Dispa Benoît
Liège 18/09/1963
Député wallon : 2019-2024 ; 2024-
Dès 1964, Gembloux a procédé à une première fusion en intégrant les communes d’
En vue des élections de 2000, la section du « nouveau PSC » de Gembloux décide de consulter préalablement la population pour écrire son programme ; il s’agit de constituer une liste de renouveau et d’ouverture, en présentant « la Liste du Bailli », appellation symbolique qui fait référence à l’ancienne Maison du Bailli, bâtiment qui abrite alors en son rez-de-chaussée la salle du Conseil et le bureau du bourgmestre. Président de la section PSC de Gembloux depuis 1995, Benoît Dispa joue la carte « Gérard Bouffioux » comme bourgmestre, entouré de jeunes et nouveaux candidats, les anciens étant placés en fin de liste. En obtenant 12 sièges, la Liste du Bailli s’allie à écolo (2 sièges) pour renvoyer le bourgmestre PS Dominique Notté et les libéraux dans l’opposition. Le coup est rude pour la majorité sortante et un recours est introduit par une candidate MR auprès de la députation permanente pour invalider le résultat. Après cinq mois d’attente, le Conseil d’état valide les résultats et, dans le Collège échevinal présidé par Gérard Bouffioux, Benoît Dispa qui vient d’être élu conseiller communal pour la première fois, devient d’emblée échevin, en charge des Finances, de la Communication et de la Participation ainsi que de la Jeunesse.
Romaniste formé aux Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur puis à l’Université catholique de Louvain, professeur à l’Université de Namur, Benoît Dispa dispose déjà d’une certaine expérience de l’action politique : il a été chef de cabinet adjoint et conseiller budgétaire auprès du ministre fédéral
Troisième candidat sur la liste BAILLI, Benoit Dispa rassemble sur son nom 2.201 voix de préférence, contre 1.278 à Marc Bauvin, la tête de liste, et 980 à Gérard Bouffioux, 13e candidat qui ne brigue pas le renouvellement de son mandat. Sur les autres listes, personne ne fait mieux, même si la liste BEFFROI de Patrick Bioul (2.124 vp) enlève 12 sièges, avec 40,41%. En très léger recul (36,79%, -0,73%), le BAILLI a perdu un siège (11), mais comme écolo progresse de 5% (4 sièges, +2) et décide de poursuivre l’expérience avec Benoit Dispa, celui-ci devient le nouveau bourgmestre de l’ancienne capitale de la coutellerie (15 sièges sur 27), en s’appuyant sur un programme décrit comme un « vrai contrat d’avenir local ». Six ans plus tard, en octobre 2012, la liste Bailli se maintient à 36,81% et garde ses 11 sièges. En tant que tête de file, Benoît Dispa totalise 3.134 vp, un résultat que seule Sabine Laruelle (2.263 vp), alors ministre fédérale, est venue contester, sa liste MR réalisant 28,5% (8 s.), tandis que le PS est en-dessous de 19% (5 s.). écolo en léger recul (13,6%) perd un siège et ne retrouve pas le Collège, la liste Bailli décidant de se tourner vers le MR pour former un tout nouveau Collège communal, où seul Benoît Dispa faisait partie de l’ancienne équipe. En octobre 2018, la liste Bailli atteint les 40% et obtient 13 sièges sur les 29 que compte désormais le Conseil communal ; Benoît Dispa obtient 3.347 voix de préférence et n’est bousculé par aucun autre candidat. En l’absence de Sabine Laruelle, le MR perd près de 11% (5 s., -3) ; alors que le PS est en recul (13,5%, -5%, 4 s.), seul écolo progresse (21,5%, + 7,8%, 6 s.) et c’est vers lui que se tourne le groupe Bailli pour former un nouveau pacte de majorité articulé autour de quatre axes : la gouvernance et la participation, le développement partagé, le vivre ensemble et la transition écologique. Entamant son troisième mandat de bourgmestre, Benoît Dispa est en charge de l’état civil, des Relations extérieures, de la Communication, de la Culture et de la Cohésion sociale.
Parmi les nombreux chantiers qui transforment Gembloux durant le premier quart du XXIe siècle, le projet d’un nouvel hôtel de ville est l’un des axes majeurs de la modernisation d’une ville qui se dote de nouvelles infrastructures sportives, qui construit du logement public, se veut pôle attractif d’entreprises, soigne sa mobilité, tout en s’adaptant à son statut de cité universitaire et en regimbant face à l’afflux de demandes d’implantation de parcs éoliens. En 2012, l’autorité communale adopte un schéma directeur ambitieux à l’horizon 2027, mettant l’accent à la fois sur une profonde rénovation urbaine entamée déjà en 2009 et le développement d’activités en matière de tourisme, d’offre commerciale, de services, et d’institutions scientifiques et universitaires. Autour de la nouvelle gare inaugurée en 2009-2010, c’est aussi tout un nouveau quartier de grande ampleur qui commence à sortir de terre au début des années 2020, sur d’anciens sites industriels désaffectés (Eurofonderie).
Administrateur de Brutélé (2001-2017), d’Idefin (2001-2007), de l’IDEG (2001-2007), vice-président de Canal Zoom Gembloux (2001-), Benoît Dispa se met en congé politique comme premier auditeur à la Cour des Comptes au moment où, en avril 2005, il devient chef de cabinet adjoint et conseiller budgétaire auprès du vice-Premier ministre wallon
En octobre 2006, 8e candidat cdH dans le district de Gembloux (2e score avec 2.074 vp), Benoit Dispa décroche un mandat de conseiller provincial de Namur qu’il renouvelle six ans plus tard, avec 2.741 vp. Il y met un terme en mai 2014 quand il est élu député fédéral. Depuis plusieurs années déjà, il a pris l’habitude de se présenter comme candidat sur les listes cdH aux élections fédérales et régionales. Grand faiseur de voix, comme deuxième suppléant dans la circonscription de Namur lors du scrutin wallon du 13 juin 2004, il réalise le 3e score de sa formation avec 4.189 vp ; troisième effectif aux élections fédérales du 10 juin 2007, il réunit 8.321 vp dans la province de Namur ; 6e suppléant lors du scrutin anticipé du 23 juin 2010, il attire 6.298 vp. Premier suppléant de Maxime Prévot au scrutin wallon du 7 juin 2009 (5.640 vp), il est choisi par Benoît Lutgen comme tête de liste au fédéral, lors du triple scrutin du 25 mai 2014. Avec 13.909 vp, Benoît Dispa ne laisse pas passer sa chance de siéger à la Chambre fédérale, le cdH réalisant 16,07%. Il est cependant relégué dans l’opposition, quand le MR de Charles Michel décide d’être la seule formation wallonne et bruxelloise dans le gouvernement fédéral, en s’associant à l’Open-VLD, au CD&V et à la N-VA. Membre de la Commission Finances-Budget, Dispa est notamment l’un des rapporteurs au sein de la Commission spéciale « Fraude fiscale internationale/Panama Papers ».
Lors du triple scrutin du 26 mai 2019, il prend le risque d’être tête de liste cdH dans la circonscription de Namur. En vertu du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, il sait qu’il devra renoncer à son mandat de bourgmestre s’il ne réalise pas un taux de pénétration suffisant. Pour le cdH Namurois emmené par Maxime Prévot au fédéral et par Benoît Dispa à la région, le scrutin de mai 2019 est un vrai succès. Avec 8.210 vp, Benoît Dispa atteint tous ses objectifs, son résultat lui permettant de siéger comme député wallon tout en restant bourgmestre. Mais pour le cdH, ces élections sont un vrai camouflet, tant à Bruxelles qu’en Wallonie et au fédéral. Très vite, d’ailleurs, son nouveau président décide d’une cure d’opposition et lance une opération de refondation qui conduira à la transformation du cdH en mouvement Les Engagés. Benoît Dispa participe à tout ce processus, en se conformant aussi à la décision de ne participer à aucune majorité fédérale ou régionale.
Ses premières interventions au Parlement de Wallonie, le nouvel élu les consacre au dossier Nethys, en dénonçant l’accord de vente entre VOO et le groupe américain Providence, et en réclamant des comptes au nouveau gouvernement Di Rupo (septembre 2019). Membre de la Commission Logement-Pouvoirs locaux (2019-2024), Benoît Dispa est amené par les circonstances à se focaliser sur la pandémie de la Covid-19 : avec les autres chefs de groupe de la majorité ou de l’opposition, il convient de nombreuses mesures nécessaires pour faire face, au niveau wallon, à toutes les conséquences de cette crise sanitaire. Il s’agit à la fois de veiller à la bonne organisation pratique des activités du Parlement de Wallonie durant les mois de la pandémie, mais aussi de s’assurer de la légalité et du parfait fonctionnement démocratique des communes et provinces, intercommunales, sociétés de logement, asbl, CPAS, etc. Après avoir fait la demande d’une telle commission, il est choisi par son parti pour le représenter au sein de la « Commission spéciale chargée d’évaluer la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19 par la Wallonie » (juillet-novembre 2020).
Durant une législature wallonne marquée par cette pandémie, mais aussi par les inondations de juillet 2021, la guerre en Ukraine et la crise énergétique, le nouveau député wallon fait partie du groupe des 10 élus cdH que dirige François Desquesnes (rejoint en 2023 par J-L. Crucke). Ensemble, ils organisent leurs travaux et leurs interventions de manière dynamique et collective, pour exister en tant que principale force d’opposition, aux côtés des 10 députés du PTB, face à la majorité PS-MR-écolo. Actifs dans chaque Commission, ils sont régulièrement six ou sept députés wallons cdH à signer des propositions de décret dans toutes les matières régionales : démocratie locale et transparence de l’autorité publique, mobilité douce, circuits courts alimentaires par la création de marchés de produits fermiers et artisanaux, mesures urgentes et pratiques durant la pandémie de la Covid-19 avec aides aux ménages et, indépendants et PME, développement d’une politique de la santé mentale, lutte contre le gaspillage et les déchets, généralisation d’un système de consigne pour les canettes, contrôle et encadrement du déploiement de la 5G, augmentation des aménagements cyclables, révision de la constructibilité en zones inondables, protection contre le bruit, véhicules électriques, mesures contre l’intoxication au monoxyde de carbone, instauration d’une assurance-autonomie, soutien au coworking, mesures pour contrôler les lobbys actifs auprès des autorités wallonnes, lutte contre le sans-abrisme, logement et code wallon de l’habitation durable, aide à la constitution de la garantie locative, etc. Par ailleurs, Benoît Dispa contribue aussi à légiférer en faveur d’une plus grande publicité et d’un accès facilité aux documents pour les conseillers communaux et provinciaux, sa proposition de décret étant reprise – dans les grandes lignes – par la majorité (décret du 18 mai 2022). En septembre 2022, quand Alda Greoli démissionne de son mandat de députée wallonne, c’est Benoît Dispa qui reprend son rôle de chef du groupe des parlementaires cdH/Les Engagés du côté du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En fin de législature wallonne, s’il adopte avec la majorité le décret « funérailles et sépultures », il est cependant le seul à s’abstenir lors du vote du décret invitant les communes à mettre à disposition une salle neutre pour les cérémonies funéraires (avril 2024).
Le 9 juin 2024, Benoît Dispa est tête de liste Les Engagés dans la circonscription de Namur, afin d’obtenir la reconduction de son mandat de député wallon. Avec une progression de 13,6% par rapport au cdH de 2019, Les Engagés gagnent un siège et deviennent la première force politique de la circonscription de Namur (29,26%). Benoit Dispa, quant à lui, arrive en tête des voix de préférence (11.723 vp).
Mandats politiques
Conseiller communal à
Échevin (2000-2006)
Bourgmestre (2006-)
Conseiller provincial de la
Député fédéral (2014-2019)
Député wallon (2019-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont Le Soir, 13 septembre 1988, 30 octobre 2018, 12 septembre 2019, 4 février 2021
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Di Mattia Michel
La Louvière 15/09/1966
Député wallon : 2019-2024
Avant que Joseph Michel, ministre de l’Intérieur, n’impose finalement, en 1975, une fusion généralisée des communes (hormis en région bruxelloise), toutes les communes de Belgique avaient été incitées à prendre des initiatives personnelles et à réaliser des fusions librement consenties avec des localités voisines de leur choix. Les cas ne sont pourtant pas nombreux. En 1972 et 1973, les autorités communales de Saint-Vaast, Familleureux et Bois d’Haine expriment leur souhait de rejoindre La Louvière et de former une même entité. Timide, cette démarche a le mérite d’exister, mais ne répond pas suffisamment aux impératifs du gouvernement de l’époque. Finalement, l’Arrêté royal du 17 septembre 1975 crée le « grand » La Louvière en fusionnant cette localité et les communes de
Déjà bourgmestre de Strépy-Bracquegnies (depuis 1964), alors surnommée « Rougeville » tant la majorité socialiste était absolue, Léon Hurez devient le premier bourgmestre du « grand » La Louvière (janvier 1977). En 1984, Michel Debauque lui succède, mais il est mis en difficultés lors du scrutin d’octobre 1994. La majorité absolue socialiste ne tient plus qu’à un fil (21 sur 41) en raison de la poussée de l’extrême-droite (14,4% des voix et 6 sièges, comme le PRL et le PSC) ; par ailleurs, le bourgmestre est désavoué par une partie des électeurs, Willy Taminiaux réalisant près du double de ses voix personnelles. Néanmoins, Michel Debauque refuse d’ouvrir sa majorité à d’autres formations politiques et, pendant six ans, chaque décision communale nécessite la mobilisation des 21 conseillers communaux socialistes. En octobre 2000, Willy Taminiaux est plébiscité (11.115 vp) et devient le bourgmestre de La Louvière avec le soutien de 29 conseillers PS sur 41, le FN ne comptant plus aucun élu. Par une politique communale de proximité particulièrement engagée dans la défense des valeurs démocratiques, la nouvelle équipe s’appuie sur une sorte de contrat d’avenir local articulé autour de cinq axes de développement à dix ans. Elle prend également des mesures qui sont impopulaires (modernisation, licenciement et réforme de l’administration communale, politique de sécurité, la question du stade de La Louvière) dans un contexte difficile (fermetures d’usines, l’affaire du Foyer louviérois et des ennuis judiciaires pour deux des échevins). Aux communales de 2006, le PS perd sa majorité absolue (de 29 à 20 sur 41), ses neuf sièges se dispersant entre les partis traditionnels – MR (+2) et cdH (+1) – alors que le FN (3), l’USDC (2) et le PTB+ (1) entrent au Conseil communal, rejoignant Écolo (2). Partisan d’une coalition avec le cdH, Willy Taminiaux (6.514 vp.) n’est pas suivi par ses « camarades » qui préfèrent renouer les liens avec les dissidents de l’USDC, avant de s’ouvrir aussi au MR. Dans ces conditions, estimant que la politique qu’il a menée pendant six ans est désavouée, Taminiaux claque la porte et renonce même à son mandat de conseiller communal (décembre 2006). Jacques Gobert devient le nouveau bourgmestre de La Louvière.
