Bierin Olivier
Verviers 06/12/1985
Député wallon : 2019-2024
C’est sans conteste la politique qui passionne Olivier Bierin. Verviétois d’origine – il y a vécu jusqu’à ses 5 ans –, il s’établit ensuite à Liège avec sa famille. Son père (Eric) milite chez écolo dans les années 1990 et y est attaché de presse (d’abord du parti de 1992 à 2001, puis de 2003 à 2014, ainsi que d’Olivier Deleuze de 2001 à 2003) ; sa mère est responsable d’une asbl d’aide aux sans-papiers. Après des humanités à l’Athénée Liège 1-Charles Rogier (2004), il s’inscrit en Sciences politiques à l’Université de Liège et, en 2006, le film d’Al Gore – Une vérité qui dérange – sert de déclic. Co-président d’écolo J, représentant des verts auprès des étudiants, il passe six mois d’Erasmus en Irlande et est en train d’achever son master, quand il se porte candidat lors des élections européennes du 7 juin 2009 ; il occupe une 2e place comme suppléant, sur une forte liste emmenée par Isabelle Durant (150.173 vp) et Philippe Lamberts (26.430 vp), tous les deux élus, et que pousse Jacky Morael (48.849 vp) du côté des effectifs, tandis que Jean-Michel Javaux (114.130 vp) pousse les suppléants. Pour sa toute première participation électorale, dans le collège français, Olivier Bierin réunit 13.047 voix sur son nom, mais surtout se forge une solide expérience de terrain. Avec 22,88% en 2009, écolo fait mieux qu’en 1999, où il avait pourtant obtenu 3 sièges, et signe en fait son meilleur score aux européennes, depuis la première élection directe du Parlement européen en 1979 jusqu’au scrutin de 2024.
Du côté de la Région wallonne, l’euphorie règne également dans les rangs des écologistes en ce mois de juin 2009, car les résultats rendent écolo incontournable pour la formation des majorités en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Et c’est ainsi qu’Olivier Bierin, à peine son master en études européennes achevé (2010), se retrouve avec le statut de conseiller Europe et Relations internationales au Cabinet de Jean-Marc Nollet, ministre et vice-Président du gouvernement wallon et du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avant de devenir attaché auprès des deux cabinets entre septembre 2013 et juillet 2014.
En octobre 2012, Olivier Bierin qui est actif au sein de la locale écolo de Liège se lance dans la campagne électorale communale. Huitième candidat sur la liste emmenée par Bénédicte Heindrichs et poussée par Jacky Morael, il porte un message spécifique adressé aux jeunes électeurs ; avec trois autres jeunes candidats écolo, il s’engage, s’il est élu, à réserver une place plus grande en ville pour les modes doux de déplacement, à mettre en place une véritable stratégie de développement durable, d’assurer une meilleure sécurité autour des événements estudiantins et de faciliter plus systématiquement l’accès des jeunes à la culture liégeoise. Avec 471 vp, il réalise le 13e score de sa liste, ce qui ne lui permet pas, a priori, de siéger parmi les six conseillers communaux liégeois écolo de l’opposition : le mouvement n’a fait ni mieux ni moins bien qu’en 2006 et n’a pas récupéré les 8 sièges de l’an 2000 (15,4%). Cependant, Jacky Morael renonce à siéger et Quentin Le Bussy (1er suppléant) le remplace. En 2014, c’est Brigitte Ernst de la Graete qui jette l’éponge et est remplacée par Caroline Saal. Ensuite, c’est Géraldine Blavier qui quitte le conseil communal liégeois, ayant déménagé à Remicourt et comme les 3e et 4e suppléantes se désistent, c’est Daniel Wathelet qui entre au Conseil en 2015. Enfin, en novembre 2017, la cheffe de file Bénédicte Heindrichs, prise dans la tourmente de rémunérations liées à la Cile, estime préférable de démissionner et si l’historienne Caroline Saal devient la nouvelle cheffe de file écolo, c’est au 7e suppléant qu’il est finalement fait appel, Olivier Bierin découvrant le Conseil communal de Liège à un an du renouvellement des mandats. En octobre 2018, il n’est d’ailleurs pas candidat, se concentrant sur le niveau régional wallon.
Lors du scrutin wallon du 25 mai 2014, il est deuxième suppléant (770 vp), derrière Nicole Maréchal (1862 vp), sur une liste écolo qui réalise alors son pire résultat dans la circonscription de Liège depuis la toute première élection directe des députés wallons, le 21 mai 1995. Avec 8% (encore moins qu’en 2004), les Verts liégeois ne parviennent à envoyer que le seul Philippe Henry à Namur, évitant in extremis un naufrage complet. L’heure est par conséquent à la reconstruction et à la réflexion au sein du parti écolo qui ne peut compter que sur quatre députés dans l’assemblée wallonne entre 2014 et 2019, alors qu’il disposait de plusieurs ministres et 14 députés wallons lors de la législature précédente.
Administrateur de Novallia (groupe Sowalfin), de l’Université de Liège (2014-2018) et de la Maison liégeoise (2018-2019), chercheur chez étopia, le centre d’études d’écolo, Olivier Bierin est conseiller politique/assistant parlementaire auprès de ce qui ne peut être considéré officiellement comme le groupe politique écolo au Parlement wallon (octobre 2014-mai 2019). Il rédige plusieurs études pour son parti et signe une carte blanche où il défend le principe du décumul des mandats et la nécessité de redécouper les circonscriptions électorales belges (18 mai 2018). Secrétaire de la locale liégeoise écolo (2015-2019), coprésident de
En duo avec Veronica Cremasco, Olivier Bierin fait campagne pour le scrutin wallon du 26 mai 2019. Il s’agit de remettre écolo en selle. Avec 14% des voix, les Verts liégeois parviennent à retrouver deux sièges à Namur, en réalisant un score moyen, entre les euphorisants 19% de 1999 et 2009 et les faiblards 8% de 2004 et 2014. Avec 2.577 vp, Olivier Bierin est loin des 8.970 vp de la tête de liste, mais il gagne son siège grâce à l’effet dévolutif de la case de tête. Sixième score écolo, il ne réalise que le 36e résultat tous partis confondus. Associé à la majorité qui se met en place à Namur, écolo désigne les Liégeois Philippe Henry comme ministre et Veronica Cremasco à la présidence de l’importante Commission économie, Agriculture et Aménagement du Territoire du Parlement de Wallonie. Olivier Bierin, quant à lui, est membre de la même Commission que sa collègue, ainsi que de la Commission énergie-Climat-Mobilité (11/2019-2024). Le député wallon est aussi de la Commission de Contrôle des Dépenses électorales (2019-2023), de la Commission de Vérification des pouvoirs et surtout de la Commission des Questions européennes (2019-2024).
Durant une législature wallonne marquée par la crise sanitaire de la Covid-19, par les inondations de juillet 2021, la guerre en Ukraine et la crise énergétique, O. Bierin est d’abord actif au sein de la sous-Commission du contrôle de la Commission wallonne pour l’Énergie (CWaPE), où il introduit des modifications visant à mieux organiser son contrôle budgétaire et comptable, ainsi que son fonctionnement. Des mesures d’aides en faveur de différents acteurs le mobilisent ensuite durant la longue période de la pandémie.
A la suite d’une proposition du socialiste Maxime Hardy, il participe au groupe de travail rassemblant tous les partis politiques, hormis le PTB, qui analyse l’opportunité de doter la Wallonie d’une monnaie régionale complémentaire à l’€ pour soutenir la relance économique. Ce dispositif « réservé exclusivement aux entreprises dans le cadre des relations commerciales qu’elles nouent » s’inspire de l’expérience suisse du Wir qui fonctionne depuis 1934.
Après les pluies diluviennes de l’été 2021 qui ont frappé 209 des 262 communes de Wallonie, entraîné la mort de 39 personnes, provoqué des dégâts pour plusieurs milliards d’€ et transformé 100.000 personnes en sinistrés, une Commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les causes et d’évaluer la gestion des inondations de juillet 2021 en Wallonie est mise sur pied par le Parlement de Wallonie à la demande des chefs de groupe de tous les partis politiques. Dans l’histoire de l’assemblée wallonne, c’est la troisième fois qu’est créée une telle Commission. Représentant écolo, Olivier Bierin est non seulement membre de cette Commission, mais aussi l’un des deux rapporteurs (avec la cdH Marie-Martine Schyns) des travaux qui se déroulent du 2 septembre 2021 au 24 mars 2022. Il prend une part active à ses 26 réunions et 62 auditions. Le 31 mars 2022, les 161 recommandations formulées et réunies dans le rapport final sont adoptées par tous les députés wallons, à l’exception de ceux du PTB.
Préoccupé par une série de dossiers liégeois au sujet desquels il réclame l’attention des ministres wallons compétents (la gestion de Publifin, de Nethys, d’Enodia voire de l’IGIL et de la FN Herstal, ainsi que de la société brabançonne Hamon, l’avenir du site de Chertal, le développement de l’aéroport de Liège-Bierset, la gestion de Mithra, les chantiers du tram, la gestion du dossier Cristal Park, le projet de reconversion du site des cristalleries du Val Saint-Lambert, etc.), ce défenseur de l’usage de monnaies locales et des circuits courts, en particulier de la ceinture aliment-terre qui se développe à Liège, n’a jamais dissimulé son hostilité à l’arrivée d’Alibaba à Liège et à ses retombées sociales et environnementales négatives, même si ces prises de position s’écartent de la ligne politique menée depuis Namur. Participant à la réforme du marché de l’électricité et à la fin des primes photovoltaïques (septembre 2020), le député wallon contribue aussi à la rédaction du décret améliorant l’encadrement des coupures d’électricité : il s’agit d’empêcher les coupures brutales de fourniture d’électricité sans installation préalable d’un compteur communiquant avec option de prépaiement, et d’aider les ménages face à l’augmentation du coût de l’énergie (automne 2022). Cosignataire d’un décret visant à réduire les éclairages électriques nocturnes non résidentiels, il est aussi le coauteur d’un décret mettant en œuvre des mesures d’aides à destination des entreprises au moment de la crise énergétique de l’automne 2022.
A la suite de l’affaire dite du greffier, l’ensemble du bureau du Parlement de Wallonie finit par démissionner, à la suite de son président. En décembre 2022, écolo confie à Olivier Bierin l’une des vice-présidences du « nouveau » Bureau élargi, afin d’y renforcer le contrôle des budgets et comptes de l’assemblée wallonne, mais aussi son fonctionnement administratif.
Parmi les nombreux autres dossiers suivis par le député Bierin, figure aussi le projet européen du télescope Einstein, dont l’implantation dans la zone transfrontalière entre la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas est un enjeu majeur. Quant aux dossiers « internationaux » (Mercosur, Ceta, etc.), il émet régulièrement des réserves, réclamant notamment de suspendre l’accord de libre-échange entre la Colombie et l’UE. S’inquiétant très fortement d’une éventuelle implantation en Wallonie d’une antenne du Puy du Fou – l’intérêt économique ne peut pas prévaloir « devant l’importation en Wallonie d’un projet lié à l’extrême-droite » (décembre 2023) –, il dépose des résolutions, tout en long de la législature, en faveur de la liberté de la presse, en faveur des droits de l’homme et contre des mesures de peine de mort dans le monde (Navalny, Taïwan, Ouïghours, etc.).
Le 9 juin 2024, il est à nouveau 2e candidat effectif, derrière Veronica Cremasco au scrutin régional dans la circonscription électorale de Liège, afin de solliciter la reconduction de son mandat au Parlement de Wallonie. Avec 1.462 vp, Olivier Bierin réalise le 7e score de sa liste, étant précédé par six candidates écolo. En recul de 6,82%, écolo réalise le résultat le plus faible (7,18%) dans la circonscription de Liège depuis la première élection directe des députés wallons, le 21 mai 1995.
Mandats politiques
Conseiller communal à Liège (11/2017-2018)
Député wallon (2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), La DH, 25 août 2012, 21 novembre 2017, 25 novembre 2019 ; Le Soir, 21 juin 2021, 14 décembre 2023
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Beugnies John
Mons 06/10/1967
Député wallon : 2019-2024
Entre la première réunion du Conseil régional wallon provisoire, le 26 novembre 1974, et les élections du 25 mai 2014, en passant par la première réunion du Conseil régional wallon, le 15 octobre 1980, seuls neuf députés et un sénateur ont représenté le Parti communiste de Belgique au sein de l’instance législative wallonne, les deux derniers chronologiquement – Didier Bajura et Daniel Fedrigo – achevant la législature 1981-1985. Progressivement, le PCB n’a d’ailleurs plus présenté de liste. Depuis la première élection directe des parlementaires wallons, le 21 mai 1995, qu’il s’agisse du PTB-UA ou du PTB-Go, cette formation politique qui se présente de gauche radicale convainc à peine 12.000 électeurs dans les 13 circonscriptions de Wallonie, avant de doubler son score en 2009 (1,24%), puis d’obtenir la confiance de plus de 100.000 électeurs (5,76%) en 2014, ainsi que ses deux premiers représentants à Namur. Cinq ans plus tard, le 26 mai 2019, avec plus de 278.000 électeurs à travers toute la Wallonie, le PTB-Go franchit une nouvelle étape, avec 13,68% et surtout 10 députés, parmi lesquels John Beugnies.
Depuis 1988, celui-ci est magasinier dans une entreprise familiale créée en 1842 et spécialisée en produits réfractaires destinés à des industries cimentière, céramique, sidérurgique, ainsi qu’au secteur de la construction (la SA. Lebailly, à Hautrage). Employé dans cette société qui sera déclarée en faillite aux premières heures de la pandémie de la Covid-19, John Beugnies se présente comme un travailleur de terrain, militant activement en faveur d’améliorations sociales, contre la pauvreté et pour la préservation des emplois. Il rappelle volontiers que c’est dans ce but qu’il était présent, le 2 février 1997, à Clabecq, parmi les milliers de manifestants formant la Marche multicolore pour l’Emploi et qu’il s’est engagé au sein du PTB, comme militant actif.
élu conseiller communal en octobre 2012 (258 vp), pour son premier scrutin à Mons, John Beugnies fait progresser le PTB+ de 1,22% (score de 2006) à 3,61%, avant de contribuer à élargir encore son assise électorale en octobre 2018, notamment en raison de ses prises de position, depuis l’opposition, au Conseil communal de la capitale culturelle de la Wallonie. Lorsque le bourgmestre PS, Elio di Rupo, débarque le MR du Collège communal de Mons au printemps 2016, le PTB+ de John Beugnies est sollicité pour monter dans la majorité, mais le président de la régionale de Mons-Borinage du PTB rejette la proposition, tout en réclamant davantage de temps de parole au Conseil communal. Lors du scrutin communal d’octobre 2018, le PTB montois enlève trois sièges (8,5%) et John Beugnies, crédité de 942 vp, est reconduit dans son mandat communal.
Contribuant au décollage d’un PTB jusqu’alors réduit à des miettes de pourcent dans la circonscription de Mons, il se présente, le 25 mai 2014, comme tête de liste du PTB-Go !. Bien que sa formation franchisse pour la première fois la barre des 5% (avec 8.008 électeurs), John Beugnies ne parvient pas à être élu au Parlement de Wallonie (1.124 vp). Mais cinq ans plus tard, en triplant ses résultats, il crée la surprise le 26 mai 2019. Avec 16,29% et 22.346 électeurs, le PTB devient la deuxième force politique montoise, derrière le PS, et devant le MR de Jacqueline Galant et Richard Miller. Avec 3.383 vp, Beugnies signe le 9e score personnel, tous partis confondus. Le magasinier renonce à son emploi quand il prête serment de député wallon.
Siégeant dans l’opposition tant au Parlement de Wallonie qu’au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, John Beugnies fait partie, à Namur, d’un groupe présidé par Germain Mugemangango. Vice-président de la Commission Logement-Pouvoirs locaux (2019-2024), membre de la Commission des Poursuites (2019-2024), il intervient à de nombreuses reprises en plénière, notamment à Bruxelles, sur des questions de financement des études supérieures, sur la réforme des réhabilitations, ainsi que sur des dossiers plus locaux (centre sportif du Grand Hornu, nids de poule sur les routes du Borinage, etc.). à partir du 1er septembre 2023, il devient membre, à Bruxelles, de la Commission de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, de la Jeunesse et de la Promotion de Bruxelles.
Durant cette législature wallonne marquée par la pandémie de la Covid-19, les inondations de juillet 2021, la guerre en Ukraine et la crise énergétique, John Beugnies dépose avec le PTB une série de propositions de résolution ou de décret visant à venir en aide aux secteurs d’activité touchés par la pandémie de la Covid-19, à supprimer le couvre-feu, ainsi que la reconnaissance des vaccins contre la Covid-19 comme biens publics mondiaux. S’opposant à la privatisation de VOO, Elicio, Win et Brutélé, dénonçant les interventions publiques via la SOGEPA, la SRIW et Noshaq pour aider Mithra et Protection Unit, il réclame une commission spéciale d’enquête sur les responsabilités politiques dans l’affaire Nethys, ainsi qu’une autre chargée de faire la lumière sur le dossier lié au groupe Hamon. Réclamant la garantie de l’approvisionnement en gaz et électricité des sinistrés par les inondations de 2021, il demande que le gouvernement wallon prenne en charge leurs factures d’électricité.
Préoccupé par la maltraitance des aînés, sollicitant l’octroi d’une allocation extraordinaire de rentrée de 100€ pour certains enfants afin de faire face à l’inflation, le député wallon réclame, par ailleurs, l’interdiction des coupures d’énergie auprès des particuliers, des prix de l’énergie moins élevé sur le marché wallon, une réforme du marché régional wallon du gaz et de l’électricité, l’encadrement des loyers sur le marché locatif privé et une limitation à 2% de l’indexation des loyers, l’interdiction des expulsions locatives entre le 1er novembre et le 15 mars. Même si la plupart des textes que dépose le PTB sont rejetés par la majorité PS-MR-écolo, il demande la suppression des aides aux entreprises en compensation des coûts des émissions indirectes de dioxyde de carbone « Carbon Leakage Indirect », et porte un projet de résolution affirmant le soutien de la Wallonie au peuple palestinien et réclamant des sanctions contre Israël (juin 2021). Sur la question de la suppression des distributeurs automatiques de billets par les banques, il réclame du gouvernement wallon qu’il pousse le fédéral à exiger un moratoire (2022) ensuite à contraindre les banques à assumer ce service auprès de la population (2023).
Le 9 juin 2024, John Beugnies est tête de liste PTB dans la circonscription de Mons, afin d’obtenir la reconduction de son mandat au Parlement de Wallonie. Avec 3.196 vp, il ne parvient pas à rééditer le résultat de 2019. En recul de 1,75%, le PTB recule d’un rang (14,54%) étant débordé par un MR (26,84%) qui réduit son écart par rapport au PS (33,80%), alors que par le jeu de l’apparentement, Les Engagés (14,07%) enlèvent son siège au PTB.
Mandats politiques
Conseiller communal à Mons (2012-)
Député wallon (2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont Le Soir, 22 décembre 2023 ; SudInfo, 23 novembre 2019
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Bernard Alice
Liège 08/08/1961
Députée wallonne : 2019-2024 ; 2024-
Entre la première réunion du Conseil régional wallon provisoire, le 26 novembre 1974, et les élections du 25 mai 2014, en passant par la première réunion du Conseil régional wallon, le 15 octobre 1980, seuls neuf députés et un sénateur ont représenté le Parti communiste de Belgique au sein de l’instance législative wallonne, les deux derniers chronologiquement – Didier Bajura et Daniel Fedrigo – achevant la législature 1981-1985. Progressivement, le PCB n’a d’ailleurs plus présenté de liste. Depuis la première élection directe des parlementaires wallons, le 21 mai 1995, qu’il s’agisse du PTB-UA ou du PTB-Go, une formation politique d’obédience marxiste-léniniste a pris le relais ; créée en 1979, elle juge l’ancien PCB trop réformiste, prône « une révolution socialiste » pour renverser le système économique capitaliste et dénonce la démocratie représentative telle qu’elle fonctionne en Belgique. Si elle ne convainc guère que 12.726 électeurs dans les 13 circonscriptions de Wallonie en 1995, elle double son score en 2009 (1,24%), avant d’obtenir la confiance de plus de 100.000 électeurs (5,76%) en 2014, ainsi que ses deux premiers représentants à Namur, au moment où sa communication politique s’articule autour de toute une série de solutions concrètes au quotidien, relevant du bon sens populaire. Cinq ans plus tard, le 26 mai 2019, avec plus de 278.000 électeurs à travers toute la Wallonie, le PTB-Go franchit une nouvelle étape, avec 13,68% et surtout 10 députés wallons, parmi lesquels Alice Bernard. Plus rapidement que dans les autres circonscriptions wallonnes, celle de Liège avait, dès 2014, accordé près de 11% de ses voix au PTB.
à ce combat de longue haleine visant à faire partager au plus grand nombre le programme du PTB, Alice Bernard participe depuis de nombreuses années. Assistante sociale, active auprès de la Ligue des familles dans les années 1990, collaboratrice du magazine politique Solidaire, elle est aussi active dans les milieux syndicaux depuis les années 2000, dans le secteur du non marchand. Avec son mari, le docteur en médecine Hans Krammisch (1954-2012), fondateur de la maison médicale Médecine pour le Peuple à Seraing (1984) et du Centre d’action pour la santé des travailleurs (2001), son engagement au sein du PTB est un long parcours du combattant jalonné de rendez-vous électoraux ingrats : 9e candidate lors du scrutin fédéral de 2003 (205 vp), le PTB réalise 0,76% ; 8e candidate au scrutin wallon du 13 juin 2004, elle totalise 205 voix de préférence (1,5% pour PTB+) ; 4e suppléante le 10 juin 2007, elle réunit 180 vp (PTB+ à 1,01%) ; aux élections régionales de 2009, elle est la 6e candidate (393 vp) du PTB+ (2,2%) ; lors du scrutin fédéral anticipé du 23 juin 2010, elle occupe la 3e place des effectifs et réunit 1.145 vp (3,09%), 2e score PTB derrière Raoul Hedebouw ; première suppléante de ce dernier au scrutin fédéral de 2014 (8,08%), ses 3.784 vp contribuent à l’élection de Raoul Hedebouw à la Chambre fédérale. Son opiniâtreté est récompensée en 2019.
Tête de liste dans la circonscription de Liège, Alice Bernard rassemble 14.967 voix sur son nom, le 26 mai 2019, soit le deuxième meilleur résultat personnel tous partis confondus, derrière le PS Jean-Claude Marcourt. Avec 18,35% et plus de 61.000 électeurs, le PTB devient la deuxième force politique de Liège et envoie trois députés à Namur. Pour la formation « de la gauche radicale », il s’agit d’un résultat historique pour un scrutin régional, mais il ne s’agit pas d’une première : en 1946, mutatis mutandis, le Parti communiste belge avait envoyé cinq députés à la Chambre belge, dans l’arrondissement de Liège (Ernest Burnelle, Théo Dejace, Julien Lahaut, Louis Neuray et Léon Timmermans).
Sur le plan local et provincial, celle qui est responsable du département des relations du PTB avec les syndicats est également mobilisée lors des campagnes électorales depuis de nombreuses années. à la province, c’est dans le district de Seraing qu’elle se présente d’abord en 2000 (le PTB réalise moins de 2%), en 2006, ensuite (tête de liste, avec 402 vp), puis en 2012 (2e candidate, 744 vp), sans être élue. En octobre 2018, elle se porte candidate dans le district d’Eupen (287 vp), contribuant à y faire progresser le PTB (2,7%, + 1%) sans obtenir d’élu.
Dans la Cité du fer, si chère à Julien Lahaut, elle est aussi candidate au scrutin communal d’octobre 2006 (159 vp), poussant la liste PTB+ qui décroche un siège : c’est Hans Krammisch (580 vp) qui y devient ainsi le premier conseiller communal du PTB ; pour des raisons de santé, il devra renoncer à son siège au printemps 2012 et c’est Alice Bernard qui achève la législature. En octobre 2012, avec 244 vp, la 5e candidate du PTB+ (14,1%) est élue, contribuant à réaliser une percée significative au PTB par rapport aux résultats de 2006 (4,99%), sa formation obtenant désormais cinq conseillers communaux. Néanmoins, elle renonce à siéger au Conseil communal, laissant sa fille y siéger (Muriel Krammisch, 515 vp), deux membres de la même famille ne pouvant pas siéger en même temps, dans le même Conseil communal. En octobre 2018, 4e candidate, elle réalise le 3e résultat du PTB (485 vp), derrière la tête de liste Damien Robert et ses 3.186 vp. En obtenant la confiance de plus de 24% des électeurs, le PTB décroche 11 sièges (+6), consolidant sa place de deuxième force politique sérésienne derrière le PS.
Administratrice de l’asbl Médecine pour le Peuple (Seraing), membre du Conseil provincial de Liège et du Conseil national du PTB, la nouvelle députée wallonne représente son parti au sein de la Commission Fonction publique-Tourisme-Patrimoine (2019-2024) et au sein du Comité mixte Assemblée nationale du Québec/Parlement de Wallonie (2019-2024). Durant cette législature wallonne marquée par la pandémie de la Covid-19, les inondations de juillet 2021, la guerre en Ukraine et la crise énergétique, elle dépose avec le PTB une série de propositions de résolution ou de décret visant à venir en aide aux ménages wallons ou aux secteurs d’activité touchés par la pandémie de la Covid-19. Outre l’octroi d’une prime aux travailleurs du secteur wallon de soins de santé, la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire est également réclamée pour évaluer la situation dans les maisons de repos et les maisons de soin, ainsi que la reconnaissance des vaccins contre la Covid-19 comme biens publics mondiaux. S’opposant à la privatisation de VOO, Elicio, Win et Brutélé, dénonçant les interventions publiques auprès de Mithra et de Protection Unit, elle réclame une commission spéciale d’enquête sur les responsabilités politiques dans l’affaire Nethys, ainsi qu’une autre chargée de faire la lumière sur le dossier lié au groupe Hamon. Une semblable commission est aussi exigée pour examiner la gestion par la Wallonie des inondations qui ont touché 209 de ses 262 communes.
Réclamant la garantie de l’approvisionnement en gaz et électricité des sinistrés par les inondations de 2021, elle demande que le gouvernement wallon prenne en charge leurs factures d’électricité. Préoccupée par la maltraitance des aînés, sollicitant l’octroi d’une allocation extraordinaire de rentrée de 100€ pour certains enfants afin de faire face à l’inflation, la députée wallonne réclame l’interdiction des coupures d’énergie auprès des particuliers, des prix de l’énergie moins élevé sur le marché wallon, une réforme du marché régional wallon du gaz et de l’électricité, l’encadrement des loyers sur le marché locatif privé et une limitation à 2% de l’indexation des loyers, ainsi que de la part du gouvernement fédéral la baisse de la TVA sur l’énergie à 6%, voire un chèque énergie de 400€/ménage de la part du gouvernement wallon. Portant un projet de résolution affirmant le soutien de la Wallonie au peuple palestinien et réclamant des sanctions contre Israël (juin 2021), elle demande que le gouvernement fédéral se décide à transposer la directive européenne protégeant les lanceurs d’alerte. Même si la plupart des textes que dépose le PTB sont rejetés par la majorité PS-MR-écolo, elle demande aussi la suppression des aides aux entreprises en compensation des coûts des émissions indirectes de dioxyde de carbone « Carbon Leakage Indirect ». Suite à l’Affaire dite du greffier, elle réclame avec son groupe davantage de clarté dans la gestion budgétaire et comptable des moyens de l’assemblée, ainsi qu’un meilleur encadrement et contrôle des missions des députés wallons à l’étranger.
Cheffe du groupe
Le 9 juin 2024, Alice Bernard est à nouveau tête de liste PTB au scrutin wallon dans la circonscription de Liège, afin d’obtenir la reconduction de son mandat au Parlement de Wallonie. Avec 11.702 vp, elle réalise le 3e score tous partis confondus et contribue à maintenir le PTB à 16,82% (-1,5%) et surtout à conserver ses trois représentants au Parlement de Wallonie. De deuxième force politique sur la place de Liège en 2019, le PTB perd un rang en 2024, 3e derrière le PS et le MR.
Mandats politiques
Conseillère communale à Seraing (mai-décembre 2012 ; 2018-)
Députée wallonne (2019-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont Le Soir, 5 août 2021, 19 juin 2023 ; La DH, 14 novembre 2012, 9 mai 2022 ;
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Bastin Christophe
Dinant 29/12/1968
Député wallon : 2019-2024
Il y a mille façons de faire de la politique. En 1990, alors qu’il est responsable d’un mouvement de jeunesse, Christophe Bastin est amené à batailler pour organiser une manifestation dans la salle communale des fêtes. Devant la détermination de son jeune interlocuteur, le bourgmestre Guillaume de Giey (1935-2020) donne finalement non seulement son accord pour l’événement, mais lui propose de le rejoindre sur sa liste (Intérêts communaux, 7 sièges) dans la perspective des élections communales d’octobre 1994. Et le coup d’essai s’avère un coup de maître, le nouveau candidat réunissant davantage de voix que le bourgmestre en poste depuis 1990. à l’époque, les voix de préférence ne conditionnent pas l’attribution des mandats ; c’est comme un échevin très populaire que Christophe Bastin fait son entrée au Collège échevinal d’Onhaye, auprès de Guillaume de Giey, fonction qu’il renouvelle en 2000 (toujours avec le meilleur score personnel) quand Gérard Cox se présente comme candidat mayeur. Exerçant des activités dans le secteur bancaire, Christophe Bastin est un échevin en charge de l’Enseignement, de la Jeunesse, des Sports, et du Développement durable.
Avec le récent Code de la Démocratie locale (décret wallon du 8 décembre 2005), le scrutin communal d’octobre 2006 accorde désormais toute son importance aux voix de préférence et encadre un maximum de situations particulières. Ainsi en est-il à Onhaye, où les candidats des listes Action, Entité et UCC ont tiré les conclusions du scrutin de l’an 2000 : la liste ICO emmenée par Gérard Cox avait alors convaincu 60,35% des électeurs et conquis neuf des onze sièges du Conseil communal ; par conséquent, en octobre 2006, tous les états-majors politiques locaux s’accordent pour se réunir sur une seule liste. Les Walhérois doivent néanmoins obligatoirement se déplacer, car ils ont la responsabilité d’établir l’ordre de leur préférence entre les 13 candidats en présence. Et ils se passionnent pour cette élection, car 96,1% des inscrits votent et décident d’attribuer 937 voix de préférence à la tête de liste, Gérard Cox (MR), et 954 à celui qui poussait la liste, Christophe Bastin. Conformément au Code wallon, il devient le nouveau bourgmestre d’Onhaye, Gérard Cox choisissant de prendre la présidence du CPAS.
Durant cette législature 2006-2012, le bourgmestre Christophe Bastin réalise notamment un projet pilote de la Région wallonne, un projet de transcommunalité au sein d’un même programme communal de développement rural, en s’entendant avec Hastière pour transformer une ferme située à Miavoye en un impressionnant complexe multifonctionnel – associatif et sportif (lancé en 2008, inauguré en 2013, dont il est administrateur). Inscrivant aussi sa commune sur le parcours du Ravel de la Molignée (2009), cherchant des solutions pour la sécurisation du Domaine du maïeur François, attentif au projet de l’incinérateur de Givet, le bourgmestre d’Onhaye qui accueille dans sa commune toute l’équipe de tournage du film Rien à déclarer de Dany Boon (juin 2010) défend surtout l’idée d’une nouvelle zone de secours unique pour l’ensemble de la province de Namur, même s’il devra finalement accepter la décision de créer trois zones distinctes (2011).
En choisissant le chemin de la politique active, le nouveau bourgmestre s’inscrit dans une certaine tradition familiale puisque l’un de ses arrière-grand-pères fut déjà bourgmestre d’Onhaye, un grand-père conseiller communal et un oncle à la fois bourgmestre et conseiller provincial. Trouvant des accommodements avec son employeur pour ne plus travailler qu’à mi-temps, le nouveau maïeur est encore à cette époque « sans étiquette », même si les sollicitations ne manquent pas, tant du côté du MR que du cdH. Administrateur de La Terrienne du Crédit social (2007-2012) et du Bureau économique de la Province de Namur (BEP, 2007-2013), il nourrit de nouvelles ambitions quand il se présente au scrutin fédéral anticipé du 23 juin 2010 dans le Namurois sur la liste du cdH. Premier suppléant (6.700 vp) sur la liste emmenée par Maxime Prévot, il contribue à maintenir ce parti presqu’à son niveau de 2007. Dans la mesure où M. Prévot préfère continuer à siéger au Parlement wallon, Christophe Bastin prête serment à la Chambre fédérale début juillet 2010 et connaît un début de vie parlementaire assez singulier, puisque 541 jours sont nécessaires pour parvenir à trouver un accord et une majorité au gouvernement du Premier ministre Elio Di Rupo. Membre de cette majorité composée des trois grandes familles traditionnelles, le néo-député fédéral est membre de la Commission de l’Infrastructure, s’intéressant particulièrement au dossier de mobilité, surtout de la SNCB. Il est aussi le vice-président de la 2e Commission spéciale sur la sécurité du rail (Commission Buizingen bis) qui remet ses conclusions en février 2011. Durant la courte législature 2011-2014, ce défenseur des zones rurales est aussi amené à adopter, parmi beaucoup d’autres textes législatifs, l’ensemble des dispositions de la 6e réforme de l’État, dont la scission de BHV, la transformation profonde du Sénat en une assemblée des entités fédérées, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions, la nouvelle loi de financement des communautés et des régions, ainsi que le transfert d’importantes compétences, notamment en sécurité sociale, vers les entités fédérées.
Lors du triple scrutin du 25 mai 2014, Christophe Bastin opte pour le Parlement de Wallonie. Ayant la lourde responsabilité de faire oublier un Michel Lebrun qui avait toujours été élu dans la circonscription de Dinant-Philippeville depuis la première élection directe du Parlement wallon le 21 mai 1995, Christophe Bastin fait mieux (7.546 vp) que son prédécesseur (6.914), mais le cdH de 2014 réalise son moins bon score (16,6%) depuis 1995 et les 29,5% du PSC de l’époque. Habitué à disposer d’un siège dans le sud du Namurois, le cdH de Dinant-Philippeville est cependant victime du système de l’apparentement, le pot commun bénéficiant au cdH du nord Namurois qui obtient un second siège « inattendu », en raison du résultat exceptionnel de Maxime Prévot : le cdH de Namur réalise son meilleur résultat depuis 1995, avec 21,15%. Ces circonstances particulières incitent la présidence du cdH à choisir Christophe Bastin comme sénateur coopté (juillet 2014). Durant la législature 2014-2019, il a ainsi l’occasion de découvrir le Sénat nouvelle mouture et d’y créer ses nouvelles habitudes de fonctionnement.
Dans le même temps, il continue d’exercer sa fonction de bourgmestre à Onhaye, puisqu’en octobre 2012, pour la seconde fois, une seule liste est proposée aux électeurs ; cette fois, il en est tête de liste et il réunit 1.038 vp, contre 814 à Gérard Cox qui poussait la liste. Plus de 10% des électeurs ont décidé de ne pas se déplacer, mais un électeur sur deux a retenu le nom de Christophe Bastin (taux de pénétration de 49,57%, 9e score en Wallonie). Six ans plus tard, en octobre 2018, une liste alternative (ECi, énergies citoyennes) se forme pour rivaliser avec les Intérêts communaux d’Onhaye (ICO). ECi est composée de 13 nouveaux candidats et d’aucun « dissident ». Avec 915 vp, Ch. Bastin conserve une large majorité de 10 sièges (sur 13) au Conseil communal (73,6%), Gérard Cox qui pousse la liste réalisant le 2e score (651 vp).
Lors du triple scrutin du 26 mai 2019, c’est avec un esprit de reconquête que Christophe Bastin se présente à nouveau comme tête de liste cdH dans la circonscription de Dinant-Philippeville. Paradoxalement, il réalise un résultat nettement moins bon (5.863 vp) qu’en 2014, mais cette fois il est élu au Parlement de Wallonie. Autre paradoxe, il bénéficie d’un excellent taux de pénétration qui lui permet de conserver sa fonction exécutive communale, en vertu du décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons. Néanmoins, avec 14,9%, le cdH est à son plus bas historique dans le sud-Namurois, comme il l’est d’ailleurs à Bruxelles et en Wallonie, Namur excepté. Ces résultats décevants poussent le nouveau président du cdH, Maxime Prévot, à prendre la décision radicale de ne participer à aucune majorité et de réfléchir au renouveau de sa formation politique.
Se conformant à cette décision, Christophe Bastin découvre le Parlement de Wallonie depuis les bancs de l’opposition, au sein d’un groupe composé de dix élus, dirigé par François Desquesnes (onze à partir de 2023 et de l’arrivée de Jean-Luc Crucke). Ensemble, ils organisent leurs travaux et leurs interventions de manière dynamique et collective, pour exister en tant que principale force d’opposition aux côtés des 10 députés du PTB. Actifs dans chaque Commission, les députés wallons cdH sont régulièrement six ou sept à signer des propositions de décret dans toutes les matières régionales : démocratie locale et transparence de l’autorité publique, mobilité douce, circuit court, mesures urgentes et pratiques durant la pandémie de la Covid-19, mesures d’aide aux sinistrés des inondations, lutte contre le gaspillage et les déchets, révision de la constructibilité en zones inondables, 5G, véhicules électriques, mesures contre l’intoxication au monoxyde de carbone, soutien au coworking, contrôle des comptes du Parlement wallon par la Cour des comptes, mesures pour contrôler les lobbys actifs auprès des autorités wallonnes, etc. Le député wallon interpelle aussi le gouvernement sur le peu de place laissée à la ruralité dans le Plan wallon de Relance. Porteur de plusieurs propositions de résolution en matières internationales, Christophe Bastin veille aussi à ce que soient respectés à la fois des critères environnementaux, sociaux et sanitaires, ainsi que la démocratie, les libertés et les droits humains. Il réclame notamment des mesures pour poursuivre les crimes de génocide et les atteintes au patrimoine mémoriel.
Membre de la Commission Affaires générales-Relations internationales (2019-2024), membre de la Commission Mémoire & Démocratie (2019-2024), membre du comité mixte Assemblée nationale du Québec-Parlement de Wallonie (2019-2024), membre de la sous-Commission de Contrôle des licences d’armes (02/2023-2024), Christophe Bastin devient vice-président de la Commission de la Comptabilité créée à l’automne 2022 pour renforcer le contrôle des budgets et comptes du Parlement de Wallonie (12/2022-2024).
Participant à un lent et long processus de rénovation et refonte de l’ancien PSC-cdH, Christophe Bastin contribue à l’émergence du mouvement Les Engagés (congrès de mars et mai 2022). Lors du scrutin wallon du 9 juin 2024, il est tête de liste Les Engagés, dans sa circonscription, et candidat à la reconduction de son mandat de bourgmestre à Onhaye, en octobre 2024. Avec 7.664 vp, il réalise le 2e score tous partis confondus ; profitant du recul du PS (19,5%) et surtout d’une progression de 11,2% des Engagés de 2024 par rapport au cdH de 2019, il fait de son parti la deuxième force politique de la circonscription (26,1%), derrière le MR de Richard Fournaux (33%).
Mandats politiques
Conseiller communal à Onhaye (1994-)
Échevin (1994-2006)
Bourgmestre (2006-)
Député fédéral (07/2010-2014)
Sénateur coopté (2014-2019)
Député wallon (2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont Le Soir, 14 octobre 2000, 6 novembre 2006, 12 février 2011, 27 février 2021 ; MaTélé 18 juin 2020
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Bangisa Gaëtan
Etterbeek 26/05/1981
Député wallon *2023-2024
Après des humanités à l’Athénée Jules Destrée à Marcinelle (2001), Gaëtan Bangisa opte pour des études en Tourisme et économie et sort de la Haute école Louvain en Hainaut (HELHa) avec un diplôme de bachelier en 2006. Engagé pendant plusieurs mois comme « Gentil Organisateur » par le Club Méditerranée en Suisse et en Sicile (2006-2007), il effectue ensuite plusieurs métiers différents : secrétaire administratif à la Commission centrale des examens de recrutement de la SNCB (2007), conseiller « téléphonie » chez Proximus (2008-2009), avant de trouver sa voie dans l’intégration des personnes handicapées.
Nommé responsable de projets à la Direction générale de l’Action sociale de la province de Hainaut, il est chargé, à Marcinelle, de créer des projets destinés à l’intégration des personnes handicapées (2010-2016). Nommé responsable de la cellule Handisports sur le site de Parentville, ce basketteur poursuit ses activités d’intégration par le sport (2016-2019), avant de se voir confier la responsabilité du personnel de la Régie provinciale de Charleroi, en l’occurrence une cinquantaine de travailleurs employés dans les cuisines de collectivité de six hautes écoles et établissements d’enseignement secondaire de la province de Hainaut (2019-2023). Par ailleurs, dès 2014, il reprend des études en suivant un master en Sciences politiques au sein de l’UCL Mons ; il obtient sa diplomation en 2018 avec un mémoire consacré à La Diversité culturelle en politique. L’influence des origines culturelles dans la sélection des candidats aux élections, un sujet très personnel pour cet étudiant d’origine congolaise.
Président des Jeunes socialistes de Marcinelle (2006-2010), président de la Maison des Jeunes de Marcinelle, collaborateur parlementaire (2009-2010), organisateur de permanences sociales, Gaëtan Bangisa se porte candidat aux élections communales d’octobre 2012 à Charleroi. Occupant la 19e place sur la liste emmenée par Paul Magnette, il signe le 14e résultat du PS (1.027 vp) et décroche le droit de siéger au Conseil communal, au sein d’un groupe socialiste fort de 30 élus (+7), détenant la majorité absolue (47,69%, + 9%). Administrateur d’Igretec (2012-2013), de Brutélé (2013-2017) et du Parc des Sports de Charleroi (2013-2016), il préside la Commission communale Commerce-Fêtes-Folklore-Sport-Jeunesse. En 2017, dans le contexte du scandale Publifin, la Fédération PS de Charleroi décide de renforcer les règles de décumul et d’interdire à un mandataire empêché de présider le Conseil communal. Fin juin, Paul Magnette applique cette règle et Gaëtan Bangisa est choisi pour présider dorénavant les séances du Conseil communal. Cependant, avec la chute du gouvernement wallon de Paul Magnette et la reprise par ce dernier de ses fonctions communales, la présidence de Gaëtan Bangisa se limite à cette seule réunion du Conseil…
En octobre 2018, occupant la 45e place (sur 51), le conseiller communal sortant signe le 14e score du PS (1.117 vp) et obtient ainsi la prolongation de son mandat, malgré le recul général du PS (41,2%, 26 sièges). En décembre 2018, il est désigné à la présidence de Tibi, l’Intercommunale de gestion intégrée des déchets de Charleroi, mandat qu’il exerce jusqu’en septembre 2020 et la nomination de Léon Casaert ; durant son mandat, il met notamment en place le service d’entretien des espaces publics, mission qui s’ajoute à la collecte et au traitement des déchets ménagers. Il reste administrateur de Tibi (2013-) et membre du comité de direction (2020-).
Dans le même temps, il s’est porté candidat aux élections fédérales du 25 mai 2014 ; occupant une 6e position sur la liste des suppléants de la liste PS emmenée par Elio Di Rupo, il réunissait 3.497 vp, soit le 61e résultat tous partis confondus. Cinq ans plus tard, c’est aux élections régionales wallonnes du 26 mai 2019 qu’il se présente. En occupant une 5e place sur la liste des suppléants et en réalisant 2.063 vp dans la nouvelle circonscription de Charleroi-Thuin, ce qui le place en 6e position en cas de désistement, siéger au Parlement de Wallonie ne semble pas un objectif vraisemblable. Pourtant, plusieurs concours de circonstances vont lui ouvrir les portes de l’assemblée wallonne. Après les décès de Philippe Blanchart et de Paul Furlan, il est fait appel aux deux premiers suppléants, Maxime Hardy et Sophie Mengoni qui prêtent serment à Namur. En 2023, cependant, quand le premier renonce à son mandat wallon pour un échevinat à Charleroi, il est fait successivement appel à Alpaslan Beklevic, à Babette Jaudrain et à Karim Chaïbaï pour le remplacer. Premier échevin à Châtelet, Beklevic préfère se consacrer pleinement à sa commune et aux élections d’octobre 2024, tandis que les autres souhaitent aussi conserver leur portefeuille scabinal à Charleroi plutôt que de siéger brièvement à Namur. Sixième suppléant, Gaëtan Bangisa accepte quant à lui directement de remplacer Maxime Hardy au Parlement de Wallonie et prête serment le 31 mai 2023, en ayant une pensée à l’égard du rude chemin de vie qui l’amène désormais à être un représentant de la société wallonne.
Quand il avait à peine trois ans et demi, en effet, Gaëtan Bangisa avait été retiré de la garde de sa mère biologique et placé en famille d’accueil auprès de parents résidant dans la Cité Parc. Au cœur de ce logement public social, gérés par l’actuelle Sambrienne, il grandit dans un milieu modeste, mais aux valeurs affirmées, avec son petit frère, l’humoriste Sum, et il retire une grande satisfaction de l’encadrement socio-culturel dont il a pu alors bénéficier.
Président du Centre régional d’intégration (2022), le nouveau député wallon est membre de la Commission des Affaires générales-Relations internationales, de la Commission économie-Aménagement du Territoire-Agriculture et siège au sein de la sous-Commission de Contrôle des licences d’armes (2023-2024) ; arrivé au Parlement de Wallonie dans la dernière année de la législature, il rêve de mettre en place un millier d’éducateurs dans les rues de Wallonie pour seconder la jeunesse. D’octobre 2023 à février 2024, le député wallon consacre plusieurs journées dominicales pour suivre les travaux de la première Commission délibérative citoyenne (30 citoyens tirés au sort et 10 députés) qui se conclut par une quarantaine de recommandations destinées à approfondir la participation citoyenne.
Le 9 juin 2024, il occupe la 7e place comme candidat effectif sur la liste emmenée par Thomas Dermine aux élections régionales wallonnes, dans la circonscription de Charleroi-Thuin. Avec 2.806 vp, il réalise le score le plus faible des effectifs, sur une liste PS en recul de 3,2% (30,13%) et qui perd un siège.
Mandats politiques
Conseiller communal à Charleroi (2012-)
Député wallon (05/2023-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont La DH, 31 mai 2023, 27 septembre 2023 ; Le Soir, juin-septembre 2017
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2023,
Cumuleo (-2023)
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Ahallouch Fatima
Mouscron 19/10/1981
Députée wallonne : 2019-2024
Assistante de direction multilingue graduée de la Haute école libre du Hainaut occidental, section de Mouscron, en 2002, régente en Sciences humaines du même établissement (HELHo), section de Leuze, en 2006, Fatima Ahallouch complète sa formation par un master en Sciences politiques aux Facultés universitaires catholiques de Mons, en 2009. Après avoir donné des cours de langue pour adultes et enfants à Kinshasa, tout en étant éducatrice au Lycée Prince de Liège dans la capitale de la République démocratique du Congo, elle devient agent d’éducation, assurant la coordination de sections techniques, puis professeur à l’Athénée Fernand Jacquemin de Comines, où elle donne aussi bien cours de français, d’histoire, de géographie, de socio-économie que de morale et de philosophie et citoyenneté.
Lauréate du projet « Moteur ! » de la Fondation Roi Baudouin (2007), membre de la délégation belge envoyée à Montréal et à Québec pour la semaine d’action contre le racisme (2007), Fatima Ahallouch fait partie du Comité d’accompagnement du projet « politique au programme » de la Fondation Roi Baudouin (2008). Membre du comité pédagogique du musée Belvue, du jury Fonds Prince Philippe, du comité local CNCD Comines Warneton, elle milite depuis ses 20 ans contre les inégalités, la discrimination, le racisme et l’injustice sociale, choisissant d’adhérer au Parti socialiste pour porter ses idées. Elle devient d’ailleurs la présidente du comité local des Femmes prévoyantes socialistes de Mouscron.
Lors du scrutin fédéral anticipé du 13 juin 2010, elle participe à sa première campagne électorale. Occupant la 16e place des candidats effectifs sur la liste emmenée par Elio Di Rupo dans le Hainaut, elle réalise le 12e score du PS (5.941 vp). Lors des élections d’octobre 2012, elle est candidate à la fois à la province dans le district de Tournai (3e place, 2.731 vp), et à la commune de Mouscron. Débordée par Guillaume Farvacque à la province, elle parvient par contre à transformer in extremis sa 13e place (447 vp) en un siège direct au Conseil communal de Mouscron. Avec 10 sièges, le PS emmené par Annick Saudoyer, Guillaume Farvacque et Christiane Vienne accuse un fort recul (-4,5% et perte de 2 sièges), mais le cdH est disposé – malgré sa majorité absolue – à poursuivre l’expérience d’une coalition avec Annick Saudoyer. Les résultats de ce 14 octobre 2012 sèment cependant la discorde dans les rangs de l’USC ; Christiane Vienne comme Annick Saudoyer sont désavouées, si bien que le cdH finit par tendre la main au MR, repoussant le PS dans l’opposition après dix-huit années de collaboration au sein du Collège communal. Ses mésententes internes vont peser durablement sur l’avenir du PS de Mouscron. C’est dans ce contexte que Fatima Ahallouch accomplit ses premiers pas de mandataire locale, non sans avoir subi des pressions durant la campagne électorale de la part de citoyens ou de candidats d’autres partis hostiles à la présence de femmes d’origine maghrébine en politique.
Le 25 mai 2014, c’est encore au scrutin fédéral que Fatima Ahallouch se porte candidate (13e place), toujours dans le Hainaut, sur une liste emmenée par Elio Di Rupo, le Premier Ministre sortant. Avec quelques centaines de voix de plus (6.435 vp), elle réalise le 14e résultat des effectifs, le PS hennuyer perdant 7% et deux sièges. En octobre 2018, sous la conduite de Christiane Vienne, le PS mouscronnois nourrit l’espoir de retrouver le Collège communal. Occupant la troisième place, derrière Christiane Vienne et Guillaume Farvacque, Fatima Ahallouch réalise le 5e score (539 vp) d’un PS en recul de plus de 9% et qui perd 4 sièges. Consolidant sa majorité absolue, le cdH de Brigitte Aubert (19) repart avec le MR (5) dans un nouveau pacte de majorité, laissant écolo (6) et le PS (5) dans l’opposition, Fatima Ahallouch étant la cheffe de son groupe politique. Les dissensions au sein du PS mouscronnois ne s’apaisent cependant pas en cours de législature, Guillaume Farvacque et Marianne Delporte claquant la porte à huit mois de l’échéance d’octobre 2024.
Propulsée en deuxième place derrière Rudy Demotte, lors du scrutin wallon du 26 mai 2019, Fatima Ahallouch (4.362 vp) bénéficie de l’effet dévolutif de la case de tête pour décrocher – devant Serge Hustache (9.408 vp) – le deuxième siège au Parlement de Wallonie, préservé malgré un recul de 7% et la perte d’un 3e mandat volatile (obtenu en 1995, 2004 et 2014). à peine a-t-elle prêté serment à Namur qu’elle reçoit aussi de son parti l’un des sièges au Sénat pour y représenter la Wallonie et son parlement. à Namur, la députée wallonne est membre et vice-présidente de la Commission Fonction publique-Tourisme-Patrimoine (2019-2024). Au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle est membre de la Commission éducation et Jeunesse.
Siégeant au Parlement de Wallonie durant une législature où l’accent est mis sur la transition à la fois sociale, économique et écologique, mais qui est surtout marquée par la crise de la Covid-19, les inondations de juillet 2021, la guerre en Ukraine, la crise énergétique de l’automne 2022 et l’affaire dite du greffier, elle défend divers dossiers locaux (CEBEO, l’achèvement du contournement de Lessines/N56, la route de Pairi Daïza, etc.), multipliant les questions orales et écrites, se mobilisant en faveur d’Alexeï Navalny, ou déposant une proposition de décret pour limiter l’usage du ticket de caisse. La politique de la SNCB en Wallonie retient aussi son attention, de même que la sécurité routière et l’enjeu du Mercosur.
Impliquée au sein du collectif Tissons des liens qui confectionne et fournit près de 20 000 masques à des soignants locaux durant la période de la Covid-19, active au sein de l’asbl De Maux à Mots dans la lutte contre les violences faites aux femmes, co-présidente du PAC Mouscron, elle est par ailleurs administratrice de l’Intercommunale de propreté publique Wallonie picarde (IPALLE, 2013-2020), de la Société de Logements de Mouscron (2017-) et de l’Agence immobilière sociale Mouscron-Logement (2019-).
Vice-présidente de la Fédération PS Wapi (2020-), elle ne défend pas son bilan au Parlement de Wallonie devant les électeurs, le 9 juin 2024, préférant occuper la première suppléance au scrutin fédéral, dans la circonscription du Hainaut, sur une liste emmenée par Paul Magnette et Ludivine Dedonder. Avec 8.483 vp, elle est tributaire de l’avenir politique de l’un des six députés fédéraux socialistes élus dans le Hainaut, où avec 28,86%, le PS est en recul (-5,38%), perdant deux sièges.
Mandats politiques
Conseillère communale à Mouscron (2012-)
Députée wallonne (2019-2024)
Sénatrice des entités fédérées désignée par le Parlement wallon (4 juillet 2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont Le Soir, 12 octobre 2012 ; La DH, 20 février 2024
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Agache Laurent
Templeuve 23/03/1969
Député wallon : *2019-2024
A Templeuve, la brasserie de Cazeau existe depuis 1753 ; entreprise familiale, elle est tenue pendant sept générations par les Agache, quasi sans interruption. Durant la Grande Guerre, le cuivre étant réquisitionné par l’Occupant, la brasserie doit fermer ses portes, avant de se relancer en 1926 pour plusieurs années. En 1969, elle cesse son activité de production, signant la fin de la Caz Bier, et se reconvertit dans le commerce de bières produites par d’autres brasseries, avant de relancer ses activités de production propre en 2004, à l’initiative de Laurent Agache. Fils du dernier brasseur, il a mené des études d’ingénieur civil en constructions et développe des activités en tant que consultant indépendant dans la construction, quand il décide de reprendre l’activité brassicole avec son cousin, Quentin Mariage, chimiste de formation. Ensemble, ils lancent la Tournay blonde, le 1er mai 2004, avant de mettre progressivement au point des recettes différentes et d’augmenter la quantité de produits qui restent artisanaux. Depuis 2012, la brasserie de Cazeau offre une gamme de cinq bières typées qui utilisent exclusivement du malte d’orge régional, les trois dernières créations – la Noire, la Saison et la Triple – étant récompensées par différents prix, dont, en 2018, par le jury des fins gourmets du Parc naturel transfrontalier du Hainaut. Un cap est franchi en 2018, quand la production de 1.400 hectolitres est doublée, alors qu’elle atteignait 300 hectolitres lors de leur première saison. Les demandes de visites de la ferme-brasserie de Cazeau se multiplient.
Très investi dans le tissu associatif tournaisien, Laurent Agache se présente pour la première fois devant des électeurs au scrutin communal d’octobre 2018 à Tournai. Occupant la sixième place sur la liste écolo, il partage avec l’ensemble des candidats verts l’ambition de de créer la surprise et de faire partie de la nouvelle majorité, pour y défendre un projet ambitieux, alternatif et novateur pour la Cité aux Cinq Clochers. Face aux huit listes en présence, les électeurs sont aussi appelés à donner leur avis dans le combat des « chefs » qui opposent la MR Marie-Christine Marghem et le trio PS formé par Rudy Demotte, Ludivine Dedonder et Paul-Olivier Delannois. En réunissant 17,7%, la liste écolo réussit son pari, progressant de près de 8% par rapport à 2012 : elle gagne quatre sièges supplémentaires (7), dont l’un revient à Laurent Agache (720 vp, 5e score des verts). En recul de 2 sièges et de 6%, le PS de P-O. Delannois (meilleur performeur, avec 5.700 voix de préférence) conserve sa majorité absolue, mais se tourne vers écolo pour conclure le nouveau pacte de majorité.
Conseiller communal à Tournai, Laurent Agache franchit un pas supplémentaire en se portant candidat au scrutin wallon du 26 mai 2019. En tant que premier suppléant, il réunit 1.609 voix sur son nom, tandis qu’écolo réalise 14,53% dans la « nouvelle » circonscription de Tournai-Ath-Mouscron. Sans renouer avec les 2 élus et les 17,7% de 1999 ou les 15,16% de 2009, écolo retrouve le mandat de député perdu en 2014. Au moment de la formation du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à majorité PS-MR-écolo, sous la présidence de P-Y. Jeholet, Bénédicte Linard devient ministre et c’est Laurent Agache (39e résultat tous partis confondus) qui la remplace au Parlement de Wallonie (18 septembre 2019).
Membre de la Commission Fonction publique-Tourisme-Patrimoine (2019-2024) et du Comité mixte Assemblée nationale du Québec-Parlement de Wallonie (2019-2024) et de la Commission de Vérification des pouvoirs (2020-2024), le député wallon siège aussi au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où il est membre de la Commission de coopération. Attentif aux dossiers de la Wallonie picarde, celui qui faisait partie du Comité de sauvegarde du Château de Templeuve bien avant d’être député wallon réclame très vite la réhabilitation de ce château (en halle agricole, voire en hébergement d’artistes) et son inscription dans un ambitieux master plan qui intègre aussi la reconversion du home du CPAS, la rénovation de la grand-place et un important projet immobilier. Les dossiers de la 5G, de la Grand-Place de Leuze, la préservation des services publics dans les zones rurales, le Plan Ravel 2020-2024 et le Plan Infrastructures 2020-2026 du ministre Henry, mobilisent le député Agache qui fait adopter une résolution visant à renforcer la sécurité routière des motards, tant par la réfection des voiries que par la mise en place d’un contrôle technique obligatoire. Concerné durant la législature par les mesures à prendre pour faire face à la pandémie de la Covid-19, il préconise en mars 2021 de distribuer des Pass Visit Wallonia via les CPAS. Remplaçant Olivier Biérin, il devient membre de la nouvelle Commission de la Comptabilité créée à l’automne 2022 pour renforcer le contrôle des budgets et comptes du Parlement de Wallonie (01/2023-2024).
Ne souhaitant pas faire de la politique son métier, Laurent Agache se recentre sur son activité brassicole et renonce à solliciter le renouvellement de son mandat au Parlement de Wallonie le 9 juin 2024 ; il est néanmoins candidat aux communales d’octobre 2024, afin de prolonger le pacte de majorité PS-écolo de la législature 2018-2024 au sein du Collège communal de Tournai.
Mandats politiques
Conseiller communal à Tournai (2018-)
Député wallon (16/09/2019-2024)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024), dont La DH, 23 juin 2017 ; 12 août 2019 : 24 septembre 2019 ; Le Soir, 19 juillet 2004
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2019 à 2023,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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Activité(s) : Politique, Député wallon
Dalcq Anne-Catherine
14/06/1992
Anne-Catherine Dalcq est issue d’une famille d’agriculteurs implantée dans le village de Saint-Jean-Geest dans l’entité de Jodoigne.
Détentrice d’un doctorat de bio-ingénieure en sciences agronomiques obtenu en 2020 à la Faculté Gembloux Agro-Bio Tech de l'ULiège, elle a repris l'exploitation familiale en 2023.
Impliquée dans la défense des intérêts du monde agricole, elle a occupé le poste de vice-présidente de la Fédération des Jeunes Agriculteurs (FJA). Elle a ensuite intégré le Conseil Européen des Jeunes Agriculteurs où elle a occupé un rôle de premier plan lors des nombreuses manifestations agricoles de 2023.
En 2024, elle décide de rejoindre les rangs du Mouvement Réformateur (MR) et se présente sur la liste régionale brabançonne lors du scrutin du 9 juin. Elle y occupe la 3e position. À l’issue du scrutin, elle recueille 7051 voix de préférence et est élue députée wallonne.
Le 14 juillet 2024, elle est choisie par la coalition MR-Les Engagés pour occuper le poste de Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité au sein du Gouvernement de Wallonie.
© SPW - L. Moonens
Activité(s) : Politique, Ministre wallon
Neven Cécile
Ingénieure agronome de formation, Cécile Neven a débuté sa carrière au sein du Service public de Wallonie comme conseillère environnement avant de rejoindre la fédération de la chimie et des sciences de la vie (Essenscia).
En 2005, elle entre à l'Union Wallonne des Entreprises, comme conseillère sur les secteurs environnement, énergie, aménagement du territoire et mobilité. Elle grimpe les échelons et entre au comité de direction en 2019 avant d'être désignée CEO en 2023, après le départ d'Olivier de Wasseige.
Le 14 juillet 2024, elle est nommée ministre wallonne de l'Énergie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports.
© L. Moonens
Activité(s) : Politique, Ministre wallon
GALANT Jacqueline
Mons 18/03/1974
Députée wallonne : 2014* *2016-2019 ; 2019-2024
Ministre wallonne 2024 -
Lors de la fusion d’Erbaut, Erbisoeul, Herchies, Lombise, Masnuy-Saint-Jean et Masnuy-Saint-Pierre avec Jurbise, le PSC Marcel Crespin devient le premier bourgmestre de la nouvelle entité, en s’alliant avec le PSB ; six ans plus tard, Jacques Galant qui était déjà échevin à Herchies en 1971 accède à la fonction de bourgmestre et le reste jusqu’au début du XXIe siècle, bien secondé dans les années 1990 par sa Première Échevine, Dominique Cogels-Le Grelle. En 1999 cependant, le scrutin régional réserve une surprise dans la circonscription puisque Dominique Cogels se trouve en concurrence directe avec Jacqueline Galant qui a quitté le PSC pour rejoindre les rangs du PRL et est élue à la Chambre. À l’approche des élections d’octobre 2000, le bourgmestre de Jurbise rejoint à son tour les rangs du PRL, faisant éclater la liste Intérêts communaux à la veille du scrutin communal. La liste des Galant (le père comme tête de liste, la fille pour la pousser) l’emporte, mais une plainte du PS (relative à la fiabilité du système informatique) entraîne l’organisation de nouvelles élections en avril 2001 : cette fois, la fille est tête de liste et réalise un score supérieur à celui du bourgmestre sortant ; avec une majorité de 13 sièges sur 21, Jacqueline Galant devient la nouvelle bourgmestre de la cité, tandis que Jacques prend la présidence du CPAS. Elle est la première femme à exercer cette fonction à Jurbise.
À partir de cette date, l’opposition devient quasi inexistante à Jurbise, tant la liste de la bourgmestre domine les scrutins communaux suivants : 60%, 15 sièges sur 21 en 2006, 68% et 17 sièges en 2012, seul le PS parvenant encore à accrocher 4 sièges face au raz-de-marée de Jacqueline Galant (2.599 puis 2.972 vp) ; en octobre 2018, la Liste de la Bourgmestre (LB) retient la voix de trois électeurs sur quatre (74,5%) et garde ses 17 sièges, tandis que Jacqueline Galant réunit sur son nom 3.366 voix de préférence, soit près d’un électeur sur deux. Poursuivant sur les traces paternelles, la bourgmestre modernise la bibliothèque et les services communaux, crée le taxi-seniors et le taxi-ados, et développe des jumelages linguistiques entre les écoles communales de Jurbise et Brakel, avant de lancer un Plan Langues, avec des cours de néerlandais dès la 3e maternelle dans les écoles communales. L’accent est mis sur l’amélioration du cadre de vie, de la sécurité et de la mobilité dans cette commune de 10.000 habitants, située dans la grande banlieue verte au nord de Mons, non loin de Pairi Daiza. Licenciée en Sciences politiques et Administratives des Facultés universitaires catholiques de Mons (FUCaM), la fille de l’ancien maïeur se fait rapidement un prénom sur le plan local, avant d’étendre sa notoriété à l’ensemble de l’arrondissement de Mons-Borinage, où elle est la seule bourgmestre libérale dans un bassin de vie que domine traditionnellement le parti socialiste.
Collaboratrice du ministre fédéral des Affaires étrangères Louis Michel (1999-2004), Jacqueline Galant est candidate à la Chambre fédérale, le 18 mai 2003. Occupant la 4e place sur la liste MR emmenée par Hervé Hasquin, elle réalise 11.849 vp dans la circonscription du Hainaut, où le MR gagne plus d’un pourcent et surtout un siège. Membre des Commissions Intérieur, Naturalisations, Fonction Publique et Affaires générales, la nouvelle députée fédérale se voit également confier des responsabilités au sein de son parti : depuis 2004, elle est présidente de la Fédération du MR Mons-Borinage et vice-présidente de la Fédération provinciale du Hainaut.
Le 13 juin 2004, lors du scrutin régional, elle contribue au maintien d’un élu libéral au Parlement de Wallonie dans la circonscription de Mons, en faisant mieux que la tête de liste (2e place, 7.178 vp, 2e score tous partis confondus). Ce sera encore le cas le 7 juin 2009 (8.615 vp en tant que première suppléante) ; mais elle ne souhaite pas siéger à Namur. Jusqu’en 2014, c’est à la Chambre fédérale que siège Jacqueline Galant ; chaque fois candidate en 2e position derrière Olivier Chastel, elle rassemble énormément de voix : 21.743 vp le 10 juin 2007 et 18.256 le 23 juin 2010 lors du scrutin fédéral anticipé, avec des résultats en dents de scie pour la liste MR dans le Hainaut. En octobre 2009, elle fait partie de la vingtaine de libéraux signataires d’une lettre ouverte remettant en question le leadership de Didier Reynders. Les critiques se multiplient au lendemain du scrutin fédéral de 2010, le MR organisant finalement un scrutin interne qui désigne Charles Michel pour succéder à Didier Reynders (janvier 2011).
Alors que les entités fédérées assurent sereinement la continuité de l’État (2010-2011), le « fédéral » connaît sa plus longue crise politique : 541 jours de réunions, de crispations, de rebondissements, de notes et de discussions seront nécessaires pour que se dégagent un premier accord sur le volet institutionnel (octobre), puis un second sur le volet socio-économique (décembre). Le 6 décembre 2011, Elio Di Rupo devient le Premier ministre du nouveau gouvernement fédéral ; membre de la majorité PS-CD&V-MR-Open VLD-SP.A-cdH, la députée Jacqueline Galant adopte alors, parmi beaucoup d’autres textes législatifs, l’ensemble des dispositions de la 6e réforme de l’État qui comprend notamment la scission de BHV, la transformation profonde du Sénat en une assemblée des entités fédérées, l’accroissement tangible de l’autonomie fiscale des Régions, la nouvelle loi de financement des communautés et des régions, ainsi que le transfert d’importantes compétences, notamment en sécurité sociale, vers les entités fédérées. En 2014, par contre, elle s’abstient lors du vote de la loi concernant l’euthanasie pour mineurs d’âge.
Lors du triple scrutin du 25 mai 2014, le MR modifie la répartition de ses forces dans le Hainaut, confiant à Olivier Chastel la tête de liste au fédéral et à Jacqueline Galant le soin de mener la liste régionale dans la circonscription de Mons, face à Nicolas Martin (PS) et à Carlo di Antonio (cdH). Par rapport à 2009 où six sièges étaient en jeu, il n’en reste plus que cinq à pourvoir en 2014 : malgré une progression de 3,6% et le plus haut score depuis 1995 (20,88%), le MR conserve un seul siège. Avec 14.959 vp (soit plus d’une voix libérale sur deux), Jacqueline Galant réalise le 2e meilleur résultat de la circonscription derrière Nicolas Martin, tous partis confondus.
Quelques semaines après avoir prêté serment au Parlement de Wallonie (juin), elle quitte ce « grand Conseil communal » (sic) le 11 octobre 2014, au moment où Charles Michel l’appelle dans son équipe, au fédéral : elle devient ministre au sein de la majorité dite suédoise (MR, Open-VlD, N-VA, CD&V). Laissant son siège wallon à son suppléant Georges-Louis Bouchez, elle hérite du portefeuille de la Mobilité, avec tous les dossiers délicats liés aux survols aériens de Bruxelles et à la gestion de la SNCB notamment. Rapidement identifiée comme un maillon faible de la Suédoise par l’opposition et les médias, elle accumule les maladresses sur le dossier RER ou l’affaire Clifford, et ses approximations budgétaires suscitent l’ironie, tout en jetant le discrédit sur son travail ministériel. Aux critiques répétées du patron démissionnaire du SPF Mobilité (Laurent Ledoux) s’ajoutent les observations de la Commission européenne au sujet de la sécurité de l’aéroport de Bruxelles-national, quelques mois après les attentats terroristes. Bénéficiant de la confiance répétée du Premier Ministre Charles Michel, Jacqueline Galant finit néanmoins par démissionner (15 avril 2016) et est remplacée par François Bellot. Elle retrouve son siège au Parlement de Wallonie et, conformément au décret spécial wallon du 9 décembre 2010 limitant le cumul de mandats des députés wallons, son résultat personnel du 25 mai 2014 l’autorise à exercer son mandat wallon en même temps que ses fonctions de bourgmestre de Jurbise ; en l’absence de législation sur le cumul au fédéral, elle avait continué d’exercer ses fonctions maïorales lorsqu’elle était ministre.
Fin avril 2016, la députée wallonne prend la présidence de la Commission Agriculture-Tourisme ; elle réclame aussi et obtient de présider les débats sur la politique wallonne en matière… d’aéroports jusqu’en juillet 2017. Dans le dossier CETA, elle est absente lors du vote de la résolution du 14 octobre 2016 par laquelle le Parlement de Wallonie refuse l’accord entre l’UE et le Canada ; après la crise internationale qui s’en est suivi, elle figure parmi les 58 députés wallons, PS, cdH et MR réunis, qui votent en faveur du projet de motion qui valide le compromis par lequel l’Europe s’engage à prendre en considération les doléances wallonnes de manière contraignante lors de la signature et dans l’application du CETA, ainsi que dans tous les autres traités de nouvelle génération à venir (28 octobre 2016). Elle adopte une série de dispositions en matière de bien-être animal, compétence nouvellement transférée aux régions à la suite de la 6e réforme de l’État : avec le décret interdisant tout abattage animal sans étourdissement préalable (18 mai 2017) et le Code wallon du bien-être animal, projet porté par le ministre di Antonio (3 octobre 2018), le législateur quasi unanime fait de la Wallonie une région pionnière. Avec d’autres députés MR, elle est la cosignataire d’une proposition de résolution visant à interdire le port de signes convictionnels ostentatoires au personnel des services publics. Quant à sa résolution réclamant le maintien du vote électronique aux élections communales et provinciales, elle est rejetée en mars 2016.
À la suite de l’appel du 19 juin 2017 de Benoit Lutgen qui invite à mettre un terme à toute gouvernance avec les socialistes, Jacqueline Galant vote le 28 juillet, la motion de défiance constructive déposée par les 38 députés MR et cdH ; c’est une première dans l’histoire politique de la Wallonie. Jusqu’à la fin de la législature wallonne, elle fait désormais partie de la courte majorité MR-cdH (38 députés sur 75). Dès le 28 juillet, elle accède à la deuxième vice-présidence du Parlement de Wallonie et, à ce titre, est aussi vice-présidente de la Conférence des présidents qui coordonne les travaux de l’assemblée ; elle y porte une série de changements au Règlement intérieur et à son fonctionnement. Elle est également membre de la Commission Pouvoirs locaux-Logement-Sports et vice-présidente de la Commission Agriculture-Tourisme-Patrimoine jusqu’à la fin de la législature.
Souhaitant imprimer un changement de cap dans la politique wallonne, le MR et le cdH adoptent une série de mesures marquantes : suppression de la « Redevance Télévision », modification de grille des loyers, réduction de la fiscalité immobilière, transfert de compétences vers l’Ostbelgien, abandon du Plan Marshall, réduction de l’intervention publique et incitation à l’initiative privée ou associative, résolution fixant une série de balises pour les futurs traités de libre-échange négociés par l’Union européenne, application de recommandations de la Commission Publifin en matière de transparence et de gouvernance. La députée wallonne apporte sa contribution avec des changements dans l’organisation du marché wallon de l’électricité, et fait adopter un décret imposant l’alternance des genres des candidats aux élections pour le Parlement de Wallonie (décembre 2018). Attentive à favoriser les échanges économiques entre la France et Wallonie via le transport routier, soucieuse de l’amélioration du développement et de la sécurité du transport scolaire (par exemple, rendre obligatoire des dispositifs d’éthylotest antidémarrage), elle s’intéresse aussi à la libéralisation du contrôle technique et dépose un rapport sur la transparence et la gouvernance des intercommunales et des sociétés de logement de Mons-Borinage. Elle propose aussi un « service garanti » dans le secteur du ramassage des déchets en cas de mouvement social.
Lors du scrutin wallon du 26 mai 2019, à nouveau tête de liste dans la circonscription de Mons, Jacqueline Galant (8.742 vp) n’échappe pas au vote sanction qui ramène le MR à son deuxième résultat le plus bas depuis 1995 dans cette circonscription (15,24%) et au statut de troisième parti, derrière le PS et le PTB. Néanmoins, deuxième score tous partis confondus, Jacqueline Galant bénéficie toujours à titre personnel d’un excellent taux de pénétration qui lui permet de conserver sa fonction exécutive communale et de continuer de siéger à Namur, où le gouvernement Di Rupo III bénéficie du soutien d’une majorité PS-MR-écolo.
Première vice-présidente du Bureau du Parlement de Wallonie (2019-2022), elle entend améliorer le travail parlementaire et, dès le début de la législature, elle contribue notamment à la modification du Règlement de l’assemblée, abrogeant la notion de député empêché, avançant la rentrée du Parlement au premier mercredi de septembre et améliorant certaines modalités de contrôle du Gouvernement ; elle introduit aussi le droit, pour l’auteur d’une pétition, d’être entendu par l’assemblée wallonne (septembre 2020). Quand éclate l’affaire dite du greffier, les membres du bureau du Parlement de Wallonie sont l’objet d’attaques de plus en plus nombreuses. Malgré l’adoption d’un texte – notamment porté par J. Galant – mettant en place une commission permanente destinée à renforcer le contrôle sur les budgets et les comptes du Parlement de Wallonie (novembre 2022), la pression politico-médiatique s’accentue et l’annonce de la démission du président, J-C. Marcourt, entraîne la démission collective du Bureau, dont celle de la vice-présidente.
Durant toute la législature wallonne 2019-2024, elle est membre de la Commission de Vérification des pouvoirs, de la Commission Logement-Pouvoirs locaux et de la Commission Affaires générales-Relations internationales ; elle siège aussi au Conseil parlementaire interrégional qui émet une série de recommandations en faveur d’initiatives à l’échelle de la Grande Région. Comme ses collègues, la députée wallonne est confrontée à la période de la Covid-19, accompagne l’évolution du Plan wallon de Relance et réagit aux conséquences des inondations de l’été 2021, ainsi qu’à celles de l’offensive russe contre l’Ukraine avec la crise énergétique de l’automne 2022. En plus de diverses mesures pratiques pour que tous les acteurs de la société puissent continuer à fonctionner pendant la pandémie, elle est l’une des six cosignataires de la résolution qui a conduit à la création de la Commission spéciale chargée d’évaluer la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19 par la Wallonie (juillet-novembre 2020). Co-auteure d’un texte accordant le droit, pour l’auteur d’une pétition, d’être entendu, la députée légifère aussi pour assurer une proximité pertinente des citoyens aux distributeurs automatiques de billets en Wallonie, et pour davantage de publicité dans le fonctionnement des pouvoirs locaux. Elle porte encore le texte de résolutions, l’une visant à renforcer la sécurité routière des motards, l’autre à préserver le droit des femmes en Iran.
Les nombreuses responsabilités politiques qu’elle remplit depuis le début des années 2000 amènent aussi Jacqueline Galant à siéger comme administratrice dans diverses intercommunales : IDEA (2001-2014), Ideta (2001-2007), IEH (2001-2007), ISPH (2001-2005), IHF (2007-2008), Centre hospitalier universitaire Ambroise Paré (2007-2013), et vice-présidente de la télévision communautaire Télé MB (2007-2013) et du réseau Astrid (2008-2013). Administratrice du PASS, elle en démissionne en 2008 afin de protester contre son mode de financement. De 2005 à 2009, elle préside la zone de police Sylle et Dendre, avant de devenir membre du Collège de police (2010-), ainsi que membre de la zone de secours Hainaut-Sambre (2018-). Administratrice de Mons 2018, de la SWDE (2019-2021), de l’UVCW (2020-), elle est membre de l’Organe de Consultation du Bassin de Mobilité du Hainaut.
Lors du triple scrutin du 9 juin 2024, elle est à nouveau la tête de liste MR dans la circonscription de Mons pour l’élection au Parlement de Wallonie. Avec 15.447 vp, elle réalise le 2e meilleur score tous partis confondus, mais surtout, avec une progression de 11,6%, le MR réalise son meilleur résultat (26,84%) depuis la première élection directe des députés wallons, le 21 mai 1995, avec 8% de plus qu’en 2014 et surtout deux élus, ce qui est inédit pour les libéraux montois.
Le 14 juillet 2024, elle est nommée ministre wallonne de la Fonction publique, des Infrastructures sportives et de la Simplification administrative et ministre des Sports, des Médias, de WBE, de la Fonction publique et de la Simplification informatique et administrative pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Mandats politiques
Conseillère communale à Jurbise (2000-)
Bourgmestre (2001-10/2014)
Députée fédérale (2003-2014)
Députée wallonne (06/2014-10/2014)
Ministre fédérale (10/2014-04/2016)
Députée wallonne (04/2016-2019, 2019-2024)
Bourgmestre (04/2016-)
Ministre wallonne (2024-)
Sources
Centre de Recherche & Archives de Wallonie, Institut Destrée, Revue de presse (-06/2024)
Cumuleo (-2022)
Parlement de Wallonie, Rapports d’activités, de 2014 à 2023,
Parlementaires et ministres de Wallonie (+ 2024) |
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© L. Moonens
Activité(s) : Politique, Député wallon, Ministre wallon







