Vandorpe Mathilde
Mouscron 19/12/1981
Députée wallonne : *2014-2019 ; 2019-2024
En application du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 sur le cumul des députés wallons, Alfred Gadenne se trouve devant un choix cornélien au soir du scrutin régional du 25 mai 2014 ; son taux de pénétration étant insuffisant, le choix s’impose entre son mandat de bourgmestre à Mouscron et la prolongation de son mandat de député wallon. En optant finalement pour le niveau communal, il ouvre les portes du Parlement wallon à Mathilde Vandorpe, première suppléante (3.516 vp), qui est cependant confrontée au même problème de conscience : pour sa troisième participation au scrutin régional, la jeune échevine de Mouscron ne laisse cependant pas passer l’occasion de prêter serment à Namur, annonçant ipso facto qu’elle devient échevine empêchée.
C’est en 2004, lors du scrutin régional du 13 juin, que celle qui termine alors ses études s’est présentée pour la première fois à une élection ; elle avait 22 ans et à l’époque et Jean-Pierre Detremmerie emmenait les troupes d’un PSC qui venait de se transformer en cdH. En sixième position, elle réunissait sur son nom 1.606 voix de préférence ; cinq ans plus tard, la 3e suppléante gagnait des voix (2.250 vp), mais c’est le scrutin de 2014 qui s’avère décisif, le cdH se maintenant au même score de 16,5% qu’en 2009 et conservant deux sièges.
Présente aussi aux scrutins fédéraux de 2007 (9e place, 3.480 vp) et 2010 (7e suppléante, 2.560 vp) à l’échelle de la province du Hainaut, Mathilde Vandorpe a cependant fait ses premières armes au niveau local, en tant que vice-présidente de la section cdH d’arrondissement où elle représente les jeunes. Candidate aux communales d’octobre 2006, elle réalisait un faible résultat (557 vp, soit le 14e score cdH pour la 4e candidate), avant de progresser à 1.126 vp en 2012, soit le 5e résultat cdH (comme 6e candidate). Son entrée dans le Collège, en décembre 2006, lui assure une réelle visibilité en raison de l’importante activité qu’elle déploie sur le terrain en tant qu’échevine de la Jeunesse, de l’Environnement et de l’Égalité des chances. Professeur de français au Collège Sainte-Marie (2004-2014), commissaire de Simogel (2006-2013), administratrice de la Maison des Jeunes, présidente de crèches, présidente de la Société publique d’administration des bâtiments scolaires du Hainaut (2010-), l’échevine conserve la Jeunesse et l’Égalité des Chances après le scrutin communal d’octobre 2012, et y ajoute les Sports et les Jumelages. En mars 2012, elle entre aussi comme experte à temps partiel au Cabinet du ministre wallon Carlo di Antonio (-juin 2014). Celle qui prête serment à Namur en juin 2014 connaît dès lors l’institution wallonne, ses rouages et ses compétences.
Membre du Comité Mémoire et Démocratie, dont elle assure la présidence (novembre 2016-juillet 2017), Mathilde Vandorpe est l’une des vice-présidentes de la Commission Emploi-Formation (2014-2017) et elle fait partie de la Commission spéciale relative au Renouveau démocratique. Créée en mai 2015, cette Commission mène une réflexion sur les mesures de bonne gouvernance à mettre en œuvre au niveau régional ou local, visant notamment à améliorer tant la démocratie représentative que la démocratie participative. à la suite de ses travaux, la Wallonie adopte notamment deux décrets qui en font la première entité du pays à adopter le principe d’une consultation d’initiative citoyenne (2019). Cette consultation peut être organisée si une majorité simple des députés le décide ou si sont réunies au moins 60.000 signatures de citoyens belges et étrangers résidant en Wallonie.
Dans le dossier CETA, la députée wallonne cdH vote en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la mini-crise internationale qui s’en est suivi, elle figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis où l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Administratrice (2014-) et présidente d’un comité de secteur (2014-) de l’Intercommunale de propreté publique de Wallonie picarde (Ipalle), membre du comité subrégional Hainaut de l’ONE (2015-2018), Mathilde Vandorpe se signale par quelques interventions critiques à l’égard de la politique de l’emploi menée en Wallonie. Ses questions (plus de 300 durant la législature) portent cependant davantage sur les dossiers relatifs à la Wallonie picarde (par ex. le projet de « Route de la Laine », des dossiers de mobilité, etc.). Auteure d’une proposition de décret visant l’interdiction d’élevage d’animaux à fourrure en Wallonie, elle adopte une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime (67 sur 69) fait de la Wallonie une région pionnière. Auteure d’une proposition de résolution visant la reconnaissance officielle de la Palestine, et d’une autre pour l’établissement d’une consigne sur les canettes, elle souhaite intensifier la lutte contre le dumping social, améliorer la formation en alternance, promouvoir le tourisme familial, défendre le maintien des services de proximité dans les zones rurales, améliorer les titres-services.
Soutenant l’appel du 19 juin 2017 de son président de parti, Benoit Lutgen, qui invite à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes, Mathilde Vandorpe vote, le 28 juillet, avec 37 autres députés du cdH et du MR, la motion de défiance constructive qui scelle le sort du gouvernement de Paul Magnette et donne naissance au gouvernement de Willy Borsus. C’est une première dans l’histoire politique de la Wallonie. Un autre événement, tragique celui-là, survient en septembre, quand Alfred Gadenne est victime d’un geste assassin qui sème l’émoi dans tout le pays, en Wallonie picarde en particulier. Pressentie pour retrouver le Collège de Mouscron, Mathilde Vandorpe choisit de rester au Parlement de Wallonie. à la rentrée parlementaire 2017, restant membre de la Commission « Renouveau démocratique » et du Comité Mémoire & Démocratie, elle est membre de la Commission Économie-Emploi-Formation et de la Commission Action sociale-Santé-Fonction publique, jusqu’à la fin de la législature ; elle est aussi vice-présidente de la Commission pour l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Avec Véronique Salvi (cdH) et Véronique Durenne (MR), Mathilde Vandorpe fait adopter la création d’une commission technique « Revalidation » commune à la branche « Bien-être et Santé » et à la branche « Handicap » au sein de l’Agence wallonne de la santé, de la protection sociale, du handicap et des familles (30 janvier 2019), tout en adoptant une série de mesures, avec la courte majorité MR-cdH, destinées à montrer un changement de cap dans la politique menée à Namur. Avec une très large majorité de députés, elle adopte le décret spécial wallon du 25 janvier 2018 redéfinissant les circonscriptions électorales wallonnes ; c’est ainsi que la « nouvelle » circonscription électorale de Tournai-Ath-Mouscron s’élargit aux trois communes d’Enghien, Lessines et Silly, tout en continuant d’envoyer sept représentants à Namur.
Avec le retrait politique de J-P. Detremmerie, le décès de Damien Yzerbyt et l’assassinat d’Alfred Gadenne, le cdH de Mouscron est contraint de se réorganiser. Le choix de Brigitte Aubert comme bourgmestre a été un premier jalon. Satisfait par son bilan, le cdH l’a placée comme tête de liste aux communales d’octobre 2018, Mathilde Vandorpe occupant la dernière place. Au soir du scrutin, ce sont plusieurs personnalités cdH qui émergent, la bourgmestre en tête (4.507 vp), Mathilde Vandorpe (1.678 vp) réalisant le 5e score de sa formation et tous partis confondus. Avec 47,5% des voix, le cdH consolide sa majorité absolue, conservant ses 19 sièges, tout en continuant à tendre la main au MR de Philippe Bracaval (5 s.), pour signer le pacte de majorité 2018-2024. Dans la nouvelle équipe, Mathilde Vandorpe n’est pas, ayant reçu mission de défendre les couleurs de son parti au scrutin régional du 26 mai 2019. Tête de liste cdH dans une circonscription agrandie, elle réunit 6.051 vp et conserve un siège (10,77%), base indispensable à la reconstruction d’une formation politique qui disposa de deux sièges entre 2004 et 2019 et qui dépassait les 20% lors du premier scrutin direct au Parlement de Wallonie, le 21 mai 1995.
Se conformant à la décision de son président de parti, Maxime Prévot, de ne participer à aucune majorité, la députée wallonne accepte le travail de redéfinition interne qui conduit à l’émergence du mouvement Les Engagés. Cheffe de groupe cdH dans la majorité au Conseil communal de Mouscron, la députée wallonne siège dans l’opposition à Namur, comme au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles où elle est secrétaire du Bureau présidé par Rudy Demotte (2019-2024) ; elle y participe aussi au Groupe de Travail relatif au cours d’Éducation à la philosophie et à la citoyenneté (2022). Membre de la Commission de vérification des pouvoirs et de la Commission Emploi-Action sociale-Santé et (2019-2024), la députée wallonne fait partie, à Namur, des dix députés du groupe politique cdH dirigé par François Desquesnes, qui organisent leurs travaux et leurs interventions de manière dynamique et collective, pour exister en tant que principale force d’opposition aux côtés des 10 députés du PTB. Actifs dans chaque Commission, ils sont régulièrement six ou sept à signer des propositions de décret dans toutes les matières régionales : démocratie locale, mobilité douce, circuit court, mesures urgentes et pratiques durant la pandémie de la Covid-19, stratégie wallonne en cas de crise sanitaire, santé mentale, logement et code wallon de l’habitation durable, lutte contre le gaspillage, 5G, protection contre le bruit, statut des transporteurs de voyageurs par route, véhicules électriques, meilleure sensibilisation à l’endométriose, création d’un registre des cadeaux, contrôle des comptes du Parlement wallon par la Cour des comptes, lutte contre les sans-abris, etc. Porteuse de plusieurs autres propositions de résolution, Mathilde Vandorpe intervient encore dans des débats importants pour y faire respecter à la fois des critères environnementaux, sociaux et sanitaires, la démocratie, les libertés et les droits humains. Attentive aux problèmes de pénurie de médecins dans les milieux ruraux, elle s’intéresse particulièrement aux dossiers relatifs aux handicaps. En juin 2022, elle dépose, avec Diana Nikolic (MR) et Joëlle Kapompole (PS) un rapport sur la prise en charge des aînés (Bien vieillir en Wallonie, 2022).
Administratrice de l’Intercommunale d’étude et de gestion (IEG, 2019-), présidente des Dauphins mouscronnois, membre d’honneur du Club de Gymnastique Olympique Mouscronnois (CGOM), Mathilde Vandorpe emmène la liste des Engagés lors du scrutin wallon du 9 juin 2024.
Mandats politiques
Conseillère communale à Mouscron (2006-)
Échevine (2006-2012 ; 2012-07/2014)
Députée wallonne (2014-)
Échevine empêchée (07/2014-2018)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La DH, 16 mai 2019, 7 octobre 2019
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2023,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Van der Stichelen Luc
Basècles 16 janvier 1959
Député wallon : *2018-2019
« Engagé, persévérant, loyal » : cette formule, Luc Van der Stichelen la fait sienne sur son tract électoral en vue du scrutin wallon du 9 juin 2024 pour convaincre les électeurs de la circonscription de Tournai-Ath-Mouscron de voter en sa faveur. Dix ans plus tôt, le 24 mai 2014, il s’était déjà présenté à ce même scrutin, en occupant la 3e suppléance sur une liste PS emmenée par Rudy Demotte et Christiane Vienne ; le candidat avait reçu le soutien de 1.771 électeurs, soit l’avant-dernier score des socialistes, mais le 3e en ordre utile des suppléances. En application du décret spécial wallon sur le cumul, le résultat des élections communales d’octobre 2018 a soudain placé Luc Van der Stichelen en ordre utile. En effet, quand Rudy Demotte est devenu ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles en juillet 2014, le premier suppléant, Jean-Pierre Denis, l’a remplacé ; en décembre 2018, J-P. Denis devient député wallon effectif en remplaçant cette fois Bruno Lefebvre devenu bourgmestre d’Ath. Deuxième suppléante en 2014, Laetitia Liénard, échevine sortante de Tournai, préfère présider six ans le CPAS de la cité aux cinq clochers (2018-2024) que de prêter serment pour quelques mois seulement au Parlement de Wallonie. Comme elle passe son tour, c’est à un Luc Van der Stichelen « engagé, persévérant et loyal » qu’il revient de prêter serment et de devenir ainsi député wallon, siégeant dans l’opposition à Namur, dans la majorité à Bruxelles. à soixante ans, il exerce pour la première fois un mandat électif, alors que tout au long de son parcours atypique il n’a cessé de militer dans les rangs du parti socialiste.
De parents ouvriers – une mère bonnetière et un père couvreur puis maçon à la brasserie Danhaive à Basècles – il grandit avec son jumeau, avec lequel il poursuit des humanités à l’Athénée de Péruwelz. Ensuite, en 1978, il s’engage seul dans des études en psychopédagogie, à l’école normale de l’état à Tournai. Il devient instituteur primaire. Au sortir de ses études, il est immédiatement engagé en 1981 à l’école primaire de Grandglise (Belœil). Mais, en octobre 1982, avec le changement de majorité politique à Beloeil, l’affilié de la CGSP n’est plus personna grata aux yeux de la nouvelle coalition libérale-catholique. Pendant six ans, l’ancien instituteur exerce alors comme représentant commercial pour les cafés Chat Noir, tout étant tenancier de la Maison du Peuple de Basècles et couvreur avec son père (1982-1988). Inscrit désormais au PS, il prend conscience des valeurs qu’il souhaite défendre et des combats sociaux menés auparavant dans sa commune de Basècles. Après les élections d’octobre 1988, il retrouve le métier d’instituteur primaire ; il sera ensuite directeur d’école. Pris par ses occupations professionnelles et se considérant tenu par un certain devoir de réserve (incompatibilité entre son activité professionnelle et un mandat politique), ce militant socialiste de longue date ne s’engage que tardivement dans les campagnes électorales de Beloeil, puis de Wallonie picarde.
En octobre 2000, lors des élections communales, face à une opposition dispersée, le PS de Beloeil réalise 49,5% des voix et obtient 13 sièges ; en face, le PRL (28%) prend 7 sièges alors que IC2000 (16%) se contente de 3 élus. Réunissant leurs forces, MR et cdH se présentent unis en octobre 2006 face au seul PS. Avec 52,5% et 12 sièges, le cartel renvoie le PS dans l’opposition, malgré ses 46,5% et ses 11 sièges. à ce scrutin participe pour la première fois Luc Van der Stichelen. Dernier de liste, il a rassemblé 237 voix sur son nom, soit une vingtaine trop peu pour prétendre siéger au Conseil communal, ce qui n’était pas son intention. En octobre 2012, les forces politiques locales se présentent à nouveau en ordre dispersé, ce qui est tout profit pour le PS emmené par Luc Vansaingele car, malgré un recul de 4%, le PS obtient 12 sièges face au MR (7) et à Ensemble 2012 (4), alors que près de 10% se rallient à deux autres listes, accentuant la dispersion des voix. Onzième candidat, Luc Van der Stichelen réalise le 5e score du PS (561 vp). Le scrutin de 2018 ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de 2012. Onzième, 5e score (481 vp), Van der Stichelen est réélu au Conseil communal.
Exerçant toujours comme directeur d’école, il n’accepte de siéger que comme conseiller au CPAS (2012-2018). Quant à la liste PS du bourgmestre sortant, elle perd toutefois, en 2018, près de 8%, 2 sièges et sa majorité absolue, mais en s’alliant à Bel’Elan de Michel Dubois (2 sièges), le PS signe un nouveau pacte de majorité et reste à la tête du Collège communal. C’est au lendemain de ces élections de 2018 que Luc Van Stichelen accepte de siéger au Parlement de Wallonie. Le nouveau député n’a guère l’occasion de participer aux travaux d’une assemblée qui achève la législature, avec un exécutif qui, depuis la mi-mars 2019, n’a plus de majorité. Il est membre de la Commission Environnement-Aménagement du Territoire-Travaux publics (2019).
Président de l’émancipation ouvrière-Basècloise, administrateur-délégué de la Maison du Peuple de Basècles, président de l’ALE Titres-services de Beloeil, président de l’USC de Basècles, Luc Van der Stichelen est très investi dans la vie associative de Wallonie picarde. Au début des années 1980, il a lancé le projet d’un carnaval à Basècles ; d’année en année, cette manifestation a gagné en importance et Luc Van der Stichelen est le président de la société organisatrice ; promoteur des produits locaux, il a imaginé avec le pâtissier local un produit original spécifique, appelé le Carniau, qui est devenu une référence locale.
Le 26 mai 2019, Luc Van der Stichelen occupe la deuxième suppléance au scrutin régional wallon (2.586 vp), mais aucune occasion ne lui est offerte de retrouver les bancs du Parlement de Wallonie au cours de la législature. Le 9 juin 2024, il est cette fois 5e candidat effectif aux élections régionales et, en octobre 2024, il occupe la deuxième place sur la liste communale. Désormais pensionné, Luc Van der Stichelen pourra cette fois exercer un mandat, s’il est élu, la liste PS étant emmenée par Alicia Vandenabeele, tandis que Luc Vansaingele qui n’entend pas s’engager dans un troisième mandat de bourgmestre est troisième.
Mandats politiques
Conseiller au CPAS à Beloeil (2012-2018)
Député wallon (12/2018-2019)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La DH, 16 mai 2019
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2018 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Tzanetatos Nicolas
Charleroi 27/06/1981
Député wallon : *2014-2019 ; 2019-2024
À peine élu au Parlement wallon lors du scrutin du 25 mai 2014 et sa prestation de serment accomplie (14 juin), Cyprien Devilers annonce qu’il ne siègera pas à Namur et qu’il privilégie son mandat d’échevin à Charleroi ; député wallon empêché, il se conforme ainsi aux dispositions du décret spécial wallon sur le cumul des mandats et cède son siège à Namur à son suppléant, Nicolas Tzanetatos, qui prête serment le 17 juin. Premier suppléant (2.241 vp) sur la liste du MR dans la circonscription de Charleroi, cet avocat participe alors à son deuxième scrutin, après celui de 2012, aux communales à Charleroi ; occupant alors la 9e place, il y avait signé le 4e score libéral et décroché l’un des 9 sièges de son parti au Conseil communal.
Cette notoriété, Nicolas Tzanetatos la doit pour partie à son père, André Tzanetatos, tenancier d’une taverne sur la place de Jumet et président de l’Association des Commerçants de la localité. Conseiller communal libéral de Charleroi depuis deux législatures, Andreas Tzanetatos s’était retiré de la politique en 2012, pour se consacrer exclusivement à sa société, la SPRL Le Grand Restaurant. En 2013/14 et 2017, cette société enlèvera le marché du restaurant du CHU Marie Curie et celui du restaurant de l’hôpital Vésale à Montigny-le-Tilleul. Ce serait cependant oublier que, pour l’autre partie, licencié en Droit de l’Université catholique de Louvain (2005), Nicolas s’est rapidement fait un prénom en tant qu’avocat inscrit au Barreau de Charleroi ; il plaide à de nombreuses reprises en correctionnelle et, début 2012, c’est lui qui prononce le discours de rentrée du Jeune Barreau de Charleroi. En septembre 2013, il ouvre son propre Cabinet d’avocats sur la place de Charleroi. Par ailleurs, président de l’asbl Charleroi Nature, cet amateur de musique est aussi l’un des responsables de « TD on stage » destiné à valoriser les groupes musicaux de la région de Charleroi (2012). Enfin, sur le plan politique, dès 2010-2011, Nicolas Tzanetatos s’est occupé de la communication d’Olivier Chastel, alors ministre fédéral. Et c’est en tant que jeune qu’il reçoit une place en vue sur la liste communale emmenée par O. Chastel en 2012, choix qu’il valide par son résultat personnel (839 vp, 25e résultat tous partis confondus). Outre l’animation de son groupe politique, le jeune et nouveau conseiller communal prend en charge la présidence du Plan communal de développement de la nature (en 2016, cette structure publie un atlas des terrils de Charleroi).
Administrateur de l’IEH (2012-2013), Nicolas Tzanetatos représente son parti, à partir de juin 2013, au conseil d’administration de Brutélé, mais surtout il est nommé à la présidence du conseil d’administration de l’Intercommunale de Santé publique du Pays de Charleroi (ISPPC, 2013-2018). Le challenge est d’importance puisque, outre la nécessité de maintenir les équilibres financiers de cette importante intercommunale qui emploie 5.000 personnes, le jeune président se retrouve à la tête d’une quantité importante de chantiers, dans un domaine, le médico-social, entièrement nouveau pour lui : transfert et aménagement du nouvel hôpital civil Marie Curie à Lodelinsart ; réorganisation d’un Espace Santé dans le centre de Charleroi ; nouveau centre de revalidation sur le site de Montigny-le-Tilleul ; modernisation à l’hôpital Vésale, à Montignies ; extension de la crèche à Montigny-le-Tilleul et nouvelle crèche au CHU Marie Curie ; sans oublier les maisons de repos, avec une rénovation de Pierre Paulus à Châtelet, de la maison montagnarde, de L’Heureux Séjour à Courcelles et du Bel Abri à Farciennes ; voire l’accueil du Centre de proton-thérapie wallon. Dans le même temps, et alors que le dossier Publifin attire sur lui toute l’attention médiatique, une importante réorganisation interne est lancée, en 2017, au sein de l’ISPPC suite au dévoilement de plusieurs « gros problèmes de gouvernance » (fraude sociale, doubles jetons de présence, montages financiers, erreur dans le cadastre des intercommunales, etc.) ; il s’agit d’anticiper les principes d’un nouveau décret sur les intercommunales qui est en discussion au Parlement de Wallonie.
C’est donc aussi là qu’il siège depuis l’été 2014. Alors dans l’opposition, le nouveau député wallon est un éphémère membre de la Commission Travaux publics-Action sociale-Santé, dont il est l’un des vice-présidents (2014-2015). Avec le transfert de nouvelles compétences venant du fédéral résultant de la 6e réforme de l’État, la Wallonie met alors en place l’Agence wallonne pour une vie de qualité (AViQ), dont le siège est à Charleroi et la mission concerne la Santé et l’Action sociale (personnes handicapées, allocations familiales, soins à domicile, maisons de repos, financement des hôpitaux, etc.). Mais en septembre 2015, suite au décès de Véronique Cornet, Nicolas Tzanetatos quitte cette Commission et se voit confier la présidence de la Commission Affaires générales-Relations internationales (2015-2019), en remplacement de Gilles Mouyard. Dans le même temps, il remplace J-P. Wahl à la présidence de la délicate sous-Commission de contrôle des licences d’armes, et il est encore membre de la Commission des Poursuites et de celle de la Coopération (2025-2019). Par ses nombreuses questions écrites et orales, le député anime l’opposition libérale au gouvernement de Paul Magnette.
Actif dans le débat relatif à la réforme du CoDT, il est l’auteur d’un rapport sur les aéroports wallons (automne 2015). Avec d’autres libéraux, il est le signataire d’une proposition de décret spécial sur l’interdiction de cumul dans le chef des députés wallons afin qu’il ne s’applique aux membres de Collège communal que dans les localités de plus de 50.000 habitants. Dans une proposition de résolution, il réclame l’extension aux Belges résidant à l’étranger du droit d’élire les députés wallons. En septembre 2016, il représente à Venise le Parlement de Wallonie à la réunion du Groupe de travail « Politique de Cohésion » de la Conférence des Assemblées législatives des Régions d’Europe (CALRE) et, en mai 2017, à la réunion de Pérouse sur les « Meilleures règlementations et évaluations des politiques ». Parmi les textes qu’il a déposés, une proposition vise à garantir un service minimum au TEC durant les conflits sociaux (adoptée le 25 septembre 2017), une autre en faveur de la numérisation des dossiers d’urbanisme, une autre encore en faveur de davantage d’apprentissage du numérique dans la formation continue, voire à rendre obligatoire une formation aux métiers en pénurie pour les demandeurs d’emploi peu qualifiés.
Dans le dossier du traité CETA, Nicolas Tzanetatos s’oppose à la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie marque son refus de déléguer ses pleins pouvoirs au Gouvernement fédéral pour la signature de l’accord CETA entre l’UE et le Canada. Le groupe MR à Namur a été le seul à manifester son opposition à une démarche qui conduit à une crise internationale inédite. Quinze jours plus tard, Nicolas Tzanetatos et son groupe politique joignent leurs voix au PS et au cdH pour adopter le texte du compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
À la suite de l’appel du 19 juin 2017 de Benoit Lutgen qui invite à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes, Nicolas Tzanetatos fait partie des 38 députés wallons MR et cdH qui votent, le 28 juillet, la motion de défiance constructive qui scelle le sort du gouvernement de Paul Magnette et soutient le gouvernement de Willy Borsus. Pressée de montrer le changement de politique opéré à Namur, la nouvelle majorité – dont Nicolas Tzanetatos – adopte une série de mesures significatives : suppression de la « Redevance Télévision », modification de grille des loyers, réduction de la fiscalité immobilière, transfert de compétences vers l’Ostbelgien, abandon du Plan Marshall, réduction de l’intervention publique et incitation à l’initiative privée ou associative, résolution fixant une série de balises pour les futurs traités de libre-échange négociés par l’Union européenne, application de recommandations de la Commission Publifin en matière de transparence et de gouvernance, réforme de la gouvernance des GRD du gaz et de l’électricité, etc.
Durant cette législature, c’est dans une majorité plus large qu’il adopte une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétences nouvellement transférées aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime (67 sur 69) fait de la Wallonie une région pionnière. Il adopte aussi la réforme des circonscriptions électorales wallonnes, dont une « nouvelle » circonscription électorale de Charleroi-Thuin, qui enverra désormais 10 représentants à Namur (-1) (décret spécial du 25 janvier 2018).
Tête de liste dans cette circonscription lors du scrutin du 26 mai 2019, Nicolas Tzanetatos est chargé de faire aussi bien que le dernier résultat de Véronique Cornet : en 2014, elle avait conduit le MR à son meilleur résultat depuis l’élection directe du Parlement wallon, en 1995. Avec plus de 18%, le MR avait conquis trois sièges, en allant chercher les voix de plus de 40.000 électeurs. S’attendant à un combat solide avec le PS de Paul Furlan (23.000 vp) et ses 33,28%, le MR de Charleroi-Thuin se fait surprendre par le PTB de Germain Mugemangango (7.232 vp) et ses 17,85% et se retrouve 3e parti de la circonscription, avec 15,5% (un peu moins de 40.000 électeurs), le moins bon résultat depuis 1995, mais en conservant deux sièges. à titre personnel, Nicolas Tzanetatos (7.177 vp) réalise le 3e score, tous partis confondus. En octobre 2018, lors des élections communales à Charleroi, il occupait la 3e position sur la liste emmenée par Cyprien Devilers et, 4e score libéral (910 vp), il se retrouve conseiller communal dans l’opposition, le PS de Paul Magnette ayant choisi écolo et C+ pour signer le pacte de majorité. Dès lors, il devient le chef du groupe MR au Conseil communal, multipliant les questions à l’adresse du Collège. Administrateur de l’IGRETEC depuis 2018, il redevient administrateur de l’ISPPC en 2021.
Membre de la Commission de contrôle des dépenses électorales et des communications (2019-2024), le député wallon réélu retrouve jusqu’en juin 2022 la Commission Affaires générales-Relations internationales en tant que membre, et la présidence de la sous-Commission de contrôle des licences d’armes. Il siège encore au sein de la Commission des Poursuites, de la Commission Environnement-Nature-Bien-être animal et au Comité mixte Assemblée nationale du Québec-Parlement de Wallonie (2019-2024). En juin 2022, Nicolas Tzanetatos remplace J-P. Wahl à la Commission Budget-Infrastructures sportives. En septembre 2022, il est désigné à la présidence de la Commission pour l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, où il remplace Diana Nikolic. Après les affaires dites du greffier, il devient aussi membre de la Commission de la Comptabilité créée à l’automne 2022 pour renforcer le contrôle des budgets et comptes du Parlement de Wallonie (12/2022-2024).
à son initiative notamment, sont adoptées une résolution visant à l’harmonisation du tri sélectif, de ses pictogrammes et des formes et couleurs des poubelles et conteneurs, une autre visant à inclure l’écocide dans le droit pénal belge, une autre encore en faveur de la protection du droit des femmes en Iran. Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il préside la Commission de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, de la Recherche, des Hôpitaux universitaires, des Sports, de la Jeunesse, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice et de la Promotion de Bruxelles (2019-2024).
à l’approche du triple scrutin du 9 juin 2024, les places sur les listes du MR sont chèrement négociées dans le Hainaut en général, la circonscription de Charleroi-Thuin en particulier. Alors que le ministre Dolimont est désigné tête de liste au scrutin wallon, suivi par Caroline Taquin, Nicolas Tzanetatos obtient la première suppléance.
Mandats politiques
Conseiller communal à Charleroi (2012-)
Député wallon (2014-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La Dernière Heure, 27 janvier 2011 ; Nouvelle Gazette, 23 août 2013 ; Le Soir, 30 août 2016 ; Le Soir, 3 septembre 2016 ; Le Soir, 29 mars 2017 ; La DH, 13 janvier 2018 ;
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2023,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Stommen Isabelle
Verviers 29/12/1970
Députée wallonne : *2016-2018*
Quand Benoît Lutgen, président du cdH, choisit, en avril 2016, Marie-Martine Schyns pour remplacer à l’Enseignement la ministre Joëlle Milquet démissionnaire, se pose la question du remplacement de la députée wallonne élue en 2014 dans la circonscription électorale de Verviers. Depuis l’adoption du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul des mandats, Jean-Paul Bastin, premier suppléant, se dit réticent à renoncer à son mayorat malmédien pour siéger à Namur, en dépit de ses 5.219 voix de préférence. Deuxième suppléante cdH verviétoise, ayant réalisé le 2e score (2.348 vp), Isabelle Stommen accepte, quant à elle, sans hésiter et prête serment à Namur. Héritant des attributions de M-M. Schyns, la nouvelle députée wallonne devient d’emblée vice-présidente de la Commission Affaires générales-Relations internationales jusqu’à l’été 2017, et membre de la Commission pour l’égalité des chances hommes-femmes.
Si elle n’a jamais exercé d’autre mandat qu’au niveau communal, la nouvelle élue du cdH verviétois ne manque cependant pas d’expérience politique. À peine licenciée en Philologie romane de l’Université de Liège (1996), Isabelle Stommen a été recrutée par Pierre Wintgens, député wallon, chef de groupe PSC avant de devenir l’un des vice-présidents du Parlement wallon ; il est notamment l’un des auteurs de la proposition de décret visant à faire reconnaître les emblèmes de la Wallonie. Passionnée par la politique et l’éducation permanente (elle est administratrice de l’ARC-Verviers), Isabelle Stommen se familiarise alors avec toute une série de dossiers et quand Pierre Wintgens annonce son retrait de la vie politique (1999), l’attachée parlementaire devient l’assistante de René Thissen. À nouveau, il s’agit du secrétariat d’un député wallon particulièrement actif. De 2001 à 2003, elle rejoint André Smets, député fédéral et bourgmestre de Herve, puis c’est dans l’ombre des parlementaires Melchior Wathelet (2003-2008) et Marie-Martine Schyns (2008-2011) qu’elle affine sa maîtrise des rouages de la décision politique. À l’instar de M-M. Schyns, Isabelle Stommen a gardé une activité professionnelle, étant professeur de français au Collège Saint-Joseph de Welkenraedt de 2010 jusqu’en octobre 2015, tout en étant mère de famille.
À Welkenraedt, où elle est domiciliée, Isabelle Stommen préside la section locale du « nouveau PSC » (2001-2003). Le 13 juin 2004, elle est 5e suppléante aux élections régionales (2.492 vp) dans la circonscription de Verviers et 600 voix la séparent de Claudy Klenkenberg : or, depuis 1983, les catholiques de Welkenraedt aspirent à détrôner les socialistes d’André Grosjean qui s’est retiré de la politique en 2003, en cédant le relais à Claudy Klenkenberg. En 2000, le PS local n’a obtenu qu’in extremis la majorité absolue (10 sièges sur 19) et a décidé de gouverner seul. Cette fois, en octobre 2006, quatre listes se livrent bataille : PS, MR, Écolo et cdH, sachant que le Conseil comptera deux conseillers en plus. Dès lors, la nièce de Marcel Stommen se porte candidate avec de réelles ambitions. Deuxième de liste, derrière Georges Rensonnet, elle réalise le 3e score cdH (449 vp) ; mais c’est le PS qui vire en tête (10 s.) et s’allie au MR (5), condamnant les autres à l’opposition (cdH 3, Écolo 1). Dans le même temps, elle s’est présentée au scrutin provincial et a décroché un siège de conseillère. Mais forcée de constater l’inutilité de ce niveau de pouvoir, elle a décidé d’en démissionner en octobre 2009 ; remplaçant José Detry, elle reprend alors le rôle de cheffe de groupe au Conseil communal de Welkenraedt.
En octobre 2012, elle emmène la liste cdH que pousse Georges Rensonnet, mais la bataille que se livrent Claude Klenkenberg et Jean-Luc Nix a raison des espoirs humanistes. Pourtant, la déconfiture du PS (8 s.) ne le rend plus incontournable ; dès lors, Jean-Luc Nix (1.301) qui a battu le bourgmestre sortant (963) aux voix de préférence tourne le dos à son allié d’hier. Le MR (8) s’allie au groupe cdH réduit à 4 conseillers. En application du pacte de majorité, Isabelle Stommen devient la présidente du CPAS de Welkenraedt, en charge aussi des Affaires sociales, de la Santé et du Troisième Âge dans le Collège : après trente ans d’opposition, le PSC-cdH fait à nouveau partie du Collège à Welkenraedt.
Totalement investie dans les dossiers municipaux, la deuxième suppléante cdH du scrutin régional de 2014 n’avait pas comme ambition de siéger à Namur. Néanmoins, quand l’occasion se présente en avril 2016, ayant déjà atteint une partie de ses objectifs communaux, Isabelle Stommen accepte de renoncer à la présidence du CPAS (Alain Schmuck lui succède), en application du décret spécial wallon du 9 décembre 2010, pour exercer le mandat de députée wallonne. Très vite, son expérience d’attachée parlementaire lui permet de prendre part activement aux travaux et de poser des questions aux ministres, notamment sur les dossiers « verviétois » (Francorchamps, etc.). Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’ancienne professeure de français s’intéresse en particulier au projet de Pacte d’Excellence.
Dans le dossier CETA, la députée wallonne vote en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, elle figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
À la suite de l’appel du 19 juin 2017 de Benoit Lutgen qui invite à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes, celle qui fait partie du bureau politique du cdH est l’une des quatre signataires cdH qui, avec quatre députés MR, déposent la motion de défiance constructive qui est adoptée le 28 juillet. Le sort du gouvernement wallon de Paul Magnette est scellé. Isabelle Stommen se retrouve alors dans une courte majorité MR-cdH (38 sur 75) et elle est appelée à soutenir une série de mesures visant à montrer qu’une dynamique nouvelle est mise en œuvre à Namur : suppression de la « Redevance Télévision », modification de grille des loyers, réduction de la fiscalité immobilière, transfert de compétences vers l’Ostbelgien, abandon du Plan Marshall, réduction de l’intervention publique et incitation à l’initiative privée ou associative, résolution fixant une série de balises pour les futurs traités de libre-échange négociés par l’Union européenne, application de recommandations de la Commission Publifin en matière de transparence et de gouvernance, réforme de la gouvernance des GRD du gaz et de l’électricité, etc. Avec une plus large majorité de députés, elle adopte aussi le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017), ainsi que le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime (67 sur 69) faisant de la Wallonie une région pionnière.
Néanmoins, la députée wallonne ne se sent pas à sa place dans les travées parlementaires. Elle se dit trop souvent en contradiction avec son groupe politique et a l’impression de n’être guère utile. Cette impression était née dans le débat sur la représentation garantie des deux genres dans les collèges communaux et provinciaux ; le 12 juillet 2017, alors que MR et cdH négocient le futur accord de majorité, la députée cdH rallie une proposition déposée par écolo et le PS, contre l’avis de son chef de groupe, affichant ainsi la faiblesse de la future majorité MR-cdH. Nouvelle venue au Parlement de Wallonie, Isabelle Stommen n’entend pas abandonner ses idées par discipline de parti, même si, en juillet 2018, elle devra s’y plier sur le vote du Traité avec Panama, marqueur d’un changement de pied important du cdH dans les dossiers CETA et TTIP.
Les élections communales d’octobre 2018 la ramènent toutefois sur le terrain communal. Alors que l’ancienne liste PS-IC s’effondre (22%, - 13,5% et perte de 3 sièges), la Liste du bourgmestre convainc plus de 35% des électeurs, mais dépend toujours d’un partenaire pour que ses 9 sièges fassent majorité. Sous l’appellation « PLUS », la liste emmenée par Isabelle Stommen perd des plumes (17,3%, - 3%) et surtout un siège, alors qu’écolo (1) et une liste Objectif citoyens prennent chacun 2 sièges. Poursuivant la ligne suivie durant la législature précédente, MR et PLUS (cdH) signent le nouveau pacte de majorité, le Collège étant présidé par J-L. Nix et Isabelle Stommen retrouvant la présidence du CPAS de Welkenraedt. Cette fois, sans hésitation, elle conserve son mandat communal et c’est Valentine Bourgeois, 4e suppléante, qui la remplace à Namur (le 3e suppléant, Benoit Pitance s’étant désisté).
Lors du triple scrutin du 26 mai 2019, Isabelle Stommen ne se présente plus devant les électeurs. Quand elle met un terme à son activité parlementaire, elle renonce aussi à son indemnité de sortie. Administratrice du Centre régional de la Petite Enfance (mai 2019), elle en devient la présidente l’année suivante. En 2024, elle se retire de la politique, n’étant plus candidate à aucun scrutin, et cherche une nouvelle activité professionnelle dans le privé.
Mandats politiques
Conseillère communale à Welkenraedt (2006-2012)
Conseillère provinciale de Liège (2006-10/2009)
Présidente du CPAS à Welkenraedt (2012-04/2016)
Députée wallonne (04/2016-12/2018)
Présidente de CPAS empêchée (04/2016-2018)
Présidente du CPAS à Welkenraedt (01/2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La Libre, 25 avril 2016 ; SudInfo, 23 décembre 2023 ; Le Soir, 5 juillet 2018, 15 mars 2019
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2016 à 2018,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Schyns Marie-Martine
Verviers 19/05/1977
Députée wallonne : 2014-2016* ; 2019-2024
Depuis la fusion des communes, en 1976, la ville de Herve n’a connu que deux bourgmestres, les catholiques Georges Gramme (1976-1985) et André Smets (depuis 1985), quand arrive le scrutin communal d’octobre 2000. Largement majoritaire depuis des générations, le PSC connaît alors un recul de près de 23% ; en perdant 7 sièges, la liste d’André Smets ne dispose plus de la majorité absolue (41%, 11 sièges) et se trouve dans l’obligation de trouver un partenaire, en l’occurrence le PS de Marc Goblet (20%, 4 sièges). Le principal vainqueur est la liste HDM (+10% et + 3 sièges) emmenée par Pierre-Yves Jeholet, voire les Écolos qui atteignent les 11%. C’est dans ce contexte qu’une jeune candidate accomplit ses premiers pas en politique.
Licenciée en Philologie romane de l’Université de Liège (1999), fille d’un gérant d’agence bancaire, porteuse d’un diplôme d’Études spécialisées en Administration publique (Université de Liège, 2002), très présente dans les associations locales, dont la Jeunesse de Charneux ou l’organisation d’un festival de musique, Marie-Martine Schyns occupe la 4e place sur la liste du maïeur, en 2000. Avec 818 vp, elle fait mieux, voire aussi bien que tous les échevins sortants. D’emblée, l’élue de 23 ans entre au Collège communal, où elle est la seule femme, en tant qu’échevine en charge de la Culture, du Tourisme, de la Jeunesse, de l’Information et de la Communication. Professeur de français à l’Institut Saint-Michel à Verviers (2000-2008, 09/2010-12/2011), elle reste dans l’ombre de Melchior Wathelet Jr, son ancien condisciple de rhéto au Collège Saint-François Xavier (Verviers), tout en s’imposant comme une redoutable faiseuse de voix, tant dans la circonscription de Verviers aux élections régionales (5.807 vp en 6e place en 2009), qu’en province de Liège aux élections fédérales (9.160 vp en 7e place en 2003, 6.814 vp comme 2e suppléante en 2007, et 7.489 vp en 2010 comme 2e suppléante). Elle est alors administratrice d’Aqualis (2002-2013) et de la Fondation rurale de Wallonie (2005-2010).
à Herve, l’échevine multiplie les activités et les initiatives : nouveau statut de la Maison du Tourisme, implantée dans l’ancienne gare rénovée ; valorisation des mille saveurs du plateau de Herve ; défense des valeurs démocratiques via lecture publique ou promenades ; création d’un site web communal ; création de mérites culturels herviens ; Maison des Jeunes, etc. Au soir du scrutin communal d’octobre 2006, la formation politique qui s’affirme reste cependant la liste HDM (Herve Deux Mille, devenue Herve Demain) : avec 11 sièges et une progression de près de 11%, les troupes de P-Y. Jeholet deviennent le premier parti de la ville de Herve (38,1%). Pour la première fois depuis très longtemps, le PSC devenu cdH n’est plus la première force politique locale (37,7%). En recul, le cdH (10, -1) et le PS sans Marc Goblet (3, -2) disposent pourtant d’une majorité suffisante pour maintenir P-Y. Jeholet dans l’opposition avec l’élu Écolo. Occupant la 2e place derrière André Smets, Marie-Martine Schyns signe le 2e score de sa liste (1.412 vp) et le 3e tous partis confondus ; elle est reconduite dans les mêmes fonctions scabinales (2006-2012), tout en poursuivant ses activités de professeur de français.
Au niveau fédéral, la majorité orange-bleue que d’aucuns souhaitaient au soir du scrutin du 10 juin 2007 a généré une longue crise politique ; après la mise en place de Verhofstadt III (décembre 2007), arrive enfin le gouvernement Leterme Ier (avril 2008), avec notamment la désignation de Melchior Wathelet comme secrétaire d’État. Comme le premier suppléant cdH a déjà été appelé (Joseph Georges pour M-D. Simonet), M-M. Schyns hérite du siège du Verviétois à la Chambre. L’occasion lui est ainsi donnée de s’impliquer dans les dossiers relatifs à l’impact de l’environnement sur la santé (la protection des consommateurs, les normes des produits, etc.), ainsi qu’au développement durable, au climat et à l’énergie, d’une part, dans les dossiers de la réforme des services de secours et des zones de police, d’autre part. Mais la législature est tendue et, après les expériences Van Rompuy et Leterme II, le dossier BHV a raison de l’existence du gouvernement fédéral. Au soir du scrutin anticipé du 13 juin 2010, moment où s’achève son premier mandat parlementaire, s’ouvre une crise politique belge dont on ne sait pas encore qu’elle va durer 541 jours.
À Herve aussi, la politique réserve ses surprises, car la démission de l’échevine M-M. Schyns, au début juillet 2010, en est assurément une. Après que le bourgmestre a fait savoir (janvier) son intention de renoncer à sa fonction en cours de législature, sa dauphine pressentie fait valoir tant des raisons familiales que l’accord local de majorité conclu entre cdH et PS qui prévoit que le PS reçoive un mandat d’échevin avant 2012. En se recentrant sur son métier de professeur et sur son statut de jeune mère de famille, elle ne conserve que son seul mandat de conseillère communale et la présidence de la Maison du Tourisme de Herve (2003-2013). Mais sa démission du Collège ouvre une crise locale, car le nouvel échevin PS pressenti refuse de prêter serment. Finalement, elle est remplacée par S-P. Baiwir (cdH) en septembre 2010, tandis que le bourgmestre André Smets remet son échappe à José Spits (3e score cdH) le 31 décembre 2010. La saga communale connaît encore quelques rebondissements avant le scrutin d’octobre 2012, notamment quand José Spits renonce à emmener la liste et quand Marie-Martine Schyns est plébiscitée par les instances locales de son parti pour devenir le porte-drapeau du cdH. Ainsi est-elle élue à la vice-présidence cdH de l’arrondissement de Verviers (avril 2011). La suppléante de Melchior Wathelet Jr aux élections fédérales de 2010 n’a donc pas quitté la politique bien longtemps ; au contraire, elle a retrouvé la Chambre fédérale en décembre 2011, au moment de la formation du gouvernement Di Rupo, au sein duquel Melchior Wathelet devient Secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Énergie et à la Mobilité. Mais la présence de M-M. Schyns à la tête de la liste cdH à Herve n’est pas suffisante pour endiguer la vague bleue d’octobre 2012, incarnée par P-Y. Jeholet. Avec 1.424 vp, M-M. Schyns s’incline devant les 4.162 électeurs qui ont retenu le nom de Jeholet. Avec 52,4% des voix et 15 sièges (+14,3%), « Herve Demain » décroche la majorité absolue, envoyant le cdH (25,3%, -12,4%) pour la première fois dans l’opposition (7, -3), avec le PS (2) et Écolo (1).
En tant que membre de la majorité au fédéral, tout indique que la députée liégeoise va être appelée à voter l’ensemble des dispositions de la 6e réforme de l’État durement négociée avant la formation de l’exécutif Di Rupo. En juillet 2013, pourtant, alors que le travail en commission n’est pas encore achevé, Marie-Martine Schyns quitte la Chambre fédérale pour affronter un nouveau défi : remplacer Marie-Dominique Simonet (démission pour raisons de santé) au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en charge de l’Enseignement obligatoire et de la Promotion sociale. À moins d’un an des échéances électorales, il ne s’agit pas de lancer de nouvelles politiques, mais de poursuivre les engagements pour l’école déjà initiés, du décret « Inscriptions » à la réforme des titres, en passant par l’amélioration de la transition primaire-secondaire. De facto, le cdH renforce ainsi la visibilité de M-M. Schyns dans sa circonscription, notamment par rapport à P-Y. Jeholet.
L’échéance électorale du 25 mai 2014 sert de baromètre. En l’absence de Melchior Wathelet candidat au fédéral, c’est à la ministre sortante qu’est confiée la mission d’emmener le cdH au scrutin régional wallon dans la circonscription de Verviers, face notamment au bourgmestre de Herve (18.403 vp), tête de liste MR (30,5%, 2 s.) et au PS (24,2%) d’Edmund Stoffels (12.127 vp) et de Véronique Bonni (4.558 vp), tandis qu’Écolo s’effondre (10,6%, Matthieu Daele étant néanmoins élu, avec 3.691 vp). Pour sa première campagne en tant que tête de liste, M-M. Schyns (10.690 vp) maintient le cdH à 18,7% (-3%), sans récupérer le 2e siège déjà perdu en 2009.
Au soir de la signature des accords de majorité PS-cdH en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles, la nouvelle députée wallonne est membre de la Commission Économie-Innovation et de la Commission de coopération avec la Communauté germanophone (2014-2016). Déjà active sur les dossiers de la formation en alternance, elle est l’auteure, avec J-L. Crucke et V. Sampaoli, d’un rapport sur la révolution digitale et l’intérêt du développement numérique pour l’économie wallonne (2016). En matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État, elle est l’auteure d’une proposition de décret visant l’interdiction d’élevage d’animaux à fourrure en Wallonie. Par ailleurs, elle est cheffe du groupe cdH au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et alors que le retrait politique définitif de Melchior Wathelet Jr fait de M-M. Schyns la seule candidate connue du cdH verviétois, voire liégeois, elle se voit confier la mission de réfléchir et de redéfinir l’aspect enseignement du programme du cdH (fin 2015), devenant ainsi la « Madame Éducation » du parti.
Dès lors, quand Joëlle Milquet se résout à démissionner de son important ministère au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (affaire dite « des collaborateurs fantômes »), c’est vers M-M. Schyns que le président du cdH se tourne, lui confiant l’Éducation, en même temps qu’il fait confiance à Alda Greoli (pour la Culture et la Petite Enfance) (18 avril 2016). Les dossiers ne manquent pas, au premier rang desquels figurent le Pacte d’Excellence qui va mobiliser toute l’attention jusqu’à la fin de la législature, ainsi que le dossier des cours de religion/morale et citoyenneté. En devenant ministre de la Fédération, la députée wallonne laisse son siège à Namur à Isabelle Stommen, tandis que Véronique Salvi devient cheffe du groupe cdH à Bruxelles. Malgré l’appel du 19 juin de Benoit Lutgen invitant à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes, aucun changement ne survient en Fédération Wallonie-Bruxelles et l’ensemble des décrets et des projets que porte la ministre Schyns depuis le printemps 2016 conserve la même programmation. Plusieurs fois interrogée sur la question de la régionalisation de l’enseignement et de la suppression des provinces, elle repousse ces propositions dont elle dit ne pas voir les avantages concrets.
Pour le scrutin communal d’octobre 2018, le cdH hervien se présente sous le nom EPH (Ensemble pour Herve), où s’associent neuf cdH, deux écolos et des citoyens novices en politique. Ni tête de liste, ni en dernière position, M-M. Schyns a beau être au centre de la jeune liste EPH, c’est elle qui réalise le meilleur score (1.445 vp) d’une alliance qui conserve 8 sièges (31,3%), soit autant que cdH et écolo en 2012. Emmené par Marc Drouguet (2.879 vp) et poussée par P-Y. Jeholet (2.370 vp), le MR conserve sa majorité absolue (52,4%, 11 s.), malgré la perte d’un siège qui glisse au PS (16%, 3 s.). C’est l’opposition qui attend à nouveau la conseillère communale.
Ministre sortante, elle retrouve encore le ministre wallon P-Y. Jeholet face à elle au scrutin wallon du 26 mai 2019. Tête de liste cdH, M-M. Schyns (7.453 vp) maintient le cdH au-dessus de la barre des 15% au soir d’une élection régionale qui a vu le MR et le PS encaisser eux aussi des reculs, alors qu’écolo progresse, comme le PTB qui enlève un siège au PS. Néanmoins, pour le cdH, il s’agit du score le plus faible depuis les premières élections directes au Parlement de Wallonie en 1995 : le PSC comptait alors 2 sièges, près de 29% et plus de 40.000 électeurs. La tendance baissière est générale pour le cdH en Wallonie et à Bruxelles ; en conséquence, son nouveau président, Maxime Prévot, impose une cure d’opposition à son parti, au fédéral, comme dans les entités fédérées.
Se conformant à cette décision, les 10 députés wallons du groupe cdH dirigé par François Desquesnes organisent leurs travaux et leurs interventions de manière dynamique et collective, pour exister en tant que principale force d’opposition aux côtés des 10 députés du PTB. Actifs dans chaque Commission, ils sont régulièrement six ou sept à signer des propositions de décret dans toutes les matières régionales : démocratie locale et transparence de l’autorité publique, mobilité douce, circuit court, mesures urgentes et pratiques durant la pandémie de la Covid-19, mesures d’aide aux sinistrés des inondations, santé mentale, révision de la constructibilité en zones inondables, protection contre le bruit, 5G, véhicules électriques, valorisation de la formation en alternance, meilleure sensibilisation à l’endométriose, assurance-autonomie, soutien au coworking, création d’un registre des cadeaux, lutte contre le sans-abrisme, etc.
Co-auteure d’une proposition de résolution visant à baliser les grandes orientations de la Wallonie pour le Plan stratégique wallon de la Politique agricole commune 2023-2027 (2021), M-M. Schyns dépose aussi une proposition de décret visant à institutionnaliser l’assemblée citoyenne et le conseil citoyen, et un autre texte pour mettre en place une consultation populaire (septembre 2020). Porteuse de plusieurs propositions de résolution en matières internationales (Mercosur, etc.), elle veille à ce que soient respectés à la fois des critères environnementaux, sociaux et sanitaires, ainsi que la démocratie, les libertés et les droits humains. Elle réclame des mesures pour poursuivre les crimes de génocide et les atteintes au patrimoine mémoriel.
Vice-présidente de la Commission économie-Aménagement du Territoire-Agriculture (2019-2024), membre de la Commission pour la Vérification des pouvoirs (2019-2024), la députée de la circonscription de Verviers est membre de la Commission spéciale d’enquête sur les inondations de juillet 2021, qui ont particulièrement ravagé la vallée de la Vesdre. Dans l’histoire de l’assemblée wallonne, c’est la troisième fois qu’est créée une telle Commission. Représentante du cdH, Marie-Martine Schyns est non seulement membre de cette Commission, mais aussi l’une des deux rapporteurs (avec l’écolo Olivier Biérin) des travaux qui se déroulent du 2 septembre 2021 au 24 mars 2022. Elle prend une part active à ses 26 réunions et 62 auditions. Le 31 mars 2022, les 161 recommandations formulées et réunies dans le rapport final sont adoptées par tous les députés wallons, à l’exception de ceux du PTB. Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle est membre de la Commission de l’Éducation (2019-2024).
Partie prenante du processus de rénovation et de refonte de l’ancien PSC-cdH, Marie-Martine Schyns soutient l’émergence du mouvement Les Engagés (congrès de mars et mai 2022), fait partie de son assemblée politique et est vice-présidente de l’équipe communale de Herve. Lors du scrutin wallon du 9 juin 2024, la tête de liste des Engagés est confiée à Jean-Paul Bastin, M-M. Schyns ayant la responsabilité de pousser cette liste à la reconquête d’un second siège dans la circonscription de Verviers.
Mandats politiques
Conseillère communale à Herve (2001-)
Echevine (2001-06/2010)
Députée fédérale (03/2008-06/2010 ; 12/2011-07/2013)
Ministre Fédération Wallonie-Bruxelles (07/2013-2014)
Députée wallonne (2014-04/2016)
Ministre Fédération Wallonie-Bruxelles (04/2016-2019)
Députée wallonne (2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont L’Écho, 3 septembre 2016 ; La DH, 28 décembre 2023
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2023,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Sampaoli Vincent
Huy 22/10/1968
Député wallon : *2014-2017*
Depuis la fusion des communes, en 1976, Andenne n’a connu qu’un seul bourgmestre : Claude Eerdekens. Déjà bourgmestre de Seilles entre 1972 et 1976, le leader socialiste de la ville namuroise s’appuie sur une solide majorité absolue, même si certains nuages sont venus obscurcir le ciel au tournant des années 1980. En 2006, le PS ouvre sa porte au MR, associé à la majorité, avant de lui permettre d’entrer au Collège en 2012. Dans l’ombre du maïeur de la Cité de l’Ours, après Léon Malissoux et Francis Verborg, un autre candidat socialiste émerge lors du scrutin communal d’octobre 1994 ; pour son premier rendez-vous électoral, Vincent Sampaoli rassemble 1.247 vp ; dès le scrutin d’octobre 2000, il devient le deuxième meilleur faiseur de voix sur la place d’Andenne, tous partis confondus (3.538 vp en 2000, 3.377 vp en 2006, 3.066 vp en 2012, 2.622 vp en 2018).
Endossant dès juillet 1997 la responsabilité d’un échevinat en remplaçant Michel Dechamps en cours de législature, Vincent Sampaoli est alors en charge de l’Environnement et des Sports (1997-2000), ce qui sied bien à un régent en Éducation physique, par ailleurs bien connu des joueurs de football de sa région, puisqu’il y a défendu les filets de quelques équipes (de Seilles à Haltinne, en passant par Groynne ou Sclayn), avant de rêver et de réaliser un centre de formation communal, fédérant cinq clubs de l’entité d’Andenne (projet Oursons Foot, 2005 ; puis l’Alfa en 2011) ; ce projet footballistique sera imité par le basket en 2013.
Incontournable dans les Collèges présidés par Claudy Eerdekens, Vincent Sampaoli est ensuite tour à tour second échevin en charge des Travaux, du Plan triennal, de l’égouttage, des Sports et du Patrimoine communal (2001-2004), ainsi que de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (2004-2006), ensuite Premier échevin, en charge des Sports, des Travaux, de l’Environnement et des Manifestations (2007-2014), après un bref intermède comme bourgmestre faisant fonction. L’ouverture de l’« Andenne Arena » (2011, 2012) est sans aucun doute le projet le plus spectaculaire mené par les autorités de la ville mosane. L’infrastructure est la principale installation indoor entre Liège (Country hall) et Charleroi (Spiroudôme).
Parallèlement, le mandataire communal est aussi administrateur de la Société intercommunale d’aménagement et d’équipement économique de la Région namuroise (SIAEE, jusqu’en 2005), du Port autonome de Namur (2001-2013), de la SWDE (2001-2006), administrateur et membre du comité de direction du BEP Environnement (2004-2006), puis du BEP Expansion économique (2007-2013) et de l’AIEG (2007-2013), ainsi que membre du conseil de police de la zone des Arches (2010-2018).
Quand Claude Eerdekens devient ministre des Sports de la Communauté française, Vincent Sampaoli qui est fonctionnaire au service InfraSports du Ministère de la Région wallonne l’accompagne à temps partiel comme membre de son Cabinet (2004-2006). Après le scrutin communal d’octobre 2006, en raison de l’incompatibilité de mandat ministre/bourgmestre, Vincent Sampaoli fait fonction de bourgmestre jusqu’au moment du retour de Claude Eerdekens, durant l’été 2007.
Troisième suppléant sur la liste du PS dans la circonscription de Namur le 13 juin 2004, Vincent Sampaoli (6.661 vp) a l’occasion de constater qu’il bénéficie aussi d’une forte popularité au-delà d’Andenne ; il patiente cependant jusqu’au scrutin fédéral anticipé du 23 juin 2010 pour se présenter à nouveau, comme premier suppléant cette fois, dans la circonscription provinciale de Namur (9.772 vp). Mais la longue crise qui précède la formation du gouvernement Di Rupo ne lui ouvre pas les portes de la Chambre : en effet, Secrétaire d’État aux Affaires sociales, J-M. Delizée occupe en même temps son siège de député parce que le gouvernement Leterme II est en affaires courantes. Et, en décembre 2011, aucune fonction ministérielle fédérale n’est réservée aux socialistes namurois. La surprise vient cependant en avril 2013 quand Valérie Déom abandonne son mandat parlementaire pour occuper l’une des directions de Solidaris à Namur. En prêtant serment à Bruxelles au printemps 2013, Vincent Sampaoli se retrouve parmi les députés fédéraux qui adoptent, parmi beaucoup d’autres textes législatifs dont la réforme des services de secours, l’ensemble des dispositions de la 6e réforme de l’État qui comprend notamment la scission de BHV, la réforme profonde du Sénat, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions et le transfert d’importantes compétences vers les entités fédérées.
Lors du triple scrutin du 25 mai 2014, Vincent Sampaoli revient vers la Région, comme premier suppléant, avec un sérieux espoir de siéger à Namur, puisque la liste des effectifs est emmenée par Jean-Charles Luperto et éliane Tillieux. Avec le 4e score de tous les socialistes namurois (6.127 vp), il entre au Parlement wallon en juillet, quand éliane Tillieux est confirmée comme ministre dans le gouvernement wallon présidé par Paul Magnette, à majorité PS-cdH.
En application du décret wallon sur le cumul, l’Andennais se dit échevin empêché (remplacé par… Michel Dechamps) ; il exerce la présidence du Conseil communal (2014-2017), en même temps qu’il participe aux travaux du Parlement wallon, où il est membre de la Commission Agriculture-Tourisme et l’un des vice-présidents de la Commission Économie-Innovation. Outre la refonte du récent CoDT et la manifestation de son opposition au dumping social, le député wallon multiplie les questions orales et écrites sur des sujets intéressant le plus souvent le Namurois. Le maintien d’une liaison Thalys sur la dorsale wallonne (2014) fait aussi l’objet de ses préoccupations. Avec J-L. Crucke et M-M. Schyns, il est l’auteur d’un rapport sur la révolution digitale et l’intérêt du développement numérique pour l’économie wallonne. Dès novembre 2014, il est aussi membre de la Commission d’avis chargée de Questions européennes, créée pour la toute première fois au sein du Parlement wallon. Il s’agit de se saisir des éventuels futurs traités en amont et de manière proactive, plutôt que de les subir en aval dans un simple rôle de ratification. L’analyse des enjeux des traités de libre-échange négociés par la Commission européenne (TTIP, CETA, ACS) est au cœur des travaux de cette Commission qui se réunit plus d’une trentaine de fois et auditionne une vingtaine d’experts de très haut niveau (2014-2016). Le 14 octobre 2016, quand le Parlement de Wallonie s’oppose à la délégation de ses pleins pouvoirs au Gouvernement fédéral pour la signature de l’accord CETA entre l’UE et le Canada, Sampaoli est absent. Il sera là cependant, le 28 octobre, pour voter en faveur d’un CETA muni de garanties répondant aux souhaits d’une majorité de Wallons (58 oui, 5 non).
Membre de la Commission Environnement-Aménagement du Territoire-Transports (2014-juillet 2017), le député wallon est appelé à y aborder les questions du bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions suite à la 6e réforme de l’état. Il contribue par conséquent à la mise en place du Conseil du Bien-être animal (CWBEA, 22 janvier 2015), puis à l’examen des différents textes sur la question de l’abattage rituel (notamment propositions Defraigne et Arens), aux consultations écrites, ainsi qu’aux auditions (dont le représentant de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) et celui du Consistoire central israélite de Belgique (CCIB), à leur demande insistante). Les échanges sont vifs, mais les députés wallons sont décidés. Offrant une alternative aux cultes concernés, ainsi qu’une période transitoire, une nouvelle proposition de décret est accueillie unanimement en Commission, avant d’être plébiscitée par l’assemblée plénière (66 sur 69 des députés présents, 17 mai 2017).
Après trois années de majorité PS-cdH, le parti de Benoit Lutgen dénonce l’implication des socialistes dans trop d’affaires de mal-gouvernance et provoque un changement de majorité en pleine législature. Avec le remplacement du gouvernement Magnette par le gouvernement Borsus, éliane Tillieux perd son mandat ministériel et retrouve son siège de députée au Parlement de Wallonie. Par effet de domino, Vincent Sampaoli quitte l’assemblée wallonne et retrouve son échevinat à Andenne, avec toutes les compétences qui étaient les siennes et l’ambition de faire de sa ville une référence du sport.
Troisième candidat effectif au scrutin wallon du 26 mai 2019, Vincent Sampaoli (6.376 vp) réalise le 6e meilleur score tous partis confondus, dans la circonscription de Namur, mais il ne sera plus député wallon. Il retrouve son emploi au SPW, département Infrasports. Au sein du Collège communal d’Andenne, l’échevin, en charge des Travaux, des Sports et de la Transition environnementale et numérique lance à l’été 2020 Proximity, un nouveau partenariat innovant Commune-Citoyens-Entreprises pour renforcer les projets citoyens et associatifs en faveur de la transition écologique et solidaire. à la mi-juillet 2021, les inondations n’épargneront pas sa ville. Président du Conseil d’administration de l’Intercommunale d’étude et d’exploitation d’électricité et de gaz (AIEG, 2016-), administrateur délégué (2012-2017) puis président (2017-) de la Régie sportive d’Andenne, il préside depuis 2017 la Commission locale de développement rural et, depuis 2020, l’Arewal, filiale commune des quatre gestionnaires de réseau wallons (AIEG, REW, AIESH, RESA) dont le but est d’apporter aux GRD un support dans le développement de l’activité de comptage intelligent et de réseau intelligent.
Le 9 juin 2024, ce grand faiseur de voix est 2e suppléant sur la liste du PS au scrutin wallon, dans la circonscription de Namur.
Mandats politiques
Conseiller communal d’Andenne (1995-)
Échevin (06/1997-07/2014)
Bourgmestre f.f. (12/2006-/07/2007)
Député fédéral (04/2013-2014)
Député wallon (07/2014-07/2017)
Echevin empêché (07/2014-07/2017)
Échevin (07/2017-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), La DH, 10 juin 2020
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2017,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Ryckmans Hélène
Thysville (RDC) 20/05/1959
Députée wallonne : 2014-2019 ; 2019-2024
Deux grandes particularités caractérisent la liste qu’Écolo présente à Chastre en vue des élections communales de l’an 2000 : les femmes y sont majoritaires (11 sur 17) et aucun des candidats n’était présent au scrutin précédent, celui de 1994. Parmi ces 17 candidats, Hélène Ryckmans, secrétaire politique de la locale Écolo, participe alors à ses toutes premières élections, se présentant aussi au scrutin provincial dans le district de Wavre-Jodoigne. Au soir du 8 octobre, Écolo réalise 14,7% des voix, à Chastre, et remporte deux sièges, sans remettre en cause la majorité absolue de la liste IC (49,4%, 10 sièges). À la province, où Écolo dépasse les 18% et gagne 11 sièges (+4), c’est Alain Trussart qui est élu dans le district de Wavre. Assurément, ce succès des écologistes en Brabant wallon doit beaucoup à leur secrétaire politique, mais celle-ci doit attendre fin 2002 avant d’exercer un premier mandat. En effet, la démission de Marc Hordies du Parlement wallon (il devient secrétaire général d’Écolo) appelle Alain Trussart à Namur et le mandat provincial qui se libère revient à sa suppléante, Hélène Ryckmans (septembre). En janvier 2004, suite à la démission des deux élues communales Écolo, H. Ryckmans se retrouve en situation de pouvoir siéger aussi au Conseil communal, mais arguant du principe de l’interdiction du cumul des mandats souhaité par son parti, elle refuse d’exercer ce second mandat.
Tête de liste en octobre 2006 (244 vp), Hélène Ryckmans emmène ses troupes vers un succès électoral (19%, et 3 sièges) plus grand encore qu’en 2000, et confirme cette tendance en octobre 2012 (386 vp), où Écolo dépasse les 20% (3 sièges), toujours avec des listes où le nombre de femmes est supérieur à celui des hommes. Conseillère communale, initiatrice du concours des Chastrottes, Hélène Ryckmans est la cheffe de file de son groupe qui, entre 2006 et 2012, est le seul parti d’opposition. Déjà visible de 2006 à 2012 – de 72,7% (16 s.) à 52,5 (52,5%, 11 s.) –, le recul de la liste ICR du bourgmestre Claude Jossart se confirme en octobre 2018 : la liste chastre@venir poussée par Jossart (895 vp) perd sa majorité absolue et ne doit qu’à quelques électeurs de rester le premier parti de la commune (34,3%, 7 s.). Face à la liste du bourgmestre, Chastre 20+ (34,18%, 6 s.) de Thierry Champagne (734 vp) et écolo (31,52%, 6 s.) sont aussi au coude à coude. En progressant de 11% et en doublant le nombre de leurs élus, les Verts réalisent un résultat historique. Malgré le meilleur score personnel – juste derrière le bourgmestre sortant –, Hélène Ryckmans (785 vp) et ses colistiers restent dans l’opposition. En moins de vingt ans, les écologistes de Chastre sont néanmoins devenus des interlocuteurs avec lesquels il faut compter.
Petite-fille de Pierre Ryckmans, gouverneur général du Congo belge en 1934, et fille d’André Ryckmans, agent de l’administration territoriale tué lors des événements du Congo en juillet 1960, et de Geneviève Ryckmans-Corin, mandataire PSC – conseillère communale à Waterloo, députée fédérale à la fin des années 1970 et membre du tout premier Conseil régional wallon définitif (1980-1981) –, Hélène Ryckmans a étudié la Sociologie du développement à l’Université catholique de Louvain (1983), avant de partir au Sénégal, en tant que chercheuse, comme volontaire de l’ONG Enda Tiers monde (1984-1987). Enseignante et chercheuse au Centre international de formation et de recherche en population et développement (CIDEP, 1987-1995), assistante de recherche au département des Sciences de la population et du développement de l’Université catholique de Louvain (1995-1997), elle est chargée de mission à l’ONG Le Monde selon les Femmes (1996-2014), quand elle s’engage en politique au sein d’Écolo. Il s’agit de partager sur le plan politique son expérience de terrain et de chercheuse en matière d’égalité hommes-femmes et Nord-Sud, et d’émancipation des femmes. Membre puis présidente de la Commission Femmes et développement (Belgique), elle est nommée Femme de paix en 2011.
Son terrain politique n’est pas seulement communal. Occupant la 4e place aux régionales du 13 juin 2004 (1.780 vp) et du 7 juin 2009 (3.384 vp), 6e suppléante aux fédérales du 10 juin 2007 (2.008 vp) et du 23 juin 2010 (2.161 vp), sans prétendre au moindre mandat, Hélène Ryckmans se voit confier la tête de liste écolo, lors du scrutin wallon du 25 mai 2014, dans la circonscription de Nivelles. Depuis 1991, Marcel Cheron y assure, sans interruption, un mandat aux écologistes (en 2014, il se présente au fédéral). Parfois, comme en 1999 et 2009, un second ticket est décroché par les écolos du BW au Parlement wallon. En 2014, cependant, après la participation des Verts au gouvernement, les électeurs les sanctionnent lourdement. Victime d’un véritable tsunami, écolo ne conserve que quatre représentants au Parlement wallon, contre 14 en 2009. Conservant 11,7% de l’électorat du BW (-12%), Hélène Ryckmans (4.898 vp, 10e score tous partis confondus) est l’une de ces quatre rescapés qui évitent in extremis le naufrage complet des écologistes.
Avec dix députés wallons de moins que lors de la législature précédente, écolo ne peut prétendre à former un groupe parlementaire reconnu. Cela n’empêche pas Hélène Ryckmans d’intervenir régulièrement à Namur, dans de nombreux domaines, exerçant avec rigueur le pouvoir de contrôle de l’exécutif qui est le sien. Au-delà de ses très nombreuses questions écrites et orales, elle cosigne et rédige plusieurs propositions de décret et de résolution, dont l’une vise à imposer une représentation minimale d’un tiers hommes ou femmes dans tous les collèges communaux après les élections de 2018. Déjà opposée au SDER quand elle était conseillère communale, la députée wallonne se mobilise aussi contre l’usage des pesticides et du glyphosate en particulier, contre la surexploitation des forêts wallonnes, en faveur du renforcement de la biodiversité végétale, en faveur d’une réalisation rapide du RER ou à défaut de lui substituer le VER, soit sa transformation en piste cyclable. Elle réclame aussi la réorganisation des titres services, la transformation du statut de gouverneur de province, davantage de transparence dans la gouvernance, l’élaboration d’un pacte énergétique national pour la transition énergétique, des mesures en faveur de l’emploi des jeunes, une meilleure gestion des sols, davantage de réserves naturelles en Wallonie, etc.
Dans le dossier CETA, elle porte avec Olga Zrihen et Marie-Dominique Simonet le texte de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, considérant que la Wallonie aurait dû pousser plus loin son avantage, elle manifeste son opposition au projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016). Cosignée par Christie Morreale, Véronique Bonni et Véronique Salvi, une autre proposition vise à « soutenir les centres de planning dans la distribution des contraceptifs d’urgence, même en l’absence d’un médecin ». Attachant son nom au décret qui accorde le titre de ville à la commune de Tubize, elle porte aussi une proposition de résolution de soutien au Docteur Denis Mukwege et à son combat en faveur des femmes en RDC, tout en réclamant la définition des priorités stratégiques de la Wallonie pour la PAC. En 2018, elle dépose une proposition de décret visant à créer des « territoires zéro chômage de longue durée », où des entreprises paieraient une partie du salaire de l’ancien chômeur avec une partie de ses anciennes allocations.
Le 17 mai 2017, Hélène Ryckmans est l’une des trois députés wallons qui s’abstiennent au moment du vote de l’important décret wallon rendant obligatoire l’étourdissement des animaux avant leur abattage. Alors que les trois autres écolo se montrent favorables à ce décret cité en exemple au niveau international, elle justifie son abstention en expliquant être favorable à l’objectif du texte, mais regretter que les débats n’aient pas porté sur le bien-être animal de manière beaucoup plus globale. Elle joindra par contre sa voix à celles des 66 autres députés wallons tous partis confondus (hormis PTB-Go), au moment du vote du Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur faisant de la Wallonie une région pionnière.
Après le renversement de la majorité PS-cdH par le MR-cdH (été 2017), Hélène Ryckmans cosigne une série de propositions de résolution ou décret avec des mandataires socialistes sur les dossiers du Mercosur et en faveur du retrait des visites domiciliaires (mesure fédérale). Au terme de cinq années d’opposition, sans disposer d’un groupe politique et d’une présence assurée dans les Commissions, la représentante écolo du BW retire la satisfaction d’avoir pu peser sur certaines décisions politiques, voire d’avoir fait adopter certaines propositions, comme par exemple, l’interdiction du survol des zones naturelles par des drones, ou la garantie d’une présence équilibrée des hommes et des femmes au sein du gouvernement wallon, ou encore le renforcement du rôle de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) de la Région wallonne, instaurant ainsi davantage de transparence administrative en transformant notamment la CADA en une instance de recours, investie d’un pouvoir de réformation en matière de publicité de l’administration.
Administratrice de l’ISBW (2013-2015), membre du Conseil des Femmes francophones de Belgique (2016-2017), administratrice de l’asbl Le monde selon les femmes (2014-), membre du bureau politique d’écolo depuis 2014, Hélène Ryckmans se présente au scrutin wallon du 26 mai 2019 avec l’intention de renouveler son mandat à Namur. Tête de liste (9.636 vp), elle replace écolo en 2e formation politique du Brabant wallon, comme en 1999 et en 2009, avec 2 élus, mais sans parvenir à dépasser la barre des 20%. Dès juillet 2019, la députée wallonne est à nouveau désignée par son parti comme sénatrice représentant la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette fois, écolo dispose d’un groupe politique et il fait partie de la majorité arc-en-ciel présidée par Elio Di Rupo, à Namur, et par Pierre-Yves Jeholet à Bruxelles. Membre de la Commission Affaires générales-Relations internationales et de la sous-Commission de Contrôle des licences d’armes, elle est l’une des vice-présidentes de la Commission pour l’égalité des chances entre les hommes et les femmes (2019-2024).
Outre le suivi des dossiers internationaux (Mercosur, Ceta, etc.), elle fait adopter des résolutions en faveur de la liberté de la presse, en faveur des droits de l’homme et contre des mesures de peine de mort dans le monde (Zhang Zhan, Navalny, Ouïghours, minorité yézidie, Taïwan, femmes en Iran, etc.). Durant les années Covid-19, elle est l’une des vice-présidentes de la Commission spéciale chargée de contrôler le gouvernement wallon dans le cadre de la crise sanitaire du Covid-19 (avril-juin 2020). Elle porte une résolution, adoptée, en faveur d’une plus grande sensibilisation et d’une amélioration de la recherche pour une meilleure prise en charge de l’endométriose. à la suite de l’affaire dite du Greffier, elle devient membre de la Commission de la Comptabilité créée à l’automne 2022 pour renforcer le contrôle des budgets et comptes du Parlement de Wallonie (12/2022-2024).
Septième suppléante lors du scrutin wallon du 9 juin 2024, elle se conforme à l’interdiction de cumuler plus de deux mandats parlementaires inscrite dans les statuts d’écolo ; c’est Céline Tellier qui emmène la liste dans le BW.
Mandats politiques
Conseillère provinciale du Brabant wallon (09/2002-2006)
Conseillère communale à Chastre (2006-)
Députée wallonne (2014-2024)
Sénatrice représentant la Fédération Wallonie-Bruxelles (2014-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La DH, 12 septembre 2018
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2023,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Puget André-Pierre
Liège 03/08/1967
Député wallon : 2014-2019
Après avoir grandi dans un milieu agricole à Neupré, puis à Horion-Hozémont, c’est dans le Namurois, à Han-sur-Lesse, que le Liégeois André-Pierre Puget s’installe à la fin des années 1990. Autodidacte – il a quitté l’école à 17 ans –, il remplit les tâches essentielles de la ferme et milite au sein des Jeunesses Agricoles Paysannes. Se spécialisant comme mécanicien agricole, il devient représentant agricole, avant de s’orienter dans le secteur de l’automobile. S’intéressant au domaine des lubrifiants et des combustibles, il exerce des responsabilités au sein de Federauto. Lorsque cette confédération belge du commerce automobile se structure en ailes wallonne, flamande et bruxelloise, Puget devient le secrétaire général de l’aile wallonne (2007). Un an plus tard, avec le même statut, il coordonne les actions de l’aile « Federauto Bruxelles » nouvellement créée (2008). En 2010, capitalisant sur l’expérience acquise, il se lance comme indépendant dans une niche dite d’avenir.
Il crée à Rochefort la société APPLug, dont il est le directeur, et qui est spécialisée dans les bornes de recharge pour les voitures électriques. La presse salue alors l’œuvre de ce pionnier wallon qui installe des bornes de recharge électrique, à usage public, dans plusieurs villes du Namurois. La première borne est installée devant une auberge, à Han, et inaugurée en présence du ministre wallon de l’économie ; plusieurs mois plus tard, force est de constater que la demande reste très faible en Wallonie, malgré les espoirs placés dans le développement des véhicules hybrides. Resté proche des milieux de la course automobile, André-Pierre Puget tente de sensibiliser la population aux risques liés à la consommation d’alcool en lançant l’opération Tescool (2012) ; sa société APplugs commercialisera des éthylotests. En 2013-2014, il lance la société Farmideal, dont l’objet social vise à favoriser la mise en relation des producteurs fermiers avec les consommateurs au travers d’une plateforme internet.
Attiré par la politique, André-Pierre Puget partage le libéralisme économique du MR, mais s’en distancie sur les questions de société. Au début de l’année 2014, il se laisse convaincre par Mischaël Modrikamen et adhère au Parti Populaire, même s’il préfère l’adjectif « conservateur » à celui de « populaire ». Devenu très vite le directeur de campagne du PP, il accepte de se porter candidat à Liège au scrutin régional wallon du 25 mai 2014. Alors qu’il est traditionnellement réputé voter plutôt à gauche qu’à droite, l’arrondissement de Liège, grâce à l’apparentement de voix verviétoises, envoie André-Pierre Puget au Parlement wallon, où il est le seul représentant de son parti. Tête de liste, il rassemble plus de 5.000 vp sur son nom. Dans le même temps, le Verviétois Aldo Carcaci est élu à la Chambre fédérale. Quand, durant l’automne 2015, le PP entame des discussions avec « La Droite » en vue de constituer une force politique plus importante, située à la droite du MR, André-Pierre Puget émet des réserves.
En désaccord avec le discours du président Modrikamen (notamment sur la question de l’immigration) et regrettant que son parti surfe sur la vague du FN (décembre 2015), A-P. Puget quitte le PP pour siéger en tant que député wallon indépendant. à titre personnel, celui qui se revendique belgicain et catholique, tout en rejetant toute forme d’extrémisme, tente par la suite un rapprochement avec la Droite citoyenne (décembre 2016), mais après trois mois de collaboration, il remet sa démission avec fracas (février 2017). Soucieux de créer un mouvement ouvert où il puisse développer librement ses idées, il finit par créer son propre parti, JExiste (avril 2017), nom qu’il peut certes décliner de différentes manières selon les enjeux, mais dont la paronymie avec une formation de la deuxième moitié des années trente laisse perplexe. Le 17 mai 2017, il est le seul des 70 députés wallons présents en plénière à s’abstenir au moment du vote du décret renforçant les obligations des gestionnaires de lieux de cultes, la transparence des financements, l’usage du français et le respect des valeurs démocratiques.
Membre de la Commission de vérification des pouvoirs 2014), le député wallon déploie une activité parlementaire limitée à des interventions dans les débats et à des questionnements réguliers auprès de tous les ministres, à défaut d’espérer que ses propositions de décret ou de résolution puissent être prises en considération. Dans le dossier CETA, il vote cependant en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la mini-crise internationale qui s’en est suivi, il figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016). Il rejoint aussi les députés PS, cdH et MR qui préparent le texte d’un décret spécial qui vise à introduire la consultation populaire en Wallonie au sein d’un Groupe de travail (2017-2019).
À l’instar d’Écolo ou du PTB Go ! qui ne possèdent pas de groupe politique, l’élu indépendant s’est vu proposer une place au sein de la Commission d’enquête parlementaire « Publifin »., avec voix consultative. Du 16 février au 3 juillet 2017, il participe alors aux 29 réunions et 52 auditions, parfois à huis clos, le plus souvent en séance publique, avec retransmission télévisuelle. Adopté à l’unanimité des membres de la Commission, le rapport de plus de 60 pages qui comprend au fil des chapitres toute une série de recommandations est approuvé en séance plénière par le Parlement de Wallonie, Puget se joignant à cette majorité absolue (12 juillet 2017).
À la suite de l’appel du 19 juin 2017 de Benoit Lutgen qui invite à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes, André-Pierre Puget propose de soutenir toute majorité alternative. Et bien qu’aucun parti ne fasse appel à lui, le député indépendant vote avec les élus MR et cdH, le 28 juillet, la motion de défiance constructive qui met un terme au gouvernement de Paul Magnette et installe le gouvernement de Willy Borsus. Un soutien informel de Puget assurerait à la courte majorité MR-cdH le quorum nécessaire à la poursuite de ses projets, mais les deux nouveaux partis de la majorité ne souhaitent nullement dépendre de cet élu indépendant.
Durant la législature, Puget joint sa voix à celles de tous les autres partis politiques (PTB-Go excepté) pour adopter une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime (67 sur 69) fait de la Wallonie une région pionnière.
Tête de liste Jexiste à Dinant au scrutin communal d’octobre 2018, André-Paul Puget réunit 93 voix sur son nom, sa liste n’atteignant pas la barre des 4%. à l’approche du scrutin wallon du 26 mai 2019, A-P. Puget s’allie à des MR namurois qui ont quitté leur formation politique : Laurence Genot et Benoit Legros. Réunissant Jexiste et Ensemble Citoyen (Sivry-Rance), ils forment l’Union des Démocrates (UDD) qui se définit comme « la N-VA wallonne » (janvier 2019). Très vite, l’UDD rejoint les Listes Destexhe (mars). Tête de liste à Liège en juin, Puget réunit 983 vp et sa formation politique 1,76%.
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont La Libre, 8 novembre 2017 ; La DH, 24 février 2017, 6 janvier 2019, 5 août 2019
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Prévot Patrick
Mons 21/04/1983
Député wallon : 2014-2019
Dans la circonscription de Soignies, depuis le 21 mai 1995 et la première élection directe des députés wallons, les résultats révèlent une grande stabilité de la part des électeurs ; des quatre sièges attribués à la circonscription, deux reviennent au PS, un au PRL/MR et un au PSC/cdH, à l’exception du scrutin de 2009 où Écolo est venu créer la surprise au détriment des humanistes. Dans la lignée socialiste wallonne initiée par Léon Hurez, ce sont Colette Burgeon, J-J. Delhaye, Richard Gondry, Jean-Paul Van Crombruggen, Willy Taminiaux, Maurice Bodson, Marc de Saint-Moulin et autre Olga Zrihen qui siègent, depuis octobre 1980, à l’assemblée wallonne. En mai 2014, la députée sortante est la seule candidate de 2009 à figurer encore parmi les effectifs ; derrière elle, se présente un candidat qui n’a d’expérience électorale qu’au niveau local. En apparence, tout au moins. Car celui qui se présente à son premier scrutin régional wallon possède, depuis 2006, l’expérience de deux campagnes communales et surtout celle de secrétaire particulier d’Elio Di Rupo, tant le président du PS, que le Ministre-Président wallon, puis le Premier Ministre.
Militant socialiste dès ses 16 ans, fils d’indépendants, président du club de football de Casteau depuis les premières années du XXIe siècle, Patrick Prévot occupe la 23e place sur la liste du PS, à Soignies, lors des communales d’octobre 2006. Avec 364 vp, il réalise alors le 16e résultat et se retrouve 2e suppléant. Avec plus de 41% des suffrages, les socialistes emmenés par Marc de Saint-Moulin sont à nouveau proches de la majorité absolue (14 sièges sur 29) ; comme lors de la législature précédente, PS et MR (26%, 8 sièges) forment majorité et poursuivent leur collaboration. En cours de législature, la démission d’un mandataire ouvre les portes du Conseil communal à Patrick Prévot. En octobre 2012, 10e candidat et 7e score de la liste PS (553 vp), le compagnon de la sénatrice Fabienne Winckel est réélu au Conseil communal, dans une majorité qui ne change pas. En dépit d’une perte de 5% et de 3 sièges (11), le PS reconduit le pacte de majorité avec le même partenaire libéral (8 sièges) et Marc de Saint-Moulin reste bourgmestre. Occupant la 2e place (1.229 vp), Fabienne Winckel devient échevine et, en janvier 2017, Patrick Prévot devient le chef de groupe PS au Conseil communal.
Administrateur d’Idea (2008-2013), Patrick Prévot est alors surtout occupé par l’agenda politique d’Elio Di Rupo. Faut-il rappeler la présidence du gouvernement wallon jusqu’en 2007, les élections de juin 2007, le scrutin wallon et européen du 7 juin 2009, la longue crise politique de 2010-2011 qui conduit à la formation du gouvernement Di Rupo (décembre 2011), puis l’adoption des dispositions de la 6e réforme de l’État qui apporte à la Wallonie de nouvelles et importantes compétences ?
Pour sa première participation au scrutin wallon (25 mai 2014), Patrick Prévot réunit 4.016 voix sur son nom, 4e score de la circonscription de Soignies, tous partis confondus. Avec 34,5%, le PS y retrouve deux représentants wallons, Olga Zrihen et Patrick Prévot. Dès juillet 2014, ils sont tous deux désignés par le PS sénateurs dans l’assemblée rénovée, en tant que représentant de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En novembre, Patrick Prévot est élu à la vice-présidence de la Fédération de Soignies du PS (2014-2019).
Sortant de l’ombre d’Elio Di Rupo en remettant sa démission de secrétaire politique particulier, Patrick Prévot se fait rapidement un nom à Namur, l’hebdomadaire Le Vif le classant en 2017 parmi les députés wallons les plus actifs en raison de ses très nombreuses interventions via des questions écrites et orales. Membre de la Commission Emploi-Formation, de la Commission Agriculture-Tourisme et du Comité d’avis pour l’égalité des chances hommes-femmes de 2014 à juillet 2017, membre de la Commission des poursuites (2015-) qu’il préside en 2017, le député wallon est évidemment attentif aux dossiers relatifs à la région du Centre (les carrières, les Laminoirs de Longtain, Durobor, l’avenir du canal du Centre, les lavoirs de Péronnes, etc.), ainsi qu’à la reconnaissance d’un statut pour le Cœur du Hainaut. Il dépose aussi deux textes en vue de mener la lutte contre le trafic des jeunes joueurs de football africains et en faveur de présence de toilettes dans l’espace public ; il soutient aussi la candidature de Spa au titre honorifique de (68e) ville wallonne. Auteur d’un rapport sur la réglementation de l’affichage publicitaire, il est également très actif au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où il dépose notamment un décret pour imposer une meilleure représentation hommes-femmes dans les médias et défend un projet de statut pour les artistes. Vice-président de la Commission Culture-Enfance, il préside la Commission égalité des chances hommes-femmes (2014-2019).
Dans le dossier CETA, le député wallon vote en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, il figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Quand éclate l’affaire « Publifin », Patrick Prévot est désigné par son parti pour siéger au sein de la Commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la transparence et le fonctionnement de l’intercommunale liégeoise (16 février – 3 juillet 2017). En tant que vice-président, il est ainsi le chef de file du PS tout au long des débats et travaux de cette Commission, dont il est l’un des animateurs avec une indépendance d’esprit qui est saluée. Et ce n’est la procédure d’assignation en justice lancée par les avocats de Nethys à son encontre, comme contre Olga Zrihen, Jean-Luc Crucke, Dimitri Fourny et Stéphane Hazée (mai) qui l’empêche de poser des questions dérangeantes (Nethys se désistera en septembre). Au terme de 29 réunions et de l’audition de 52 témoins, celui qui est le benjamin de la commission contribue à la rédaction d’un rapport final de plus de 60 pages qui comprend au fil des chapitres toute une série de recommandations. Ce texte est approuvé en séance plénière du Parlement de Wallonie par 69 des 70 députés présents (12 juillet 2017).
Soucieux de faire la distinction entre des pratiques de gouvernance inacceptables et un engagement politique sincère, Patrick Prévot a très vite tiré des leçons politiques de l’affaire « Publifin » et il est l’une des personnalités les plus en pointe d’un large mouvement, rassemblant plus de 80 mandataires et syndicalistes socialistes de Wallonie et Bruxelles, qui se constitue alors pour peser sur le fonctionnement interne du Parti socialiste :
Et si sur des dossiers importants (réforme des APE, réforme des provinces, etc.), il se montre intransigeant à l’égard de la courte majorité en place, il accepte par contre de voter certaines nouvelles dispositions. Ainsi, en matière de bien-être animal, compétence transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État, il avait déjà voté le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) ; il vote aussi le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime (67 sur 69) faisant de la Wallonie une région pionnière. La réforme des circonscriptions électorales wallonnes reçoit aussi son aval, en particulier la redéfinition d’une nouvelle et plus grande circonscription électorale du Centre/Soignies-La Louvière, où seront désormais élus cinq représentants à Namur (décret spécial wallon du 25 janvier 2018).
Lors du triple scrutin du 26 mai 2019, Patrick Prévot ne se présente cependant pas dans cette circonscription, quittant le niveau régional, pour le niveau fédéral. Occupant la 4e place sur la liste emmenée par Elio Di Rupo, il signe le 5e résultat socialiste (13.615 vp), le 10e tous partis confondus et décroche l’un des 8 mandats de député fédéral attribués au PS dans le Hainaut. Par ailleurs, il continue de siéger au Conseil communal de Soignies : lors du scrutin d’octobre 2018, la liste emmenée par Fabienne Winckel (3.361 vp) a reçu le soutien de près de 41% des électeurs (13 sièges, +2). Le PS a maintenu le pacte de majorité avec le MR en recul (22%, 6 s.). Dernier de liste, Patrick Prévot (1.247 vp) réalise le 4e score, presqu’à égalité avec le maire sortant, Marc de Saint-Moulin (6e candidat), et il reste conseiller communal.
Administrateur de l’asbl Communauté urbaine du Centre (2009-), vice-président (2013), puis président (2014-) de l’asbl Le Quinquet, association multidisciplinaire abritant une entreprise de formation par le travail (EFT), un centre d’expression et de créativité (CEC), une école de devoirs et un service de taxi social, Patrick Prévot est membre du conseil de la zone de police de la Haute Senne (2019-). Lors du scrutin du 9 juin 2024, il reste 5e candidat PS à la Chambre fédérale dans le Hainaut.
Mandats politiques
Conseiller communal à Soignies (2008-)
Député wallon (2014-2019)
Sénateur représentant la Fédération Wallonie-Bruxelles (2014-2019)
Député fédéral (2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont Le Soir, 21 septembre 2012, 14 juin 2014, 17 août 2016, 4 février 2017, 16 mars 2017, 17 juin 2017 ;
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Poulin Christine
Fraire 02/07/1962
Députée wallonne : 2014-2019
Originaire de Fraire, village natal auquel elle est très attachée, Christine Poulin a fréquenté les écoles de Couvin et Walcourt, ainsi que l’Athénée de Philippeville, avant de se lancer dans des études de secrétariat-langues à l’Université du Travail de Charleroi ; maniant aussi aisément l’anglais, l’allemand que le néerlandais, la graduée part un an aux États-Unis et décroche un Financial management à Wright Patterson, Dayton (Ohio). En 1982, sa carrière professionnelle commence dans une société américaine installée à Bruxelles ; en 1984, elle est engagée par l’US Air force, en charge du budget de la base américaine de Florennes. Ensuite, d’autres entreprises du secteur privé s’attachent ses services : les ACEC, le service commercial de Riche, puis celui d’une société d’import-export de Charleroi. Parallèlement, elle est très investie dans le milieu associatif local : elle pratique le tennis de table, est comédienne dans une troupe de théâtre amateur, et participe activement aux manifestations du folklore de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Rien ne la prédestine à la politique quand, à la veille des élections communales d’octobre 2000, Marcel Leclercq la sollicite pour occuper une place sur les listes du parti socialiste à Walcourt.
Depuis la fusion des communes en 1976, les libéraux Robert Jandrain (1977-1985) et Franz Dietz (1985-2000) dirigent la ville, partageant la majorité avec les socialistes. En octobre 2000, l’échevin Leclercq espère accéder au maïorat. Avec réticence, Christine Poulin accepte de partager le projet de la liste WalXXI et de figurer à la 22e place. Les 327 voix qui se portent sur son nom lui permettent de réaliser le 6e score de sa liste et d’être l’une des 7 membres du PS siégeant au Conseil communal. Ce sera cependant dans l’opposition, car le Pacte de majorité est signé par les libéraux de l’Entente communale (25,5%, 7 s.) et les catholiques de Solidarité communale (28,8%, 8 s.) qui reçoivent le maïorat. Une nouvelle vie commence pour Christine Poulin.
Se passionnant pour la chose publique, elle suit des cours de Sciences administratives et de Finances à Namur et, en 2003, elle abandonne le secteur privé pour devenir attachée parlementaire de Maurice Bayenet, chef de groupe socialiste au Parlement wallon (2003-2009), puis collaboratrice parlementaire du groupe PS (2009-2014). Quant à son activité au Conseil communal, elle est remarquée à tel point que quand elle se présente à nouveau, en octobre 2006, en deuxième position derrière Marcel Leclercq, elle attire 1.115 voix de préférence sur son nom, soit davantage que les 635 de la bourgmestre sortante, Nicole Debois-Lebrun de la liste SC (21,5%, 6 s.). Un nouveau pacte de majorité est alors scellé entre le PS (29%, 8 sièges) et le MR-EC (23%, 6 s.), Marcel Leclercq (1.545 vp) devenant bourgmestre et Christine Poulin échevine, en charge des Finances, des Travaux publics, de l’Aménagement du Territoire, du Folklore et des Aînés. En février 2010, Marcel Leclerq tire sa révérence et permet à Christine Poulin d’achever la législature aux commandes de la mairie de Walcourt, cette ancienne cité fortifiée qui a appartenu aux comtes de Namur. La nouvelle bourgmestre garde les Finances. Lors du scrutin d’octobre 2012, elle fait un tabac (2.303 vp), poussant le PS à 32,5% et surtout à 10 sièges (+2) et comme le partenaire de majorité progresse lui aussi de près de 4%, gagnant aussi 2 sièges (8), avec un Philippe Bultot à 1.572 vp, le pacte de majorité est prolongé. Au milieu de la législature communale, l’arrivée de plusieurs dizaines de réfugiés aux centres Fedasil de Thy-le-Château et de Chastrès (entité de Walcourt) suscite de vives réactions dans la population : fortement critiquées, les autorités locales sont alors confrontées soudainement à des décisions venant du fédéral et à la virulence, parfois raciste, de certains de leurs administrés (fin 2015-début 2016) ; par la suite, elles devront rapidement faire face aux conséquences de la fermeture des deux centres. En octobre 2018, les deux partenaires de majorité confortent leurs positions : le MR-EC (30,4%, +3%) emmené par Philippe Bultot (1.525 vp) garde ses 8 sièges ; le PS (34%, +1,5%) de Christine Poulain (2.424 vp) conserve 10 sièges. Le Pacte de majorité est renouvelé pour la législature 2018-2024.
Membre du Conseil (2007-2010), puis du Collège (2010-) de police de la zone Flowal (2007-), Christine Poulin représente le PS au Conseil d’administration du Bureau économique de la province de Namur (BEP) et est membre de son comité de direction (2009-) ; elle est aussi administratrice de l’INASEP (2013-2014), de la Fondation rurale de Wallonie (2015-) et de l’Union des villes et communes de Wallonie (2019-).
Parallèlement, Christine Poulin teste sa popularité au scrutin régional du 7 juin 2009 dans la circonscription de Dinant-Philippeville (4e place, 5.106 vp) et au scrutin fédéral anticipé du 23 juin 2010 dans la circonscription provinciale de Namur (4e place, 8.910 vp). Dès lors, elle aborde le scrutin wallon du 25 mai 2014 avec certaines ambitions : la deuxième place lui a été confiée, juste derrière Pierre-Yves Dermagne. Au lendemain d’une 6e réforme de l’État qui apporte à la Wallonie de nouvelles et importantes compétences, le défi est de taille dans la circonscription de Dinant-Philippeville, puisqu’il s’agit de faire oublier les Jean-Marc Delizée, Jean-Claude Maene et autre Maurice Bayenet et d’affronter les ténors du MR (Bellot, Fournaux) et du cdH (Bastin). En maintenant le PS à son résultat de 2009 (26% contre 27), le duo Dermagne (7.158 vp)-Poulin (6.451 vp) crée la surprise en enlevant deux sièges, grâce – il est vrai – au système de l’apparentement si particulier dans le Namurois. Conformément au décret spécial wallon du 9 décembre 2010 sur le cumul, Christine Poulin est autorisée à conserver son mandat de bourgmestre tout en étant députée wallonne, en raison de son excellent taux de pénétration au scrutin régional.
Membre de la Commission Économie-Innovation et de la Commission Budget-Fonction publique (2014-juillet 2017), la députée wallonne de la majorité siège aussi dans la Commission de coopération avec la Communauté germanophone (2014-2019). Membre de la Commission Agriculture-Tourisme-Patrimoine (2016-2017), elle remplace P-Y. Dermagne pendant quelques semaines à la Commission Pouvoirs locaux-Logement-Infrastructures sportives en 2017. Elle s’attèle surtout à poser des questions aux ministres sur les dossiers relatifs à la mobilité (notamment le contournement de Couvin et le rôle de la Wallonie dans la politique du rail), à l’environnement (en particulier l’interdiction du glyphosate), au télétravail, aux nouvelles technologies et au numérique. Co-auteure d’une proposition de décret pour la mise à disposition, par les communes, d’un lieu public permettant d’organiser des cérémonies non confessionnelles, elle se mobilise pour le maintien du Thalys sur la dorsale wallonne (2014) et en faveur d’un meilleur soutien social aux agriculteurs. Sa proposition de résolution visant à renforcer la lutte contre le dumping social dans le cadre de l’exécution des marchés publics passés dans les administrations wallonnes est adoptée en 2016. Dans le dossier CETA, elle vote avec ses partenaires du PS et du cdH contre l’accord entre l’UE et le Canada (résolution du 14 octobre 2016) ; après la mini-crise internationale qui s’en est suivi, elle figure parmi les 58 députés wallons qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Du 16 février au 3 juillet 2017, Christine Poulin est l’une des représentantes du PS au sein de la Commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la transparence et le fonctionnement du groupe Publifin (ex-Tecteo). Au cours de 29 réunions, entouré de quatre experts, les 15 membres de la Commission présidée par Olga Zrihen entendent, au moins une fois, 52 témoins différents, parfois à huis clos, le plus souvent en séance publique, avec retransmission télévisuelle. Adopté à l’unanimité des membres de la Commission, le rapport de plus de 60 pages qui comprend au fil des chapitres toute une série de recommandations est approuvé à l’unanimité en séance plénière du Parlement de Wallonie (12 juillet).
Opposée au décumul intégral dans les zones rurales, la députée wallonne travaille par ailleurs sur un texte visant à créer un fonds de garantie unique pour le versement des garanties locatives des baux privés. Le texte est arrivé quasiment au terme de son long parcours parlementaire quand une motion de défiance constructive, adoptée par les députés MR et cdH met un terme au gouvernement présidé par Paul Magnette et, par conséquent, à l’initiative décrétale de Ch. Poulin (été 2017). Quand elle se retrouve dans l’opposition, à Namur, elle est l’une des vice-présidentes de la Commission Pouvoirs locaux-Logement-Infrastructures sportives (2017-2019). Durant cette législature, elle adopte notamment une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime (67 sur 69) fait de la Wallonie une région pionnière. Par contre, dans d’autres domaines comme la création d’un fonds de garantie locative, la prévention des nuisances sonores, la transparence et la lutte contre les conflits d’intérêt, les diverses propositions de décret que co-dépose la députée socialiste en fin de législature sont rejetées ou ne sont pas prises en compte par la majorité MR-cdH.
Sollicitant le renouvellement de son mandat wallon, lors des élections du 26 mai 2019, elle occupe à nouveau la deuxième place derrière Pierre-Yves Dermagne. En reculant à 23,4%, le PS perd surtout son deuxième siège dans la circonscription de Dinant-Philippeville, Christine Poulin réalisant 5.799 vp, 5e score tous partis confondus. Cette fois, l’apparentement profite aux socialistes de « Namur Nord » et Christine Poulin retrouve ses seules préoccupations communales. Le 9 juin 2024, elle occupe la deuxième place sur la liste PS emmenée par Eddy Fontaine au scrutin wallon et en octobre, elle est tête de liste, sollicitant le renouvellement de son mandat de bourgmestre.
Mandats politiques
Conseillère communale à Walcourt (2001-)
échevine (2006-2010)
Bourgmestre (02/2010-)
Députée wallonne (2014-2019)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-04/2024), dont L’Avenir, 6 janvier 2010
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2019,
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Activité(s) : Politique, Député wallon