Attiré par l’ouverture du parti socialiste à une nouvelle génération de jeunes Loups déterminés à décrocher la lune pour leur cité, Michele Di Mattia a rejoint les rangs du PS louviérois dans les années 1990. Licencié et agrégé en Psychologie et détenteur d’un master en Communication de l’Université catholique de Louvain, journaliste pendant six mois au journal La Cité (de tendance démocrate-chrétienne), Michel Di Mattia a entamé une carrière académique comme assistant de recherche à l’Observatoire du récit médiatique de l’UCL, avant de s’orienter vers le secteur associatif. Coordinateur d’un Centre de Guidance psychologique et de Prévention sociale, il devient le directeur de l’antenne carolorégienne du Service d’information sur les études et les métiers (le SIEP) et organise notamment le salon du SIEP de La Louvière, dont la première édition remonte à 1998. Il lance le premier salon « Formations et professions » en 2008, à Charleroi.
En octobre 2000, il est élu conseiller communal pour la première fois. Il soutient par conséquent les mesures décidées tout au long de la législature par l’équipe de Willy Taminiaux. Mais ce n’est pas là qu’a commencé son engagement politique. En effet, il a d’abord été actif au sein du Partito Democratico della Sinistra (parti démocrate de la gauche italienne créé en 1991 et dissous en 1998). Militant en faveur de l’éducation, de la citoyenneté et de la démocratie européenne en tant que secrétaire général de la branche belge de Democratici di Sinistra, Michele Di Mattia fait partie du Comité représentatif des Italiens à l’étranger (dans la première moitié des années 2000). En 2007, il participe à la création du parti démocrate (PD), qui rassemble chrétiens de gauche (ex-DC) et gauche laïque (ex-DS) derrière Walter Veltroni pour lutter contre Berlusconi ; avec le soutien du PS, Michele Di Mattia est le coordinateur transitoire de ce parti italien et il se mobilise pour permettre le vote des Italiens de l’étranger (2008).
Administrateur de l’Intercommunale pure de financement du Hainaut (2001-2007), administrateur de Centre de Guidance Psychic asbl (2008-), il est le président du Centre régional d’Action Interculturelle du Centre (CeRAIC, 2010-2013). En octobre 2006, il occupe la onzième place sur la liste du PS et il réunit 856 voix sur son nom, soit le 8e score des socialistes. Il fait ainsi partie des vingt conseillers communaux socialistes qui, pour la première fois depuis la fusion des communes, ne font plus à eux seuls la majorité à La Louvière. Aux communales d’octobre 2012, il occupe la 8e position sur la liste du PS et participe au succès de la liste emmenée par Jacques Gobert (6.499 vp) : le PS atteint les 50% et retrouve une solide majorité absolue (25 sièges sur 41, +5), le FN et le PTB+ gardant un siège, alors que MR (6) et cdH (5) perdent un élu, écolo en gagnant un (3).
Dans le nouveau Collège communal, Michele Di Mattia (1.206 vp, 11e résultat personnel tous partis confondus) devient échevin, en charge de l’Enseignement, des Bibliothèques et de la Santé. Dans le même temps, sur le plan professionnel, il devient le directeur du SeTIS wallon (2013-2017). Administrateur du CeRAIC (2016-2019), du Centre dramatique de Wallonie pour l’Enfance et la Jeunesse (2013-2019) dont il devient le président (2017-2019), administrateur de Promotion de la santé à l’école asbl (2013-2019) dont il devient le président (2017-2019), il est aussi administrateur de l’association Chapitre XII Relais Social de La Louvière/Relais social urbain (2014-).
En octobre 2018, la liste PS emmenée par Jacques Gobert (6.850 vp) perd près de 7% (43,4%), mais conserve sa majorité absolue (24 s, -1) dans un Conseil communal qui compte désormais 43 élus, dont 7 conseillers PTB (+6). Occupant la 5e place, Di Mattia réalise 1.572 vp (4e score PS et tous partis confondus). Il reste échevin, en charge cette fois de la Culture, du Tourisme, du Patrimoine classé et des Bibliothèques.
Fort de cette popularité, Michele Di Mattia relève le défi d’occuper la troisième place, dite de combat, lors du scrutin wallon du 26 mai 2019. La circonscription électorale dans laquelle il se présente, celle de Soignies-La Louvière, se compose désormais des dix communes de Binche, Braine-le-Comte, Écaussinnes, Estinnes, La Louvière, Le Rœulx, Manage, Morlanwelz, Seneffe et Soignies, et elle envoie cinq représentants à Namur, contre quatre auparavant. En 2014, un peu moins de 130.000 électeurs y étaient inscrits ; ils sont 167.000 en 2019, le décret spécial wallon du 25 janvier 2018 ayant réformé les circonscriptions électorales wallonnes (11 au lieu de 13) pour rééquilibrer la répartition des sièges. Depuis la première élection directe des députés wallons, le 21 mai 1995, la « circonscription de Soignies » a toujours envoyé deux représentants du PS à Namur, 1 du MR et un du PSC-cdH, hormis en 2009 où écolo a pris le siège du cdH. Nonobstant la variation des pourcentages, de 1995 à 2014, il s’agit par conséquent d’une circonscription aux résultats très stables que le scrutin wallon de 2019 vient bouleverser. Le MR perd en effet son élu ; en réalisant son plus mauvais score, le cdH conserve son représentant (grâce à l’apparentement) ; le PTB devient le deuxième parti (18,5%) et obtient un élu ; quant au PS, il convainc près de 50.000 électeurs (36,2%) et obtient 3 élus, Laurent Devin (15.982 vp), Sophie Pécriaux (7.36 vp) et Michele Di Mattia (3.769 vp) qui, pour une première participation à une élection en-dehors de sa commune, réalise le 4e score tous partis confondus.
En vertu du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, il renonce à son mandat d’échevin (remplacé par Leslie Léoni). Il se met aussi en congé d’Infor-Jeunes asbl, dont il est devenu le directeur en décembre 2017. Membre de la Commission Fonction publique-Tourisme-Patrimoine et de la Commission pour l’égalité des chances entre les hommes et les femmes (2019-2024), le nouveau député wallon est confronté à une législature wallonne marquée par la crise sanitaire de la Covid-19, les inondations de juillet 2021, la guerre en Ukraine et la crise énergétique, alors que la Déclaration de politique régionale du gouvernement dirigé par Elio Di Rupo voulait mettre l’accent sur l’emploi, la lutte contre la pauvreté, le contrôle des finances publiques, la transition climatique et un ambitieux Plan de Relance. Attentif aux dossiers de sa circonscription, Michele Di Mattia interpelle à différentes reprises le gouvernement wallon sur le sort des ouvriers de l’usine Mecar (Seneffe), sur le sort de Durobor (notamment en termes de patrimoine), etc. et surtout en faveur d’une diversification de l’offre touristique du Centre : soutien au musée Kéramis, aménagement d’une aire pour motorhomes (Strépy-Thieu) et du Parc Boël (La Louvière), agrandissement du port de plaisance de Thieu, valorisation touristique du Plan incliné de Ronquières, etc. Davantage intéressé par les compétences du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il est d’abord membre de la Commission Affaires générales-Relations internationales-Règlement et Contrôle des communications des membres du Gouvernement (2019-octobre 2020), avant de devenir membre de la Commission de l’Éducation (octobre 2020-2024), ainsi que membre de la sous-Commission de l’Éducation sur les états généraux de l’immersion (janvier 2023-2024). Avec Laurent Devin, il souhaite notamment que l’offre d’enseignement supérieur soit étoffée dans la région du Centre.
Administrateur du Musée de Bois-du-Luc, de Décrocher la Lune asbl, du Daily Bull asbl, de la Maison du Tourisme, Michele Di Mattia occupe à nouveau la 3e place comme effectif lors du scrutin wallon du 9 juin 2024, dans la circonscription de Soignies-La Louvière. Avec 4.141 vp, il réalise un meilleur score personnel qu’en 2019, mais le PS est en net recul (-7,17%) et perd un siège, celui de Michele Di Mattia. Si le PS conserve son rang de première force politique de la circonscription (29%), les écarts se resserrent entre les « partis traditionnels ». Au soir du triple scrutin du 9 juin 2024, il n’y a plus de parlementaires originaires de La Louvière dans les assemblées.
Mandats politiques
Conseiller communal à La Louvière (2000-)
Échevin (2012-06/2019)
Député wallon (2019-2014)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont Le Soir, 8 janvier 2004, 9 avril 2008, 13 novembre 2012 ; La DH, 12 juin 2019
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Dermagne Pierre-Yves
Namur 30/12/1980
Député wallon : 2014-2017* *2017-2019 ; 2019*
Ministre wallon : *2017* ; 2019-2020*
Au lendemain de la fusion des communes, Amand Dalem s’est imposé comme le bourgmestre de Rochefort et a fait du PSC local le parti incontournable, le PS étant reconnu comme un allié de majorité. À partir de 1994 et le départ d’Amand Dalem, le paysage politique local se transforme. Le PSC est désormais dans l’opposition, le PS (3) se tournant vers le MR (7) de François Bellot, partageant même le maïorat pendant une demi-législature. En octobre 2000, le MR choisit de faire cavalier seul avec sa majorité absolue, tandis que le PS garde 3 élus. En octobre 2006, le MR s’ouvre à nouveau au PS, en lui accordant un demi-échevinat et deux présidences (CLDR et CCAT) ; le phénomène réellement neuf de ce scrutin est l’émergence d’un jeune candidat PS occupant la 6e place et qui réalise le meilleur score de sa liste (499 vp). À 26 ans, Pierre-Yves Dermagne découvre le Conseil communal de Rochefort et fait ses premières armes. En octobre 2012, l’absence de deux échevins décédés en cours de législature pèse sur la liste MR de François Bellot ; dans le même temps, sous la conduite de P-Y. Dermagne (1.232 vp), le PS (que Rudy Therasse a quitté) s’ouvre à un panel de citoyens et se présente sous l’étiquette POUR. Ce pari est réussi, car le nombre des conseillers communaux étiquetés PS est multiplié par deux (6). Disposant toujours d’une majorité absolue, le MR renouvelle le pacte de majorité en accordant dorénavant un peu plus de place à son partenaire socialiste. P-Y. Dermagne devient Premier-échevin, mais reste le seul de la liste POUR à faire partie du Collège communal. Il est vrai que ses compétences sont multiples : Emploi, Aménagement du Territoire, Environnement, Urbanisme, Économie, nouveau cœur de ville, Rénovation urbaine de Jemelle, embellissement et extension du zoning.
Licencié en Droit de l’Université catholique de Louvain (2003), juriste, militant socialiste, le fils du bâtonnier de Dinant Jean-Marie Dermagne manifeste très tôt un intérêt pour les dossiers wallons : attaché parlementaire de Maurice Bayenet lorsque ce dernier est chef de groupe PS au Parlement wallon, attaché auprès du groupe PS à Namur, conseiller juridique auprès de Philippe Courard, ministre wallon des Affaires intérieures et de la Fonction publique (2007-2009), Pierre-Yves Dermagne suit ce dernier au fédéral : il est alors chef de Cabinet du Secrétaire d’État à l’Intégration sociale et à la Lutte contre la Pauvreté (2009-2010). Comme secrétaire politique, il entre ensuite au Cabinet d’éliane Tillieux, ministre wallonne en charge de l’Action sociale, de la Santé et de l’Égalité des Chances (2010-2012). Dans le même temps, il se décide à devenir avocat, accomplit son stage et s’inscrit au Barreau de Dinant (2010).
Fort actif aussi au Conseil provincial de Namur, où il a été élu dans le district de Ciney en octobre 2006 (1.533 vp, 3e score de sa liste et 9e tous partis confondus), il y exerce le rôle de chef du groupe provincial PS quand il est appelé à succéder à Martine Jacques (malade) à la députation permanente. À cinq mois de l’échéance électorale, P-Y. Dermagne devient, à 31 ans, l’un des plus jeunes députés provinciaux du pays. En charge de la Culture, il hérite des dossiers relatifs au domaine de Chevetogne, à la Maison de la Culture de Namur, aux Centres culturels et à la réforme des Télévisions communautaires (mai 2012). Son mandat s’arrête au soir des élections provinciales d’octobre 2012, car le MR décide de s’allier au cdH et pousse le PS dans l’opposition. Avec 2.590 vp (3e score tous partis confondus, district de Ciney), il obtient la reconduction de son mandat de conseiller provincial, qu’il exerce en même temps que ses fonctions scabinales à Rochefort.
Les élections fédérales anticipées du 13 juin 2010 permettent à P-Y. Dermagne de mesurer sa popularité dans l’ensemble du Namurois : occupant la 3e place, ses 7.145 vp sont encore loin des résultats qu’enregistrent alors les Jean-Marc Delizée, Jean-Charles Luperto, éliane Tillieux et autre Valérie Déom. Mais ce n’est là que sa première campagne législative. Le 25 mai 2014, la responsabilité de mener la liste PS lui est confiée, lors du scrutin wallon, dans la circonscription de Dinant-Philippeville et elle doit rimer avec accession à un mandat parlementaire. Avec 7.158 vp, dans la moitié sud du Namurois, P-Y. Dermagne fait aussi bien qu’en 2010 à l’échelle de toute la province. Son duo avec Christine Poulin (6.451 vp) maintient le PS à son résultat de 2009 (26% contre 27%), en l’absence de J-M. Delizée, mais avec J-Cl. Maene pour pousser la liste. Il reste à égaler les ténors du MR (Bellot, Fournaux) et du cdH (Bastin), mais l’objectif est atteint : en raison du système de l’apparentement, le PS de Dinant-Philippeville décroche deux élus et P-Y. Dermagne retrouve le Parlement wallon, en tant que député cette fois. En raison de son excellent taux de pénétration, il est autorisé (décret spécial wallon du 9 décembre 2010) à exercer son mandat parlementaire tout en conservant son mandat d’échevin, jusqu’à la fin de la législature wallonne. Avec Christine Poulin, il figure parmi les 17 élus « autorisés » (dont 8 socialistes). Il renonce cependant à son siège de conseiller provincial.
Membre de la Commission Environnement-Aménagement du Territoire-Transports et de la Commission des Poursuites, le nouveau député wallon de la majorité rouge romaine est d’emblée l’un des vice-présidents de la Commission des Pouvoirs locaux-Logement-Énergie et de la Commission de Contrôle des dépenses électorales ; jusqu’en janvier 2017, il préside aussi la Commission des Poursuites. Son attachement à l’institution wallonne est profond. En octobre 2015, avec Christophe Collignon et Nicolas Martin, Pierre-Yves Dermagne signe une carte blanche remarquée (La Wallonie est une évidence) en faveur du renforcement de l’autonomie wallonne, plaidant pour la dissolution de la Communauté, la régionalisation de l’enseignement et la convocation d’un Congrès des socialistes wallons. À titre personnel, il ne cache pas vouloir remettre en cause le pacte scolaire de 1959 et sceller un pacte laïque ; républicain, il ne cache pas non plus souhaiter la fin de la monarchie ; il se montre aussi opposé aux politiques répressives (drogues) et attentif à toutes mesures destinées à améliorer la gouvernance.
Membre du Groupe de travail sur la réforme du Code de l’aménagement du territoire (un des dossiers majeurs du gouvernement Magnette), le député Dermagne cherche, avec Dimitri Defourny, un moyen de financer les certificats verts afin de sortir de « la saga du photovoltaïque ». Porteur d’une proposition de résolution en faveur de l’organisation d’un salon international des technologies en Wallonie (2015), il tente un texte de résolution demandant la reconnaissance formelle par la Belgique de l’état de Palestine (2014). En 2015, à la demande du ministre Prévot, il prend en charge, avec Savine Moucheron (cdH) et Philippe Dodrimont (MR), la rédaction d’un rapport sur les campings résidentiels. Fort actif lorsqu’il s’agit de poser des questions aux ministres, il propose plusieurs textes visant à davantage de transparence dans les intercommunales, à établir une stratégie ferroviaire wallonne, à organiser la gestion et la distribution des invendus alimentaires, à lutter contre les discriminations en matière de logement, à centraliser les garanties locatives au niveau régional et à instaurer une grille référentielle des loyers, la matière venant d’être régionalisée, comme la formation à la conduite pour laquelle il demande un cadre régional. Dans le dossier CETA, il vote en faveur de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, il vote en faveur du projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016).
Jusqu’en 2017, P-Y. Dermagne fait partie de la « Commission spéciale relative au Renouveau démocratique » créée en mai 2015 et qui mène une réflexion sur les mesures de bonne gouvernance à mettre en œuvre au niveau régional ou local, visant notamment à améliorer tant la démocratie représentative que la démocratie participative. à la suite de ces travaux, la Wallonie adopte notamment deux décrets qui en font la première entité du pays à adopter le principe d’une consultation d’initiative citoyenne (2019). Cette consultation peut être organisée si une majorité simple des députés le décide ou si sont réunies au moins 60.000 signatures de citoyens belges et étrangers résidant en Wallonie.
En décembre 2016, les révélations de l’échevin d’Olne, Cédric Halin, sur le système de rémunérations au sein de l’intercommunale liégeoise Publifin (ex-Tecteo) font grand bruit. En charge des Pouvoirs locaux, le ministre wallon Paul Furlan est pris dans la tourmente, la presse alimentant quotidiennement ses lecteurs de nouvelles révélations, alors que les députés wallons réclament des explications. Finalement le ministre Furlan jette le gant et Pierre-Yves Dermagne accepte de le remplacer en tant que ministre des Pouvoirs locaux, de la Ville, du Logement et des Infrastructures sportives dans le gouvernement de Paul Magnette (26 janvier 2017). Eddy Fontaine le remplace quant à lui au Parlement de Wallonie. Si elle ne vise plus désormais personnellement le ministre, la pression ne faiblit pas dans le dossier Nethys/Publifin : c’est désormais une Commission d’enquête parlementaire qui est chargée d'examiner la transparence et le fonctionnement du Groupe « Publifin » (février 2017). Présidée par Olga Zrihen, cette Commission se réunit de longues semaines, dans la lumière des médias, et dépose un important rapport final contenant une série de recommandations qui est adopté à l’unanimité du Parlement wallon le 12 juillet. Le nouveau ministre peut par conséquent se consacrer aussi à d’autres dossiers déjà engagés, comme la refonte du Code wallon du Logement et de l’Habitat durable ; validé par le gouvernement wallon en septembre 2016, l’avant-projet de décret est finalement adopté à la fin du printemps 2017 (décret du 1er juin). Par ailleurs, quand il était député, Dermagne était membre du Groupe de travail sur la tutelle et le financement public des cultes par les autorités locales et régionales wallonnes (2016-2017). Quand il devient ministre, il dépose, dès avril, un projet de décret renforçant les obligations des gestionnaires de lieux de cultes, la transparence des financements, l’usage du français et le respect des valeurs démocratiques. Le texte dont l’objectif est de prévenir le radicalisme est adopté dès la mi-mai 2017 à l’unanimité des 70 députés wallons présents, moins la voix d’A-P. Puget.
Mais le dossier Publifin et d’autres affaires de mal gouvernance (comme celle du Samusocial du bourgmestre bruxellois Yvan Mayeur) sapent les relations entre les partenaires cdH et socialistes à un point tel que, le 19 juin, le président du cdH, Benoît Lutgen, en appelle à mettre fin à toute collaboration avec les socialistes. La motion de défiance constructive du 28 juillet renverse le gouvernement de Paul Magnette et installe une nouvelle majorité MR-cdH. Six mois après avoir pris ses fonctions, P-Y. Dermagne doit par conséquent abandonner son poste ministériel, au moment où les textes qu’il avait préparés sur la gouvernance (contrôle accru des intercommunales et décumul ministre-bourgmestre) ont déjà fait l’objet d’un accord en première lecture et ont franchi le cap du Conseil d’état. Néanmoins, il tire la satisfaction d’avoir achevé et de présenter le cadastre des intercommunales et autres structures supra-locales en Wallonie. Le 28 juillet, il retrouve les mandats auxquels il avait dû renoncer en janvier (député wallon, échevin). En septembre, il reçoit une nouvelle mission.
En effet, afin de se concentrer davantage sur ses activités maïorales, Christophe Collignon a décidé de céder le témoin en tant que chef de groupe du PS à Namur, et c’est P-Y Dermagne que le PS choisit pour lui succéder dès la rentrée parlementaire. Membre de la Commission des Poursuites et de la Commission de Contrôle des dépenses électorales (2017-2019), le député wallon multiplie les textes de résolution et de décret. Face à une majorité MR-cdH qui ne peut compter que sur 38 élus sur 75, le chef du principal groupe d’opposition ne ménage pas l’Orange-bleue wallonne. Sur certains dossiers, néanmoins, il apporte les voix du PS ; ainsi en est-il de la réforme des circonscriptions électorales wallonnes (janvier 2018) et, en matière de bien-être animal, de l’adoption du Code wallon du bien-être animal (3 octobre 2018), faisant de la Wallonie une région pionnière. D’autres grandes réformes par contre – réforme des provinces, APE et assurance autonomie – restent en rade, la majorité MR-cdH étant réduite à néant suite à la défection de la MR Patricia Potigny, partie vers la liste Destexhe (mars 2019).
Lors du scrutin wallon du 26 mai 2019, tête de liste dans la circonscription de Dinant-Philippeville, Pierre-Yves Dermagne enregistre un résultat contrasté ; à titre personnel, il améliore son résultat (8.544 vp), mais le PS est en recul (près de 3%) et perd surtout le 2e siège acquis en 2014 suite au système de l’apparentement. à nouveau, son excellent taux de pénétration lui permet de conserver sa fonction exécutive communale. En l’occurrence, lors du scrutin communal d’octobre 2018, les deux partis de la majorité sortante de Rochefort, le MR et le PS, se sont présentés sur une liste unique, CAP 2030-IC et ils ont convaincu deux électeurs sur trois (66%, 17 sièges). Tête de liste, P-Y Dermagne (2.109 vp) dépasse désormais Fr. Bellot (1.546 vp) qui poussait la liste. Les législations interdisant les cumuls des mandats empêcheront les deux leaders de siéger effectivement au Collège communal de Rochefort quand ils exercent comme ministres : Dermagne, bourgmestre empêché (2019), laissera à la MR Corine Mullens (sa dauphine sur la liste, 1.591 vp) la fonction maïorale, du moins jusqu’en juin 2022, moment où le MR Julien Defaux la remplace.
Dès septembre 2019, un accord de majorité est signé à Namur par le PS, le MR et écolo. Dans le gouvernement wallon arc-en-ciel présidé par Elio Di Rupo, Pierre-Yves Dermagne devient ministre et retrouve quasiment les mêmes compétences qu’en 2017 : Logement, Pouvoirs locaux et Politique de la Ville. à nouveau, Eddy Fontaine le remplace au Parlement de Wallonie.
à peine les nouveaux ministres wallons ont-ils prêté serment que ressurgit l’affaire Nethys, test crucial pour les nouveaux locataires de l’élysette. La question semblait réglée depuis l’adoption unanime par le Parlement de Wallonie du rapport et des recommandations de la « Commission d’enquête » (juillet 2017) et l’adoption du « décret gouvernance » porté par Valérie De Bue (29 mars 2018), qui reprenait une partie du travail déjà réalisé par Pierre-Yves Dermagne en 2017. Mais le diable se nichant dans les détails, le ministre wallon P-Y. Dermagne se saisit de tous les outils juridiques à sa disposition pour exercer fermement son pouvoir de tutelle, prendre une série de mesures (mi-septembre), puis imposer, soutenu par le Ministre-Président, des sanctions radicales : les ventes des trois filiales (Elicio, Voo et Win) sont annulées et le conseil d’administration de Nethys est ouvertement mis en cause (6 octobre 2019). à la suite de la démission des administrateurs, les principaux gestionnaires du groupe sont licenciés. Trois membres du management de Nethys (dont Stéphane Moreau) sont évincés sans indemnités. Le dossier, transmis au parquet fédéral, est à mis à l’instruction par le parquet général de Liège. L’attitude du ministre Dermagne est alors saluée par tous les partis politiques, de la majorité, comme de l’opposition.
Restant omniprésente jusqu’à l’éclatement de la crise sanitaire de Covid-19, l’affaire Nethys ne distrait cependant pas le ministre des objectifs fixés par la Déclaration de politique régionale ; tout en assurant la tutelle sur les pouvoirs locaux, il planche sur la manière d’amener les provinces à prendre en charge le financement des zones de secours, sur un système de prêt à taux zéro pour les locataires, sur la création d’une task force pour résoudre le problème des finances communales, sur un plan ambitieux pour rénover les logements publics, et sur le moyen de disposer de 3.000 nouveaux logements publics à l’horizon 2024. Alors que, du côté du fédéral, on est toujours à la recherche d’un gouvernement, le Coronavirus vient interrompre la marche du monde. Pour y faire face, le gouvernement wallon se dote des pouvoirs spéciaux et le ministre Dermagne apporte sa contribution à la gestion de la longue crise sanitaire par des trains de mesures facilitant la gestion quotidienne et de nombreuses aides aux communes.
Expert en matières institutionnelles, négociateur auprès de Paul Magnette pour la formation du gouvernement fédéral, Pierre-Yves Dermagne quitte le gouvernement wallon, le 1er octobre, pour devenir vice-Premier ministre fédéral dans le nouveau gouvernement « Vivaldi » d’Alexander De Croo. Il est en charge de l’économie et de l’Emploi. Dans la déclaration d’investiture, est inscrit l’objectif ambitieux d’un taux d’emploi à 80 % en 2030, en partant de 70,5% en 2019, niveau qui a baissé en raison de la longue crise sanitaire. Alors que le nombre de malades de longue durée augmente, le ministre Dermagne s’emploie à dynamiser le marché du travail. Dans une coalition avec des partis de droite, ses mesures intègrent les sensibilités de tous les partenaires, tout en s’appliquant à tenir la ligne rouge du PS : extension de flexijobs davantage encadrés, instauration d’une semaine des quatre jours, incitants pour que les chômeurs ne se limitent pas aux emplois de leur région, etc. Défenseur du maintien de l’indexation automatique des salaires, le ministre souligne au terme de son mandat que la politique menée a permis l’augmentation du salaire minimum moyen d’environ 400€ net, permettant d’atteindre le montant de 2.030€ (avril 2024), que « le taux d’emploi n’a jamais été aussi élevé en Belgique » et que « le nombre de demandeurs d’emploi complets indemnisés n’a jamais été aussi bas ».
Le 9 juin 2024, il occupe la 1ère place sur la liste PS dans la circonscription de Namur, sollicitant des électeurs un mandat de député fédéral. Avec 14.319 vp, Pierre-Yves Dermagne réalise le 4e résultat de sa circonscription, tous partis confondus.
Mandats politiques
Conseiller communal à Rochefort (2006-05/2012 ; 2012-)
Conseiller provincial de Namur (2006-2012, 2012-06/2014)
Député provincial (mai-octobre 2012)
Échevin de Rochefort (2012-01/2017, 07/2017-2018)
Député wallon (2014-01/2017)
Ministre wallon (janvier-juillet 2017)
Député wallon (07/2017-09/2019)
Chef de groupe PS au Parlement de Wallonie (07/2017-2019)
Ministre wallon (09/2019-10/2020)
Ministre fédéral (10/2020-2024)
Député fédéral (2024-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont La Libre, Le Soir, L’Avenir (2002-2017) ; L’Avenir, 13 mai 2014 ; La Libre, 21 octobre 2015, 6 mai 2016, 27 mars 2024 ; Le Soir, 24 avril 2019, 5-8 octobre 2019, 26 octobre 2019, 17 janvier 2020 ; La DH, 26 octobre 2019
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2021,
Cumuleo (-2023)
Manon Verbeeren, La responsabilité civile des journalistes, UCL, 2016,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon, Ministre wallon
Demeuse Rodrigue
Liège 18/09/1992
Député wallon : 2019-2024
Depuis la première élection directe des députés wallons, le 21 mai 1995, la circonscription électorale de Huy-Waremme qui envoie 4 représentants à Namur présente plusieurs particularités. Jamais le PSC-cdH n’est parvenu à y obtenir un élu ; alors que le PS domine les premiers scrutins, c’est ensuite le MR, à partir de 2004, qui envoie régulièrement deux représentants. Le quatrième siège, quant à lui, échoit pour la première fois à écolo en 1999 (17,45%) et à Jean-Michel Javaux ; après un net recul en 2004, écolo y réalise son meilleur résultat historique en 2009 avec plus de 25% des voix et l’élection de Christian Noiret ; en 2014, le siège s’envole du côté du PTB-Go ! qui, malgré 6,45%, bénéficie du système de l’apparentement provincial liégeois. Enfin, le 26 mai 2019, écolo parvient à retrouver un élu, en obtenant le suffrage de plus de 20.000 électeurs (16,5%) et c’est sa tête liste, Rodrigue Demeuse (3.518 vp), 27 ans, qui prête serment à Namur.
Hutois de toujours, Rodrigue Demeuse y a effectué ses études secondaires au Collège Saint-Quirin (2004-2010), avant de s’envoler un an aux états-Unis, où il décroche un diplôme à la Hobbs High School (Nouveau Mexique, 2011). Après trois années de bachelier en droit à l’Université de Namur, il achève à l’Université de Liège son parcours de juriste, avec un master de droit à finalité droit public et administratif (2016), puis un master complémentaire en droit fiscal (ULiège, HEC). C’est par conséquent un assistant en droit constitutionnel de l’Université de Namur (2016-) et avocat au Barreau de Liège qui se présente le 26 mai 2019 au suffrage des électeurs de la circonscription de Huy-Waremme, comme candidat au Parlement de Wallonie, non sans avoir déjà manifesté ses idées en faveur de l’écologique politique durant son parcours estudiantin.
En 2012, en effet, il rejoint écolo J, la section des jeunes du mouvement écolo et, dans le même temps, il se porte candidat aux élections communales à Huy (octobre). Occupant la cinquième place, il reçoit le soutien personnel de 237 électeurs et réalise ainsi le 4e score des Verts emmenés par Denis Léonard. Avec cinq conseillers communaux et près de 17%, écolo qui ne présentait pas de liste en 2006 et qui avait réalisé un peu plus de 10% (2 élus) en 2000, effectue un retour remarqué sur l’échiquier politique hutois, au moment où le PS local perd sa majorité absolue (32%, -14%) et ne conserve que 10 sièges (-3), tandis que la liste POURHUY emmenée par Anne-Marie Lizin convainc 18% de l’électorat et obtient 5 élus. Le MR (13% et 3 s.) et idhuy (14%, 4 s.) complètent le paysage politique désormais éclaté de Huy, où toutes les combinaisons politiques paraissent possibles. En choisissant de faire alliance avec le MR et idhuy (tendance cdH), le PS d’Alexis Housiaux garde l’hôtel de ville, dont le bourgmestre confiera les clés, à mi-législature, à Christophe Collignon. Pour écolo, c’est donc l’opposition où le jeune Demeuse fourbit ses armes. Le 25 mai 2014, le co-président de la régionale écolo J Huy-Waremme (2012-2015) prend part à la triple campagne électorale, choisissant le scrutin fédéral : il figure en 7e position sur la liste des suppléants écolo en province de Liège (1.662 vp).
Très actif sur le terrain, administrateur du Centre Hospitalier Régional de Huy (2014-2019), secrétaire de la régionale écolo Huy-Waremme (2024-2015), puis co-président (2016-2020), il est choisi par sa régionale pour emmener écolo lors des communales d’octobre 2018. Le résultat est probant, écolo progresse de 5,6% (22,6%) et gagne 2 sièges (7) pour devenir nettement la deuxième force politique de Huy. Avec 901 vp, Demeuse signe le 3e score tous partis confondus (derrière les socialistes Christophe Collignon – 2.198 vp, et étienne Roba – 958 vp). En progrès (+ 3% et + 2 s.), le PS n’a pas retrouvé sa majorité absolue (35,3%, 12 s.), mais n’a que l’embarras du choix – 5 listes ont des élus – pour signer le nouveau pacte de majorité. En optant pour la poursuite de sa collaboration avec le MR (3) et idhuy (2), le PS de Christophe Collignon érige ipso facto écolo comme la principale force d’opposition hutoise et Rodrigue Demeuse son principal adversaire politique.
Cette rivalité s’accentue le 26 mai 2019 quand les deux hommes s’affrontent au scrutin régional wallon ; la tête de file socialiste reste néanmoins la plus populaire (11.579 vp), loin devant Rodrigue Demeuse (3.518 vp) tête de liste et Jean-Michel Javaux (3.968 vp) dernier suppléant, mais c’est le MR de Caroline Cassart-Mailleux (9.003 vp) et de Manu Douette (7.010 vp) qui obtient deux élus. Tous ces adversaires en terres hesbignonnes se retrouvent cependant ensemble, associés dans la même majorité PS-MR-écolo, quand ils se retrouvent au Parlement de Wallonie. Dès septembre 2019, ils soutiennent en effet tous les quatre les grands axes de la Déclaration de politique régionale qui met l’accent sur une transition à la fois sociale, économique et environnementale.
Pour sa part, celui qui est l’un des deux benjamins de l’assemblée wallonne est membre de la Commission Logement-Pouvoirs locaux et de la Commission des Poursuites durant cette législature wallonne marquée par la crise sanitaire de la Covid-19, les inondations de juillet 2021, la guerre en Ukraine et la crise énergétique (2019-2024). Il est aussi choisi par son parti comme sénateur désigné pour représenter la Wallonie dans l’ancienne haute assemblée qui se cherche une nouvelle identité. Très actif au sein de la Commission du Renouveau démocratique, de la Citoyenneté et des Affaires internationales, Demeuse y propose de transformer le Sénat en chambre citoyenne, d’en faire une assemblée permanente, composée de citoyens âgés de 16 ans minimum, tirés au sort, et appelés à siéger un ou deux ans (juillet 2020).
Toujours dans le domaine de la participation citoyenne et de l’amélioration de la démocratie, le député wallon est l’un des signataires, à Namur, d’un texte consacrant le droit pour l’auteur d’une pétition d’être entendu, proposition qui est intégrée dans le Règlement du Parlement de Wallonie (septembre 2020). Il se mobilise ensuite en faveur de la constitution de commissions délibératives composées de députés wallons et de citoyens tirés au sort. Initialement déposée en 2016 par S. Hazée et H. Ryckmans, cette proposition qui permet à l’assemblée wallonne de constituer, d’initiative ou à l’initiative des citoyens, des commissions délibératives mixtes composées de 10 parlementaires et de 30 citoyens tirés au sort pour débattre d’une problématique et élaborer des recommandations, est désormais inscrite aussi dans le Règlement du Parlement de Wallonie (ROI, 28 octobre 2020). Dans la foulée, il se préoccupe de la question de la protection des données privées (RGPD). D’octobre 2023 à février 2024, le député wallon consacre plusieurs dimanches à suivre, à Namur, les travaux de la première Commission délibérative citoyenne (30 citoyens tirés au sort et 10 députés) qui se conclut par une quarantaine de recommandations destinées à approfondir la participation citoyenne.
Contribuant à la fin des primes pour le photovoltaïque, le député wallon introduit des propositions pour résoudre les problèmes liés à la disparition des guichets automatiques bancaires, et s’attèle à la mise en place de mesures destinées à lutter contre la précarité étudiante et à améliorer les conditions de vie des étudiants, voire à favoriser la construction de logements publics spécifiques. Rodrigue Demeuse se préoccupe aussi de pallier les conséquences de la Covid-19, des inondations et de la crise de l’énergie sur les finances des communes wallonnes ; il fait d’autres propositions, dont une taxation différenciée pour les mobil-homes (revenant sur une mesure prise par le ministre Crucke), ou des mesures
Préoccupé par l’avenir des centrales nucléaires dont il réclame la fermeture (2016/2017), le député hutois s’inquiète de l’avenir du site de Tihange, refusant qu’y soit développée une infrastructure permettant stockage et traitement des déchets, et encourage le développement à Huy d’un tourisme de qualité, misant sur le patrimoine exceptionnel.
Le 9 juin 2024, Rodrigue Demeuse est à nouveau tête de liste écolo dans la circonscription de Huy-Waremme, sollicitant des électeurs la reconduction de son mandat de député wallon. En perdant plus de 9%, écolo réalise son résultat historiquement le plus faible (7,35%) depuis la première élection directe des députés wallons le 21 mai 1995, perdant plus de la moitié de ses électeurs de 2019. à titre personnel, le député sortant perd un tiers de ses voix de préférence (2.156 vp). En octobre, Rodrigue Demeuse est candidat-bourgmestre et tête de liste du Mouvement citoyen Huy en Commun.
Mandats politiques
Conseiller communal à Huy (2012-)
Député wallon (2019-2024)
Sénateur représentant la Wallonie (2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont Le Soir, 10 juillet 2020, 30 décembre 2023, 3 mai 2024
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Delporte Valérie
Enghien 20/02/1968
Députée wallonne : 2019-2024
A Sombreffe, la concurrence électorale est rude entre le PS, les Intérêts communaux et les libéraux. Au moment de la fusion des communes (Sombreffe, Tongrinne, Boignée, Ligny), la liste Intérêts communaux, de forte tendance PSC, détient la majorité à l’hôtel de ville, Ulysse Hubaux étant le premier bourgmestre du « grand Sombreffe » (1977-1982). En octobre 1982, le PS renverse la table et l’ancien bourgmestre de Tongrinne (1965-1976), Léon Keimeul prend les rênes de la commune namuroise pour quelques années, s’appuyant sur une forte majorité absolue (10 sièges sur 17, en 1988). à ses 65 ans, il décide de passer le relai à Roger Bastin (1992), que les électeurs soutiennent en octobre 1994. En cours de législature, cependant, Roger Bastin accepte de remplacer Michel Warnon décédé et devient député permanent (mars 1999) ; il confie les clés de la Maison communale de Sombreffe à Nicole Docq pour les derniers mois de la législature. Fourbissant ses armes, l’opposition se présente alors unie sur une liste PRL-IC qui récolte 44,32% des voix et 9 sièges (octobre 2000). En face, le PS réalise 42,13% et conserve lui aussi 9 sièges. Alors qu’une liste FN attire 2,5%, de l’électorat écolo avec ses 11,06% se retrouve en position de faiseur de roi, avec un seul élu. En choisissant le changement, écolo envoie le PS dans l’opposition et étienne Bertrand à l’hôtel de ville. Six ans plus tard, avec 65 électeurs de plus (11,7%), écolo double ses représentantes au Conseil communal (Brigitte Maroy et Anne-Sophie Hubaux, petite-fille de l’ancienne bourgmestre), tandis que le PS s’écroule (27,5%, 6 s.), le MR reprend son indépendance (13,3%, 2 s.) et la Liste du Bourgmestre avec quelques dissidents du MR garde 41,4% et 9 sièges. En position de choisir son partenaire de majorité, le bourgmestre étienne Bertrand garde sa confiance à Brigitte Maroy, Première échevine sortante, Sombreffe continuant à être une des rares communes de Wallonie avec une présence écologiste dans la majorité. Pourtant, en cours de législature, Sombreffe est secoué par une révolution de palais. Voyant sa majorité s’effilocher au fil des jours, étienne Bertrand change de partenaires ; une motion de défiance constructive est adoptée qui conduit à l’éviction des écolos, ainsi que de deux échevins libéraux (MR-LDB). Se met alors en place une nouvelle majorité PS-IC-LdB, où les socialistes Nicole Docq et Olivier Romain deviennent échevins. Ce n’est que le commencement d’une transformation du paysage politique local, la période des transferts s’étalant bien avant l’échéance d’octobre 2012.
C’est dans ce contexte que Valérie Delporte choisit de militer au sein de la section locale écolo de Sombreffe. Jusqu’alors, celle qui avait réalisé ses humanités au Collège saint-Augustin à Enghien avait surtout été active dans les mouvements de jeunesse, au sein de la Ligue des familles ou comme syndicaliste. Par ailleurs, elle travaille comme secrétaire à l’Institut d’études européennes à l’Université catholique de Louvain, au moment où elle s’engage en politique sur le plan local d’abord.
En octobre 2012, elle se présente pour la toute première fois devant les électeurs, avec déjà le statut de tête de liste (164 vp), alors que Brigitte Maroy (174 vp) occupe la dernière place. Elles seront toutes les deux élues, écolo progressant de 1,44% (13,14%) sans toutefois décrocher de siège supplémentaire. Quant à la Liste du Bourgmestre, étienne Bertrand (1.311 vp), elle a misé sur le pluralisme (accueillant notamment la tête de liste socialiste de 2006, Jacques Bernard, 350 vp) et a recherché la majorité absolue ; la stratégie n’a cependant pas payé et la LdB est en léger recul (40,15%), la vingtaine de voix perdues lui coûtant un siège précieux (8). Du côté du MR, que conduit désormais un Philippe Leconte qui figurait sur la LdB en 2006 (515 vp), la liste progresse de plus de 12% et gagne trois sièges (25,5%, 5 s.), alors que le PS d’Olivier Romain (500 vp) accuse un nouveau recul (21,2%, 4 s.). L’arithmétique électorale permet de nombreux scénarios à Sombreffe, mais très vite MR-PS et écolo s’entendent pour renverser étienne Bertrand et, dans le nouveau Collège dirigé par Philippe Leconte, chaque parti obtient deux échevins. Valérie Delporte, à peine élue, devient la nouvelle présidente du CPAS, tout en ayant en charge le Logement et la Politique des Aînés.
Dès septembre 2013, l’échevine crée le Conseil consultatif communal des Aînés (CCCA), mettant ensuite en place des ateliers collectifs d’insertion sociale. Administratrice des asbl En Chemin, Les Bib’Z (-2015), Pomme d’Happy et Le P’tit Matelot, elle représente également écolo au sein du Foyer Namurois (2013-2017), de l’Agence immobilière sociale des Cantons de Gembloux et Fosses, dont elle est la trésorière (2013-2019) et devient la vice-présidente de l’Association chapitre XII, Médiation de dettes (2013-2019). Après un début en fanfare, la législature communale s’achève dans un certain désordre, les divisions gagnant les rangs de la majorité comme de l’opposition. En octobre 2018, les électeurs se voient proposer deux listes « de rassemblement » menées par les deux derniers bourgmestres – la liste IC-MR conduite par étienne Bertrand (1.300 vp) et la liste CI-LdB du bourgmestre sortant Philippe Leconte (748 vp) – ainsi qu’une liste DéFi et celle des écologistes emmenée par Valérie Delporte. En dépassant les 20%, écolo double ses représentants au Conseil communal, sa cheffe de file réalisant 324 vp. Alors que DéFi prend un siège, étienne Bertrand réalise son objectif : disposer de la majorité absolue (46% et 10 sièges), tandis que la liste du bourgmestre (sortant) se contente de 23% et de la moitié de ses sièges (4). Le nouveau bourgmestre ne partage pas sa majorité et c’est comme cheffe de groupe écolo que Valérie Delporte se retrouve dans l’opposition.
Jusqu’en octobre 2018, la Sombreffoise n’a mené de campagnes électorales qu’au niveau communal ; dans la perspective du triple scrutin du 26 mai 2019, elle se laisse convaincre d’occuper une place de combat, en tant que deuxième effective, sur la liste écolo menée par Stéphane Hazée dans la circonscription de Namur. à l’exception de 2004, écolo a toujours obtenu au moins un député wallon dans son fief historique ; avec près de 22%, 2009 fut un scrutin mémorable qui ne rapporta qu’un siège, alors qu’en 1999, le résultat de 20,43% avait donné droit à deux élus. Le millésime 2019 s’avère original : 16,76% et deux élus, Stéphane Hazée (6.963 vp) et Valérie Delporte (4.419 vp) étant les deux meilleurs faiseurs de voix de la liste verte (en progrès de 6,5% par rapport à 2014).
Membre de la majorité PS-MR-écolo, la députée wallonne est membre de la Commission Logement-Pouvoirs locaux (2019-2024). Comme ses collègues, elle entend appliquer les grands axes de la Déclaration de politique régionale, mettant l’accent sur une transition à la fois sociale, économique et environnementale. Des événements exceptionnels – la Covid-19, les inondations de juillet 2021, l’offensive russe contre l’Ukraine – viendront secouer une législature wallonne au cours de laquelle Valérie Delporte apporte sa voix aux multiples plans et mesures de la majorité. Avec ses collègues Laurent Devin (PS), éric Lomba (PS), Sybille de Coster-Bauchau (MR), Yves Evrard (MR) et Stéphane Hazée (écolo), elle est notamment à l’origine du décret relatif au bail d’habitation limitant l’indexation des loyers en fonction du certificat de performance énergétique des bâtiments. Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle préside la Commission Enfance-Santé-Culture-Médias-Droits de l’Homme. En mars 2021, elle renonce à son mandat communal pour mieux se consacrer à ses activités parlementaires.
Le 9 juin 2024, elle est 7e suppléante, occupant la dernière place sur la liste écolo dans la circonscription de Namur, lors du scrutin wallon, réalisant 1.145 voix de préférence.
Mandats politiques
Conseillère communale à Sombreffe (2012-03/2021)
Échevine et présidente du CPAS (2012-2018)
Députée wallonne (2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont Le Soir, 1er août 2006, 19 octobre 2006, 24 octobre 2008, 3, 4, 5 et 12 novembre 2018, 17 octobre 2012 ; La DH, 29 mai 2019
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Cornillie Hervé
Tournai 07/10/1979
Député wallon : *2019-2022*
Au moment de la formation du gouvernement Di Rupo III, Jean-Luc Crucke devient ministre au sein d’une majorité arc-en-ciel, PS-MR-écolo. Il abandonne par conséquent le siège de député wallon où il a été élu le 26 mai 2019 dans la circonscription de Tournai-Ath-Mouscron. C’est Hervé Cornillie qui le remplace au Parlement de Wallonie (16 septembre 2019). Deuxième suppléant sur la liste MR emmenée par Jean-Luc Crucke et Alice Leeuwerck, Cornillie a réalisé le meilleur résultat des suppléants (3.572 vp), mais Véronique Durenne, tête de liste des suppléants (2.908 vp), a bénéficié de la dévolution des voix et est restée la première en ordre utile pour remplacer un éventuel effectif en impossibilité de siéger à Namur. Et très vite (juin), le cas se présente, Alice Leeuwerck préférant son mandat communal à son mandat régional, en vertu du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons. Dès lors, quand J-L. Crucke devient ministre, Hervé Cornillie prête serment, les deux suppléants de la circonscription siégeant au Parlement de Wallonie. Avec Hervé Cornillie, c’est un « ancien » municipaliste et militant libéral de longue date, connaissant bien les coulisses parlementaires, qui rejoint l’assemblée régionale. En effet, pendant près de vingt ans, il a été fortement impliqué dans la vie communale de Leuze-en-Hainaut, avant d’annoncer son départ au printemps 2018 alors qu’il était « Premier échevin sans compétence » dans le Collège dirigé par le cdH Christian Brotcorne.
Arrivé en politique dans les années 1990, au moment où l’actualité était marquée par des affaires de corruption, de dioxine et d’enlèvement d’enfants, il est d’abord responsable des Jeunes étudiants libéraux, quand il mène ses études en économie et en Gestion à l’UCL, dont il sort bachelier en 2000, puis en Sciences politiques aux Facultés universitaires catholiques de Mons, où il obtient son master en 2003. Responsable des Jeunes MR, il se présente pour la première fois aux élections communales en octobre 2000, à Leuze-en-Hainaut. Soutenu par le bourgmestre Jean-Pol Renard, il est élu conseiller communal et se voit confier la présidence de la Commission Jeunesse, fonction qu’il met à profit pour relancer les plaines de vacances.
Président de la Fédération des Jeunes Réformateurs du Hainaut occidental (1999-2008), le jeune Cornillie devient l’un des collaborateurs (2003-2004) de Hervé Hasquin, ministre-Président du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Administrateur de l’IPALLE, d’IDETA et de l’IEH (2001-2007), il devient ensuite rédacteur à l’Union nationale des Mutualités libérales (2004-2006), avant de redevenir collaborateur parlementaire entre 2006 et 2008, cette fois de Jean-Luc Crucke. « Junior Developer » chez Yves Rocher de 2008 à 2009, collaborateur au service qualité et plaintes de Bpost (2010), Cornillie devient le directeur de la Ligue Handisport francophone (septembre 2010-février 2013). Il est ensuite responsable à temps partiel de services administratifs et financiers au Belgian Paralympic Comittee (février-septembre 2013), avant d’être engagé au Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (octobre 2013-mars 2014), où il remplit une mission ponctuelle pour le Service-Handicap de UNIA. Redevenu collaborateur parlementaire de Jean-Luc Crucke, il découvre les travées du Parlement de Wallonie (décembre 2013-novembre 2015).
Entretemps, avec 36% des voix et 9 élus, le PRL-MCC de la législature 2000-2006 est le premier parti de l’entité de Leuze, statut que le MR renforce en 2006 (38,27%, 10 sièges), au moment où les voix de préférence commencent à déterminer les fonctions au Collège communal (Code wallon de la démocratie locale adopté en décembre 2005) : or, en octobre 2006, Jean-Pol Renard, bourgmestre sortant (1.108 vp), est précédé par le 3e candidat de sa liste, Lucien Rawart (1.215 vp) qui devient dès lors le nouveau maïeur. En 9e place, Cornillie (759 vp) signe le 4e meilleur résultat et devient échevin en charge de la Jeunesse, des Finances, du Développement rural, du Commerce, des Classes moyennes, des Activités festives, des Jumelages et de la Régie communale autonome. Quant au partenaire de majorité, la liste Idées (tendance PSC, cdH) emmenée par Christian Brotcorne, il renforce aussi sa position en 2006 (29,4%, + 5%) et 7 sièges (+1). Six ans plus tard, en octobre 2012, le paysage politique local est chamboulé par la progression d’IDEES (39%, + 9,7%) qui s’empare de 10 sièges et devient le premier parti de la commune. En recul de 2,6% (35,6%), le MR perd un siège (9), tandis que le bourgmestre Lucien Rawart, tête de liste (1.245 vp), est aussi largement battu par Hervé Cornillie (1.442 vp), qui occupait la 7e place. Avec 2.376 vp, c’est Christian Brotcorne qui devient le nouveau bourgmestre, les deux anciens partenaires, IDEES et MR, décidant de continuer l’aventure ensemble et de signer un pacte de majorité où le MR Hervé Cornillie est Premier échevin, en charge du Développement économique, de l’Emploi, des Travaux, des Marchés publics, de la Flotte automobile, des Bâtiments publics (hors cultes), de l’énergie, de l’Agriculture, du Développement rural, de la Pêche, de la Mobilité, du Tourisme et de la Régie communale ; il prend aussi en charge la coordination du projet de Plan de cohésion sociale.
Pourtant, très vite, le Premier échevin souhaite accélérer une série de dossiers (en matière de rénovation urbaine – comme le projet de la Grand-Place –, de propreté, de fiscalité) et tente de former une majorité alternative qui, forte de ses voix de préférence, lui donnerait la fonction de bourgmestre. Menée durant l’été 2015, sa tentative de putsch échoue, sa motion de défiance se retournant contre lui. Refusant de quitter le Collège qu’il voulait dissoudre, l’échevin Cornillie est privé de toutes ses compétences (août 2015) qu’exerce désormais l’ancien bourgmestre MR, Lucien Rawart, déjà en charge de la présidence du CPAS. Après deux années assez tendues, Hervé Cornillie décide de faire un pas de côté et renonce à sa fonction d’échevin et à son mandat de conseiller communal (mars 2018) ; administrateur du comité de jumelage Leuze-Ouagadougou (2017-), il ne se présente pas non plus au scrutin communal d’octobre 2018, où la liste du bourgmestre cdH (1.360 vp) perd deux sièges (8) et plus de 10% (29,5%), alors que son partenaire de majorité, le MR perd aussi un siège (8), mais, avec un meilleur résultat d’ensemble, redevient la première force politique de Leuze (30,86%).
S’il doit renoncer, en 2018, à siéger notamment comme administrateur de la Régie communale autonome et de la SWDE, où il était président puis vice-président du Conseil d’exploitation Escaut-Lys-Dendre depuis 2007, Cornillie ne tourne pas le dos à l’action politique. Membre du comité de la Fédération MR du Hainaut occidental, il reste secrétaire politique de la section MR de Leuze, fonctions qu’il exerce depuis le début des années 2000. Collaborateur parlementaire de Jean-Luc Crucke (juillet 2016-février 2017), il devient son secrétaire particulier (septembre 2017-septembre 2019) quand J-L. Crucke devient ministre wallon, après le renversement du gouvernement de Paul Magnette durant l’été 2017. Le 26 mai 2019, Cornillie se présente au scrutin wallon, avec le résultat que l’on sait. En juin 2009, il avait déjà été candidat, occupant la 7e position des effectifs (3.962 vp), réalisant alors le 3e meilleur score derrière J-L. Crucke et Chantal Bertouille et lors du scrutin fédéral anticipé du 23 juin 2010, 3e suppléant, il avait totalisé 4.490 vp dans le Hainaut. à l’automne 2019, il apporte clairement son soutien à Georges-Louis Bouchez candidat à la présidence du MR.
Membre de la Commission de Vérification des pouvoirs et membre de la Commission chargée des Questions européennes (2019-2022), le nouveau député wallon est rapidement confronté à la crise sanitaire de la Covid-19 et aux mesures à prendre en la matière. Membre de la Commission Budget-Infrastructures sportives, il est notamment le rédacteur – avec Thierry Witsel (PS) et Christophe Clersy (écolo) – d’un rapport sur une meilleure utilisation des infrastructures sportives disponibles dans les écoles ; pointant le potentiel globalement inexploité des salles, terrains et piscines en dehors des heures de cours, ils plaident pour un accord entre la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles pour permettre aux athlètes et aux clubs d’occuper ces infrastructures en soirée ou durant les week-ends (septembre 2020).
Ayant pris l’habitude des questions parlementaires quand il était assistant, Hervé Cornillie multiplie les interventions en séance plénière auprès de tous les ministres, surtout sur les dossiers relatifs à la Wallonie picarde. S’assurant notamment de la présence de la rénovation de la Grand-Place de Leuze et de la RN 60 dans le Plan Infrastructures 2020-2026 porté par le ministre Philippe Henry, il s’inquiète aussi de l’avenir du château de Templeuve, des ponts de l’entité de Bernissart ou de l’élargissement du canal Nimy-Blaton aux bateaux de 2.000 tonnes. Par ailleurs, quand la pandémie de la Covid-19 nécessite des mesures d’urgence et que le Parlement de Wallonie accorde des pouvoirs spéciaux à son gouvernement, il est choisi par son parti pour siéger au sein de la « Commission spéciale chargée de contrôler l’action du gouvernement wallon dans le cadre de la crise sanitaire de la Covid-19 » (avril-juin 2020).
Soutenant une résolution en faveur d’une politique ambitieuse de végétalisation des bâtiments publics dans le cadre de la stratégie immobilière 2020-2024, favorable à l’incitation des monnaies complémentaires tant dans la crise Covid-19 que pour la relance de la Wallonie, décidé à lutter contre la précarité étudiante et à améliorer les conditions de vie des étudiants, inquiet sur l’avenir des piscines publiques en l’absence de gestion mutualisée par les communes, le député Cornillie dépose aussi un amendement, avec Eddy Fontaine (PS), Laurent Devin (PS), Manu Disabato (écolo), Christophe Clersy (écolo) et Jean-Paul Wahl (MR) dans le dossier de la Boucle du Hainaut – ligne à haute tension 380 kV entre Avelgem et Courcelles – , où il relaie les considérations de nombreux acteurs : il obtient que le gouvernement wallon examine la pertinence du besoin de l’infrastructure envisagée, que soient analysés tous les éléments liés à sa justification, dans le respect des compétences fédérales en matière d’énergie, en particulier le transport, et d’envisager des alternatives techniques (novembre 2020). Il s’agit de prendre en considération les aspects paysagers, sur la santé, sur l’environnement et sur l’aménagement du territoire. Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Hervé Cornillie est d’abord membre de la Commission Éducation (septembre 2019-août 2020), puis membre de la Commission de l’Enseignement supérieur, des Sports et de la Jeunesse (septembre 2020-janvier 2022). Il participe aussi aux travaux du groupe de travail portant sur le cours d’éducation à la citoyenneté et à la philosophie (EPC).
En janvier 2022, quand J-L. Crucke démissionne de ses fonctions de ministre wallon et récupère son siège de député wallon, Hervé Cornillie espère encore retrouver l’assemblée wallonne au moment où J-L. Crucke serait nommé à la Cour constitutionnelle. Par ailleurs, en 2021, Cornillie a repris des études, afin d’obtenir l’agrégation de l’enseignement secondaire supérieur à la FUCAM (2022) ; il réussit aussi, en 2023, le Certificat interuniversitaire en management des organisations sportives à la Belgian Olympic Academy (Université de Gand-UCLouvain). Il cultive aussi une certaine passion pour les moteurs automobiles. Depuis 2007, il est administrateur du Musée communal de l’automobile de Leuze, le Mahymobiles qui a ouvert ses portes en 2000 dans l’ancienne usine textile Ernaelsteen et qui expose la collection privée de la famille Mahy. Avec l’aide d’IDETA et de la Région wallonne, ce musée qui contient plus de neuf cent cinquante voitures, soixante motos, une collection de vélos, des voitures pour enfants, quelques calèches et traîneaux, met en évidence le développement automobile à travers tous ses aspects.
En attendant que J-L. Crucke obtienne son poste à la Cour constitutionnelle, Hervé Cornillie devient le secrétaire général de la Fédération motocycliste wallonne de Belgique (juin 2022-décembre 2023), asbl créée en 2000 et qui rassemble une soixantaine de cercles et de clubs. Mais finalement, J-Luc Crucke renonce à la Cour constitutionnelle et demeure député, ralliant d’ailleurs le mouvement Les Engagés. Ne le suivant pas dans son cheminement politique, Hervé Cornillie reste profondément attaché à la famille libérale et, en janvier 2024, il devient conseiller auprès du ministre wallon qui a succédé à J-L. Crucke, le MR Adrien Dolimont, en charge notamment des Finances, du Budget et des Aéroports.
Le 9 juin 2024, Hervé Cornillie est 4e candidat effectif au scrutin fédéral, dans le Hainaut, derrière Georges-Louis Bouchez, Julie Taton et Denis Ducarme. Avec 8.246 vp, il signe le 6e score de sa liste et obtient le 4e des 5 sièges décrochés par le MR. Par ailleurs, en vue du scrutin communal d’octobre 2024, le MR lui a confié, dès janvier, la tête de liste à Leuze qui a perdu son bourgmestre, Lucien Rawart en fin de législature (décédé le 7 avril 2024).
Mandats politiques
Conseiller communal à Leuze-en-Hainaut (2000-03/2018)
Échevin (2006-03/2018)
Député wallon (09/2019-01/2022)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont La DH, 16 avril 2018, 9 juillet 2020
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2022,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Collin René
Fisenne 29/04/1958
Ministre wallon : 2014-2019
Député wallon : 2019-2024
Dans l’histoire des institutions politiques wallonnes, il n’est pas rare qu’un extra-parlementaire soit désigné à une fonction ministérielle. Depuis Guy Coëme en 1981, William Ancion, Charles Michel, Marie Arena… et bien d’autres n’étaient pas parlementaires au moment où ils ont été désignés ministres dans un exécutif wallon ; certains n’avaient jamais exercé de mandat antérieurement, d’autres avaient été élus à d’autres niveaux de pouvoir. C’est à cette dernière catégorie qu’appartient René Collin quand il est désigné à une fonction ministérielle dans le nouveau gouvernement wallon, en juillet 2014, à majorité PS-cdH, présidé par Paul Magnette. Dixième ministre extra-parlementaire au niveau wallon, René Collin possède en effet une très longue expérience d’exercice des responsabilités politiques quand il arrive à Namur.
Originaire de Fisenne où son père était facteur et sa mère agricultrice, René Collin a terminé des humanités classiques au Collège Saint-François, à Marche-en-Famenne, avant de s’orienter vers le Droit. Licencié en Droit de l’Université catholique de Louvain (1980), il fait partie des premières cohortes d’étudiants à sortir de la « nouvelle » cité universitaire implantée en Brabant wallon. Inscrit au Barreau de Marche, il s’installe comme avocat dans la capitale de la Famenne ; à diverses reprises, il a l’occasion de plaider en correctionnelle et en cour d’Assises ; il a notamment été le défenseur du commissaire de police Michel Demoulin, chef d’enquête écarté, dans un dossier périphérique à l’Affaire Dutroux. Mais progressivement, c’est à la politique qui va principalement se consacrer René Collin.
Six ans après la fusion des communes d’Amonines, de Mormont, de Soy et d’érezée, il se porte candidat sur une liste PSC au suffrage des 1.600 électeurs du « grand » érezée. En 1976, le PSC de Jacques Bonjean avait remporté la majorité absolue (49,6% et 6 sièges) ; en 1982, deux listes s’affrontent et le PSC renforcé frôle les 80%, ne laissant qu’un seul mandat à son adversaire du renouveau communal. C’est là que commence le parcours politique de René Collin qui est élu conseiller communal PSC et désigné à la présidence du CPAS (1982-1988). En octobre 1988, trois listes se présentent sans priver le PSC d’une large majorité absolue (54,2%) et René Collin devient échevin ; le PSC atteint 59% en octobre 1994 quand il devient bourgmestre, plus exactement quand il entame sa première législature en tant que « maïeur », la passation de pouvoir entre Jacques Bonjean, l’ancien, et René Collin, le nouveau, s’étant effectuée plusieurs mois avant le scrutin de 1994. Cette année-là, le PSC avait raté un 8e conseiller communal à une voix près. En octobre 2000, sous la bannière « Action », le PSC conserve 56,1% des électeurs, mais ses adversaires se sont réunis sur une seule liste ; la majorité de René Collin (803 vp) est par conséquent réduite à 6 sièges (-1) sur les onze du Conseil communal. Ce résultat d’octobre 2000 est davantage qu’un avertissement. Incarnant une volonté de changement, l’opposition « Intérêts communaux » (53,1%) parvient à renverser, en 2006, la majorité absolue que détenait le PSC-cdH depuis trente ans. En perdant 9%, la liste « Action » de René Collin (699 vp) se retrouve à 5 sièges (46,9%) contre 6 pour le nouveau bourgmestre Michel Jacquet (744 vp). Il n’y aura pas de revanche : en octobre 2012, la liste du maïeur (955 vp) conforte sa majorité (57,8%) et, dans un Conseil communal élargi, gagne deux sièges (8), laissant la liste conduite par Jean-François Collin – le neveu – (687 vp) et poussée par René Collin (553 vp) à 5 sièges (42,2%). Il est vrai que depuis 2006, René Collin ne siège plus à érezée, étant appelé à d’autres fonctions.
René Collin s’est en effet tourné vers d’autres niveaux de pouvoir, avec un point commun permanent, le fait d’être systématiquement aux prises avec la compétence de l’Agriculture, voire du Tourisme. Secrétaire politique de Charles-Ferdinand Nothomb lorsque celui-ci était vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur (1981-1986), René Collin reste en contact avec le niveau politique national quand il devient conseiller auprès de Paul De Keersmaeker, Secrétaire d’État aux Affaires européennes et à l’Agriculture (1986-1992). En 1995, après avoir pris ses fonctions de bourgmestre et alors que se réalise le transfert d’importantes compétences vers la Wallonie, René Collin devient le chef de Cabinet de Guy Lutgen, ministre wallon de l’Agriculture (1995-1999).
Lors du triple scrutin du 13 juin 1999, où Guy Lutgen n’est plus candidat, René Collin se présente aux élections régionales et rassemble 7.000 voix sur son nom, mais il n’est pas élu. Alors que le « nouveau PSC » connaît sa première véritable période d’opposition à tous les échelons de pouvoir, il contribue à la reconstruction du parti et à sa transformation. En septembre 2003, il accepte la présidence de la Fédération luxembourgeoise d’un cdH en pleine refondation et de relever pas mal de défis. C’est à titre de soutien qu’il prend part aux élections fédérales du 10 juin 2007 (14e place pour le Sénat et 19.063 vp dans le collège français) et du 23 juin 2010 (15e place pour le Sénat, 20.342 vp) ; il n’entendait pas être élu. Le 25 mai 2014 non plus, quand il occupe la 4e et dernière place de la liste emmenée par Benoit Lutgen dans la circonscription provinciale du Luxembourg pour la Chambre fédérale (13.195 vp). En dehors des enjeux communaux, c’est le niveau provincial qui intéresse principalement René Collin.
Depuis 1985, il siège régulièrement au Conseil provincial luxembourgeois et, à la fin des années 1990, il y devient le chef du groupe PSC-cdH. Après le scrutin d’octobre 2006, le cdH devient le nouveau partenaire de majorité provinciale du PS, ainsi que l’avaient négocié déjà à l’automne 2004 René Collin avec son homologue président provincial du PS André Perpète. Réunissant 2.212 vp dans son district de La Roche-en-Ardenne (32,7%), René Collin devient alors député provincial, en charge des Finances, de l’Économie, du Tourisme et… de l’Agriculture. Assurément, ces élections d’octobre 2006 s’avèrent contrastées puisque le parti qu’il représente se retrouve dans l’opposition après 30 années de majorité absolue à érezée et qu’il se retrouve au Collège provincial après 30 années d’opposition pour le PSC sur « ses » terres luxembourgeoises.
Quand il entre au Collège provincial, son nouveau vice-président renonce à ses fonctions communales et à celles d’administrateur de l’AIVE, mais reste présent aux Conseils d’Idelux Finances, d’Interlux, de la Société publique d’administration des bâtiments scolaires-Luxembourg, de l’Association des provinces wallonnes, jusqu’en juillet 2014. Président de la Fédération touristique du Luxembourg belge (2006-2014), René Collin siège aussi au Conseil d’administration de BEP crématorium (2007-2013), d’Ethias (2007-2014), de Ciger asbl (2007-2012), de Lothinfo asbl (2007-2014), de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Luxembourg belge (2009-2014), d’Idelux Projets Publics (2011-2014), de Vivalia (2012-2014), d’Adehis sa (2013-2014). Il préside l’Association de Défense des Producteurs laitiers (2008-2014), le Centre d’Économie rurale (2008-2014) et la Coordination hospitalière luxembourgeoise (2008-2011), ainsi que le Fonds de Calamité agricole (2009-2014). En octobre 2012, reconduit au Conseil provincial (4.921 vp dans le district de Marche-en-Famenne), ainsi que dans ses fonctions de député provincial, René Collin conserve les mêmes attributions auxquelles s’ajoutent les « ressources naturelles ». En juillet 2014, cependant, il est appelé à exercer de nouvelles fonctions.
Dans le gouvernement wallon rouge romaine qui se met alors en place (juillet 2014), le Luxembourgeois devient ministre en charge de compétences qu’il connaît bien : la Nature, la Forêt, la Ruralité, les Infrastructures sportives, les Infrastructures d’accueil de la Petite Enfance, le Tourisme, ainsi et surtout que l’Agriculture. Il est aussi le délégué de la Wallonie au sein de la Grande Région. Dans le même temps, René Collin entre au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où il est responsable des Sports. Avec Jean-Claude Marcourt, il est le seul à siéger dans deux gouvernements simultanément (double casquette). Mais la législature 2014-2019 est loin d’être un long fleuve tranquille, tant du côté du gouvernement de Rudy Demotte que du côté du gouvernement de Paul Magnette. À la mi-avril 2016, on assiste à un premier remaniement, à Bruxelles, quand Joëlle Milquet finit par renoncer à son important portefeuille de l’Enseignement, de la Culture, etc. (affaire dite « des collaborateurs fantômes »). Alors qu’Alda Greoli et Marie-Martine Schyns reprennent ses attributions, René Collin est lui aussi concerné par le remaniement : il quitte en effet le gouvernement Demotte en laissant les Sports au socialiste Rachid Madrane. À l’inverse, son portefeuille wallon s’accroît d’une nouvelle compétence, celle des Aéroports régionaux (en provenance du ministre Carlo Di Antonio), tandis que les Infrastructures sportives échoient à Paul Furlan.
En juillet 2017, les Aéroports régionaux changent à nouveau de titulaire quand se met en place le gouvernement wallon présidé par Willy Borsus ; fin 2016, Collin avait fait valider par l’exécutif sa note stratégique soutenant le développement des aéroports régionaux (avec l’allongement de la piste de Charleroi). Mais, suite à l’appel du 19 juin 2017 de Benoit Lutgen, les cartes sont rebattues en Wallonie quand le cdH tourne le dos au PS et offre les clés de l’Élysette au MR. Il s’agit d’une première dans l’histoire politique de la Wallonie, puisqu’une motion de défiance constructive a raison du gouvernement de Paul Magnette. Dans le nouvel exécutif piloté par Willy Borsus, René Collin reste en place et conserve les mêmes attributions hormis les « Aéroports » qui partent chez Jean-Luc Crucke, et le Patrimoine (dont s’occupait jusqu’alors Maxime Prévôt) qui arrive dans le portefeuille de René Collin. Parmi les premières mesures phares du gouvernement Borsus, la mise en place d’un cadastre intégral des subventions allouées par les autorités wallonnes, système de transparence qui met René Collin en évidence, en raison des compétences dont il a la charge.
à l’écoute du monde agricole et de la ruralité qu’il associe régulièrement à l’élaboration de ses décisions, le ministre a mis en place un important programme régional de développement rural dès 2016 et il achève la législature en bouclant le dossier de la réforme du bail à ferme : entretemps, il a augmenté les moyens du secteur du bio, ouvert les états généraux de la biodiversité, lancé un appel à projets pour favoriser l’utilisation du cheval de trait dans les communes (2016), lancé un plan de développement stratégique pour l’horticulture ornementale et un autre pour l’aviculture (2018) et défendu l’agriculture wallonne par monts et par vaux. Celui qui est aussi un grand défenseur de la chasse et des chasseurs doit faire face à une très longue épidémie de la peste porcine africaine, aux multiples conséquences fâcheuses pour le sud de la Wallonie, et aux origines suspectes (septembre 2018-avril 2019, avec retour à la « normale » en décembre 2020) : plus de 60.000 ha du territoire du sud luxembourgeois sont strictement isolés du monde, plus de 5.000 sangliers sont analysés et plusieurs centaines « prélevés ». Le tourisme, dont il est le ministre responsable, est l’un des secteurs qui pâtit de cette crise, en dépit de diverses initiatives (création d’une route des bières wallonnes, encouragement aux auberges de jeunesse, mise en place d’un nouveau système de classification de la qualité des hôtels en Wallonie, nommé Hotelstars Union, etc.). En charge du Patrimoine, au-delà d’investissements stratégiques importants, il est le ministre qui met en place la nouvelle Agence wallonne du Patrimoine (AWaP). Initiateur du label « cimetière nature » (2015), le ministre de la nature boucle le dossier désignant les sites wallons de Natura 2000 (décembre 2016), tout en mettant en application des dispositions qui s’inscrivent dans le Programme wallon de réduction des pesticides.
Au-delà des enjeux régionaux, René Collin déménage en décembre 2015 et s’installe à Marche-en-Famenne. Le geste n’est pas neutre politiquement, car la succession d’André Bouchat, maire depuis 1986, suscite de l’intérêt. Ainsi en est-il aussi du MR Willy Borsus, le ministre-président wallon, qui, lui aussi, a choisi Marche-en-Famenne comme nouveau lieu de résidence… Au scrutin communal d’octobre 2018, le ministre René Collin (1.561 vp.) affronte dès lors son collègue Willy Borsus (1.706 vp.) dans une ville qu’André Bouchat n’a finalement pas décidé d’abandonner, laissant le choix à l’électeur. Poussant la liste de René Collin, André Bouchat (3.453 vp) met en effet tout le monde d’accord. S’appuyant sur une solide majorité absolue (14 sièges sur 25), le cdH peut de surcroît compter sur Nicolas Grégoire et ses 1.701 vp. René Collin siège comme conseiller communal.
Avec le retrait politique de Dimitri Fourny, le choix de l’Europe par Benoit Lutgen et alors que le Parlement de Wallonie a créé une « nouvelle » circonscription électorale luxembourgeoise d’Arlon-Marche-Bastogne-Neufchâteau-Virton qui envoie désormais six représentants à Namur (+1), René Collin s’impose comme le leader incontestable du cdH lors du scrutin wallon du 26 mai 2019, Josy Arens se présentant à la Chambre fédérale. Avec 16.908 vp, 2e score tous partis confondus (derrière… Willy Borsus), René Collin décroche son premier mandat au Parlement de Wallonie, en plus de contribuer au maintien d’un deuxième siège pour Anne-Catherine Goffinet. Avec 22,5%, le résultat du cdH dans la Belle Province est historiquement le plus bas depuis le 21 mai 1995 et la première élection directe des députés wallons. Nouveau président du cdH, Maxime Prévôt tire la leçon politique des scrutins et annonce une cure d’opposition pour sa formation. Elle entreprend un long processus de rénovation et de refonte qui aboutit à l’émergence du mouvement Les Engagés (congrès de mars et mai 2022). René Collin participe à ce processus, tout en siégeant au Parlement de Wallonie.
Président de la Commission Budget-Infrastructures sportives (2019-2024), il fait partie du groupe des 10 députés wallons cdH dirigé par François Desquesnes. Ils seront onze avec l’arrivée de J-L. Crucke. Ensemble, ils organisent leurs travaux et leurs interventions de manière dynamique et collective, pour exister en tant que principale force d’opposition aux côtés des 10 députés du PTB. Actifs dans chaque Commission, ils sont régulièrement six ou sept à signer des propositions de décret dans toutes les matières régionales : démocratie locale et meilleur contrôle parlementaire, mobilité douce, circuit court, mesures urgentes et pratiques durant la pandémie de la Covid-19, statut des transporteurs de voyageurs par route, promotion du coworking, véhicules électriques, etc. Porteur de plusieurs propositions de résolution, René Collin intervient encore dans plusieurs débats pour faire respecter à la fois des critères environnementaux, sociaux et sanitaires, la démocratie, les libertés et les droits humains et mettre en place des mesures pour poursuivre les crimes de génocide et les atteintes au patrimoine mémoriel.
Quand Les Engagés composent leur liste pour les trois scrutins du 9 juin 2024, un processus de rajeunissement des cadres accompagne une ouverture vers la société civile. Dès l’automne 2023, René Collin annonce son soutien aux Engagés, mais son retrait de la vie politique fédérale, wallonne, provinciale et communale.
Mandats politiques
Conseiller communal à Erezée (1982-2006 ; 2012)
Conseiller provincial du Luxembourg (1985-2014)
Échevin (1989-04/1993)
Bourgmestre (04/1993-2006)
Député provincial (2006-2012, 2012-07/2014)
Ministre wallon (2014-2019)
Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles (2014-04/2016)
Conseiller communal à Marche-en-Famenne (2018-2024)
Député wallon (2019-2024)
Sources
Centre d’archives privées de Wallonie, Institut Destrée, Revues de Presse (-06/2024)
Classement des députés, dans Le Vif, 07 avril 2017, p. 22-23
Cumuleo (-2023)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon, Ministre wallon
Clersy Christophe
Gosselies 02/03/1976
Député wallon : 2019-2024
Licencié et agrégé en Philologie romane de l’Université de Liège (1998), Christophe Clersy effectue une première licence en Science du travail à l’ULB (2000), tout en commençant sa carrière d’enseignant. Chargé de cours à l’Université du Travail à Charleroi pendant quelques mois (1998-1999), professeur de français à l’Athénée de Binche puis à l’Athénée de Marchienne-au-Pont (1999), il réoriente ses activités faites d’intérim en devenant agent de développement au sein de la fédération Solidarité des Alternatives wallonnes et bruxellois (SAW-B, 2001), puis, en intégrant l’asbl Solidarité Navetteurs, à Froidchapelle, où il est coordinateur d’une plate-forme de mobilité (2001-2002). Parallèlement, ce militant écologiste se montre particulièrement actif à Courcelles ; dès 1994-1995, il mobilise en effet la population contre un projet d’installation de décharge sur le terril n° 5 à Trazegnies. Rapidement, son engagement politique l’amène à intégrer le mouvement écolo dont il devient un permanent régional de 1999 à 2009, tout en se présentant aux élections communales d’octobre 2000, à Courcelles.
Courcelles la Rouge est dominée par le PSB depuis l’Armistice de 1918, avec une forte présence d’élus communistes, Georges Glineur, par exemple, exerçant la fonction d’échevin des travaux publics de 1965 à 1970, lorsque, pour la première fois, le socialiste Ernest Glinne devient le bourgmestre de la localité. En 1976, au moment de la fusion des communes, Courcelles demeure autonome en intégrant Gouy-lez-Piéton, Souvret et Trazegnies. Ernest Glinne est le premier bourgmestre de la nouvelle entité, avant de céder le relais, en janvier 1978, à Oscar Mendiaux (1978-1982), auquel succèdent Gilbert Krantz (1983-1988) et André Trigaut (1989-2006). C’est par conséquent contre la solide majorité socialiste du bourgmestre Trigaut que Clersy manifeste son opposition à la décharge publique et surtout qu’il se présente en octobre 2000, sur une liste écolo emmenée par… Ernest Glinne qui a tourné le dos au PS. En remportant quatre sièges (+3), Écolo contribue à la fin de la séculaire majorité absolue du PS (14 sièges sur 29). Le PS ne sauve sa présence au Collège qu’en s’alliant au PSC (3), l’opposition s’articulant alors autour du PRL-MCC (6 s.), d’écolo (4) et de l’UCPW (2).
Six ans plus tard, en octobre 2006, emmené cette fois par Christophe Clercy (353 vp), Isabelle Meerhaeghe (127 vp) et Ernest Glinne en dernière place (117 vp), écolo est en recul (10,6%, 3 s.), comme le PS d’Axel Sœur (36,5%, 12 s.) qui conserve néanmoins les clés du Collège en s’alliant avec le MR, alors que le Front national s’invite au Conseil communal avec trois élus. La législature est difficile pour le PS, dont trois échevins sont sur la sellette et l’USC sous tutelle de la Fédération du PS. C’est finalement en octobre 2012 que tout bascule à Courcelles, quand le MR de Caroline Taquin (2.747 vp) est le seul parti en progrès (+10%), avec près de 30% des électeurs (11 sièges, +5). Cette fois, le MR s’allie au cdH (10%, 3 s.) et à écolo (9,5%, 3 s.), pour rejeter le PS (34,5%, 13 s.) dans l’opposition, avec le Front de Gauche de Robert Tangre, sans aucun élu FN.
Chef de groupe écolo durant la législature précédente, Christophe Clersy devient le président du CPAS de Courcelles, en même temps qu’il est échevin en charge de l’Emploi, de l’énergie, de la Laïcité et de la Participation citoyenne. Tout au long de la législature, il développe une politique sociale proactive, identifiant les invendus des commerces locaux pour les redistribuer, lançant des achats groupés d’énergie, créant de nouvelles résidences-services et des logements de transit, favorisant la remise à l’emploi de personnes en difficultés, investissant dans les économies d’énergie, créant un salon de l’énergie, tout en inscrivant diverses autres initiatives dans un Plan local Climat-énergie. Contre l’avis de la commune voisine de Pont-à-Celles, il réclame l’installation de puissantes éoliennes à cheval sur les deux communes.
Membre du bureau de la Conférence des Bourgmestres de Charleroi-Métropole, structure ambitieuse mise en place en janvier 2018, Christophe Clersy a élargi son horizon en devenant assistant parlementaire entre 2009 et 2014 ; en 2007, il a fait la campagne fédérale, figurant en 10e et avant-dernière place des suppléants dans le Hainaut (886 vp). Le 7 juin 2009, 1er suppléant au scrutin wallon, il réunit 1.318 vp et ce sont Xavier Desgain et Isabelle Meerhaeghe qui sont élus au Parlement wallon. Le 25 mai 2014, toujours au scrutin wallon, il est prudemment dernier effectif, dans la circonscription de Charleroi (496 vp). Après ces petits galops d’essai, celui qui devient secrétaire politique de la régionale écolo (2014-2018) se représente aux communales d’octobre 2018, avant de se lancer véritablement au scrutin wallon du 26 mai 2019, où il est tête de liste dans la nouvelle circonscription de Charleroi-Thuin.
En octobre 2018, d’abord, première candidate de la liste « Bourgmestre », Caroline Taquin (6.401 vp) frappe très fort en convainquant un électeur courcellois sur deux (50,55%), et surtout en disposant d’une majorité absolue particulièrement confortable (18 sièges sur 31). Alors que les deux listes de gauche perdent six sièges, écolo progresse en voix (près de 12%) sans toutefois obtenir de conseiller supplémentaire. Malgré sa majorité absolue, le MR tend la main à ses partenaires de la législature précédente, y compris le cdH réduit à un siège. Dans le nouveau Collège, Christophe Clersy (647 vp) reste un échevin aux compétences multiples : l’écologie, la biodiversité, la mobilité durable, la laïcité, les prés verts, la petite enfance, le développement durable, les relations Nord/Sud, l’économie durable et circulaire et les permis d’environnement.
Dans le même temps, soutenu par sa régionale, Christophe Clersy relève le défi de ramener à écolo le siège wallon perdu en 2014, épaulé par Vinciane Ruelle et Sandra Guily. Alors que trois candidats seulement de 2014 sont encore présents sur la liste écolo, cette équipe rajeunie réussit à atteindre la barre des 10% et à envoyer sa tête de liste (3.065 vp) à Namur. Il n’y a qu’en 1995, lors de la toute première élection directe des élus wallons que la circonscription de Thuin avait envoyé un représentant écolo à Namur ; jamais plus depuis lors. Quant à la circonscription de Charleroi, elle en avait envoyé deux en 1999 et en 2009, mais aucun en 2004 et 2014. En 2019, les verts carolos assurent par conséquent le service minimum. En choisissant de siéger comme député wallon, Christophe Clersy applique le décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats, et renonce à son échevinat à Courcelles. Suite à une AG d’écolo-Courcelles, il est remplacé par Hedwige Dehon, ce qui provoque la démission immédiate du 3e élu écolo, Tim Kairet (échevin écolo entre 2012 et 2018 et 2e score écolo en 2018).
Durant une législature wallonne marquée par la crise sanitaire de la Covid-19, les inondations de juillet 2021, la guerre en Ukraine et la crise énergétique, le député wallon écolo est l’un des vice-présidents de la Commission Environnement-Nature-Bien-être animal (2019-2024) et il est membre de la Commission Budget-Infrastructures sportives (2019-2024). Avec Thierry Witsel (PS) et Hervé Cornillie (MR), il est notamment l’auteur d’un rapport sur une meilleure utilisation des infrastructures sportives disponibles dans les écoles ; pointant le potentiel globalement inexploité des salles, terrains et piscines en dehors des heures de cours, ils plaident pour un accord entre la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles pour permettre aux athlètes et aux clubs d’occuper ces infrastructures en soirée ou durant les week-ends (septembre 2020).
Préoccupé par la disparition des distributeurs automatiques de billets dans les villages, le député wallon se mobilise pour une amélioration majeure de la qualité de tous les transports en commun, ainsi que pour l’emploi à Charleroi et la reconversion du site Gosselies de Caterpillar fermé depuis le 2 septembre 2016. Déposant un amendement avec Eddy Fontaine (PS), Laurent Devin (PS), Manu Disabato (écolo), Hervé Cornillie (MR) et Jean-Paul Wahl (MR) dans le dossier de la Boucle du Hainaut – ligne à haute tension 380 kV entre Avelgem et Courcelles – , il relaie les considérations de nombreux acteurs et obtient que le gouvernement wallon examine la pertinence du besoin de l’infrastructure envisagée, que soient analysés tous les éléments liés à sa justification, dans le respect des compétences fédérales en matière d’énergie, en particulier le transport, et d’envisager des alternatives techniques (novembre 2020). Il s’agit de prendre en considération les aspects paysagers, sur la santé, sur l’environnement et sur l’aménagement du territoire. Favorable à une consigne sur les canettes, préoccupé par le devenir et le développement de l’aéroport de Charleroi, il se fait le défenseur de la ministre Céline Tellier dans le dossier des Pfas (automne 2023). Quand la ministre Tellier lance un appel
Député wallon, Christophe Clersy est embarrassé par une plainte en justice introduite par la commune de Courcelles en 2020 ; il lui est reproché d’avoir continué à consulter des documents réservés au Collège communal sur une plate-forme dédiée, alors qu’il n’était plus échevin. Ayant reconnu les faits comme une maladresse, une transaction pénale avec le parquet semble mettre fin au litige (septembre 2023), quand le conseil communal de Courcelles décide de poursuivre son ancien élu au civil (décembre 2023).
Au début de l’année 2023, il déménage, quittant Souvret pour s’installer à Hourpes, dans l’entité de Thuin, sans avoir l’intention de s’y présenter aux communales d’octobre 2024. Le 9 juin 2024, il est tête de liste écolo, dans la circonscription de Charleroi-Thuin, espérant avec Vinciane Ruelle décrocher deux sièges au Parlement wallon. Les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances. Le duo Clersy (1.089 vp) – Ruelle (1.322 vp) dépasse à peine les 1.000 voix de préférence, tandis que la liste écolo ne parvient pas à convaincre 10.000 électeurs, perdant plus de 6% pour se retrouver sous les 4%, son plus mauvais résultat depuis 1995 et le plus faible de toutes les circonscriptions wallonnes en 2024. Christophe Clersy est par ailleurs l’un des rares candidats écolo de Wallonie à réaliser un score supérieur à celui des candidates de sa liste, hormis Vinciane Ruelle.
Mandats politiques
Conseiller communal à Courcelles (2001-2019)
Président du CPAS et échevin (2012-2018)
Échevin (2018-06/2019)
Député wallon (2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont La DH, 31 janvier 2018, 31 mai 2019, 27 juin 2019, 18 novembre 2020, 20 novembre 2023 ; Le Soir, 6 avril 2018
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Botin Frederick
Ciney 23/11/1970
Député wallon : *2019-2020*
A l’issue du triple scrutin du 26 mai 2019, les majorités se sont rapidement mises en place dans les entités fédérées, alors que les négociations se prolongent pour la formation du gouvernement fédéral. En l’absence d’une nouvelle équipe à ce niveau de pouvoir, le gouvernement sortant reste en affaires courantes avec l’ensemble de ses ministres. Pour la plupart d’entre eux, il faut cependant prêter serment au lendemain des scrutins, les uns à la Chambre fédérale, les autres dans les assemblées fédérées pour entériner leur élection. Ensuite, il faut laisser son siège de député à son suppléant dès lors que l’on reprend ses activités ministérielles le temps des affaires courantes et de la formation du nouvel exécutif. Député wallon élu dans la circonscription de Dinant-Philippeville, François Bellot est confronté à cette situation, en tant que ministre fédéral de la Mobilité. Pendant la période où il exerce dans les gouvernements Michel II, Wilmès I et Wilmès II, c’est-à-dire jusqu’au 1er octobre 2020, il est remplacé à Namur par Frédérick Botin, son premier suppléant.
Avec 3.577 vp, ce dernier a réalisé le 2e meilleur résultat des suppléants, tous partis confondus, et davantage de voix que Françoise Mathieux, la 2e candidate effective du MR élue au Parlement de Wallonie en même temps que François Bellot. Membre de la Commission Budget-Infrastructures sportives (2019-2020), le nouveau député wallon de la majorité est confronté aux premières manifestations de la pandémie de la Covid-19 qui vient changer tous les plans de la majorité arc-en-ciel d’Elio Di Rupo. Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il est membre de la Commission des Affaires générales-Relations internationales-Règlement et Contrôle des communications des membres du gouvernement. Après cette parenthèse parlementaire, Frédérick Botin reprend ses activités professionnelles (octobre 2020).
Après des études en comptabilité et fiscalité à l’école communale supérieure de Secrétariat, Administration et Commerce (ECSSAC, actuellement Haute école de la ville de Liège) en 1990, il entame sa carrière à Ciney, au sein de l’Association wallonne de l’élevage /des éleveurs (awé). En 1994, il devient le directeur général de cette structure spécialisée à la fois dans le suivi de performances, les conseils d’accouplement, l’encadrement technico-économique, les outils informatiques de gestion de troupeau destinés aux éleveurs de bovins, d’ovins-caprins, de porcs, de volailles et de lapins (asbl), et dans des activités tournées vers la production et la commercialisation de semences bovines et le transfert d’embryons (awé scrlfs). Diversifiant progressivement ses activités, l’awé se transforme en awé groupe, structure faîtière d’Elevéo et Inovéo en 2019. Frédérick Botin est aussi vice-président du Marché couvert de Ciney.
Par ailleurs, président de la section locale MR de Ciney jusqu’en 2013 et membre de la fédération provinciale namuroise du MR depuis les années 2000, il se présente à diverses reprises aux élections communales à Ciney. Depuis de très nombreuses années, le parti libéral y occupe une position largement majoritaire. Après avoir associé le PSC de 1988 à 1994, le bourgmestre libéral Charles Cornet d’Elzius avait passé la main au jeune Jean-Marie Cheffert, 36 ans en 1994, qui décidait de repousser le PSC durablement dans l’opposition. En octobre 2006, les électeurs cinaciens plaçaient les trois partis traditionnels quasi sur une même ligne : le PS de Guy Milcamps gagnait deux sièges (7), le cdH de Barbeaux en perdait un (6), tandis que le MR du bourgmestre sortant Jean-Marie Cheffert maintenait ses 8 conseillers. Fort de sa popularité du moment, Milcamps prenait l’initiative de repousser le MR dans l’opposition et de s’allier avec Écolo (1) et le cdH de Michel Barbeaux. Occupant la dixième position lors de ce scrutin de 2006, Frédérick Botin réalise alors 363 voix de préférence et le 13e score de sa liste. En mai 2011, il saisit l’opportunité d’entrer au Conseil communal de Ciney. En octobre 2012, 3e candidat sur la liste Union (résolument MR avec des transfuges PS et cdH) emmenée par Jean-Marie Cheffert, il obtient 1.057 vp, 7e score d’une très forte liste qui décroche la majorité absolue (46,7%) avec 13 sièges sur 25. à la suite du bourgmestre Cheffert qui n’entend pas partager sa majorité avec d’autres partis, Frédérick Botin entre alors au Collège communal, en tant que Premier échevin, en charge des Travaux publics, du Personnel, de l’Urbanisme ; il s’occupe aussi, avec Jean-Marie Cheffert, du développement économique, en particulier du secteur agroalimentaire avec des revendications sur l’accueil à Ciney d’administrations décentralisées dans le cadre de la régionalisation de certaines compétences.
Administrateur du BEP (2009-2018) et de son comité de direction (2011-2018), du Centre européen du cheval de Mont-le-Soie (2010-2015), de la SWDE (2013-2018), membre du Comité de contrôle du Bureau d’étude de l’INASEP (2013-2020), l’échevin de Ciney connaît cependant une mandature agitée : très vite, en effet, les relations au sein du Collège s’altèrent, surtout entre l’échevin Deville (2e faiseur de voix derrière Cheffert) et tous ses collègues. La situation devient critique à l’été 2016 après une enquête judiciaire et l’acceptation d’une transaction pénale par Deville. Le bourgmestre en fait une question politique et demande la démission de son échevin qui refuse. C’est à couteaux tirés que s’achève la législature ; Frédéric Deville décide alors de former une liste pluraliste alternative sur laquelle il attire des libéraux, des socialistes (dont Guy Milcamps) et des cdH, et où il occupe la première place (ICI). Il confirme sa popularité auprès des électeurs avec 4.608 vp, remportant le scrutin haut la main, en frôlant les 54% et en obtenant 15 sièges (sur 25). Alors qu’écolo poussé par Patrick Dupriez enlève 3 sièges (15,2%), la liste ACTION, emmenée par Frédérick Botin (1.815 vp) et poussée par Jean-Marie Cheffert (1.711 vp) doit se contenter de 7 sièges (28,8%). Ciney change par conséquent à nouveau de bourgmestre, Frédérick Botin siégeant désormais dans l’opposition au Conseil communal.
Le 9 juin 2024, il n’est candidat à aucun des trois scrutins, européen, fédéral et régional. Quant au scrutin communal d’octobre 2024, ses préparatifs laissaient entendre, en 2023, que Frédérick Botin et le MR rejoindraient la liste ICI de Deville, alors que J-M. Cheffert mettait un terme à ses activités politiques. En cours de route, le MR a changé d’avis (début 2024) et décidé de présenter sa propre liste.
Mandats politiques
Conseiller communal à Ciney (2012-)
Échevin (2012-2018)
Député wallon (07/2019-09/2020)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont Le Soir, 24 septembre 2016, 24 novembre 2016
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2020,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Blanchart Philippe
Lobbes 13/02/1963, Lodelinsart 26/12/2019
Député wallon : 2019*
Depuis la fusion des communes, la ville de Thuin a régulièrement changé de maïeur : au PSC Pierre Trogh (1976-1982) succède le socialiste Julien Brochard (1983-1988) qui a déjà été bourgmestre avant la fusion (1970-1976) ; en 1988, un cartel PSC-PRL permet à Daniel Ducarme de ravir la majorité aux socialistes et, six ans plus tard, la même majorité est reconduite (1988-2000). à la fin des années 1990, cependant, le cartel se déchire quand Daniel Ducarme déménage à Bruxelles. Le scrutin d’octobre 2000 est déterminant ; il va figer la composition du Collège pour un quart de siècle, le PS de Paul Furlan y détenant la majorité absolue.
C’est dans ce contexte politique qu’évolue Philippe Blanchart, candidat pour la première fois aux élections communales en octobre 1994 (il occupe la 20e place), lorsqu’avec son copain Paul Furlan, rencontré dans le monde associatif, ils font la campagne électorale ensemble. Ayant toujours vécu à Thuin, Philippe Blanchart a fréquenté l’école primaire communale de la ville basse, avant de mener ses études secondaires à
Prenant le relais des Centres d’enseignement à horaire réduit (CEHR) créés à titre expérimental, les Centres de formation en alternance naissent en 1984. Pendant 20 ans, accompagnateur, coordonnateur, puis directeur et président du Conseil zonal de Mons/Centre, Philippe Blanchart s’applique à donner une seconde chance aux jeunes qui ne s’adaptent pas au système éducatif traditionnel. Nommé inspecteur, ce pionnier a contribué au développement du CEFA de Morlanwelz, le plus grand de Wallonie, avec ses 550 élèves répartis sur six implantations (Trazegnies, Fleurus, Thuin, etc.), et formés dans les entreprises du bassin Charleroi-Sud-Hainaut, à l’entame du XXe siècle. Fondateur de l’asbl Action et Solidarité, de l’asbl Oxygène, co-organisateur des Fêtes de la musique de Thuin, ce mélomane, grand sportif et libre-penseur est très actif dans tous les milieux associatifs et présente un profil idéal comme candidat aux élections communales.
En octobre 1994, candidat socialiste, Philippe Blanchard est élu conseiller communal et siège dans l’opposition. En 2000, il figure sur la liste COM-UNE qui réunit PS, PRL et MCC, emmenée par Paul Furlan et qui obtient la majorité absolue (52,2% et 14 sièges). C’est désormais le PS qui détient les clés de l’hôtel de ville. Dans le Collège présidé par Paul Furlan, Philippe Blanchart est nommé échevin, en charge de l’Enseignement, de la Culture, de la Jeunesse, des Bibliothèques, des Crèches et des Aînés. En octobre 2006, chacun retourne sur des listes séparées. La liste du PS emmenée par Paul Furlan (4.012 vp), Marie-ève Van Laethem (1.196 vp) et Philippe Blanchart (1.388 vp) obtient seule la majorité absolue (53,9%, 15 sièges) ; dans le nouveau Collège où Blanchart demeure en charge de l’Enseignement, le PS conserve sa confiance au MR (4 s.) comme partenaire de majorité.
En cours de législature communale, Paul Furlan est désigné comme ministre wallon, héritant du portefeuille des Affaires intérieures, en charge des Pouvoirs locaux et du nouveau ministère de la Politique de la Ville au sein du gouvernement présidé par Rudy Demotte (2009-2014). En l’absence du maïeur, c’est Philippe Blanchard qui fait fonction de bourgmestre (2009-2012). La gestion communale s’en ressent-elle ? Toujours est-il qu’en octobre 2012, le PS est en recul ; parmi les trois ténors qui emmènent la liste, Paul Furlan (2.881 vp) surtout est pénalisé, alors que les deux autres candidats progressent en voix de préférence : Marie-ève Van Laethem (1.335 vp) et Philippe Blanchart (1.507 vp), le PS conservant la majorité absolue (47,4%, 13 sièges, -2), tandis que le MR conduit par Marie-Françoise Nicaise progresse de 6% (24,6%) et de deux sièges (6). Aux deux partenaires de majorité s’ajoute alors le groupe IC proche du cdH (3), écolo (un élu sur 23) étant bien seul à siéger dans l’opposition.
Toujours bourgmestre empêché par ses fonctions ministérielles, Paul Furlan reste le bourgmestre en titre, mais confie, jusqu’au scrutin wallon de 2014, la gestion de la ville à une échevine déléguée, en l’occurrence Marie-ève Van Laethem, tandis que Philippe Blanchart devient le président du CPAS, tout en prenant en charge les Affaires sociales et la politique les Aînés. Il est vrai que depuis 2009, il est aussi député fédéral.
Onzième candidat au scrutin fédéral du 18 mai 2003 (2.846 vp), 4e suppléant le 10 juin 2007 (5.134 vp), il bénéficie du jeu de chaises musicales qui se produit à l’issue du scrutin wallon du 7 juin 2009. Il hérite du mandat fédéral d’Elio Di Rupo qui choisit de siéger au Parlement de Wallonie. Prêtant serment de député en juillet 2009, il est rapidement en campagne électorale, le président du VLD Alexander De Croo ayant fait tomber le gouvernement fédéral sur le dossier BHV. Lors du scrutin fédéral anticipé du 23 juin 2010, Blanchart est cette fois 8e candidat effectif et bénéficie du raz-de-marée socialiste, la liste emmenée par Elio Di Rupo réalisant 48,18% dans le Hainaut (+14%), ce qui lui donne droit à onze mandats à la Chambre fédérale. Avec 9.774 vp, Blanchart signe le 8e résultat des effectifs et, reconduisant son mandat, va vivre la plus longue crise politique belge.
Alors que les entités fédérées assurent sereinement la continuité de l’État, 541 jours de réunions, de crispations, de rebondissements, de notes et de discussions sont nécessaires pour que se dégagent un premier accord sur le volet institutionnel (octobre), puis un second sur le volet socio-économique (décembre). Le 6 décembre 2011, Elio Di Rupo devient le Premier ministre du nouveau gouvernement fédéral qui s’appuie sur la coalition PS-CD&V-MR-OpenVlD-SP.a-cdH. Durant la courte législature 2011-2014, Philippe Blanchart figure parmi les députés qui adoptent, parmi beaucoup d’autres textes législatifs, l’ensemble des dispositions de la 6e réforme de l’État qui comprend notamment la scission de BHV, la transformation profonde du Sénat en une assemblée des entités fédérées, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions, la nouvelle loi de financement des communautés et des régions, ainsi que le transfert d’importantes compétences, notamment en sécurité sociale, vers les entités fédérées.
Le 25 mai 2014, toujours huitième candidat sur la liste du PS au scrutin fédéral, il réunit 8.860 voix sur son nom (8e score), le PS reculant à 41%, tout en conservant 9 sièges dans le Hainaut. C’est l’opposition qui attend le PS, quand le MR de Charles Michel décide d’être la seule formation wallonne et bruxelloise dans le gouvernement fédéral, en s’alliant avec l’Open-VLD, le CD&V et la N-VA. Membre de la Commission des Affaires étrangères, le député fédéral Blanchart est mandaté comme observateur lors des élections législatives en Ukraine
Comme annoncé en début de législature communale, le PS thudinien évalue la situation au soir du triple scrutin du 25 mai 2014. Toujours ministre wallon, Paul Furlan reste bourgmestre faisant fonction, mais c’est Philippe Blanchart qui devient l’échevin délégué aux fonctions de bourgmestre (août 2014). En janvier 2017, quand il est forcé de quitter le gouvernement wallon, victime du dossier Nethys-Publifin et de ses multiples rebondissements, Paul Furlan retrouve le maïorat de Thuin. La politique locale ne sort pas indemne des conflits entre les partis. Expliquant que les différends se sont accumulés dans plusieurs dossiers communaux, le bourgmestre Furlan annonce l’éviction du MR du pacte de majorité communal, le PS décidant d’achever la législature avec la seule liste IC comme partenaire, après l’adoption d’une motion de défiance constructive et la signature d’un nouveau pacte de majorité (23 mars 2017). La fin de législature est tendue, l’électeur étant appelé à arbitrer les vicissitudes de la politique locale en octobre 2018 : PS et MR sont en recul. La liste de Paul Furlan perd un siège et sauve sa majorité absolue in extremis (41,88%, - 5,6%). Le MR perd 3% (21,3%) et un siège (5). Le PS de Paul Furlan abandonne définitivement le MR et signe le nouveau pacte de majorité avec les seuls IC, en léger progrès (4 sièges, +1) désormais à 19%. Philippe Blanchart s’est tenu éloigné du scrutin communal, affirmant préférer se consacrer à son mandat parlementaire et mettre ainsi en application le principe de décumul intégral des mandats préconisé au sein de la Fédération socialiste de Charleroi.
Désireux de poursuivre ses activités parlementaires au fédéral, Philippe Blanchart dénonce la particratie et l’absence de transparence au sein du Parti socialiste quand il est désigné pour occuper la 9e place sur la liste PS, dans la circonscription de Charleroi-Thuin au scrutin régional wallon, le 26 mai 2019. Bien décidé à ne pas se laisser sacrifier sur l’autel des petits jeux de parti, il se bat dans la campagne électorale autant que contre la maladie qui le frappe depuis plusieurs années déjà. Au soir du 26 mai 2019, il réunit 6.035 vp sur la liste emmenée par Paul Furlan et signe ainsi le meilleur résultat des socialistes carolorégiens, juste derrière Paul Furlan. Malgré le système de la dévolution des voix de la case de tête, il décroche le 4e mandat attribué au PS au Parlement de Wallonie, et prête serment à Namur. Seul le cancer aura raison de lui, l’emportant le 26 décembre 2019, à l’âge de 56 ans. C’est Maxime Hardy qui lui succède au Parlement de Wallonie.
En mai 2022, une fondation Philippe Blanchart est créée à Charleroi pour récolter des fonds en faveur de la lutte contre le cancer. à son actif, la relance des « Soirées Blanchart », organisation bisannuelle de musique, avec une Sommer édition et une Winter édition, réunissant plusieurs centaines de personnes dans l’ancienne discothèque Le Prestige à Gozée, que Philippe Blanchart avait créées en 2014 pour financer des associations philanthropiques locales.
Mandats politiques
Conseiller communal à Thuin (1994-2019)
Échevin (2000-07/2009)
Bourgmestre (07/2009-2012)
Député fédéral (2009-2019)
Président du CPAS à Thuin (2013-08/2014)
Échevin délégué aux fonctions de bourgmestre (08/2014-01/2017)
Échevin (01/2017-2019)
Député wallon (2019-12/2019)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont La DH, 4 mai 2003, 29 octobre 2012, 16 mai 2018, 26 décembre 2019 ; Le Soir, 29 octobre 2004, 29 avril 2005, 26 décembre 2019
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon









