appuis que la province de Liège peut apporter aux communes, en lien avec « Liège Europe Métropole », la nouvelle asbl qui remplace la « Coordination provinciale des pouvoirs locaux », créée en 2009. Il s’agit de favoriser la solidarité territoriale et la mutualisation des coûts.
À peine installée dans ses nouvelles fonctions échevinales, la Sérésienne se retrouve en situation de pouvoir siéger au Parlement wallon pour les derniers mois de la législature (octobre 2013), car, après l’adoption du décret spécial wallon limitant le cumul des députés wallons, l’échevine de Liège Maggy Yerna décide de conserver son échevinat et la présidence de deux Intercommunales. Après Willy Demeyer, Julie Fernandez-Fernandez et Michel Daerden, Maggy Yerna est la quatrième liégeoise du PS à céder ainsi son siège à Namur durant la législature 2009-2014. Quatrième suppléante, Déborah Géradon préfère alors se consacrer à ses nouveaux dossiers, passe son tour et laisse le siège wallon à Christie Morreale. En 2014, l’échevine contribue à la mise en place d’une « Bourse aux dons », plate-forme locale informatisée de redistribution des produits frais invendus.
Etoile montante de la Fédération liégeoise du PS, Déborah Géradon se présente néanmoins au scrutin wallon du 25 mai 2014 ; elle est deuxième candidate suppléante sur la liste emmenée par J-C. Marcourt. Avec 6.312 vp, elle réalise le sixième score d’un PS liégeois qui est alors en recul de 6%, et qui perd un siège à Namur. Elle signe aussi le 12e score de la circonscription de Liège, tous partis confondus. La désignation de Jean-Claude Marcourt et d’Isabelle Simonis aux gouvernements wallon et communautaire ouvre à nouveau les portes du Parlement de Wallonie à la 2e suppléante qui, cette fois, accepte de siéger et prête serment à Namur, dès juillet 2014. En application du décret spécial wallon sur le cumul, elle se dit échevine empêchée à Seraing (remplacée par Julie Geldof).
A Namur, dès la rentrée parlementaire de 2014 et jusqu’en décembre 2018, elle est membre du Comité Mémoire et Démocratie, de la Commission Pouvoirs locaux-Logement-Énergie, de la Commission Environnement-Aménagement du Territoire-Transports et de la Commission spéciale « Renouveau démocratique ». L’amélioration de l’information aux passagers des TEC, la lutte contre le harcèlement sexuel dans les TEC, la gestion et la distribution des invendus alimentaires, la reconnaissance formelle par la Belgique de l’état de Palestine, la réforme de la formation à la conduite, le permis d’environnement, sont quelques-unes des premières problématiques dans lesquelles elle légifère. Elle participe également à la définition d’une politique ambitieuse en matière de qualité de l’air en Wallonie. Dans le dossier CETA, elle vote en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, elle figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
En octobre 2016, la députée wallonne remplace Edmund Stoffels à la présidence la Commission Environnement-Aménagement du Territoire-Transports et va ainsi participer activement aux débats sur la question de l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement préalable, procédant à des consultations écrites et à des auditions (dont le représentant de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) et celui du Consistoire central israélite de Belgique (CCIB), à leur demande insistante). Les échanges sont vifs, mais les députés wallons sont décidés. Sous la signature conjointe de Christine Defraigne, Josy Arens, Edmund Stoffels et Véronique Waroux, une nouvelle proposition de décret est déposée en avril 2017, offrant une alternative aux cultes concernés, ainsi qu’une période transitoire. Tout abattage animal sera interdit sans étourdissement préalable, y compris dans les abattoirs. Après un vote unanime de la Commission (mai), le décret est soumis à la discussion générale de l’assemblée plénière (17 mai 2017), avant d’être approuvé à la quasi-unanimité (66 sur 69) des députés présents. Déborah Géradon est parmi eux et sera encore de la séance plénière qui plébiscite (67 oui, 2 abstentions) le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime faisant de la Wallonie une région pionnière en matière de protection animale. Elle siège alors dans l’opposition puisqu’à la suite de l’appel du 19 juin 2017 de B. Lutgen, qui invitait à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes, une motion de défiance constructive a été votée par les députés wallons cdH et MR (28 juillet), renversant le gouvernement Magnette. La suppléante n’a pas été concernée par les effets directs de la destitution des ministres socialistes, puisque J-Cl. Marcourt et I. Simonis restent ministres dans l’exécutif d’une Fédération Wallonie-Bruxelles où aucun changement de majorité ne s’est produit.
Dès septembre 2017, elle se voit confier la présidence de la Commission Action sociale-Santé-Fonction publique. C’est l’occasion de généraliser à l’échelle de la Wallonie le projet « Bourse aux dons » qui lui tient à cœur. En cours de législature, la députée wallonne a eu l’occasion d’en informer l’ensemble de ses collègues et de présenter une proposition de décret. Par ailleurs, elle continue de montrer son implication dans d’autres dossiers (égalité homme-femme, logement, tram liégeois, liaison CHB, etc.), tant lors de ses nombreuses interventions sous forme de questions écrites ou orales, qu’en déposant des propositions de décret ou de résolution (information continue pour les usagers du TEC, baisse du prix du permis de conduire, bien-être animal, représentation minimale d’un tiers hommes ou femmes dans tous les collèges communaux après les élections de 2018, etc.).
Membre de la Commission spéciale relative au Renouveau démocratique (mai 2015-décembre 2018), elle mène une réflexion sur les mesures de bonne gouvernance à mettre en œuvre au niveau régional ou local, visant notamment à améliorer tant la démocratie représentative que la démocratie participative. Elle propose notamment la création d’un Parlement wallon des jeunes (avec de vrais pouvoirs) et l’obligation de quotas jeunes sur les listes électorales. à la suite de ces travaux, la Wallonie adopte notamment deux décrets qui en font la première entité du pays à adopter le principe d’une consultation d’initiative citoyenne (2019). Cette consultation peut être organisée si une majorité simple des députés le décide ou si sont réunies au moins 60.000 signatures de citoyens belges et étrangers résidant en Wallonie.
Son implication dans la vie politique sérésienne reste d’autant plus grande que le bourgmestre Alain Mathot annonce qu’il ne se représente pas au scrutin communal d’octobre 2018. Alors que la tête de liste socialiste est confiée à Francis Bekaert, président du CPAS sortant, Déborah Géradon obtient la deuxième place, tandis que la quatrième est confiée à Laura Crapanzano. Les électeurs de Seraing devront déterminer leur préférence entre ces prétendants à la fonction de bourgmestre, du moins s’ils votent pour le PS, premier parti de Seraing depuis les élections partielles de 1899, disposant de la fonction de bourgmestre sans interruption depuis 1921. Avec 4.635 vp, Bekaert s’impose de peu, face aux 4.449 vp de sa dauphine, tandis que la challenger passe le cap des deux mille voix (2.010). En recul de 7,5% (passant de 50 à 42,5%), le PS conserve in extremis la majorité absolue (20 sièges sur 39, -4), trouvant du côté du PTB un rival en pleine expansion (24,2%, + 10%) avec onze sièges (+6). Les verts ayant refusé le pacte de majorité proposé par le PS, ce dernier décide de gouverner seul la cité sérésienne, avec Bekaert à sa tête et Déborah Géradon comme échevine du Développement territorial. Elle quitte par conséquent le Parlement de Wallonie, en même temps qu’Alain Onkelinx (5e échevin), se conformant au décret spécial wallon sur le cumul. à Namur, elle est remplacée par André Vrancken. Malgré son investissement sérésien, Déborah Géradon ne peut éviter le rendez-vous électoral wallon du 26 mai 2019. Occupant la dernière place des suppléants PS (6.176 vp), elle réalise le 4e score tous candidats PS confondus et le 6e tous partis confondus dans la circonscription de Liège. Mais elle ne siège plus au Parlement de Wallonie.
Continuant d’appliquer à la lettre le plan d’action de requalification urbaine dont la ville s’est dotée dès juin 2005, et s’appuyant sur la RCA Eriges, l’échevine de Seraing s’attèle à « la reconstruction d’une ville post-industrielle, attractive et créatrice de nouveaux emplois », à sa transformation radicale et spectaculaire. En cours de la législature communale, le bourgmestre Bekaert remet sa démission et c’est Déborah Géradon qui lui succède (20 mars 2023). Présidente de l’AREBS (2019-) et de Publilec (2020-), administratrice de la SNCB (2021-), elle devient ainsi, à 36 ans, la première femme à diriger la Cité du fer.
Mandats politiques
Conseillère au CPAS de Seraing (2012)
Conseillère communale de Seraing (2012-)
Échevine (2012-07/2014)
Députée wallonne (07/2014-12/2018)
Échevine empêchée (07/2014-2018)
Échevine (12/2018-03/2023)
Bourgmestre (03/2023-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La Libre, 11 décembre 2009 ; La Libre, 28 mars 2014 ; Sud Presse, 4 mai 2016
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2022)
Cfr Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2024 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Dupont Jean-Marc
Mons 08/07/1959
Député wallon : 2014-2018*
Depuis 1895, Frameries vote majoritairement à gauche. Sans cesse contestée, cette domination vacille à l’approche du XXIe siècle. Après la fusion des communes, le PSC grignote son retard et les années 1990 sont marquées par la confrontation entre Didier Donfut et Albert Liénard, le PSC cherchant à profiter de la passation de pouvoir entre Max Audain et le jeune Donfut (1992). En octobre 1994, PS et PSC se retrouvent d’ailleurs chacun avec 13 sièges sur 27 et c’est le PRL Pierre Fortez qui permet au PS de conserver in extremis la majorité. C’est à ce moment-là que Jean-Marc Dupont est élu conseiller communal sur la liste du PS.
Régent français-histoire, professeur, directeur adjoint de l’Institut de Promotion sociale de Colfontaine, Jean-Marc Dupont milite de longue date dans les rangs socialistes. À la fin des années 1990, il préside l’USC de Frameries. À ce titre, en vue des élections d’octobre 2000, il joue la carte de la parité hommes-femmes, du rajeunissement et de l’ouverture à la société civile, quand il compose la liste socialiste avec Didier Donfut. Emmenée par ce dernier et poussée par Jean-Marc Dupont, la liste du PS progresse de 4 sièges et retrouve la majorité absolue ; l’alliance PS (15) – PRL (2) est maintenue, s’élargissant à Écolo (2). Jean-Marc Dupont, quant à lui, devient président du CPAS de Frameries (2001-2006) : il prend en charge d’importants projets, dont l’inauguration d’une nouvelle maison de retraite, des projets d’insertion socioprofessionnelle, la création d’un atelier de repassage et d’une épicerie sociale, le transfert du centre de santé communal avec ouverture d’une maison médicale (la première ouverte par un CPAS en Wallonie), ainsi que l’insertion dans le projet « e-Agora », visant à élargir la participation citoyenne et à renforcer les processus de démocratie locale en s’appuyant sur l’usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Expert pédagogique (2005-2006), collaborateur et attaché auprès de divers Cabinets du gouvernement de la Communauté française Wallonie-Bruxelles (2005-2008), chargé de mission au Conseil régional de Formation (2006), puis à la province de Hainaut (2007-2013), Jean-Marc Dupont représente aussi le PS au Conseil d’administration de la Société immobilière sociale « Toit et moi » (2004-2013), au Centre hospitalier universitaire Ambroise Paré (2007-2019), à la Régie communale autonome (2008-2011), à l’Agence locale pour l’emploi, à la Communauté urbaine de Mons, etc. Il est aussi administrateur de la Maison de Laïcité. Parallèlement, quand Didier Donfut devient Secrétaire d’État dans le gouvernement Verhofstadt (2004-2007), Jean-Marc Dupont fait fonction de bourgmestre jusqu’à la fin de la législature.
En octobre 2006, le scrutin communal de Frameries est à nouveau très disputé. Le PS (13) perd sa majorité absolue, tout en restant le premier parti de l’entité. Il décide alors de tourner le dos au MR (3) et à l’Écolo Manu Disabato (1), pour tendre la main au cdH conduit par Philippe Debaisieux (10). Didier Donfut (1.733 vp.) reste bourgmestre empêché et c’est Jean-Marc Dupont (1.036 vp, 3e score tous partis confondus) qui fait alors fonction à la tête du Collège communal. Sécurité, nouvelle bibliothèque, rénovation urbaine sont notamment à l’agenda quotidien de celui qui préside la zone boraine de police (2008-2010).
Ministre fédéral (2007) puis ministre wallon (2008-2009), Didier Donfut est emporté dans la tourmente du printemps 2009 : il est forcé à la démission de ses fonctions à Namur et contraint à ne pas défendre son mandat lors du scrutin régional. Dès lors, il renonce aussi à reprendre ses fonctions de bourgmestre à Frameries (28 mai 2009). Jean-Marc Dupont achève la législature en tant que bourgmestre en titre. Tête de liste aux élections communales d’octobre 2012, il remporte un plantureux succès avec 16 sièges (+3) et 49% (+4%) soit un meilleur résultat que celui d’octobre 2000. Toujours aussi actif, mais moins visible, Didier Donfut (749 vp) passe la main à un Jean-Marc Dupont (2.433 vp) qui dame le pion au cdH (7 sièges, -10%), en particulier à Catherine Fonck (1.038 vp). Bien que largement majoritaire, le PS s’ouvre cette fois au MR (2), avec lequel il signe le pacte de majorité.
Arrivant à la fin de multiples chantiers de rénovation du centre-ville, dont l’ambitieux projet épicentre en partenariat public/privé, le maïeur de Frameries lance en 2013 une « maternité commerciale », projet unique en Wallonie, qui consiste à favoriser l’éclosion de nouveaux commerces dans des locaux publics en pratiquant des prix attractifs. Mais sa popularité n’a pas échappé aux instances du PS. En vue des élections du 25 mai 2014, il est sollicité pour occuper la 3e place élective au Parlement wallon. À 55 ans, il participe pour la première fois à une élection autre que communale ; pour le PS, le défi est de conserver 3 sièges au moment où la circonscription électorale passe de 6 à 5 représentants. Malgré une perte de 6%, le PS atteint son objectif et Jean-Marc Dupont (4.660 vp, 6e score tous partis confondus) est élu député wallon. En application du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, il choisit de prêter serment à Namur et d’y siéger. Bourgmestre empêché, il remet les clés de la mairie de la cité des écureuils au Premier échevin, Didier Draux.
Administrateur d’IDEA (2012-2019), vice-président du Pass (2014-2017), le député wallon se fait le porte-parole de Mons-Borinage auprès du ministre wallon de l’Économie face aux événements qui touchent sa sous-région (fermeture de Doosan employant 300 travailleurs, de Nexans, d’ACV, de Jemappes Steel Center, de Vidrala…). Dans le même temps, il revendique une place pour « Mons-Borinage » dans le SDER et la création d’un véritable bassin de vie. Il se veut le défenseur des intérêts des « petites communes » (fusion libre commune/CPAS, etc.). Attentif aux besoins de la Wallonie en termes de logement, il intervient en faveur du maintien de la circulation du Thalys sur la dorsale wallonne (2014), mais en vain dans ce dossier géré par le fédéral. Par contre, il contribue à la reconnaissance d’une des quatre premières zones franches de Wallonie, en l’occurrence sur l’ancien site de Doosan (2017) et fait partie des députés wallons qui, en 2015-2016, se mobilisent et argumentent contre la signature du CETA. Dans ce dossier, il vote en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la brève crise internationale qui s’en est suivi, il figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis où l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Vice-président de la Commission Pouvoirs locaux-Logement-Énergie et membre de la Commission du Budget-Fonction publique, le député wallon est aussi membre du Groupe de travail sur la tutelle et le financement public des cultes par les autorités locales et régionales wallonnes (janvier 2017-2018), il fait partie des 69 députés wallons présents qui adoptent le décret renforçant les obligations des gestionnaires de lieux de cultes, la transparence des financements, l’usage du français et le respect des valeurs démocratiques, avec l’objectif de prévenir le radicalisme (17 mai 2017). Entre mars 2017 et novembre 2018, il est membre de la « Commission spéciale relative au Renouveau démocratique » où il remplace P-Y. Dermagne. Après la crise wallonne de l’été 2017 où le cdH renverse les alliances, abandonnant le PS de Paul Magnette pour former un nouveau gouvernement wallon conduit par Willy Borsus, Jean-Marc Dupont, désormais dans l’opposition, est appelé à la présidence de la Commission du Budget (septembre 2017-novembre 2018).
Durant cette législature, il adopte aussi une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétences nouvellement transférées aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur fait de la Wallonie une région pionnière.
Cependant, le député wallon conserve toute son attention à sa commune de Frameries et n’entend pas manquer son rendez-vous avec les électeurs, en octobre 2018, d’autant que l’opposition écolo-cdH se présente sur une seule liste, BE Frameries. Néanmoins, les enjeux locaux et l’éloignement du bourgmestre empêché se manifestent dans les résultats : alors que le PTB obtient ses trois premiers élus, le PS perd… trois élus, près de 8% (41,41%) et sa majorité absolue. En termes de popularité, Jean-Marc Dupont (1.732 vp) est loin devant Catherine Fonck (1.064) et Manu Disabato (952) dont la liste commune Be Frameries dispose désormais de 9 élus (+1). En reconduisant le pacte de majorité avec le MR (2), le PS (13) conserve le maïorat. Toujours en vertu du décret spécial wallon interdisant le cumul des mandats, Jean-Marc Dupont décide cette fois de ceindre l’écharpe maïorale effectivement et renonce à son mandat de député wallon (décembre 2018). C’est Pierre Tachenion qui le remplace à Namur. Lors du triple scrutin du 26 mai 2019, le bourgmestre de Frameries n’est plus candidat à un mandat parlementaire. Président de l’intercommunale de gestion des déchets Hygea (2019-), il préside le bureau du Conseil régional de la Formation (CRF, 2020-). En vue des élections communales d’octobre 2024, Jean-Marc Dupont annonce très tôt qu’il ne mènera pas la liste socialiste, ne souhaitant plus être bourgmestre, sans pour autant abandonner la politique.
Mandats politiques
Conseiller communal de Frameries (1994-)
Président CPAS (2001-2006)
Bourgmestre faisant fonction (2006-05/2009)
Bourgmestre (05/2009-2012, 2012-06/2014)
Député wallon (2014-12/2018)
Bourgmestre empêché (06//2014-12/2018)
Bourgmestre (12/2018-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La DH, 10 février 2004 ; La DH, 27 mai 2014 et 21 septembre 2023 ; Le Soir, 5 juin 2014
cumuleo.be -2022
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Dufrane Anthony
Charleroi 10/07/1977
Député wallon : 2014* *2014-2019
Fils de l’ancien échevin Christian Dufrane (-1997), Anthony milite très jeune dans le mouvement socialiste. Employé en comptabilité, il se présente en octobre 2000 aux élections communales à Montigny-le-Tilleul. Pour sa première participation à une élection, il rassemble près d’un millier de voix de préférence (912 vp). Dans la localité dirigée depuis des générations par la famille Cornet, octobre 2000 constitue une passation de témoin entre Philippe, le père, et Véronique, la fille, tête de liste du parti libéral (10 sièges). Ayant besoin d’un partenaire pour faire majorité, le PRL renouvelle l’accord de 1994 et le PS (6 s.) obtient deux échevinats, dont l’un pour Anthony Dufrane en charge de la Culture, de l’Information et du Troisième Âge. Troisième sur la liste du PS aux élections communales d’octobre 2006, il signe sans conteste le meilleur score du PS (1.062 vp), seule la MR Véronique Cornet, la bourgmestre sortante, faisant mieux, tous partis confondus. En progressant de 5%, le MR détient désormais la majorité absolue (11 sièges sur 21, +1) et décide de diriger seul Montigny-le-Tilleul. Perdant une trentaine de voix, le PS conserve ses 6 conseillers communaux et se retrouve dans l’opposition.
Représentant du PS, Anthony Dufrane siège alors au Conseil d’administration de l’IGH (2001-2007) où il est aussi commissaire, ainsi qu’à Aquasambre (2001-2006). Il siège ensuite comme administrateur à l’IPFH (2006-2007), puis à l’IEH (2007-2011). Parallèlement, il est entré comme attaché au Cabinet du ministre wallon, puis président du gouvernement wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe (1999-2005) ; auprès d’Elio Di Rupo puis de Rudy Demotte (2005-2007), il reste collaborateur des services « social et communication » des ministres-présidents wallons. En juillet 2007, il intègre l’équipe fédérale du ministre Paul Magnette en charge de l’Énergie (-2010). Repéré par Philippe Busquin, actif lors des « Chantiers de Demain » organisés par le PS en 2007, il mène sa première campagne fédérale en juin 2007 (11e place, 7.442 vp) dans la circonscription du Hainaut. Après de si bons débuts, une place de combat lui est confiée lors du scrutin fédéral anticipé du 23 juin 2010 (9e place, 9.195 vp). En progression de près de 14%, le PS emmené par Elio Di Rupo gagne alors quatre sièges dans le Hainaut et Anthony Dufrane fait partie des jeunes députés socialistes qui découvrent la Chambre fédérale.
L’expérience s’avèrera inédite puisque 541 jours de réunions, de crispations, de rebondissements, de notes et de discussions seront nécessaires pour que se dégagent un premier accord sur le volet institutionnel (octobre), puis un second sur le volet socio-économique (décembre) et qu’un gouvernement fédéral se forme enfin. Le 6 décembre 2011, Elio Di Rupo devient Premier ministre à la tête d’une coalition PS-SPa-MR-OpenVlD-cdH-CD&V. Mais pendant cette longue crise politique, le nouvel élu se sent rapidement à l’aise au sein d’une assemblée parlementaire aux coudées franches. Il intervient dans de nombreux dossiers et est membre de la Commission de la Défense. Anthony Dufrane n’a guère l’occasion de goûter au travail parlementaire fédéral qui reprend son rythme et il n’aura même pas le temps de voter les dispositions de la 6e réforme de l’État, car il met un terme à ses activités fédérales (remplacé par Nicolas Martin), pour se consacrer exclusivement à son nouvel échevinat à Charleroi.
En effet, en quittant Montigny-le-Tilleul pour s’installer dans le grand Charleroi en octobre 2011, Anthony Dufrane a réorienté ses ambitions communales ; laissant le PS de Montigny-le-Tilleul orphelin (comme en témoigne le résultat de 2012 : perte de 10% et de 3 sièges), il s’affilie à l’USC de Dampremy. Très actif lors de la préparation des campagnes électorales du PS, cheville ouvrière de la campagne régionale de Paul Magnette en 2009, où ses options stratégiques furent payantes, il se retrouve, en octobre 2012, sur la liste emmenée par Paul Magnette sur le plan local, occupant la neuvième place, tout en incarnant le renouveau du PS carolorégien. Avec 2.765 vp, il signe le 5e meilleur résultat personnel du PS, le 7e tous partis confondus. Il a gagné sa place au sein du Collège échevinal, en charge de la Jeunesse, du Tourisme, des Fêtes et des Relations internationales. C’est à la demande de Paul Magnette qu’il abandonne son mandat de député fédéral, appliquant ainsi très largement les principes du décret wallon sur le cumul, bien qu’aucune disposition légale ne s’impose aux députés fédéraux.
Très vite, le nouvel échevin lance une série de projets destinés à renouveler l’image extérieure de la plus grande ville de Wallonie, à y attirer des touristes (projet d’une auberge de jeunesse), à y faire venir des manifestations culturelles (dont le retour de la City parade) Relançant une dynamique de grands événements, il multiplie aussi les contacts entre la ville et une série de diplomates.
Lors du triple scrutin du 25 mai 2014, un nouveau défi attend Anthony Dufrane ; il s’agit pour la liste emmenée par Paul Magnette de faire aussi bien qu’en 2009 (40%, 5 sièges) au scrutin wallon, dans la circonscription de Charleroi. Chargé de pousser la liste, Dufrane réalise le 3e score PS (5.468 vp) et le 5e tous partis confondus. Élu directement au Parlement wallon, il prête serment le 13 juin 2014 et, en application du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, il se met immédiatement en congé à Namur, afin de poursuivre son mandat d’échevin à Charleroi. Le député empêché est remplacé par son suppléant Serdar Kilic qui, lui aussi échevin, s’est dit lui aussi empêché à Namur et est finalement remplacé par Hicham Imane.
Cependant, la mise en place du gouvernement Magnette durant l’été 2014 prolonge ce jeu de chaises musicales entre le Collège de la première ville de Wallonie et l’assemblée wallonne. Julie Patte vient à peine de remplacer Paul Magnette comme députée au Parlement de Wallonie, quand Anthony Dufrane décide finalement d’opter pour Namur. Il y remplace Julie Patte qui hérite de son échevinat et de ses compétences à Charleroi (début septembre). Pour Anthony Dufrane, il n’y aura plus de changement de mandat avant la fin de la législature wallonne, même s’il reste fort présent dans la vie communale. Gérant de la sprlu Sambre Construct (2008-2009), gérant des Halles de la Digue (2011-), de Maya Immobilière (2011-) et de Immo RDM (2014-2015), il est aussi l’un des vice-présidents de l’Intercommunale de santé publique du Pays de Charleroi (ISPPC, 2013-2018).
Au Parlement de Wallonie, Anthony Dufrane est membre de la Commission de l’Économie et de l’Innovation (2014-2017, ainsi que de la Commission de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et des Transports (2014-mars 2016), puis de la Commission Agriculture-Tourisme (mars 2016-2017). Cosignataire de plusieurs propositions de résolution (contre le dumping social, pour une meilleure gestion des invendus, pour soutenir le développement du secteur des drones, pour un Plan wallon en faveur de la diversité et du vivre-ensemble, etc.), le député wallon revendique notamment le maintien d’une liaison Thalys sur la dorsale wallonne (2014) et participe aux travaux sur la réforme du permis de conduire. Il fait partie des députés wallons qui, en 2015-2016, se mobilisent et argumentent pour manifester leur opposition au CETA. Dans ce dossier, il vote en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, il figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis où l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Durant cette législature, il adopte notamment une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur fait de la Wallonie une région pionnière.
Membre de la délégation belge au Conseil interparlementaire consultatif du Benelux, celui qui soutenait le gouvernement de Paul Magnette depuis le début de la législature se retrouve subitement dans l’opposition, après le changement de pied de Benoit Lutgen. à partir de septembre 2017 et jusqu’à la fin de la législature, Dufrane est membre de la sous-Commission du contrôle des licences d’armes. Cependant, le député wallon ne se sent pas utile à Namur, contraint à une discipline de parti le privant de marge de manœuvre. Il en tire les conséquences. Malgré ses excellents résultats personnels enregistrés lors des précédents scrutins, celui qui est devenu une machine à voix pour le PS renonce à se présenter aux élections communales d’octobre 2018. Capable d’obtenir son élection à la 51e et dernière place qui lui était proposée, il n’aurait pas été autorisé à devenir échevin, étant tenu en réserve pour le scrutin wallon du 26 mai 2019. Dès lors, il déclare ne pas vouloir tromper l’électeur (août 2018), avant finalement de renoncer totalement à la politique (février 2019) pour se consacrer à d’autres projets.
Avec le besoin de se sentir utile, il développe une société dans le secteur immobilier, plus particulièrement dans la rénovation de bâtiments très abîmés. Par ailleurs, il tient bénévolement une page Facebook, comptant plusieurs dizaines de milliers de followers, où il diffuse des offres d’emploi et donne des conseils à des demandeurs d’emploi. Enfin, après une formation en arboriculture, il se lance dans la culture d’arbres fruitiers (pommes, poires, prunes) par passion avant tout.
Mandats politiques
Conseiller communal de Montigny-le-Tilleul (2001-10/2011)
Échevin (2001-2006)
Député fédéral (2010-11/2012)
Conseiller communal de Charleroi (2012-2018)
Échevin de Charleroi (2012-09/2014)
Député wallon (09/2014-2019)
Échevin empêché (09/2014-2018)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont Le Soir, RTBf et La Dernière Heure 15 juin 2010 ; SudPresse, 6 septembre 2014 ; Le Soir, 7 août 2018 ; La Libre, 11 août 2023
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon









